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Contrairement aux autres pages de mon site www.thydelor.eu, cette page ne constituera pas une page de référence (pour peu que les autres le fussent ) puisque j'ai décidé de la créer pour me servir à découvrir et à apprendre la photographie grand format ! Bien sûr, j'y placerai tout ce que j'ai pu apprendre à la lecture de certains livres et certains articles mais, vous me connaissez, j'y ajouterai des notes sur les points qui peuvent poser problème aux débutants (dont je suis), mes expériences, mes réflexions, bref ce ne sera certainement pas une bête et simple reprise de quelqu'écrit que ce soit... D'ailleurs, si un lecteur qui connait déjà bien le grand format venait à trouver dans cette page des erreurs ou des imprécisions, je le remercie d'avance de corriger mes écrits en me contactant (voir ici)...

Dans cette page du site je vais essayer de vous entretenir d'un sujet quelque peu épineux : l'utilisation des boîtiers grand format. D'emblée on peut imaginer que la photographie a des règles immuables (et c'est vrai) et que ces règles sont nécessaires mais suffisantes et que le boîtier n'a qu'une importance secondaire. Si ce n'est pas faux en soi, cela se vérifie quand il s'agit d'utiliser un boîtier petit format numérique (full frame ou APS-C) ou argentique... aucune différence. Par contre ce n'est plus tout à fait vrai si l'on passe au moyen format (dont j'ai parlé ici) et absolument plus vrai du tout si on passe au grand format !... Certes, le grand format ne se prête pas à tout le monde !... Parmi les amateurs, très peu s'y sont frottés, et de nombreux professionnels ne s'en sont jamais servis !... Malgré tout, cette expérience peut s'avérer intéressante et très formatrice, c'est pourquoi j'ai décidé de m'y intéresser, moi l'amateur qui n'a jamais franchi le pas, me contentant largement du moyen format jusqu'à aujourd'hui !... Nous avancerons donc ensemble sur les chemins escarpés du grand format, si vous le voulez bien...

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Rapidement, le grand format, qu'est-ce que c'est ? En quoi le grand format présente des difficultés ?
Que peut-on attendre d'une chambre grand format? Comment choisir sa chambre grand format
Le prix des choses en grand format Acheter neuf ou d'occasion ou fabriquer sa chambre
Les théories à appliquer en photo grand format Procédure de prise de vue à la chambre
Puis-je me faire une idée du GF à moindre frais ? Premières impressions-tuyaux-bricolages
Quid du développement des plan-films ? Les paramètres subjectifs influençant la prise de vue en grand format
Ce qu'il faut faire en grand format Comment mettre au point en grand format ?
Comment déterminer l'exposition en grand format ? De quoi avons-nous vraiment besoin en grand format ?
Scanner un négatif grand format Ma première expérience en grand format


RAPIDEMENT, LE GRAND FORMAT QU'EST-CE QUE C'EST ?

Pour faire simple, on peut dire que le grand format consiste à créer une image sur tout négatif plus grand que le moyen format ! Je dis sur négatif puisque, s'il est quasiment certain qu'on trouvera un jour des capteurs numériques grand format grand public (ce ne sera pas pour demain, vu le prix des capteurs 45x60 actuels !), le monde du grand format est encore l'apanage de la photographie argentique.

Une petite parenthèse : les capteurs numériques grand format existent mais je préfère ne pas en connaître le prix (!!!) déjà le simple grand format argentique -même en occasion- peut atteindre des sommets ...

Cela dit, vu le nombre de pixels présents sur un capteur numérique moyen format, ce dernier permet déjà de créer des impressions gigantesques qui, dans la plupart des cas, suffiront pour ne pas chercher à faire plus grand !... MAIS, le monde actuel se contente trop souvent du minimum (on entend parler de plus en plus souvent de moyen format en ayant affaire à des capteurs 24x36 -full frame- bourrés de pixels, pourquoi ne pas parler de grand format avec des capteurs moyen format bourrés de pixels eux-aussi ? On n'a vraiment plus peur de rien !) un bête moyen format numérique sera tout de même capable de faire de l'ombre au grand format !... tu parles...

Attention toutefois, et vous le savez déjà, le passage du petit format au moyen format, outre le fait qu'il permet des agrandissements beaucoup plus importants, permet surtout de gagner une énorme différence de qualité d'image... alors que dire du passage du moyen format au grand format ? Et encore plus du petit format au grand format ?!!!!

Pour se fixer un peu les idées, je vous ai schématisé ici la différence de taille des 3 formats. Le petit format en gris (je n'ai pas précisé les formats inférieurs, à quoi bon !), les différentes tailles de moyen format en nuances de violets (j'ai zappé le 60x80 et les panoramiques, à quoi bon !) et les trois tailles les plus courantes de grand format en nuances de bleus. Attention, il existait (et il existe encore) des formats encore bien plus grand, mais je pense qu'ils sont introuvables -ou hors de prix- aujourd'hui... On peut toutefois imaginer utiliser des papiers de grande taille dans ces appareils éléphantesques !...

Comme vous pouvez le constater, le passage du petit format au moyen format (son plus petit représentant) revient à multiplier la surface de son négatif par 3 (passage de 864mm² à 2700mm²). Le passage du plus petit des négatifs moyen format au plus grand des négatifs moyen format revient à multiplier sa surface par 2 (passage de 2700mm² à 5400mm²). Donc le passage du petit format au plus grand représentant du moyen format (panoramique exclus) revient à une multiplication par 6 !!!
Maintenant, regardez bien le schéma : le passage du plus grand représentant du moyen format au plus petit représentant du grand format est quasiment le même que le passage du petit format au moyen format !... En effet, pour passer du 60x90 au 4x5" il faut multiplier la surface par 2,5 (passage de 5400mm² à 13538mm²), soit, le passage du petit format au 4x5" représente un facteur multiplicateur de 15 !!! Ce qui veut dire que le gain de qualité entre le plus grand des négatifs moyen format et le plus petit des négatifs de grand format est quasiment aussi important que le gain de qualité retrouvé lors du passage du petit format au moyen format !!! Et je ne parle même pas du passage au 5x7" (quasiment 2 fois plus grand que le 4x5") presque 30 fois un petit format !!! Et le passage au 8x10" (4 fois plus grand que le 4x5") 60 fois la taille du petit format (houpfffff !!!!!).

La définition de l'image finale étant fonction de la taille du support, il devient maintenant évident que le grand format ouvre des horizons inimaginables... Comment, dans ces conditions, se focaliser sur un simple avantage de possibilité d'agrandissement ?

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EN QUOI LE GRAND FORMAT PRÉSENTE-IL DES DIFFICULTÉS ?

Bon, c'est bien joli de savoir qu'un grand format représente de 15 à 60 fois un petit format... mais cela n'explique pas pourquoi le grand format n'entre pas dans le champ de recherche des amateurs (et la majorité des professionnels) !... Pour répondre à cette question, nous allons partir, dans un premier temps, à la découverte des boîtiers grand format.

NON, pas de panique, si le boîtier présenté ici est bien un grand format (c'est le moins que l'on puisse dire !) celui-là est unique dans l'histoire de la photographie !!!

Le matériel auquel nous nous intéresserons ici ressemblera plus à quelque chose comme ce qui est représenté à gauche !...

Pour se fixer les idées, voici une image improbable qui réunit ma chambre grand format de petite taille (4x5") à droite, et un Mamiya RB 6x7 (un des boîtiers moyen format les plus volumineux et le plus volumineux que je possède) à gauche.

Donc la première difficulté du grand format -et la moindre d'entre-elles (!!!)- est la gestion de la taille et du poids du matériel... Ce n'est sans doute pas par hasard qu'on ne parle plus d'appareil ou de boîtier en grand format mais de chambre photographique !...

Pour qui ne connait que les appareils petit et moyen format, anciens ou numériques, après le choc de la taille et du poids, viendra le choc de la différence de conception des chambres photographiques grand format

1) dépoli de visée et/ou châssis (où se place le plan-film)
2) une simple planchette qui permet la fixation du dépoli et/ou du châssis d'un côté et du soufflet de l'autre côté (on parle de corps arrière)
3) un soufflet
4) une simple planchette qui permet la fixation de l'optique (on parle de corps avant)
5) un obturateur, en effet, en grand format, le plus souvent l'obturateur n'est pas intégré au boîtier (et pour cause, il n'y en a pas au sens où on l'entend en petit ou moyen format) ni dans l'objectif
6) un objectif
7) toute une série de mécanismes permettant les déplacements des deux planchettes dans toutes les directions et tous les angles imaginables
8) toute une série de vis micrométriques permettant les milliers de réglages possibles avec les chambres grand format
en effet, dans cette configuration (mais il en existe d'autres), point de film en rouleau ou en cartouche... Un châssis ne peut contenir qu'un ou deux plan-films, soit une ou deux images par châssis (nom donné aux conteneurs des films grand format)...

C'est ainsi qu'après la surprise de la simplicité apparente du système, on imagine les difficultés de réglages multiples. Alors qu'en petit et moyen format, si on oublie les automatismes, il suffisait de régler la mise au point, la vitesse et l'ouverture de diaphragme, ici, il faut envisager en plus de monter ou descendre le dos et/ou l'objectif, déplacer ou tourner à droite ou à gauche le dos et/ou l'objectif, faire pivoter vers l'avant ou l'arrière le dos et/ou l'objectif... chaque mouvement étant millimétrique.

Certes, toutes les chambres grand format ne ressemblent pas à l'image ayant servi de représentation anatomique, mais toutes ont en commun des déplacements impossibles avec des boîtiers petit ou moyen format (même si certains boîtiers moyen format autorisent des configurations proches de celles retrouvées sur les chambres grand format mais très limitées et même si des accessoires permettent également de mimer certains déplacements sur des boîtiers petit format mais également très limités par rapport à ce que proposent les chambres grand format).

Puisque nous en sommes à parler d'anatomie, voici les grandes familles de chambres grand format :


folding

pliable


Monorail

Chaque famille ayant ses avantages et ses inconvénients, mais nous y reviendrons plus tard.

Puis vient la difficulté du chargement. J'ai dit plus haut qu'un châssis ne peut contenir (au maximum) que deux plan-films. Cela veut dire qu'il faut prévoir de nombreux châssis qui ne pourront être chargés et déchargés que dans le noir complet. Cela ne facilitant pas la photographie grand format sur le terrain...

Puis vient la difficulté du cadrage et de la mise au point. La mise au point s'effectue sur un dépoli (donc visée reflex) mais rien ne peut y être visualisé dès lors que la lumière est forte, d'où l'utilisation d'un drap noir sous lequel il faut se réfugier pour cadrer la scène (comme dans les films de western). En plus, l'image apparaissant sur le dépoli est totalement inversée (haut/bas et droite/gauche) donc les mouvements de cadrage doivent également être inversés.

Puis vient la difficulté d'une nouvelle formation pour nous permettre de comprendre le rôle de tous ces déplacements spécifiques aux chambres grand format, de connaître toutes les théories et la pratique pour tirer parti des possibilités des chambres grand format... et ce n'est pas rien !.... Mais nous en parlerons aussi...

Puis vient la difficulté au laboratoire, mais nous en reparlerons plus tard.

MISE À JOUR : À vouloir faire simple et clair, j'en suis arrivé à m'emmêler les pinceaux... Heureusement, un ami internaute, Claude Lorenzato m'a envoyé une correction indispensable :

 
Petite remarque que je ne voudrais pas désobligeante, vous écrivez qu'une chambre pliante n'est pas une folding, ce qui n'est pas juste. Comme son nom l'indique, une folding est une chambre pliante. Par contre, si une Linhof Master Technika [1] (ou Graflex Speed Graphic [2], Wista 45SP [3], etc.) est pliante, elle est avant tout une chambre technique. La Toyo M810 [4] est une chambre pliante. Les camera field, sont aussi pliantes mais légères et simples de confection pour le terrain (souvent en bois pour grande partie). Ensuite arrive la grande famille des monorails avec toutes les combinaisons possible (comme la Linhof Technikardan [5] qui est pliante et monorail ou la Arca Misura [6] qui est technique et monorail, etc.) De façon simple et rapide : Pour les cameras, les termes existent. La field camera d'antan est une "chambre de campagne" qui prend son origine vers la Guerre de Sécession, époque où n'existait que du matériel d'intérieur, lourd, grand, délicat à manœuvrer, sur socle. La photographie de "reportage" naissait, il fallait un matériel léger et à toute épreuve, sur tripode léger et réglable pour aller photographier les "campagnes" militaires ; d'où son nom. (La Mission héliographique de 1851 était déjà passée par là mais les photographes devaient effectuer les vues en voiture, avec des formats qui étaient de l'ordre du 30 x 40 cm et les plaques étaient en verre. Dix ans plus tard, les frères Bisson ont photographié le Mont-Blanc avec une intendance d'environ trente assistants ! les plaques, au collodion humide, étaient émulsionnées sur place.) Ce matériel s'est amélioré, les alliages métalliques ont remplacé le bois, la précision a suivi, sont nées les "chambres techniques" (les "boîtes à gâteaux"), Linhof, Graflex et autres. Les chambres d'intérieur se sont, elles aussi, améliorées, avec un rail et un système modulable (ou non, en fonction du prix) : les "monorails". Après, les fabricants ont fait un joyeux mélange de ces technologies. Ainsi, une Linhof Master Technika [1] est une "chambre technique" et si elle possède un télémètre elle devient la Linhof Master Technika Classic mais c'est toujours une "chambre technique". Une SHEN HAO Folding HZX 45-IIA [7] est une "chambre de campagne" que l'on appelle plus volontiers une chambre "de terrain". Une Sinar Norma [8] est une monorail "symétrique" (corps arrière et avant identique). Une Linhof Kardan [9] est une monorail et la Linhof Technikardan [10] est à mi-chemin entre la "chambre monorail" et la "chambre de campagne", etc. Folding ne voulant stipuler que "pliante" même si certains photographes utilisent ce terme pour désigner les "chambres techniques" aussi bien que les "chambres de campagne". Claude Lorenzato
 
Si les illustrations n'expliquent pas suffisamment le classement de chaque chambre, allez voir votre moteur de recherche préféré pour voir exactement ce qui les différencie.
Je ne vais pas modifier le contenu de ma page, j'assume mes erreurs... mais basez-vous plutôt sur les explications de Claude !!!

 

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QUE PEUT-ON ATTENDRE D'UNE CHAMBRE GRAND FORMAT ?

La définition des images. C'est déjà connu de tous, j'en ai parlé à plusieurs reprises dans ce site (même au sujet du numérique !), la quantité d'informations capturées augmente de façon linéaire avec l'augmentation du format (et plus accessoirement de la surface de réception des photons).

La netteté/le flou. Je ne sais plus qui disait que « le grand format c’est l’art de jongler avec le flou le plus flou, pour faire éclater une netteté inégalable ». Il est possible, en grand format, de déterminer une zone de netteté dans l'image avec une profondeur de champ quasiment nulle (et placer ce plan de netteté où on le souhaite) ou, au contraire, obtenir une profondeur de champ infinie sans devoir fermer son diaphragme (donc en évitant les pertes de qualité dues à la diffraction).

La gestion des perspectives. Seul le grand format permet le respect des perspectives, quelles que soient les circonstances. L'exemple de l'immeuble qui ne se transforme pas en pyramide lorsque le recul manque est emblématique, mais le grand format permet également d'exagérer ces perspectives.

Le grand confort du cadrage. La taille du dépoli permet une précision et une clarté inconnue avec des dépolis plus petits (même les Mamiya 6x7 connus pour être fantastiques en moyen format ne sont plus rien face à un dépoli de 4x5" -et plus, bien sûr- !). La visée sur dépoli géant nous transporte face à un véritable écran de cinéma. Il y a, bien sûr, le défaut de la visée inversée (haut/bas et gauche/droite) mais j'ai entendus des professionnels faire l'apologie de ce défaut en soulignant qu'il permet de mieux considérer les compositions et de se détacher du sujet... c'est un peu comme les graphologues qui analysent les écritures en tenant la feuille manuscrite à l'envers de façon à ne pas se fixer sur les mots mais percevoir les mouvements de plume invisibles sur un texte lisible...

Les déplacements. Caractéristiques des chambres grand format. Les décentrements qui influencent les perspectives et les bascules qui influencent le plan de netteté.

Le plan film. De par sa taille, il offre toutes les qualités de grande définition, de grain fin, de superbes dégradés, etc... Mais en plus il permet d'appliquer exactement les lois du Zone System puisqu'il ne s'agit plus de développer de manière "standard" tout un rouleau de vues... chaque vue sera développée de manière unique et adaptée... si on a créé plusieurs exemplaires de la même vue, on pourra, au développement, tester plusieurs traitements. En plus, si on considère le prix du plan film, on réfléchira plus longuement à notre future image... c'était déjà le cas en moyen format vu le faible nombre d'images par bobine... ici c'est une seule image à la fois... en effet, la surface d'un film petit format de 36 poses équivaut à celle d'une bobine 120 moyen format et équivaut à celle d'un seul plan-film (éventuellement 2) !... La rareté de vues associée aux difficultés de mise en œuvre du matériel ralentit drastiquement la vitesse de création des images... et vous savez déjà, pour avoir lu mes autres pages, que la lenteur en photographie est gage d'évolution et de qualité du résultat... Un autre paramètre systématiquement oublié : il est beaucoup plus facile et plus qualitatif de scanner un grand négatif qu'un petit (!!!) et sur ce point, par définition, le grand format est au top... Dernier point qui revêt une importance non négligeable pour le photographe passionné : la protophotographie : seule une chambre grand format permettra de s'adonner aux anciennes techniques photographiques... allez faire du collodion sur un petit ou un moyen format !!!...

Mais il n'y a pas que des avantages dans le monde idyllique de la photographie !...
- coût : Les objectifs sont (beaucoup) plus chers, l'appareil est (énormément) plus cher, le film est plus cher, les agrandissements sont plus chers. Même en achetant en occasion, tout va coûter (beaucoup) plus cher. Rendez-vous dans le paragraphe suivant pour le prix des choses...
- lenteur à la prise de vue : Les appareils photos de grand format nécessitent de lourds trépieds qu'il faut manipuler, une mise au point sur le dos dépoli avec vérification à la loupe qui prend énormément de temps, un travail sur les décentrements et les bascules qui demande beaucoup de soin. Le grand format est l'anti thèse de la photo numérique petit format... il faut choisir de composer une photographie parfaite et surtout pas compter sur le hasard en mitraillant à tout va. Le temps que le photographe grand format imprime une image sur le film, le photographe petit format numérique aura enregistré plusieurs centaines d'images dans sa carte mémoire... Et encore !...vu le temps nécessaire à la préparation de sa chambre, la lumière aura changé et l'image ne se fera pas !... Une sortie d'une journée complète dans la nature pourra très bien se solder par la création de... zéro image...
- poids : pour la photo en extérieur, ne pas choisir d'acheter une chambre monorail au prétexte que les mouvements sont plus universels... Achetez en pensant au poids. Si vous voulez un bel objet, achetez-vous une chambre portable en métal, si vous préférez le confort et un encombrement minimum, il faut préférer les chambres en bois. Une chambre en bois est plus fragile, moins précise, propose moins de mouvements en général... mais elle est plus légère et c'est un avantage non négligeable !...

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COMMENT CHOISIR SA CHAMBRE GRAND FORMAT ?

Le choix d'un boîtier petit format est très compliqué mais ce n'est rien en comparaison du choix d'un moyen format et, comparativement, le choix d'un grand format est encore plus compliqué !... Quel que soit le format, il est évident que chaque photographe doit pouvoir trouver l'appareil qui lui convient le mieux, je l'ai déjà dit à plusieurs reprises dans différentes pages du site. En plus, à partir du moyen format, doit intervenir le choix du format de négatif. Mais, en plus, au moment du choix du grand format, il faut tenir compte des possibilités offertes par chaque chambre !... Si, en petit format, tous les boîtiers sont plus ou moins interchangeables (les boîtiers petit format sont dits universels), en moyen format c'est déjà beaucoup moins vrai et, en grand format, ce n'est plus vrai du tout !...

J'ai dit plus haut qu'il existait 3 grandes familles de chambres photographiques. Voyons ce qui les réunit et surtout ce qui les différencie.

Les chambres folding :
Ce sont, historiquement les premières chambres grand format puisqu'elles seraient nées à la fin des années 1800 !... Elles sont non modulables ou très peu modulables. Les mouvements sont plus ou moins limités et très imprécis (voire impossibles sur les plus anciennes chambres). Par contre, ces chambres sont les plus légères (fonction du format !) et utilisables à mains levées (le pluriel est volontaire puisqu'il faut deux mains et des petits bras musclés tout de même !). Chambre formée comme une boite pliante de plusieurs sortes aux caractéristiques assez proches. Décentrement sur le corps avant horizontal et vertical, très rarement sur le corps arrière (et quand possible, de très faible amplitude). Tirage assez faible du soufflet. Une fois fermé, le folding est un vrai char d'assaut, il résiste à tout (ou presque), il représente donc la chambre grand format la mieux adaptée aux déplacements, en photo d'extérieur ou en photo dans des conditions difficiles...

Les chambres pliables :
Sont les équivalents plus modernes des foldings. Meilleure symétrie entre partie avant et partie arrière et décentrements beaucoup plus importants. Les réglages sont plus importants et plus lisibles (je voulais dire visibles, mais lisibles me paraît plus approprié). Le tirage est également plus important et presque modulable... Les chambres pliables ne sont plus refermables (comme les foldings) mais le pliage permet tout de même une bonne protection des organes vitaux...

Les chambres folding et les chambres pliables, de par leur relative compacité et leur poids relativement modéré sont également appelées field camera (appareil de terrain).

Les chambres monorail :
Ce sont les chambres les plus récentes, de conception totalement différente, elles offrent des possibilités bien plus nombreuses. Ces chambres ont une structure très différente : les corps avant et arrière sont symétriques et fixés sur un rail. La lisibilité est extraordinaire, l’amplitude des mouvement extraordinaire (même si certaines folding ou pliables présentent les mêmes amplitudes de mouvement sur le papier, dans la vraie vie c’est très différent). C'est devenu un matériel très modulable, avec des tas d'accessoires, un véritable méccano, avec des possibilités sans fin (pas de limite de tirage, possibilité de changement de format, etc.). Les chambres monorail sont les plus universelles mais sont plus à l'aise dans un studio que sur le terrain. Elles permettent la macrophotographie (qui est assez difficile -voire impossible- avec les autres chambres), par contre, leur taille, leur poids, l'absence totale de protection (il faut les placer dans des cantines pour les déplacer) les rends presque inutilisables sur le terrain...

Les chambres monorail, de par la variété de leurs déplacements et de par leur universalité sont également appelées chambres techniques.

Mais, en théorie (heureusement, en pratique c'est beaucoup moins vrai !) il y va du grand format comme du moyen format (voir ici), chaque sujet photographique appelle un matériel spécialement adapté. Prenons quelques exemples "classiques" de sujets photographiques pour découvrir les caractéristiques à rechercher dans la chambre grand format idéale :

Le portrait. Sujet emblématique du grand format, nécessite peu de mouvements, voire aucun. C’est plutôt la visée et le poids qui auront de l'importance, surtout si l’on souhaite travailler à main levée (c’est possible en grand format, je l'ai déjà dit plus haut.).

La photo d'architecture. Autre sujet emblématique du grand format. Ici, les besoins de décentrements sont très importants, éventuellement les bascules aussi. Surtout il faut pouvoir placer la chambre horizontalement. Donc ici, la chambre doit permettre des décentrements dans les 2 axes et sur les 2 corps. La bascule sur le corps arrière n’est pas indispensable (même si cela peut être appréciable).

La photo de paysage. Si le grand format ne vient pas d'emblée à l'esprit pour la photo de paysage à cause de sa taille, de son poids et des problèmes de gestion des châssis, la chambre apporte tout de même des choses qu'aucun format inférieur ne permet !... La bascule avant est le premier geste en paysage, après avoir placé la chambre horizontale. Ce décentrement permet d’amener l’horizon en haut ou en bas de l’image. La bascule arrière est facultative et même le décentrement arrière n’est pas obligatoire (même si cela peut être appréciable).

La nature morte. On dit que le grand format permet de peindre avec la lumière... La nature morte est un tableau emblématique en photographie... Ici, la chambre doit offrir un long tirage du soufflet, des bascules et des décentrements. Les chambres les plus performantes sont les préférées. Les chambres techniques sont les plus aptes.

Ensuite vient l'épineux problème du format de négatif. Il a existé de nombreux formats dans l'histoire. Ils ont quasiment tous disparus. Il a existé des formats européens (exprimés en millimètres ou en centimètres -13x18, 18x24-) qui sont en voie de disparition semble-t-il. Reste les trois formats dont j'ai schématisé les tailles dans un paragraphe précédent. Il semblerait que ces trois formats (4x5", 5x7", 8x10") soient destinés à survivre. Certains croient sentir que le plus grand (8x10") soit le plus menacé à plus ou moins court terme et que le plus petit (4x5") soit le plus viable... Dans la mesure où toutes les grandes marques de chambres grand format continuent à fabriquer des chambres 8x10" alors qu'ils proposent des accessoires de fixation de boîtiers numériques ou de dos numériques sur leurs productions, je pense que ces trois formats sont viables. Surtout que plusieurs marques de film en proposent encore dans les trois formats...

Bien sûr, il y a le prix des plan films... plus le format est grand et plus le prix est élevé. Plus le format est grand et plus il faudra de chimie et plus il faudra du matériel de laboratoire de grande taille (donc plus cher). En contrepartie, un 4x5" nécessite un agrandisseur, un 5x7" (et plus) peut s'en passer pour donner des images "lisibles" par contact direct. Et il faut aussi considérer le passage par la case développement... un 4x5" peut être traité dans une cuve de développement classique, pour un 5x7" (et plus) c'est bien plus compliqué !...

Ensuite, comme en moyen format, il faudra déterminer le rapport L/H qui vous conviendra le mieux dans votre acte de création... le 4x5" aura un rapport de 1/1,25 soit compris entre le 60x70 et le 60x80 en moyen format, le 5x7" aura un rapport de 1/1,4 soit quasiment celui du 60x90 en moyen format ou quasiment celui du petit format, alors que le 8x10" aura un rapport de 1/1,25 soit le même que le 4x5" mais 4x plus grand !... Allez donc lire ma page traitant du moyen format (ici) pour voir mes propositions au moment du choix de son rapport de format.

Et n'oublions pas les différences de taille et de poids (et de prix !!!) au fur et à mesure de l'augmentation du format !... Partir dans la nature avec un 4x5" de 2 ou 3 kg (sans objectif, sans châssis, sans trépied) est facile, avec un 8x10", la sortie au jardin est déjà un morceau de bravoure !...

Je ne parlerai pas trop du choix de l'objectif, ce problème n'est pas spécifique au grand format, mais sachez qu'il est important de choisir une optique capable de fournir un cercle d'image largement supérieur au format du négatif pour pouvoir appliquer les déplacements typiques des chambres grand format. Comme pour les formats inférieurs, les objectifs dépendent du format du négatif... un objectif prévu pour le 8x10" sera utilisable sur un 4x5" mais le contraire, certainement pas... Et sachez également que le tirage du soufflet doit pouvoir correspondre à la focale de l'objectif : si le tirage minimum du soufflet est de 10cm (je dis n'importe quoi, c'est un exemple), n'allez pas acheter un objectif de 90mm (c'est un grand angle en grand format)... Je ne dirais rien du choix de l'obturateur, pour un amateur, les différences ne sont pas franchement capitales d'un à l'autre...

Qu'ai-je retenu des conseils glanés de ci de là ? La première chambre peut être achetée d'occasion à condition d'avoir confiance dans le vendeur ou de pouvoir tester la chambre. Si le travail à la chambre nous emballe, il faudra envisager d'acheter une chambre neuve... Le conseil systématique pour une première chambre : une portable (éventuellement une folding) plus qu'une chambre de studio (monorail) car le passage du petit format (voire du moyen format) au grand format sera d'autant plus catastrophique que le poids de la chambre sera important... Le nouveau matériel semblera trop lourd et, en plus, les avantages des mouvements supplémentaires qu'offrent les monorail ne sont pas envisageables naturellement au début... Si votre budget est court ou si vous êtes assez raisonnable pour ne pas investir des fortunes au début, il faudra économiser sur la chambre mais pas sur l'objectif. Une chambre médiocre équipée d'un bel objectif donnera de belles photographies alors qu'une super chambre équipée d'un objectif médiocre donnera des photographies médiocres. Les objectifs pas trop vieux sont meilleurs que les objectifs anciens à cause des traitements multicouches qui augmentent la netteté et le contraste. Les objectifs d'occasion ne sont souvent pas traités multicouche, ils peuvent aussi avoir été maltraités, et leur obturateur peut être devenu capricieux... En plus, d'occasion, on ne peut jamais connaître avec certitude la dimension du cercle d'image des objectifs... d'où risque d'achat d'objectifs ne permettant aucun mouvement... Il serait plus intelligent d'économiser quelques mois de plus et d'acheter un objectif neuf...

MISE À JOUR : ce que je vous raconte dans cet article est tout à fait valable MAIS mon classement est erroné, revoyez la mise à jour signée Claude Lorenzato ici.

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LE PRIX DES CHOSES EN GRAND FORMAT

En grand format, on peut s'en douter, tout est ... grand !... Et les tarifs ne font pas exception !... En neuf, il ne faut pas espérer trouver son bonheur à moins de 3000~10000€ pour la chambre. Mais avec une chambre, on ne va pas loin !... Il faut penser aux objectifs dans les 600€~2000€ pour des bons objectifs de focale classique !... Qui dit objectif dit obturateur (indépendant de l'objectif en grand format) qui va chercher dans les 500~700€, dit également planchette à 100~200€ (si plate !) 200~300€ si rentrante. Il faut aussi prévoir quelques châssis supplémentaires à 60~100€ pièce (en 4x5"). Il est indispensable de posséder un bon trépied... vous me direz "celui que je possède est très bien pour le petit et le moyen format, il fera bien l'affaire en grand format !..." Rien de moins sûr !... Évidemment cela vaut la peine d'essayer son trépied, parce qu'un trépied pour grand format va chercher dans les 500~1000€ auxquels il faut ajouter 500~700€ pour la rotule grand format !... Rien que le statif en grand format vous permettrait d'acquérir un excellent reflex numérique !!!... Il ne faut pas négliger non plus le voile de visée, simplement indispensable, qui va tout de même chercher dans les 100~200€ (en 4x5") [c'est le moment de se chercher des amis dans le monde de la couture !]. Et puis il y a le matériel de laboratoire, les cuves inox spéciales pour les plan-films, l'agrandisseur grand format, la chimie par litres etc... Ah, j'allais oublier le manchon de chargement (!) que l'on appelle tente de chargement en grand format qui va chercher dans les 300~500€ (heureusement, mes propositions de bricolage font l'affaire si vous bricolez une cage interne, comme décrit dans mon article). Bien sûr, si on crée des négatifs grand format ce n'est pas pour tirer des positifs de 9x13cm, c'est plutôt pour créer des tirages poster... avec des papiers photo gigantesques... et chers... Du coup, le prix des plan-films est ridicule (~1€ à 5€ le plan-film 4x5")...

Vous me direz, "j'économiserai beaucoup en scannant mes plan-films". Rien n'est moins sûr !!! Scanner un film moyen format avec un scan à plat est facile et très peu cher, scanner un plan film avec ce même type d'appareil est possible mais assez compliqué... grand plan-film = grand scanner donc beaucoup plus cher... Et puis, quitte à avoir des négatifs géants, il serait stupide d'imprimer le résultat en A5 (et en A4 tout autant)... il faut donc prévoir une imprimante A3, voire A2 (!!!) avec un prix de base sans comparaison et une quantité d'encre inimaginable pour couvrir ces formats !...

Réfléchissez bien avant de vous lancer en grand format !... N'y allez que si vous êtes certain de vouloir faire du grand format !... Je me permettrai un petit conseil : il existe sur le marché des sténopés grand format très peu chers (~100€ livrés avec quelques plan-films, quelques papiers positifs directs et quelques papiers photo classiques, tous du même format). Bref, tout ce qu'il faut pour voir si ces images vous intéressent vraiment !... Bien sûr, avec ces sténopés, point question de décentrement ni de bascule, l'utilisation des chambres ne sera pas simulée !... Mieux encore, sténopé pour sténopé, fabriquez-en un !... Un sténopé pour plan film est plus simple à fabriquer qu'un sténopé pour film en bobine !... Et puis vous trouverez tout ce dont vous aurez besoin ici...

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ACHETER NEUF OU D'OCCASION OU FABRIQUER SA CHAMBRE GRAND FORMAT ?

Acheter neuf, c'est tout à fait possible... Il existe beaucoup de fabricants "institutionnels" qui proposent des chambres de qualités tant techniques qu'esthétiques inouïes, mais le prix est en corrélation, certainement hors de portée de la bourse d'un photographe amateur... surtout s'il n'est pas certain de pouvoir s'exprimer avec bonheur dans ce format et avec ce matériel !... Il existe sur internet des fabricants non "institutionnels", voire des bricoleurs de génie qui proposent des chambres prêtes à l'emploi ou en kit à monter soi-même d'un prix bien plus abordable (j'en ai vu pour 300€, sans châssis et sans objectif à comparer avec des "institutionnels" pas mieux équipés -même si beaucoup plus "pro"- à 10.000€ !). Et puis il y a les chinois qui proposent du matériel grand format de qualité (si, si !) pour des tarifs très attractifs.

Acheter d'occasion est une solution. Si on se promène sur internet, on lit partout que l'on peut trouver des chambres grand format d'occasion à un prix dérisoire... Cela a été vrai, mais, franchement, ce n'est plus vraiment le cas... un engouement de la population qui fait monter les prix ? Très probablement !... En occasion, il faut avouer qu'une bonne chambre, complète (avec châssis et objectif -et obturateur-), sera difficile à trouver à moins de 800~1000€ !... Dans ces conditions, se tourner vers le neuf des constructeurs non "institutionnels" prend tout son sens, même si ces chambres neuves sont moins performantes et moins pratiques, elles permettent toutefois d'économiser quelques centaines d'euros, de quoi acheter quelques plan film (~1€ à 5€ / plan film en 4x5").

Fabriquer sa chambre grand format ? Pourquoi pas ? Une fois que l'on sait ce que l'on veut, on peut se lancer dans un tel projet... Si on surfe le web, on trouve des tas de gens qui s'y sont essayés... On trouve de nombreux sites qui donnent des plans, des techniques, des idées, bref tout ce dont on pourrait avoir besoin... sauf que peu de sites mettent en garde contre la difficulté de réalisation. Un bon bricoleur pourra y arriver, un bricoleur moyen c'est déjà beaucoup moins sûr... et puis il faut du matériel (des outils) adapté... un canif et une feuille de papier de verre ne suffiront pas !... J'ai même trouvé un site qui pose la question de la justification de la fabrication personnelle (ici) et même si cet article n'est pas très récent, que le prix de l'occasion a explosé, le prix des fournitures a également augmenté, la somme et le temps de travail étant considérables, on pourra retenir les conclusions de l'article !...

Personnellement, l'idée de construire tout moi-même (sauf châssis et objectif, bien sûr) m'a bien attiré mais mes deux mains gauches (j'exagère !) et mon manque d'outillage me retiennent... La décision finale de fabrication personnelle ou du type d'acquisition n'est pas encore arrêté !... Il me faudra hanter les foires photo et les vide-greniers avant de véritablement me prononcer... Je vous dirai tout en temps voulu... Une seule chose semble d'ores et déjà acquise... je vais m'arrêter au format 4x5". Tant pis s'il faut prévoir un agrandisseur géant, je pourrai scanner mes négatifs dans un premier temps. Le 4x5" est tout de même tellement plus petit et tellement moins lourd... En plus, dans la mesure où j'aime bien la photo d'extérieur, une petite chambre permet des déplacements sans avoir besoin d'acheter une camionnette... Et puis, le 4x5" est le format le plus répandu... donc les opportunités en occasion seront plus nombreuses... Autre point d'importance, le folding, par ses possibilités plus limitées, ne m'attire pas... Je viserai donc plutôt une chambre pliante... même si je préfèrerais une chambre monorail pour ses possibilités, je crois que j'abandonnerai cette dernière pour des raisons pratiques sur le terrain... Bref, l'achat n'a pas encore eu lieu... vous en saurez plus dans quelques temps...

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LES THÉORIES À APPLIQUER EN PHOTOGRAPHIE GRAND FORMAT

Depuis le début de cette page je parle des déplacements qu'autorisent les chambres grand format, il est maintenant grand temps de voir ce qu'ils sont et à quoi ils peuvent bien servir !... En fait, toutes les théories applicables à la pratique du grand format tournent autour de cette particularité offerte par le soufflet. J'ai retrouvé une publicité d'une chambre grand format qui résumait les différents déplacements. Je vous livre cette image avant de débuter l'étude des théories...

Comme vous pouvez le voir ici, ces déplacements sont assez considérables (et ils peuvent l'être bien plus sur une chambre monorail !)... et ce n'est pas par hasard que ces déformations ont été rendues possibles... c'est pourquoi il faut apprendre à connaître leur rôle et la façon de les utiliser à bon escient !...

En toute logique, il me faudrait parler de la loi de Scheimpflug (et encore un, après Schwartzchild, pourquoi les grands noms sont tous aussi compliqués ?!....), de la relation de conjugaison de Descartes, des lois de la perspective centrale, plus des centaines de formules mathématiques... bref tout pour couper l'envie de se lancer en grand format !... J'ai donc préféré laisser de côté le versant scientifique (bien que je vous encourage vivement à aller étudier le contenu des sites sérieux qui traitent du sujet) pour nouscréer un mode d'emploi empirique, bien plus simple à comprendre et à retenir !...
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je vous rappelle que nous faisons la route ensemble... j'étais 100% ignare en grand format quelques jours avant l'écriture de ces lignes...
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AU SUJET DES OBJECTIFS

Avant de se lancer, il faut aborder un point particulier mais capital (!), la couverture des objectifs. J'en ai déjà parlé ailleurs dans mes pages au moment des discussions sur les formats du numérique (APS-C/full frame) mais il est capital de reprendre ces explications ici !... La couverture d'un objectif c'est la surface du cercle image produit par l'optique. Vous savez déjà (pour avoir lu mes autres pages ) qu'un objectif prévu pour un format d'appareil donné est inutilisable sur un format plus grand, alors que l'inverse est possible (revoyez les explications sur les formats du numérique).

Un objectif couvrant le champ d'un moyen format reste utilisable sur un petit format. Mais puisque le cercle image qu'il produit est plus grand que la surface du film petit format, il devient possible de placer cet objectif dans une position décentrée par rapport au centre du film. C'est à peu près la même chose en grand format où, pour pouvoir décentrer ou incliner l'objectif par rapport centre du film (ce sont les mouvements exploités sur les chambres : les décentrements et les bascules), les objectifs grand format devront donc être conçus pour produire un cercle image nettement plus grand que la diagonale du format du film. C'est cette caractéristique qui, surtout, explique le prix élevé de ces optiques, même en occasion...

La formation d'une image sur le film obéit aux lois simples de projection conique qui disent que tous les rayons lumineux se croisent dans l'objectif et l'image formée sur le film résulte de l'intersection de chacun de ces rayons et du plan du film. C'est ce croisement des rayons qui explique que l'image (directe) soit inversée (haut/bas et droite/gauche) sur le film (l'image indirecte -du viseur- peut être redressée -haut/bas- par le miroir ou totalement redressée -haut/bas et droite/gauche- par le prisme). En grand format, on vise directement, via un dépoli, l'image telle que le film la recevra DONC la visée ne sera pas redressée, elle nous apparaitra inversée gauche/droite et haut/bas...

AU SUJETS DES MOUVEMENTS

Ici aussi, il faut dire que la formation d'une image sur le film obéit aux lois simples de projection conique qui dit que tous les rayons lumineux se croisent dans l'objectif et l'image formée sur le film résulte de l'intersection de chacun de ces rayons et du plan du film. Un simple schéma peut montrer que si le plan du film est parallèle au plan de l'objet alors l'image sera exactement semblable et proportionnelle à l'objet. De même, si ces plans ne sont pas parallèles alors l'image sera déformée.

Nous savons tous maintenant que c'est grâce aux décentrements et aux bascules que les chambres grand format nous permettent des prouesses, aussi, voyons à quoi correspondent ces termes de décentrement et de bascule.

LES DÉCENTREMENTS.
Les décentrements sont représentés par un « D » sur l'image ci-dessus (la publicité en début d'article). Le rôle le plus connu du décentrement est le redressement des perspectives. Ou plus précisément c'est ce décentrement qui évite la création d'une déformation des perspectives. Plutôt que de faire le schéma optique qui ne parlera pas à tout le monde, je vais donner un exemple en image :

Voici une vue de la cathédrale St Étienne de Metz telle que dans la réalité et telle que vue par l'œil (mais interprétée par le cerveau). Ou, bien sûr, photographiée avec une chambre grand format avec décentrement.
Voici exactement la même cathédrale une fois qu'elle aura été photographiée (en petit format). Pour capter tout le bâtiment il faudra utiliser la technique de la contre-plongée... donc le plan du film ne sera plus parallèle à la construction et les verticales vont converger vers un point de fuite...

Face à ce problème, il n'y a pas 36 solutions ! 1) Soit on effectue notre contre plongée comme ci-dessus avec les résultats désastreux que l'on connait. 2) Soit on utilise un objectif grand angle et la cathédrale sera arrondie donc un résultat encore pire. 3) Soit on recule de quelques centaines de mètres et le résultat sera bien meilleur mais à cet endroit de la ville, reculer de quelques centaines de mètres est impossible. 4) Soit on loue une grue et on s'élève jusqu'à mi-hauteur de la cathédrale et le résultat sera parfait mais encore faut-il louer une grue assez grande et l'installer dans la vieille ville. 5) Soit on évite la contre plongée et le résultat sera parfait mais on aura décapité la cathédrale !... Bon, ceux qui connaissent le quartier me diront qu'il suffit de demander l'autorisation de pénétrer dans les bâtiments qui font face à la cathédrale et, depuis le deuxième étage, on devrait réussir quelque chose de pas mal, mais, mettons qu'il soit impossible d'y pénétrer...
Il ne reste donc plus qu'une solution : le décentrement... uniquement possible avec une chambre... ici, dans l'exemple, on a utilisé un décentrement vertical vers le haut.

Nous avons ici utilisé le décentrement vertical mais les chambres grand format autorisent également des décentrements horizontaux (latéraux) qui permettent de corriger latéralement les perspectives.

LES BASCULES.
Les bascules sont représentées par un « B » sur l'image ci-dessus (la publicité en début d'article). Le rôle le plus connu de la bascule est la gestion de la profondeur de champ. Plutôt que de faire le schéma optique qui ne parlera pas à tout le monde, je vais, à nouveau, donner un exemple en image :

Habitués au petit format, nous sommes souvent confronté à ce problème : un premier plan net et un arrière plan flou (ou le contraire). Bien sûr, cet effet est recherché, mais il existe des cas où on souhaiterait une très grande profondeur de champ sans devoir trop fermer le diaphragme pour éviter la diffraction.
Avec une chambre grand format, il suffit d'appliquer la règle de Scheimpflug (uniquement applicable en cas de bascules). Il faut que le plan objet, le plan du corps avant de la chambre et le plan du corps arrière de la chambre se rejoignent en un point unique pour obtenir une netteté sur tout le plan objet.

Mais les possibilités offertes par les chambres grand format ne s'arrêtent pas là... Nous allons envisager tous les cas de figure, sans se prendre trop la tête, à l'aide de schémas mais pas des schémas scientifiques !...

LES DÉCENTREMENTS :

POSITIONNEMENT DE LA CHAMBRE
SCHÉMA CHAMBRE / RÉSULTAT
COMMENTAIRE
POSITION NEUTRE -
AUCUN DÉCENTREMENT
Tous les réglages à zéro
Chambre surélevée et inclinée
Le sujet se trouve au milieu de l'image, les perspectives sont classiques.
CORPS AVANT DÉCENTRÉ VERS LE HAUT
Le sujet s'est déplacé vers le bas de l'image, les perspectives sont classiques.

À RETENIR : l'objet se déplace sur l'image en sens inverse du déplacement du corps avant de la chambre...
CORPS AVANT DÉCENTRÉ VERS LE BAS
Le sujet s'est déplacé vers le haut de l'image, les perspectives sont classiques.

À RETENIR : l'objet se déplace sur l'image en sens inverse du déplacement du corps avant de la chambre...
Le décentrement, ayant pour effet de déplacer le sujet sur l'image permet de ne pas effectuer de contre-plongée sur un bâtiment élevé par exemple et donc de respecter les perspectives. C'est ce que je disais plus haut... on aurait eu le même résultat avec un petit format en montant sur une grue à mi-hauteur de la cathédrale...
On pourrait faire la même démonstration avec les déplacements latéraux du corps avant.
À RETENIR : un déplacement à droite du corps avant entrainera le déplacement du sujet sur la gauche de l'image ET un déplacement à gauche du corps avant entrainera le déplacement du sujet sur la droite de l'image.
À RETENIR : Certaines chambres permettent les décentrements sur le corps arrière aussi bien que sur le corps avant. L'effet sera dans ce cas exactement le même si on utilise le corps arrière, sauf que le déplacement du sujet sur l'image se fera dans le même sens que le déplacement du corps arrière, et non plus en sens inverse comme avec le corps avant....
À RETENIR : Aucun de ces mouvements ne changeant le parallélisme entre les corps avant et arrière, il n'y aura aucun effet sur la perspective, on pourrait obtenir les mêmes effets avec un appareil petit format en se déplaçant soi-même vers la gauche, la droite, le bas ou le haut...
Dans la mesure où il est beaucoup plus difficile de se déplacer pour effectuer un cadrage idéal avec une chambre (et son trépied) qu'avec un appareil petit format, il faudra user et abuser des décentrements !...

LES BASCULES :

POSITIONNEMENT DE LA CHAMBRE
SCHÉMA CHAMBRE / RÉSULTAT
COMMENTAIRE
POSITION NEUTRE -
AUCUN BASCULEMENT
Tous les réglages à zéro
Chambre surélevée et inclinée
La mise au point est faite sur l'arrête supérieure de la face avant du mur de cubes.
Il y a une déformation : l'arrête supérieure paraît plus longue, et les autres côtés ont l'air de converger...

Image prise à ouverture maximale donc le flou apparaît en bas du mur de cubes...
CORPS AVANT BASCULÉ VERS L'ARRIÈRE
Le basculement du plan de netteté est évident : toute la face avant du mur de cubes est maintenant nette alors que l'arrière de la face supérieure devient floue...
CORPS AVANT BASCULÉ VERS L'AVANT
L'effet est inversé : la face supérieure est maintenant nette alors que la face avant est complètement floue...
CORPS ARRIÈRE BASCULÉ VERS L'ARRIÈRE
Le plan du film est maintenant parallèle à la face avant du mur de cubes, les arrêtes sont maintenant parallèles.
Il n'y a plus de déformation sur la face avant mais la face supérieure est déformée ET la partie supérieure du film s'éloigne du sujet alors que la partie inférieure s'en rapproche : il sera indispensable de modifier la mise au point, soit en rétablissant le parallélisme des deux corps de la chambre (en basculant également le corps avant vers l'arrière) soit simplement en fermant le diaphragme (attention à la diffraction !)...
CORPS ARRIÈRE BASCULÉ VERS L'AVANT
L'apparence de la face supérieure du mur de cubes est modifiée, les arrêtes latérales de cette face convergent moins, leur parallélisme se rétablit.
À RETENIR : la bascule du corps arrière permet de corriger la déformation d'une seule face (en fonction de l'orientation du mouvement, soit la face avant, soit la face supérieure), tandis qu'elle augmente la distorsion de l'autre face...
POSITION NEUTRE - AUCUN BASCULEMENT
La chambre est placée légèrement plus haut que le sujet. La mise au point est faite sur la face avant à pleine ouverture
réglages à zéro.
Toutes les lettres sont nettes, et les arrêtes de la face avant sont assez parallèles, tandis que les arrêtes de la face supérieure convergent.
CORPS AVANT BASCULÉ VERS LA GAUCHE
Pas d'effet sur les proportions du sujet mais sur la netteté.
Le flou apparaît à droite, tandis que la partie gauche de la face avant reste nette.
CORPS AVANT BASCULÉ VERS LA DROITE Pas d'effet sur les proportions du sujet mais sur la netteté.
Ici, l'effet est exactement l'opposé de ce que nous venons de voir : flou à gauche, net à droite.
À RETENIR : comme pour les décentrements du corps avant, la zone affectée par la bascule du corps avant est la zone opposée à la direction de la bascule.
CORPS ARRIÈRE BASCULÉ VERS LA GAUCHE
Le plan du film et celui du sujet ne sont plus parallèles.
L'effet sur la mise au point est faible, par contre, les proportions du sujet sont modifiées (le côté droit du sujet, plus près du film, paraît plus grand)
CORPS ARRIÈRE BASCULÉ VERS LA DROITE
Le plan du film et celui du sujet ne sont plus parallèles.
L'effet sur la mise au point est faible, par contre, les proportions du sujet sont modifiées (le côté gauche du sujet, plus près du film, paraît plus grand)
À RETENIR : La zone déformée de l'image est le côté opposé à celui de la bascule du corps arrière.

LES MOUVEMENTS COMBINÉS :

POSITIONNEMENT DE LA CHAMBRE
SCHÉMA CHAMBRE / RÉSULTAT
COMMENTAIRE
POSITIONNEMENT NEUTRE - AUCUN BASCULEMENT AUCUNE BASCULE
Chambre horizontale à hauteur du sujet, tous réglages à zéro
La face avant de la colonne de cubes est entièrement nette mais aucune notion de volume.
POSITIONNEMENT NEUTRE - AUCUN BASCULEMENT AUCUNE BASCULE
Prise de vue en plongée, tous les réglages à zéro.
Mise au point sur le cube D
La face supérieure devient visible mais la partie inférieure devient floue. En plus, les arrêtes deviennent légèrement convergentes.
PLONGÉE ET BASCULE VERS L'ARRIÈRE DU CORPS ARRIÈRE
Le plan du film redevient parallèle au plan du sujet
Les arrêtes sont parfaitement parallèles mais la mise au point est faussée.
PLONGÉE ET BASCULE VERS L'ARRIÈRE DES DEUX CORPS AVANT ET ARRIÈRE
Le plan de l'objectif est parallèle au plan du film et au plan du sujet
Les arrêtes sont parallèles, tout est net, la face du dessus est visible. Cette prise de vue est impossible avec un appareil fixe comme un petit format par exemple...
CONTRE PLONGÉE ET BASCULE VERS L'AVANT DES DEUX CORPS AVANT ET ARRIÈRE
C'est la même configuration que précédemment mais pour les éléments élevés. Les effets sur les bâtiments sont les mêmes que pour l'image précédente : parallélisme et netteté. Cette disposition de la chambre est utilisée en photo d'architecture.
BASCULES POUR CHANGER LE PLAN DE NETTETÉ
POSITION NEUTRE - AUCUN BASCULEMENT
Position de départ: chambre horizontale, réglages à zéro, le sujet est un alignement oblique par rapport au plan du film.
Seul le cube « A » est parfaitement net.
BASCULEMENT VERS LA GAUCHE DES DEUX CORPS AVANT ET ARRIÈRE
On applique la règle de Scheimpflug. Les corps avant et arrière sont basculés de manière à ce que ces deux plans coupent en un même point le plan formé par l'alignement des trois cubes.
La prise de vues a été faite à pleine ouverture, la profondeur de champ est toujours très réduite mais les trois cubes sont très acceptablement nets.
POSITION NEUTRE - AUCUN BASCULEMENT
Position de départ: chambre horizontale, réglages à zéro, le sujet est un alignement parallèle au plan du film.
Les 3 cubes sont nets, mais on voudrait donner plus de force au cube « B » en floutant les deux autres...
CORPS AVANT BASCULÉ VERS LA GAUCHE OU LA DROITE
Le corps avant est basculé vers la gauche, mais le plan du film reste parallèle aux cubes.
Le plan de netteté est modifié. En modifiant la mise au point, on peut limiter la netteté au seul cube central. En modifiant la mise au point la netteté pourrait être affectée à l'un des deux autres cubes.
UN DERNIER TYPE DE MOUVEMENT MAIS NON SPÉCIFIQUE :
Si la longueur totale du soufflet déplié est (bien) supérieure à la focale de l'objectif monté sur le corps avant, même avec un objectif "généraliste" on pourra faire de la macrophotographie en approchant son objectif de son sujet et en augmentant le tirage du soufflet...

Voilà, c'est tout ce que j'ai pu apprendre à ce jour. J'espère avoir tout compris (il n'y a aucune raison que je me sois trompé quelque part à priori ). Il y a peut-être d'autres astuces que je découvrirai par la pratique (peut-être pas d'ailleurs !). C'est assez long mais finalement assez simple et très logique... Quelques semaines d'entrainement sans film mais simplement en observant le dépoli à la loupe devraient suffire pour bien se fixer les idées...

AU SUJET DE L'EXPOSITION

Le paragraphe précédent n'était pas sans surprise pour un novice en travail à la chambre grand format, mais ce n'est pas terminé !... Ce serait trop simple !...

Hormis les chambres de très haut de gamme ou celles équipées d'accessoires spécifiques permettant de mesurer la luminosité sur le plan du film, les chambres grand format ne possèdent aucun posemètre intégré !... La détermination de l'exposition doit se faire au jugé (sunny-16), au posemètre à main (posemètre autonome) ou au spotmètre autonome (pour appliquer les règles du zone system). Mais cela n'est rien !... Quiconque s'est déjà essayé à la macrophotographie avec des bagues allonge ou des soufflets (incapables de transmettre les informations des automatismes, bien sûr !), sait parfaitement qu'il est impossible de déterminer les paramètres d'expositions puisque plus la distance qui sépare l'objectif du film est grande et plus il faut exposer beaucoup pour obtenir une exposition convenable !... Et, en grand format, le soufflet est l'élément principal, c'est lui qui permet les mouvements, c'est lui qui transforme l'objectif en macro, c'est lui qui permet la mise au point... Donc il est susceptible de changer de longueur en permanence !...

En fait, la correction d'exposition sera fonction de la focale de l'objectif ! Dès que le soufflet est tiré sur une longueur supérieure à la focale de l'objectif il faudrait corriger l'exposition. Donc, si vous utilisez un grand angle de 90mm, si le soufflet est étiré de plus de 9cm, il faudra corriger l'exposition...

Supposons que vous ayez un tirage de 10cm avec un objectif de 90mm, il faudra envisager une correction de (Tirage/Focale)² soit, dans notre exemple : (100/90)² = 1,23. Donc multiplier l'exposition par 1,23. Puisque nous sommes à moins de 1/3 de diaphragme, la correction n'est pas indispensable, la latitude de pose du film suffira à combler la différence théorique de lumination. Supposons maintenant un tirage de 13cm : correction d'exposition = (130/90)² = 2,09 donc il faudra multiplier l'exposition par 2 soit en ouvrant le diaphragme d'un cran soit en doublant le temps de pose (selon qu'on accepte ou non l'incidence sur la profondeur de champ).


SE SOUVENIR : EXPOSITION = EXPOSITION x (TIRAGE/FOCALE)² DÈS QUE LE TIRAGE EST SUPÉRIEUR À LA FOCALE DE L'OBJECTIF

ATTENTION : pour éviter les problèmes de bascule, la mesure du tirage sera la distance qui sépare le milieu de l'axe du corps arrière du milieu de l'axe du corps avant de la chambre.

Si les temps de pose sont longs, ne pas oublier de compenser l'effet Schwartzchield !...

Certes, ce n'est pas très simple... il faut un mètre ruban et une calculette !... Mais cela est plus simple aujourd'hui que pour les photographes de la fin du XIXème siècle, nous avons tous aujourd'hui un téléphone avec une fonction calculette !... Sinon j'ai deux idées qu'il me faudra tester dès que j'aurai ma chambre grand format :
— En retirant le dépoli (ce qui est d'ailleurs indispensable avec certaines chambres anciennes pour pouvoir installer le châssis), on devrait pouvoir effectuer une mesure globale sous le voile de visée à l'aide d'un posemètre autonome.
— On pourrait essayer de mesurer l'exposition, toujours à l'aide d'un posemètre autonome, en effectuant une mesure globale sous le voile de visée mais à travers le dépoli cette fois et comparer cette mesure avec une autre mesure dans les mêmes conditions sans le dépoli... Après un certain nombre de mesures, on pourra effectuer une moyenne des écarts et ainsi déterminer le coefficient d'absorption du dépoli... Ainsi, on pourra effectuer toutes nos futures mesures directement à travers le dépoli et corriger le résultat des mesures par le coefficient d'absorption du dépoli... Si cela fonctionne, ce sera beaucoup plus simple et beaucoup plus rapide (!) plus besoin de mesurer le tirage, plus besoin de calculer la correction en fonction de ce tirage... simplement corriger l'absorption du dépoli... qui est constant !...

JE VOUS EN DIRAI PLUS DÈS QUE J'AURAI MA CHAMBRE ET EFFECTUÉ LES TESTS... À SUIVRE...
MISE À JOUR :
J'ai effectivement testé avec ma Linhof Kardan Super Color ST. malheureusement, dans sa configuration, il faut tout démonter et remonter pour retirer le dépoli et le replacer... donc les mesures directement dans la chambre sont trop complexes et trop longues à mettre en œuvre... donc j'abandonne...
MISE À JOUR :
Avec l'arrivée de ma deuxième chambre, une Shen Hao HZX 45 II A, le démontage du corps arrière est obligatoire pour passer d'un cadrage horizontal à un cadrage vertical, donc ce démontage/remontage est très simple !... J'ai donc essayé les mesure avec les 3 posemètres en ma possession : un spotmètre qui n'a aucun intérêt dans ce cas de figure, un posemètre autonome en lumière réfléchie à mesure étroite (10°) qui n'a pas été d'une aide extraordinaire et... un vieux posemètre autonome au sélénium à champ large qui, lui, a été extraordinaire !... Le dépoli retiré, il suffit d'effectuer 4 mesures (~1/4 de la surface du "trou" dans le corps arrière) et de tirer la moyenne des mesures. Et ça fonctionne parfaitement !... Puis vient le moment d'évaluer l'extinction provoquée par le dépoli : une mesure sans dépoli sur un cadran et mesure du même cadran avec dépoli en place. J'ai effectué 50 mesures avec des illuminations différentes et j'ai ainsi pu trouver la différence de résultats due au dépoli. Ainsi, en effectuant 4 mesures sur le dépoli, en en extrayant la moyenne et en appliquant la correction de l'absorption du dépoli, j'obtiens en effet des mesures utilisables !... Mon hypothèse tient la route ! MAIS il faut noter 2 points importants :
- mon drap de mise au point (indispensable pour cet exercice) est 100% opaque et a une forme tubulaire, donc sans intrusion de lumière parasite (ou si peu !), ce ne sera certainement pas le cas avec un drap de mise au point classique (sous forme de ... drap, justement)
- effectuer 4 mesures et faire la moyenne n'est pas simple à effectuer de tête, il faut donc utiliser un carnet et un crayon. Cette technique est efficace mais beaucoup plus longue que les techniques "reconnues"... à vous de voir si cela peut être intéressant pour vous, ou non !...
Mais il y a également un point positif à cette technique : mesurer au niveau du plan film permet de contourner la correction de la perte de luminosité due à l'allongement du soufflet. Mais éviter une correction, en en appliquant une autre, est-ce vraiment une bonne chose ? À chacun de voir !...

En attendant, je me suis fabriqué un mètre ruban en utilisant un tissus adhésif médical pour pansement en double épaisseur (côté collant contre côté collant, bien sûr !). Au lieu d'y noter des distances, j'y fais figurer des corrections en diaphragme. D'un côté pour le 90mm, de l'autre pour le 210mm (les 2 focales que je possède). Ces valeurs de correction d'exposition se déterminent avec la formule : C = L²/F²(avec C= correction d'exposition, L= longueur du soufflet en millimètres et F= focale de l'objectif en millimètres). Ainsi, une fois la mise au point terminée, je place mon mètre ruban avec son origine à l'endroit du plan du film et je tire mon "mètre ruban" jusqu'au plan de la planchette de l'objectif et je peux lire immédiatement le nombre de diaphragmes à ajouter à la mesure du posemètre... N.B.: chacun fait comme il veut, d'après la formule appliquée à l'objectif de 90mm on trouve que pour une longueur de soufflet = 9cm la correction est de 1. Cela veut dire que la correction d'exposition est de 1x la valeur mesurée par le posemètre. Personnellement à 9cm j'ai placé la valeur "0" ce qui veut dire que je devrai ajouter zéro diaphragme... idem pour la suite, là où la formule donne "2" parce qu'il faut doubler l'exposition, je note "1" pour savoir que je dois ouvrir d'1 diaphragme (ou augmenter le temps de pose d'1 valeur), etc... On peut s'amuser à augmenter la précision de cette échelle au 1/3 ou au 1/2 diaphragme. C'est ce que j'ai fait ! Mon Rodenstock 90mm permet des réglages au 1/2 diaphragme donc une face de ma "règle" est graduée en 1/2 diaphragme, mon Schneider Kreuznach 210mm permet des réglages au 1/3 de diaphragme donc l'autre face de ma "règle" est graduée en 1/3 de diaphragme. Je me demande si cette techique ne vaut pas (voire dépasse) la mesure au posemètre sur le dépoli ?!? Je ferai les tests et je vous en parlerai !...

AU SUJET DE LA PROFONDEUR DE CHAMP

Nous avons déjà vu plus haut que l'on peut jouer sur la profondeur de champ en appliquant la loi de Scheimpflug (mobilisation des corps avant et arrière de la chambre), mais on peut également utiliser la règle de Stolze. Cette technique peut être appliquée à tous les formats (pour peu qu'il s'agisse d'une visée reflex !) mais sera plutôt adaptée pour le grand format et éventuellement pour le moyen format. Cette technique est géniale mais sa mise en œuvre est très lente... Voilà en quoi consiste la technique :
Il est possible, lorsque l'on met au point sur le dépoli, de déterminer exactement les limites de la profondeur de champ nécessaire. Il suffit de déterminer le plan sur lequel doit être réglée la mise au point pour que, sans être obligé de diaphragmer beaucoup, on puisse augmenter la profondeur de champ de part et d'autre de ce plan jusqu'à ce que tous les plans du sujet, du plus proche au plus éloigné, soient parfaitement nets. Oh, le mot plan est souvent répété, j'espère être assez clair !... Bref, on continue... Mettre au point sur un plan moyen du sujet et diaphragmer à fond, comme le font (presque) tous les photographes en petit format, n'est pas rationnel puisqu'on passera systématiquement à côté du maximum de netteté possible... La règle de Stolze part de la règle de la profondeur de champ qui dit que la zone de netteté s'étend deux fois plus au-delà du plan sur lequel a été réglée la mise au point qu'en deçà. Autrement dit, il faudra mettre au point sur un plan du sujet se trouvant entre le premier et le deuxième tiers de la zone de netteté voulue. C'est donc ce plan qu'il va falloir déterminer (et ce n'est pas évident d'emblée !). Mais vous savez déjà tout cela puisque vous avez travaillé mon petit cours de photographie !... C'est là que la règle de Stolze intervient ! Sa technique s'effectue en 4 temps :
—1— ouvrir le diaphragme à fond et mettre au point sur la partie du sujet la plus éloignée mais que vous souhaitez nette. Ce point de netteté doit être déterminé à la loupe. Il faut immobiliser le banc optique (ou la crémaillère) de la chambre dans cette position.
—2— fermer le diaphragme de moitié. La limite antérieure de netteté se rapproche. Notez la partie la plus proche du sujet qui se trouve dans la zone de netteté. La détermination de ce plan devant se faire également à la loupe. Notez également la valeur du diaphragme.
—3— ouvrir complètement le diaphragme (encore une fois). Mettre au point sur le plan déterminé en —2—. La mise au point se faisant toujours à la loupe. Immobiliser le banc optique (ou la crémaillère) de la chambre dans cette position.
—4— fermer le diaphragme à la valeur utilisée en —2—. Vérifiez à la loupe que tout votre sujet est net et tirez. Si la totalité du sujet n'est pas nette, il faut tout recommencer en choisissant (en —2—) une valeur (ou deux) de diaphragme plus petite...

Nous sommes ici bien loin de l'idée du petit format où la profondeur de champ se détermine (uniquement) en jonglant avec la valeur du diaphragme...

AU SUJET DU CHARGEMENT ET DE LA GESTION DES CHÂSSIS

Si le chargement d'un boîtier petit ou moyen format ne pose absolument aucun problème, ni intellectuel ni pratique, là aussi (!!!) il en va tout autrement en grand format !...

Point de film en rouleau, point de film en bobine !... En grand format on parle de plan film. Les films se trouvent sous forme de feuilles de différentes tailles, un peu comme les films de radiologie que tout le monde a connu (même si aujourd'hui la radiologie s'est mise au numérique et que les CD-Rom ont remplacés les clichés radiographiques).

Dans la mesure où il s'agit de feuilles, le problème est de savoir de quel côté se trouve la gélatine contenant les sels d'argents. En effet, il faut placer le côté gélatiné du film en direction de l'objectif. Pour les films développés, avant de les placer sur l'agrandisseur, on peut repérer le côté par la brillance des faces : le côté brillant est le côté acétate, le côté mat est le côté gélatiné. Malheureusement, la manipulation du plan film doit s'effectuer dans le noir absolu !... La brillance n'est plus utilisable !... C'est pourquoi les plan-films portent sur un côté un ensemble d'encoches :

Ces encoches correspondent à un code exposant les caractéristiques du film, ce qui ne nous intéresse que très relativement à ce stade de la formation, mais surtout, ces encoches sont placées de telle sorte que si elles sont placées en haut et à droite de la feuille, la gélatine se trouve au-dessus ! Donc, dans le noir complet, en touchant simplement les bords du film, on placera ces encoches en haut et à droite et on saura comment placer le plan film dans le châssis...

Il faudrait maintenant parler de l'installation du plan film dans son châssis mais, selon l'âge de la chambre, le fonctionnement des châssis peut être très différent !... Disons simplement qu'un châssis n'est qu'une boite qui possède un logement pour accueillir le film (et le maintenir parfaitement plan) ainsi qu'un rideau pour permettre le transport en pleine lumière sans risque de voile. Ce rideau devant être retiré pour permettre l'exposition et remis en place jusqu'à la chambre noire où le film sera extrait du châssis pour développement. Je ne vais donc pas vous en dire plus dans l'immédiat... j'attendrai de posséder ma chambre grand format pour vous expliquer comment placer le film dans le châssis correspondant à mon matériel... À très bientôt donc...

Les châssis sont généralement destinés à ne recevoir qu'un ou deux plan films. Donc pour ceux qui souhaitent partir sur le terrain, il sera indispensable, soit :
- d'emporter toute une collection de châssis chargés (c'est très lourd, très encombrant, et assez cher à la longue !...)
- d'emporter une boite de plan films vierges, une boîte hermétique à la lumière pouvant être fermée de manière efficace sans risque d'ouverture accidentelle (2 élastiques solides peuvent suffire !) ET un manchon de chargement, acheté ou bricolé (comme proposé dans ma page pour bricoleurs). Personnellement j'ai prévu d'acheter deux châssis pour deux vues (ce qui fait 4 images) [finalement ma chambre était livrée avec 5 châssis soit 10 images !] et que je rechargerai sur le terrain. Certes, ce n'est pas très pratique, quel que soit son choix de technique... mais c'est du grand format !... Ce n'est pas étudié pour faire du reportage (même si les chambres dites press l'ont fait aux USA quand en Europe on utilisait déjà le 24x36) !!!...

TECHNIQUE DE CHARGEMENT DES PLAN FILMS DANS MES CHÂSSIS

Résultat des courses, il existe plusieurs marques de châssis, mais ils fonctionnent tous de la même manière même si leur aspect peut varier un peu. Les châssis livrés avec ma chambre sont des Lisco REGAL II (sauf 1 REGAL -plus ancien- mais qui fonctionne également malgré une composition différente à l'intérieur).

Le chargement des châssis n'est franchement pas compliqué (même si on s'en fait tout un monde avant d'essayer !!!). Le tout étant de s'entrainer en plein jour.

Vu le prix du plan film, je vous propose de découper un carton fin (type papier à dessin) en rectangle de 12,7x10,16cm (c'est la taille du 4x5", même si la surface insolée ne fera plus que ~9x12cm)

Notez que j'ai découpé des encoches de localisation de la surface gélatinée (voir plus haut). Ces encoches ne représentent aucun code ISO de film mais c'est juste pour l'entrainement !!!!

Voyons maintenant à quoi ressemblent les châssis :

1 Volet occlusif
2 Clapet de chargement
3 Crochet de sécurité
4 Poignée de retrait du volet occlusif
5 Codage détrompeur
6 Picots tactiles du codage détrompeur (difficile à voir sur la photo)
7 Zone de marquage

Le châssis n'est qu'une boite permettant de contenir 2 plan-films (un de chaque côté) et de rester en plein jour sans voiler les plan-films. Pour réaliser cet exploit, il suffisait de créer des volets occlusifs (1) coulissants qui maintiennent les plan-films au noir absolu. Une fois le châssis mis en place sur la chambre, le plan film sera au noir même sans volet occlusif (heureusement, sinon comment l'exposer ?) donc on va pouvoir retirer ce volet occlusif, simplement en tirant sur la poignée de retrait (4) sans oublier de faire tourner le crochet de sécurité (3) qui bloque le volet occlusif ! Chaque marque a utilisé un code qui lui est spécifique, sur mes châssis, il a été décidé de placer une bande blanche (5) d'un côté du volet occlusif (1) et une bande noire de l'autre côté... Si on peut voir la bande blanche, c'est que le plan-film contenu dans ce côté du châssis est vierge, si on peut voir la bande noire, c'est que le plan-film contenu dans ce côté du châssis est exposé. La bande blanche est équipée de picots tactiles (6) (comme du Braille !) qui permet de vérifier, lors du chargement dans le noir, que le volet est convenablement disposé. Cela n'est marqué nulle part, mais je me suis créé un code supplémentaire : si je ne place pas les crochets de sécurité (3) en position de blocage, cela signifie qu'aucun film n'est installé de ce côté du châssis. Cela ne se voit pas sur le châssis fermé mais il existe à la base un clapet rotatif (2) bloqué en place par le volet occlusif (1), ce clapet va servir à installer le plan-film dans son logement une fois dans le noir. Attention donc de toujours glisser les volets occlusifs (1) à fond à la fermeture, sans quoi vous risquez d'ouvrir ce clapet (2) à la moindre sollicitation et voiler le plan-film... Notez également la présence d'une zone de marquage (7) qui peut sembler inutile MAIS en cas de shooting en groupe, il vaut mieux marquer ses châssis ET si on souhaite noter les conditions de prise de vue et d'exposition de ses images (recommandé en grand format !), il vaut mieux numéroter les logements de châssis (un numéro différent sur chaque face de chaque châssis !)...

Le chargement proprement dit :

Avant toute chose, débloquer le volet d'occultation en faisant tourner le crochet de sécurité de 90° jusqu'à le placer entre les deux volets occlusifs.
Maintenant que le volet occlusif est libéré, vous pouvez le sortir (1).
Attention, ne pas sortir plus des 3/4 sans quoi, au noir, vous aurez des difficultés à le refermer.

En sortant le volet, vous libérez le clapet de chargement. Déployez-le (2).

Vous pouvez déjà repérer (en blanc) les deux rails : celui du dessus (1) est celui du volet, celui du dessous (le fond) (2) sera celui du plan film.
Souvenez-vous, les encoches du plan film doivent être en haut et à droite pour que la gélatine soit au-dessus. Donc placez votre plan-film à 80° contre le fond du logement du châssis pour le faire glisser dans son rail. Poussez-le le fond, jusqu'à buttée.
Lorsque le plan-film est en place, il est "loin" de l'axe de rotation du clapet de chargement (1). Vous pouvez maintenant replacer le clapet de chargement en position fermée (2) et le bloquer en refermant (à fond !) le volet occlusif (3).

Je ne l'ai pas fait figurer sur l'image mais n'oubliez pas de faire tourner le crochet de sécurité de 90° pour éviter une ouverture accidentelle du volet

Si vous faites la manipulation 2 fois en plein jour et 1 fois en plein jour mais les yeux fermés, vous serez prêt pour la refaire au noir complet !...

LA GESTION DES CHÂSSIS

J'en ai déjà un peu parlé dans leur description, mais ce n'est pas tout !

—1— Avant tout, sachez que plus un film est grand et plus il est susceptible d'attirer et/ou retenir de la poussière et autres corps étrangers (cheveux etc...) tout ce qui vous donnera des tirages bons pour la poubelle !... Et le grand format est ce qui se fait de plus grand. En plus, les films petit format (24x36) sont enfermés dans un canister quasiment étanche (grâce à la mousse en sortie), les films moyen format sont enroulés en bobines très serrées donc quasiment hermétiques aussi. Les plan-films sont bien à l'abri dans leur boite d'origine (enfin, il est tout de même préférable de tapoter les plan-films sur la tranche avant de les insérer dans le châssis !...) mais cette boite est ouverte de 25 à 100 fois (selon le nombre de plan-films). Puis le plan-film sort de cette boite, il va être inséré dans un châssis potentiellement bourré de poussière voire de corps étrangers... DONC :
- ne chargez jamais un châssis immédiatement après avoir sorti le plan-film exposé !
- entreposez les châssis dans un endroit clos ou à l'abri des poussières
- utilisez un pinceau ou un gaz comprimé pour nettoyer les châssis avant de les charger

—2— Je vous ai parlé plus haut de la nécessité d'individualiser chaque côté de chaque châssis. En effet, un des points forts du grand format est la personnalisation du développement de chaque négatif (le développement constitue 50% du zone system !). Aussi, munissez-vous toujours d'un bloc note (ou un smartphone !) pour décrire ce que vous souhaitez faire avec votre négatif lors du développement... ceci n'étant possible QUE si vous serez en mesure de reconnaître votre négatif au moment du développement (!!!) parler du négatif n°5 (par exemple, c'est à dire la première vue du 3ème châssis) facilitera grandement les choses !...

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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PROCÉDURE DE PRISE DE VUE À LA CHAMBRE GRAND FORMAT

Je l'ai dit à plusieurs reprises ici, et ce fait est connu de tous, la photographie grand format demande du temps, du soin, de la rigueur et, n'est franchement pas très simple à mettre en œuvre... c'est pourquoi, en me mettant en situation, je me suis fait un petit aide-mémoire sous forme de check list pour aborder les premiers clichés en grand format dans les meilleures conditions...

Je vais partir du principe que nous allons utiliser notre chambre sur le terrain pour de la photographie de paysage, mais tout ce qui sera dit ici (ou presque) sera applicable pour tous les genres photographiques en intérieur ou en extérieur...

1) Installation de la chambre :

La photographie est, dans un premier temps, la recherche d'un sujet et d'une composition. Cette phase préliminaire capitale se fait en se déplaçant à gauche, à droite, en avant, en arrière, plus en hauteur ou en s'accroupissant... En petit format, rien de plus facile, on regarde dans le viseur et on bouge pour juger de l'effet du choix d'un point de vue. En grand format, c'est une toute autre histoire !!!!! Il faut placer le trépied, fixer la chambre dessus, viser et... si ce n'est pas bon, déplacer ce montage gigantesque (et lourd... le trépied doit être plus lourd que la chambre !) ne serait-ce que d'un mètre est difficile (et dangereux pour le matériel !) cela prendrait beaucoup trop de temps et nous fatiguerait inutilement... On se retrouve donc dans le cas de figure de celui qui débute en photographie et dont j'ai parlé dans un petit cours de photographie (si je ne me trompe), Il faut acquérir (par l'expérience), le sens de la composition avant même de jeter un regard dans le viseur (le dépoli en l'occurrence)... Dans l'article auquel je fais allusion, je proposais de se fabriquer un cadre de la taille de son négatif et de chercher dans ce cadre la composition souhaitée. Une fois la composition acquise, il sera temps de monter sa chambre. Si après montage, la composition obtenue n'est pas strictement identique à celle que vous avez observé dans le cadre, pas de panique, la rotule du trépied permettra des rotations, le trépied permettra de monter (et/ou de descendre) un peu (mais attention de ne pas monter la colonne centrale du trépied trop haut, vu le poids de la chambre, l'ensemble deviendra rapidement suffisamment instable pour entrainer un flou de mouvement pendant la pose...) et, plus important encore, si ces mouvements sont insuffisants, n'oubliez pas la possibilité offerte par le grand format : les bascules et les décentrements... et au pire, vue la surface du négatif, un recadrage au tirage sera facile !...

Au passage, je viens de penser que sur le terrain, la taille de la chambre fait une excellente prise au vent avec les risques de flou de bougé !... Il pourrait être intéressant d'emporter avec soi un parapluie à placer latéralement à la chambre pour la protéger des blagues d'Éole !...

2) Alignement de la chambre :

Avant de photographier, il faut aligner la chambre à zéro, c'est à dire la placer à l'horizontale stricte en s'aidant des niveaux à bulle intégrés à la chambre ou à la rotule du trépied (ou fixez sur votre chambre un niveau 3D très peu cher). Puis assurez-vous que tous les mouvements sont à zéro, généralement tous les mouvements sont accompagnés d'une échelle graduée -ou d'un clic en position neutre- mais les niveaux à bulle incorporés peuvent également aider.

ATTENTION : si vous utilisez une chambre symétrique et si vous utilisez des planchettes Technika, il faut vérifier la localisation du trou... en effet, il existe des planchettes Technika centrées et des planchettes Technika excentrées... Une planchette excentrée situe l'axe optique environs 1 cm en dessous du centre de la planchette !!! Donc, la mise à zéro devra se faire en effectuant un décentrement de 1cm vers le haut !!! Le plus simple dans ce cas serait d'acheter une planchette Technika centrée mais vu les tarifs Linhof (!!!), reste la possibilité d'acheter des planchettes Shen Hao (environs 50% du prix des Linhof alors que 100% compatibles. Attention, la compatibilité des autres marques de planchettes dites « compatibles Linhof » ne le sont pas vraiment... il faudra les bricoler et ce n'est pas forcément très simple !)

3) Première visualisation de la future photo :

Quand vous regardez le dépoli, vous ne voyez que du noir !... Ne pas oublier d'ouvrir l'obturateur au niveau de l'objectif !...

Faire une première mise au point en jouant sur le tirage du soufflet. Il n'est pas toujours facile de trouver l'objet sur le dépoli... surtout pour des mises au point rapprochées avec une optique de longue focale. C'est un peu comme la mise au point avec un microscope puissant (pour ceux qui ont déjà eu l'occasion d'en utiliser !). Pour se simplifier la vie, on peut se créer (pour chaque objectif) une table de correspondance distances objectif/objet | tirages de soufflet permettant une bonne netteté. Cela est assez fastidieux mais peut faire gagner énormément de temps !...

 

Si vous vous sentez l'âme d'un mathématicien, vous pouvez toujours utiliser les formules d'optique géométrique (dont je ne parlerai pas ici !) qui permettent de calculer le tirage du soufflet connaissant la focale de l'objectif et la distance objet/objectif :
T: tirage
F: focale
D: distance objet/objectif

T = DxF/D-F


Pour calculer, convertir la Focale et la Distance en centimètres. Vous obtiendrez le Tirage en centimètres que vous pourrez (éventuellement) convertir en millimètres.

Exemple
Focale (mm)
Focale (cm)
Distance (m)
Distance (cm)
Tirage (cm)
Tirage (mm)
1
90
9
0,10
10
90
900
2
90
9
0,11
11
49
490
3
90
9
0,12
12
36
360
4
90
9
0,15
15
22
220
5
90
9
0,20
20
16
160
6
90
9
0,30
30
13
130
7
90
9
0,50
50
11
110
8
90
9
1
100
10
100
9
90
9
10
1000
9
90
10
90
9
100
10000
9
90

Ces exemples n'ont pas été choisis au hasard !... Plus la distance est courte et plus une très petite variation de distance entraîne une grande variation de tirage. Inversement, plus la distance est grande et plus une grande variation entraîne une petite variation de tirage...
N.B. : mes résultats sont arrondis
N.B. : sur des très courtes distances, vous obtiendrez des résultats négatifs, ce qui est physiquement justifié (je n'expliquerai pas pourquoi ici !) même si inutilisable...

Avec ces formules, vous pourrez créer pour chacun de vos objectifs des tables de distances qui vous donneront les tirages à appliquer. Ces tables Distances|Tirages inscrites sur un carton fort pourront vous suivre sur le terrain et bien vous faciliter la vie. De même, les résultats seront beaucoup plus simples à obtenir que la technique empirique qui consiste à placer un objet à une distance connue de l'objectif et de jouer avec le soufflet de sa chambre pour en connaître le tirage !!!

 

Il est possible (pour ne pas dire probable !) qu'il y ait un décalage entre le résultat de vos calculs et la vraie vie mais ce sera beaucoup plus simple et plus rapide de déplacer le soufflet de + 2mm que de voyager sur plusieurs dizaines de centimètres !!!

Donc une fois la chambre en place, vous réglez votre soufflet sur le tirage donné par votre table, vous plongez sous le voile de visée et vous affinez la mise au point.

4) Composition définitive :

C'est le moment d'utiliser (si nécessaire) les mouvements de la chambre. Il est indispensable de commencer par les décentrements, en effet, ils influencent le cadrage de votre image. Si vous souhaitez intégrer une plus grande partie d'un élément de l'image, bougez la face avant dans sa direction (monter la face avant pour plus de ciel) ou bougez la face arrière dans la direction opposée (pour plus de ciel, abaisser la face arrière). Ensuite, seulement, on considérera les bascules du corps arrière en gardant en tête que pour agrandir un élément de l'image, il faudra éloigner la partie du film qui recevra cet élément sur sa surface. Finalement, on s'occupera des bascules du corps avant pour améliorer la netteté d'un élément. Il faut basculer le corps avant pour le rendre parallèle au plan du sujet. Pour accentuer le flou, il faut faire le contraire.

"Très" rapidement on sera en mesure de gérer les mouvements à bon escient de manière inconsciente mais il faut, au début, emporter sur le terrain un schéma des mouvements et de leur rôle (décrit plus haut dans l'article « THÉORIES À APPLIQUER EN PHOTOGRAPHIE GRAND FORMAT » | « AU SUJET DES MOUVEMENTS »)

5) Mise au point définitive :

Attention, les mouvements peuvent affecter la mise au point globale de votre image ! Avant d'aller plus loin dans la création de l'image, il faut adapter (si nécessaire) la mise au point précise et systématiquement vérifier précisément la mise au point des diverses zones du dépoli, à la loupe si possible (fortement recommandé !).

6) Calcul de l'exposition :

Tout a été dit dans l'article « THÉORIES À APPLIQUER EN PHOTOGRAPHIE GRAND FORMAT » | « AU SUJET DE L'EXPOSITION ». Allez relire l'article, ce ne sera pas un luxe !...

Il reste à régler vitesse et diaphragme sur l'objectif.

Et tant que vous y êtes, profitez du travail sur l'objectif pour armer l'obturateur...

7) Installation du châssis :

Avant d'installer le châssis, ne surtout pas oublier de refermer l'obturateur au niveau de l'objectif !!! Sans quoi vous voilerez le film à l'ouverture du châssis !!!

Selon l'âge de votre chambre, il faudra retirer (ou non) le dépoli pour installer le châssis. Placez le film non exposé face au corps avant !... c'est logique mais les erreurs au début sont fréquentes... Avec les châssis contenant deux plans film, placez le plan film non exposé face au corps avant !... Soyez donc au clair en ce qui concerne la manipulation et le code de différenciation des films vierges et des films exposés avec vos châssis !... Relisez l'article sur le chargement des châssis, ce ne sera pas superflu !...

Avant d'aller plus loin, ne pas oublier de retirer le volet de protection !... Cela aussi est logique, mais au début, dans le feu de l'action...

8) Déclenchement :

Aucune particularité si ce n'est qu'il est préférable d'utiliser un déclencheur souple... les temps de pose sont relativement longs.

9) Finalisation de la prise de vue :

Il faut replacer le volet d'occultation du châssis en veillant à respecter le code film exposé de manière à éviter la double exposition...

Il y a effectivement beaucoup de choses à faire et, surtout, ne zappez aucune étape !... Mais en suivant cette procédure, tout devrait bien se passer !...

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PUIS-JE ME FAIRE UNE IDÉE DU GRAND FORMAT À MOINDRE FRAIS ?

Le seul moyen de se faire une idée de ce qu'est le grand format est... de faire du grand format (!!!), malheureusement... Aussi pourquoi vouloir créer un paragraphe pour envisager ce point ?

En fait, la pratique du grand format regroupe un ensemble d'éléments :
- la manipulation des bascules et des décentrements qui n'est possible qu'avec une chambre grand format, il n'y a aucun moyen d'éviter l'achat (ou la fabrication) d'une chambre grand format.
- la visée relativement difficile sur le dépoli. Si on fait abstraction de la surface du dépoli des chambres grand format, il existe un moyen de tester la composition à l'aide d'un boîtier moyen format qui ne coute quasiment rien en occasion : Le Lubitel. Ce boîtier soviétique de format 60x60 dont je parle beaucoup dans mes pages. Avec lui, vous serez face à un dépoli relativement sombre (en fait beaucoup plus sombre qu'un dépoli de chambre grand format récent). En plus, le dépoli de votre Lubitel vous présentera l'image inversée droite/gauche. C'est un peu moins compliqué à gérer que la double inversion du dépoli d'une chambre grand format, mais cela donne déjà une petite idée très intéressante.
- la manipulation des objectifs grand format. Extraordinaire, hormis l'obturateur (externe) permettant de préparer l'exposition du plan film, les objectifs grand format fonctionnent exactement comme l'objectif du Lubitel dont je viens de parler (en fait c'est le contraire... le Lubitel n'a pas fait évoluer la gestion des objectifs grand format !). Donc, pour un investissement ridicule (le prix du Lubitel d'occasion) on peut se faire une idée de la visée sur dépoli inversé ET sur la manipulation de l'objectif... En effet, contrairement aux boîtiers petit format, nous sommes ici face à un objectif qui porte sur lui l'ensemble des commandes. Cela ne paraît pas sur un simple texte comme celui-ci, mais cela fait beaucoup de leviers qui compliquent la manipulation : on dénombre un levier d'armement de l'obturateur central, un levier de déclenchement, un levier de réglage de vitesse d'obturation, un levier de réglage de diaphragme, une interface de fixation du déclencheur souple, une interface de commande filaire du flash. Allez vous y retrouver... rien que cela va ralentir incroyablement l'acte photographique...
- la manipulation et le développement du plan film. Là il y a la possibilité, soit de fabriquer un bête sténopé (voir ici) aux dimensions acceptant des plans film, ou d'acheter un sténopé grand format (comme la camera obscura vendue par Ilford, par exemple, qui n'est pas très chère -enfin, une centaine d'euros tout de même avec 10 plans film, 10 papiers Harman positif direct et 10 papiers négatifs-). Certes, cela ne vous apportera que la manipulation des films puisque la qualité des résultats du sténopé sera sans aucune commune mesure avec le piqué des objectifs grand format sur cette grande surface de film, mais c'est déjà beaucoup.

Si tous ces tests ne vous rebutent pas, sachez qu'il y a de fortes chances que vous vous réalisiez en grand format, vous pouvez vous lancer dans cet investissement. Si, au contraire, quelque chose vous ennui, abandonnez immédiatement l'idée même de faire du grand format...

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PREMIÈRES IMPRESSIONS - TUYAUX - BRICOLAGES

Donc, enfin, ça y est... j'ai ma chambre grand format !... J'ai écumé la foire de Bièvres 2016 pour ne trouver que des chambres folding ou press qui ne m'intéressaient pas ou quelques rares monorails hors mon budget mais pas une seule chambre pliable que j'aurais préféré !... Quand tout à coup je tombe sur un superbe stand tenu par un marchand belge charmant et très compétent et bien, croyez-moi si vous voulez, il proposait une chambre monorail Linhof Kardant SuperColor ST en format 4x5" livrée avec un objectif Rodenstock Grandagon MC f/6.8 - 90mm (estampillé Linhof) + un objectif Schneider Kreuznach Symmar-S f/5.6 - 210mm (estampillé Linhof) + un viseur reflex/redresseur + 5 châssis, le tout en excellent état pour à peine le prix moyen d'une chambre ancienne livrée avec un objectif standard (150mm). Une configuration de rêve donc !... Tant pis pour la chambre pliable, je pars pour une chambre monorail !...

Bien sûr, avant d'acheter, même des bijoux comme celui qui m'était proposé ici, il faut toujours avoir un minimum d'œil critique ! Regarder la chambre : tous les mouvements doivent être opérationnels et les clamps efficaces, le soufflet peut, sans problème, être très fatigué, tant qu'il n'est pas troué, on peut le sauver sans difficulté et pour presque rien (des micro-perforations sont toujours possibles mais invisibles au moment de l'achat mais facilement réparable pour presque rien !). Regardez les/l'objectif/s : les lentilles doivent être parfaitement transparentes, pas de brouillard, pas de lignes sombres pas de tache, pas de rayure profonde. Regardez l'obturateur : toutes les vitesses doivent fonctionner (surtout les plus lentes) et correspondre à ce qui est noté, le diaphragme doit fonctionner parfaitement, les lamelles du diaphragme doivent être sèches... Sachez qu'un objectif ou un obturateur fatigué est réparable mais n'est pas donné !!!

Bref, mon acquisition est parfaite ! La chambre fonctionne parfaitement, le soufflet présente quelques points de fatigue, rien de bien grave :
- les coups de flash à l'intérieur du soufflet n'ont montré aucun micro-trou
- certaines zones du soufflet sont un peu molles
- par endroit le "cuir" se décolle du carton sous-jacent
=> pour consolider, recoller (voire même obstruer les micro-trous) j'ai décidé d'utiliser une toile adhésive extra-forte type «Txxx® Réparer Super Résistant Toile Forte Adhésion» couleur noire. Au début je pensais essayer avec du gaffer mais ce dernier est beaucoup plus épais donc s'accorde peu à ce genre de réparation qui ne doit pas allonger le soufflet fermé !... Résultat des courses, le résultat est tout à fait à la hauteur de mes espérances !...
La chambre Linhof Kardant Super Color ST présente quelques lacunes (en comparaison des chambres actuelles -la Kardan Super Color date de 1975 !-), oh, rien de bien grave :
- le corps arrière de la chambre ne propose qu'un niveau à bulle avant/arrière : un niveau à bulle droite/gauche est tout aussi indispensable, mais un niveau à bulle ne coûte qu'un euro donc j'ai fixé un deuxième niveau à bulle sur le corps arrière.
- le corps avant de la chambre ne propose aucun niveau à bulle (!!!) : j'y ai fixé un niveau à bulle 3D qui ne m'a coûté que quelques euros (même si un niveau à bulle droite/gauche n'est pas indispensable sur le corps avant).
- le banc optique ne porte aucune règle graduée. Cette dernière est pourtant indispensable pour calculer les valeurs d'exposition (!!!) : je me suis fabriqué un mètre ruban en utilisant un tissus adhésif médical pour pansement en double épaisseur (côté collant contre côté collant, bien sûr !). Au lieu d'y noter des distances, j'y fais figurer des corrections en diaphragme. D'un côté pour le 90mm, de l'autre pour le 210mm. Ces valeurs de correction d'exposition se déterminent avec la formule : C = L²/F²(avec C= correction d'exposition, L= longueur du soufflet -en millimètres- et F= focale de l'objectif -en millimètres-). Ainsi, une fois la mise au point terminée, je place mon mètre ruban avec son origine à l'endroit du plan du film et je tire mon mètre ruban jusqu'au plan de la planchette de l'objectif et je peux lire immédiatement le nombre de diaphragmes à ajouter à la mesure du posemètre... c'est mille fois mieux qu'une échelle graduée sur la banc optique !!!... N.B.: chacun fait comme il veut, d'après la formule appliquée à l'objectif de 90mm on trouve que pour une longueur de soufflet = 9cm la correction est de 1. Cela veut dire que la correction d'exposition est de 1x la valeur mesurée par le posemètre. Personnellement à 9cm j'ai placé la valeur "0" ce qui veut dire que je devrai ajouter zéro diaphragme... idem pour la suite, là où la formule donne "2" parce qu'il faut doubler l'exposition, je note "1" pour savoir que je dois ouvrir d'1 diaphragme (ou augmenter le temps de pose d'1 valeur), etc... On pourrait s'amuser à augmenter la précision de cette échelle au 1/3 ou au 1/2 diaphragme. C'est ce que j'ai fait ! Mon Rodenstock 90mm permet des réglages au 1/2 diaphragme donc une face de ma "règle" est graduée en 1/2 diaphragmes, mon Schneider Kreuznach 210mm permet des réglages au 1/3 de diaphragme donc l'autre face de ma "règle" est graduée en 1/3 de diaphragme. Si vous faites de la diapositive grand format, OK le 1/3 de diaph serait une bonne idée, si vous faites de la couleur (négatif) 1/2 diaphragme serait une bonne idée, mais si vous faites du négatif noir et blanc, une échelle à diaphragmes entiers est largement suffisante, la lattitude de pose des films permettant de compenser ce manque de précision !!!

- le banc optique ne porte aucune règle graduée. Cette dernière est pourtant indispensable pour calculer la mise au point (j'en parlerai plus loin), il me faudra donc en fixer une sur le côté du banc avec deux ergots pour une mesure précise (millimétrique).
- les objectifs grand format sont assez sombres dans l'ensemble (loin des objectifs petit format). Il en existe des plus rapides mais à quel prix !... Donc la visée en atmosphère sombre peut poser pas mal de problèmes... La visée à la loupe est déjà beaucoup plus agréable. Mon exemplaire est livré avec un viseur reflex qui, outre le fait de viser et de se passer du drap de visée a un effet grossissant (x2) donc simplifie beaucoup la mise au point ! Si, malgré l'utilisation d'une loupe, vous rencontrez des problèmes de mise au point pour des raisons de luminosité, n'hésitez pas à acquérir une lentille de Fresnel de la taille de votre dépoli, en occasion cela ne coute vraiment pas grand chose (ma Linhof en est équipée d'origine) !...
- les châssis d'occasion sont tous marqués. C'est très bien, cela permet une gestion plus aisée, malheureusement, ce marquage est souvent nominatif (!) c'est le cas pour moi, donc il n'y a pas trente-six solutions : un coup de bombe de peinture noire et une étiquette blanche pour un nouveau marquage...

J'ai reçu un mail soulignant un problème potentiel : [...] j'ai aussi acheté une chambre en "excellent" état mais le soufflet est mité (plein de micro-trous), il est impossible de tout colmater avec votre idée de tissu collant !... quoi faire si on n'a pas envie de changer de soufflet (qui coute plus cher que le prix payé pour la chambre !) ? [...] Après mure réflexion, je ne vois qu'une seule solution peu chère, pas très esthétique mais efficace et franchement peu chère : chercher un matériau fin et léger mais totalement hermétique à la lumière (sac poubelle épais, bien noir —Attention : 99% des sacs que l'on trouve en grande surface ne sont pas totalement hermétiques à la lumière !—, tissu opaque —celui qui permet d'occulter une fenêtre pour créer un labo photo [certains fournisseurs de matériel photo en ont en catalogue !]—, etc...). Si le soufflet n'est pas complètement mou, entourez-le de ce matériau, vous fixerez les deux extrémités de la "chaussette" à l'aide d'une bande collante double face extra-forte (pour coller les moquettes par exemple) sur le corps arrière et sur le corps avant de la chambre... résultat garanti à 100%. Si, par contre, le soufflet est tout mou, il faudra le consolider avec mon idée de toile collante sur chaque pli avant de l'envelopper dans la "chaussette" hermétique. Bien sûr, mon idée ne fonctionnera que sur les chambres pliables (à vérifier !) et les chambres monorail, les chambres folding ne fermeront plus avec ce bricolage (!!!).

Si, comme moi, vous trouvez que l'esthétique compte aussi, il faudra changer de soufflet. Le remplacement est très cher... mais on peut très bien en fabriquer un pour un investissement quasiment nul !!! J'ai longuement réfléchi au problème et, je suis en mesure de fabriquer un nouveau soufflet, sans investissement inconsidéré, sans grande difficulté (même moi je suis capable d'en fabriquer un alors que je ne possède aucun outil particulier et que je ne suis pas franchement un manuel) et assez rapidement. Donc je vais vous en faire profiter aussi, en écrivant un article détaillé ici.

C'est tout pour aujourd'hui, si je trouve d'autres améliorations à bricoler, je complèterai cet article plus tard...

MISE À JOUR : J'adore ma petite chambre Linhof Kardan Super Color ST, la prise de vue est compliquée à souhait mais j'avoue qu'en extérieur, même si ce n'est pas impossible, c'est galère !... Donc après quelques mois, j'ai craqué pour une chambre de terrain (field camera) pliante. J'ai regardé du côté des propositions chinoises aussi et... j'ai craqué pour une chambre pliante en teck et aluminium, neuve, la superbe chambre 4x5" Shen Hao HZX 45 II A. Ce n'est pas la chambre pliante la plus légère mais c'est une des chambres pliantes qui propose le plus de déplacements/décentrements, quasiment autant qu'une monorail !!!. En plus, La Shen Hao utilise des planchettes Linhof Technika, comme la Linhof Kardan Super Color ST, je pourrai donc utiliser les mêmes objectifs sur mes deux chambres !... Sur la Shen Hao, les déplacements/décentrements, la manière de l'utiliser sont très proches de ceux de ma Linhof (mieux pour certains), de ce fait, je ne serai pas dépaysé, que des avantages donc... Certes, la Shen Hao est livrée sans objectif, sans obturateur, sans châssis, mais elle est faite en matières nobles, très bien faite, équipée (en option) d'une lentille de Fresnel, et... neuve et au prix de ma Linhof donc, un dans l'autre, je trouve que c'est un bon investissement. Et puis, avec elle, rien à bricoler !...

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QUID DU DÉVELOPPEMENT DES PLAN-FILMS ?

Avant de voir comment traiter nos plan-films, il va falloir réfléchir quelques secondes pour voir ce qui va fondamentalement changer lors du passage petit|moyen format / grand format.
1) le petit et le moyen format se présentent sous forme de bobines de plusieurs vues. Pour les développer, le meilleur moyen est d'enrouler ces bandes de film sur une spire. En grand format, chaque plan-film représente une vue unique de grande taille. Le montage sur spire n'est pas forcément simple ni intéressant (voir le zone system qui préconise un développement unique et adapté à chaque vue, donc développer 2 plan-films dans un même bain représente une hérésie !)
2) historiquement, les plan-films étaient développés dans des cuvettes à plat (exactement comme on développe encore les papiers photo aujourd'hui), ce système n'est pas très simple à utiliser (noir complet qui limite la précision des gestes et la mesure du temps de développement) même si c'est le plus adapté à la philosophie du grand format. En plus cette technique exige des quantités phénoménales de réactifs !...
3) on peut envisager le développement en cuves de "faible" contenance pour développer les plan-films, mais dans ce cas il faut savoir combien de plan-film on peut développer pour un volume de réactif donné. L'équivalence est assez facile à déterminer (à approximer en fait !) : si un volume X à une concentration X d'un réactif X est en mesure de traiter un film petit format de 36 poses, il sera en mesure de traiter un film moyen format 120 et il sera en mesure de traiter 3 plan-films grand format 4x5". Donc oui aux économies de réactifs mais ne pas oublier de tenir compte de l'épuisement de la chimie !... Quoi qu'il en soit, le traitement des plan-films en cuves semble le plus simple...

Ces éléments étant connus, on va essayer d'entrevoir plusieurs moyens de traitement :

LE DÉVELOPPEMENT EN CUVETTES À PLAT

Bien que cette technique soit la moins pratique, la moins économique en réactifs et la plus complexe, elle n'est pas à dédaigner pour autant ! Certes, parce qu'il s'agit de la technique historique, mais pas uniquement ! Le côté difficile du travail dans le noir complet ne doit pas être un frein, tout s'apprend. Un dans l'autre, si vous partez de zéro, c'est à dire que vous ne possédez encore aucun matériel de développement, cette technique peut s'avérer bon marché, malgré le gaspillage de réactifs (si utilisation de réactifs alternatifs, ce gaspillage ne sera pas péjoratif pour votre porte-monnaie !), en effet, il suffit d'acquérir 3 cuvettes de dimensions immédiatement supérieures à la taille du plan-film (13x18 cm pour un plan-film de 4x5"), un bac par réactif (révélateur / bain d'arrêt / fixateur) plus, éventuellement, une cuvette de pré mouillage que certains -dont moi- pratiquent mais qui n'a rien d'obligatoire.

On trouve plusieurs descriptions de plusieurs techniques de développement en cuvettes à plat, je préconiserais plutôt la technique historique, la plus simple :
-au jour-
* préchauffez les réactifs à 18-22°C (pour le noir et blanc), ce serait encore mieux si votre chambre noire était chauffée à cette même température.
* placez côte à côte les 3 (4) cuvettes
* remplir les cuvettes jusqu'à la moitié de leur contenance
-au noir-
* sortez le plan film du châssis
* lancez le chronomètre (avec alarme pour la gestion du temps dans le noir). Personnellement, j'ai décidé d'utiliser un ancien micro-ordinateur portable qui fonctionne encore à peu près, j'ai programmé une petite application qui égraine le temps en donnant des messages aux moments clés du développement. Bien sûr, pour ne pas voiler les films, j'ai placé une bande adhésive noire sur chaque diode et j'ai enfermé l'écran dans un sac noir totalement hermétique à la lumière. Dans un premier temps je prévoyais l'appui sur une touche quelconque pour passer d'une phase de développement à la suivante MAIS, ordi portable ou non, le mélange eau/électricité n'est pas souhaitable... donc je n'appuie plus sur une touche que lorsque le plan-film est sorti du châssis et prêt à être placé dans le bain de pré mouillage pour lancer le chronomètre... Sinon, une pendule avec aiguilles et cadran phosphorescent (encore faut-il en trouver une, c'est possible mais cela ne court pas les rues la nuit !) fera très bien l'affaire à condition de la placer à distance des plan films puisqu'il a été décrit des cas de voile !...
* pré mouiller le plan-film pendant 2 minutes
* égoutter le plan-film
* incliner le bac et plonger le plan-film dans le révélateur
* soulever alternativement les 4 côtés de la cuvette pour l'agitation. Personnellement, j'agite en permanence pendant une minute puis je lève/repose calmement 2 côtés de la cuvette toutes les 30 secondes. C'est généralement un bon début quel que soit le film... Mais certains films ou certains effets nécessitent plus de vigueur... c'est l'expérience qui vous guidera !...
* la durée totale de développement sera fonction du film utilisé (et de la température), il faudra se reporter à la documentation qui accompagne le film.
* égoutter puis bain d'arrêt pendant 2 minutes, nouvel égouttage, fixateur pendant 5 minutes et lavage.

Dans la mesure où un châssis contient deux plan-films, il peut être tentant de développer les deux plan-films en un seul passage. Ce n'est pas plus compliqué qu'avec un seul : au pré mouillage, l'acétate (le dos du plan-film) ne demande qu'à coller à l'acétate d'un autre plan-film... utilisez cette propriété à votre avantage, collez les deux plan-films dos à dos en veillant à les décaler sans quoi vous ne pourrez jamais les séparer... et le reste de la procédure est le même !...

On peut également envisager le développement de tout un tas de plan-films en même temps (dans des cuvettes plus grandes !!!), mais cela est à réserver aux développeurs habitués car les gélatines mouillées sont très fragiles et les rayures sont fréquentes quand on ne sait pas très bien ce que l'on fait... je déconseille l'exercice avant quelques mois de pratique !...

Généralement, le résultat du développement en cuvettes plates est excellent même si la manipulation est assez fastidieuse.

Il est vrai que j'aime beaucoup la technique du stand développement MAIS cette technique est inapplicable avec les cuvettes... 1 heure à 1h30 à ne rien faire dans le noir c'est invivable !... En plus, qui dit stand développement dit développement systématique donc, quitte à développer tous les films de la même manière, autant ne pas utiliser les cuvettes...

LE DÉVELOPPEMENT EN CUVES PROFONDES

C'est LA technique spécifique du développement des plan-films. Elles ont existé en plastique ou en métal. Je ne sais pas si on en trouve encore en neuf, on en trouve facilement en occasion mais ce n'est pas franchement donné !...

L'utilisation des cuves profonde est un peu un compromis entre l'utilisation des cuvettes et des cuves pour petit/moyen format. Chaque plan-film est installé sur un cadre. On plonge les cadres dans la cuve pour le temps de développement. L'agitation se fait en entrant et en sortant les cadres de la cuve. Cette technique permet de rester en plein jour sauf au moment de l'agitation, bien sûr !...

Sur le même principe, il a été proposé un système avec un panier unique pouvant porter plusieurs plan-films.

Cette technique est bien plus pratique que celle des cuvettes plates. Le problème est le prix et le volume important de la cuve ! Ce système étant multi-formats, les cuves ont des contenances de 5 litres et plus !...

Ce système, contrairement aux cuvettes plates permet le stand développement qui m'est cher.

J'ai trouvé un système similaire mais plus moderne. Plus petit, demandant des volumes de chimie ridicules, permettant de travailler en pleine lumière (sauf le chargement, bien sûr) puisque l'agitation s'effectue par retournements. Le stand développement est également possible. Ce système permet le développement de 1 à 4 plan(s)-film, ce qui est largement suffisant (!!!). Certes, cette "cuve" n'est pas donnée (pour ce que c'est) aux alentours de 100€ (c'est moins terrible que ce que vous pourrez voir plus bas). Il s'agit du STEARMAN PRESS SP-445 Compact 4x5 Film Processing System (je ne traduis pas, c'est son nom !) mis sur le marché en Août 2016...

J'ai la possibilité de la tester, je vous ferai donc un test dès que possible et, qui sait, l'adopter ?

LE DÉVELOPPEMENT EN CUVES ROTATIVES

Plus récemment il a été proposé des cuves de traitement automatique thermostaté. Ces cuves, selon leur taille et leur configuration interne permettent le développement de films petit et/ou moyen format et/ou grand format ou des papiers photo. Ce système de développement est idéal à plus d'un titre : travail en plein jour, pas de choc thermique, uniformité de traitement, volume de réactif réduit au maximum.

Le problème (et de taille !) était le prix du matériel !... On en trouve relativement facilement en occasion mais les pièces détachées sont difficiles à trouver !... La marque propose aujourd'hui le même système (amélioré ?) mais toujours hors de prix pour le commun des mortels...

Il a existé plusieurs philosophies de systèmes rotatifs économiques en volume de réactif mais hors de prix !

LE DÉVELOPPEMENT EN CUVES DÉTOURNÉES

Si on souhaite se simplifier la vie mais ne pas se ruiner pour autant, il est possible de se tourner vers de détournement des cuves spécifiques. Il y a plusieurs moyens à notre disposition :
- plutôt qu'acheter le processeur (ci-dessus) plus les cuves permettant le chargement des plan-films, il est possible, au prix de quelques centaines d'€ (et +) de n'acheter que la cuve avec la spire correspondant à la taille de vos plan-films

- il est même proposé un système de porte plan-film à intégrer dans une cuve classique pour petit et moyen format. Le problème est double toutefois : la cuve doit être de taille correspondant à 3 films petit format (ce n'est pas les plus nombreuses) et... pour ce que c'est, le prix est prohibitif (un peu moins de 100€).

LE DÉVELOPPEMENT SYSTÈME « D »

Le système D demeure, ici aussi, la meilleure technique ! Bien sûr le plus simple serait d'apprendre à utiliser le développement dans cuvettes plates, si vous préférez le travail en plein jour, il faudra se creuser un peu les méninges et sortir ses outils !...

LE DÉVELOPPEMENT « TACOS »
L'utilisation d'une cuve de développement pour film petit/moyen format classique est possible avec cette technique simple et ingénieuse. Rouler ses plan-films comme des tacos !...

Je ne vais pas m'étendre sur cette superbe idée (qui n'est pas de moi !!!), il suffit de demander à votre moteur de recherche quelque chose comme « taco développement plan film 4x5 » pour tout savoir.

LE DÉVELOPPEMENT DANS DES CUVES ÉVOLUÉES MAIS BRICOLÉES
Mais il pourrait être tentant d'utiliser les idées historiques de cuves pour plan-film en bricolant quelque chose d'approchant ! J'ai quelques idées, il me faudra peaufiner les plans, construire, tester et vous en parler dès que ce sera au point !...

LES MÉTHODES QUE J'AI ADOPTÉES

Parmi toutes les techniques exposées ci-dessus, il en est qui répondent à mes attentes mais qui demandaient une petite mise au point (si j'ose dire !) afin de minimiser leurs défauts. Je vais vous expliquer cela ici.

LE DÉVELOPPEMENT EN CUVETTES À PLAT

À mon avis, le principal avantage du grand format est la pratique du Zone System (même si cette technique est applicable en moyen format, ce n'est pas pareil...). Sans entrer dans les détails ici, il est nécessaire et indispensable d'effectuer des développements individualisés de chaque plan film. Pour parvenir à ce résultat, la pratique du développement en cuvettes à plat est idéale (même si ce n'est pas la seule !). C'est donc elle que j'ai retenue avec toutefois quelques adaptations qui me permettent d'améliorer le système, l'économie de réactifs principalement (le gaspillage de réactifs étant le plus gros défaut de la technique) !...

Je travaille en format 4x5" et principalement, pour ne pas dire exclusivement, en noir et blanc, j'ai donc recherché des cuvettes en plastique (détournement de matériel donc gratuit), j'en ai trouvé mesurant 220x120x25mm. Ces cuvettes sont "remplies" avec 200ml de réactifs (bien loin des 600ml -et plus- des cuves pour films en bobine). La première amélioration est gagnée mais au prix de l'apparition d'un autre problème de taille : la moindre pollution d'un des bains va compromettre l'efficacité de tout le développement !... Il me fallait donc maintenant résoudre ce problème. La solution est franchement évidente, je m'explique : si le développement s'effectue dans des cuvettes de grand volume, il faut un grand volume de pollution pour compromettre la réussite du développement, avec des cuvettes de petit volume, il est indispensable d'égoutter le plus possible le plan film avant de le plonger dans le bain suivant... MAIS pendant la durée de l'égouttage, l'action du réactif qui imprègne le plan film se poursuit et peut mettre en jeu la réussite du développement... il faut donc trouver un moyen de stopper l'action du réactif en cours avant d'entreprendre un égouttage de qualité... pour ce faire, il suffit de rincer le plan film entre deux réactifs, l'action en cours est (suffisamment) stoppée pour permettre l'égouttage sans crainte de sur-traitement... DONC, j'ai décidé d'effectuer un développement en 8 cuvettes (plus une) au lieu d'un développement en 4 cuvettes (plus une) :

Traitement classique
Cuvette 1
Cuvette 2
Cuvette 3
Cuvette 4
Prémouillage
Révélateur
Bain d'arrêt
Fixateur
Mon traitement adapté
Cuvette 1
Cuvette 2
Cuvette 3
Cuvette 4
Cuvette 5
Cuvette 6
Cuvette 7
Cuvette 8
Prémouillag
Révélateur
Rinçage
Bain d'arrêt
Rinçage
Fixateur
Rinçage
Ag mouillant

étape facultative que j'applique systématiquement.

La cuvette supplémentaire non présente sur le tableau est la cuve de lavage...

Ainsi ma procédure est la suivante :
1) Prémouillage 2 minutes en agitation permanente
2) égouttage "poussé"
3) Révélateur (agitation et durée fonction du film, du révélateur, du Zone System)
4) rinçage 2 minutes en agitation permanente
5) égouttage "poussé"
6) Bain d'arrêt 2 minutes en agitation permanente
7) rinçage 2 minutes en agitation permanente
8) égouttage "poussé"
9) Fixateur (fonction du test de fixation)
10) rinçage 2 minutes en agitation permanente
11) lumière allumée
12) Lavage 15 à 20 minutes
13) Agent mouillant 2 minutes en agitation permanente
14) égouttage "poussé"
15) (+ essorage) séchage

LE DÉVELOPPEMENT SYSTÈME « D »

Dès lors que le Zone System n'est pas nécessaire, j'utilise avec bonheur le développement « TACOS ». Je n'y ai pas apporté de changements révolutionnaires si ce n'est le système de maintien des plans-film, j'ai écarté les chouchous au profit de petites lanières de plastique (les liens de plastique des sacs poubelle). En effet, les chouchous se remplissent de réactifs, se fragilisent, risquent de rompre et de tout faire échouer... Par contre, mes liens de plastique noués sont inertes et solides...

LE DÉVELOPPEMENT AVEC BRICOLAGE PERSONNEL

J'en parlerai ici quand ce sera fait et testé.

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LES PARAMÈTRES SUBJECTIFS INFLUENÇANT LA PRISE DE VUE EN GRAND FORMAT

J'ai certainement déjà parlé de cela dans un autre article mais, depuis que je m'essaye au grand format et que je possède deux chambres, cela se vérifie plus que jamais ! L'appareil photographique utilisé fait partie intégrante de l'esprit de la photographie créée. Certes, ce n'est pas l'appareil qui crée la photo, mais son âme propre influence le résultat...

Je m'aperçois aujourd'hui que :
- certains défauts d'une des deux chambres (que l'on ne retrouve pas chez l'autre) me paraissent très intéressants et je préfère utiliser ces défauts plutôt que le moyen moderne qui évite cette difficulté. Sur la Shen Hao HZX 45 II A, il faut démonter le graflok pour passer d'un cadrage horizontal à un cadrage vertical (et inversement), sur la Linhof Kardan Super Color ST, il existe un système rotatif, bien plus rapide et bien plus pratique... mais je préfère, et de loin, l'ancien système adopté par la Shen Hao !
- bien que cela ne devrait rien changer, je dois avouer que le contact du corps en teck de la Shen Hao (même si les molettes ne sont pas en bois et que ce sont principalement elles que l'on manipule !) est 1.000.000 de fois plus agréable que le contact du corps en métal et plastique de la Linhof... ce qui me donne une sensation plus sensuelle dans l'approche du sujet de mes images (même si ce n'est pas forcément repérable par le spectateur de mes photos !).
- j'adore le viseur/redresseur installé sur la Linhof Kardan Super Color ST dès qu'il s'agit de photographier un bâtiment, un objet manufacturé ou une macrophotographie... par contre, je n'échangerai jamais la composition inversée sous le voile de visée avec la Shen Hao HZX 45 II A dès qu'il s'agit de créer une image "artistique" telle un portrait ou un paysage. Cela veut-il dire que la Linhof, dans sa configuration particulière, serait incapable de créer des photos "artistiques" et que la Shen Hao serait incapable de créer des photos "techniques" ? Absolument pas (!!!) mais l'âme de l'appareil m'incite (ou me retiens) à créer telle image plutôt que telle autre !...

Et puis, chaque appareil présente des défauts qui étaient invisibles en début d'utilisation alors qu'ils deviennent insupportables à la longue... et qui influencent la prise de vue puisqu'ils irritent l'utilisateur... Heureusement, à la longue, on s'y fait !...
- Le système de décentrement vertical des 2 corps de la Linhof Kardan Super Color ST est franchement extraordinairement nul et irritant !... Je ne comprends pas comment Linhof a réussi à imposer ce système et à le conserver si longtemps sur tant de chambres... Le système de vissage inversé me plante systématiquement, en plus il faut au moins 3 mains pour être capable de visser/dévisser le système de blocage sur les barres verticales. C'est tellement emm.... que j'hésite toujours à utiliser ce type de décentrement, pourtant souvent indispensable ! J'hésite également à modifier la chambre, mais je n'ai pas encore trouvé de moyen non destructeur pour remplacer le système original.
- Le soufflet de la Linhof Kardan Super Color ST est collé sur les corps ! Ceci empêche donc l'utilisation transitoire d'un soufflet grand angle ET, en cas de problème, le changement de soufflet passera par une intervention lourde de décollage, nettoyage, centrage et recollage du nouveau soufflet !
- Le viseur/redresseur, le graflok ainsi que le dépoli ne forment qu'une seule pièce sur la Linhof Kardan Super Color ST. Si l'on retire le viseur/redresseur, la chambre est donc inutilisable. Dans la mesure où ce viseur occupe un volume trois fois plus important que la chambre soufflet compressé, le déplacement sur le terrain oblige une organisation compliquée...
- Soufflet collé, viseur/redresseur obligatoire, démontage possible mais limité, mon exemplaire de Linhof Kardan Super Color ST n'est franchement pas fait pour la photo hors studio !...
- La Shen Hao HZX 45 II A présente également des caractéristiques qui me hérissent, en particulier la manipulation de la tringlerie pour le pliage de la chambre. Heureusement, le réflexe commence à s'installer car il n'y a aucun moyen de remplacer le système qui, en d'autres circonstances (base tilt) est indispensable !...
- Comme la majorité des chambres pliantes, la Shen Hao HZX 45 II A ne peut plus être pliée si un objectif est en place ! Il est donc indispensable, sur le terrain, de démonter la planchette, couvrir les deux lentilles extrêmes de l'objectif et ranger l'objectif avant de fermer la chambre !... Ce n'est pas la mer à boire mais sur le terrain, en itinérance, ce n'est pas fait pour accélérer les déplacements. Bien sûr, si on est pressé, on fait du petit format... mais tout de même !...

Bien sûr, lors de votre expérience, ces paramètres subjectifs seront certainement différents des miens, mais, faites un petit retour sur vous-même et prenez conscience de ces paramètres. Une fois cette prise de conscience effectuée, vous remarquerez une amélioration certaine de votre production photographique.

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CE QU'IL FAUT FAIRE EN GRAND FORMAT

Quel que soit le format utilisé, il y a de nombreuses possibilités de planter ses images d'un point de vue technique (auxquelles il faut ajouter les points de vue créatifs, compositions, éclairage etc... dont je ne parlerai pas ici), mais en grand format, la liste est quasiment infinie (!!!), je vous en ai listé quelques-unes ici (et il y en a certainement des dizaines auxquelles je n'ai pas pensé !) :
- diaphragme non réglé
- vitesse non réglée
- non compensation de l'effet Schwartzchild
- non compensation de la valeur du filtre
- non compensation de l'exposition pour allongement du soufflet
- châssis contenant un film déjà exposé
- châssis non chargé
- déclenchement sans châssis installé
- volet occlusif de châssis non retiré
- volet occlusif de châssis retiré avant de fermer l'obturateur
- volet occlusif de châssis réinséré du mauvais côté (surimpression la prochaine fois !)
- volet occlusif de châssis non remis en place
- volet occlusif arrière de châssis retiré au lieu du volet avant
- volet occlusif de châssis ouvert par accident
- vignetage dû à des mouvements excessifs
- vignetage dû à une mauvaise mise à zéro d'une planchette Technika excentrée
- mise au point approximative (facile sur dépoli de grand format)
- contrôles de chambre non bloqués (entraîne des erreurs)
- mobilisation de la chambre par le vent
- déclencheur souple visible sur l'image
- banc optique ou planche d'extension visible sur l'image
- montage inversé du plan film
- poussière sur le film
- matériel indispensable oublié chez soi (il y a tant de choses à emporter !)
- fuites lumineuses dans le soufflet
- fuites lumineuses dans le châssis
- mauvais alignement du dépoli
- mauvais alignement du film dans le châssis

Mais comment faire pour réussir une image en grand format ? Oh, ce n'est pas très compliqué dans le fond : plus que pour les autres formats, il faut simplement avoir une rigueur implacable, réfléchir à tout ce que l'on fait, se forger une routine (voir ici) et apprendre par cœur et mettre en applications ces quelques conseils simples mais de bon sens :

Pour éviter les erreurs de base mais erreurs fatales, assurez-vous d'effectuer toujours les mêmes actions dans le même ordre, c'est ce que je viens d'appeler se forger une routine. Ne pas faire l'économie d'une double vérification de chaque point... comme un pilote d'avion ou un anesthésiste avant le décollage. Voilà la routine que je me suis forgée, à vous de voir si vous voulez suivre la même ou vous en fabriquer une propre : 1) ouvrir l'obturateur 2) régler le diaphragme à son ouverture maximale 3) composer l'image 4) mettre au point 5) effectuer la mesure de la lumière 6) effectuer les calculs de correction de l'exposition 7) régler le diaphragme 8) régler la vitesse 9) fermer l'obturateur 10) armer l'obturateur 11) vérifier que le châssis est "blanc"* 12) ouvrir le crochet de sécurité 13) mettre le châssis en place 14) retirer le volet occlusif du châssis 15) déclencher 16) placer le volet occlusif du châssis du côté "noir"* 17) retirer le châssis 18) refermer le crochet de sécurité.
* ce code blanc = vierge / noir = exposé peut être différent pour vous et/ou vos châssis

Pour éviter les dérèglements accidentels, serrez à fond tous les contrôles de la chambre. Vérifiez que tout est clampé au moment de déployer le soufflet et ne déclampez que les contrôles que vous devez utiliser. Revérifiez que tout est bien clampé sur la chambre et sur le trépied avant d'insérer le châssis dans le graflok.

Pour éviter le vignetage, vérifiez systématiquement les coins coupés du dépoli (c'est coupé pour ça !). Avant d'utiliser votre matériel, apprenez à connaître votre chambre et vos objectifs, vous découvrirez que tel objectif n'autorise pas autant de décentrement que tel autre, etc...

Pour éviter le flou de mise au point, utilisez une loupe (grossissement x2 à x6) et vérifier attentivement toute la surface du dépoli, en effet, les décentrements influencent la profondeur de champs dans certaines zones de l'image. Si une zone n'est pas nette et que vous ne pouvez pas résoudre le problème avec la molette de mise au point, pensez à modifier la valeur de diaphragme (et de vitesse par le fait !). Souvenez-vous qu'il est préférable de perdre quelques performances de l'optique que de garder une image floue !... En grand format, plus que dans tous les autres formats, il faut éviter les grandes ouvertures de diaphragme et il est préférable de fermer à f/22~f/45.

Pour éviter le flou de bougé (au niveau de la chambre) utilisez un parapluie que vous placerez devant le vent pour protéger la chambre. Mais, qu'il y ait du vent ou non, pensez à utiliser un trépied lourd et stable : avec une chambre 4x5", un trépied "classique", utilisable avec un grand zoom en petit format est tout à fait utilisable. Mais pensez également à l'utilisation d'un déclencheur souple très long, le plus long possible...

Pour éviter les sous expositions, il faut faire le tour de tous les paramètres (il y en a plus en grand format qu'en petit format !). Le diaphragme est généralement très fermé > f/22, le soufflet est un paramètre important, l'utilisation de filtres à obscurcissement central (très fréquent en grand format) aboutissent fréquemment à des expositions de plusieurs secondes à plusieurs minutes (!!!) ce qui oblige à tenir compte de l'effet Schwartzchild et de corriger à la hausse les temps d'exposition... La correction pour effet Schwartzchild s'effectue à partir des abaques fournies par les fabricants de films. Pour la correction de l'allongement du soufflet, il existe plusieurs méthodes mais le mètre ruban portant la correction à appliquer (décrit dans un article plus haut) est la technique la plus simple et la plus rapide !...

Pour éviter d'oublier du matériel, il faut stocker la chambre et tout ce dont elle a besoin au même endroit (un sac photo pour GF) et, pourquoi ne pas faire une liste du matériel ? Une check-list régulière devrait vous mettre à l'abri.

Pour éviter l'ouverture accidentelle des châssis, n'oubliez jamais de fermer les crochets de sécurité... Ils ne sont pas toujours très simple à manipuler mais cet effort en vaut la peine...Même s'ils finissent par tourner très facilement, ils restent plus sûr que rien !...

Pour éviter les accidents de fuites lumineuses, il faut tester tous les éléments suspects. Il peut s'agir des châssis (ou un élément du châssis), la chambre, le soufflet, le graflok, un flare causé par le cercle d'image gigantesque des objectifs grand format. etc... Avant de paniquer, il faut rester logique : au moment de l'achat de vos plan films, avez-vous bien scruté la boite ? Ce n'est pas parce qu'elle était hermétique en sortant de l'usine qu'elle l'est toujours après transport vers votre fournisseur !... Pour savoir si la boîte de plan films est en cause, il suffit de vérifier que tous les films présentent (à peu près) les mêmes taches... Si ce n'est pas le cas, il faudra analyser les taches : si les taches ressemblent à une autre exposition, il s'agit d'un ou plusieurs micro-trou(s) dans le soufflet. Si les taches présentent un bord bien net, c'est que la fuite est proche du film (graflok, châssis), si les taches présentent un bord flou, il s'agit d'un trou dans le soufflet ou la planchette. Au niveau du châssis, vérifier l'état des charnières sur le volet de chargement. Si elles sont usées elles pourraient être la source de la fuite. Dans quel état sont les rails tout en bas dans le support ? Peut-être que vous avez une petite fissure sur la soudure du rabat ? Un endroit où on trouve souvent des fuites : le rail qui reçoit le volet occlusif. À la longue, le système d'occlusion du chemin d'entrée du volet d'occultation finit par s'user et fuiter. Au niveau de la chambre, il faut placer la chambre dans une pièce sombre et retirer la planchette de l'objectif puis étendre le soufflet et placer un châssis (avec le volet d'occultation retiré). Faire entrer une lumière forte (et froide si possible -LED-) à l'intérieur du soufflet et rechercher tous les points lumineux possibles pour diagnostiquer la source de fuite lumineuse. Plus que probablement, vous trouverez la fuite qu'il suffira de patcher avec du ruban adhésif noir. L'utilisation d'un flash est plus intéressante pour ce qui est de la puissance lumineuse mais moins pratique vu la durée de l'éclair... Au niveau du graflok, il est très possible de trouver des fuites. Une fois que vous insérez le châssis, essayez d'envelopper le drap de visée/mise au point autour du graflok, laissant juste assez de place pour tirer la volet d'occultation. On peut même envelopper l'ensemble du dos de la chambre avec le drap de mise au point maintenu avec des pinces à linge, et tirez le volet d'occultation en dessous. Il existe une autre possibilité : la mobilisation du châssis lors de la sortie du volet d'occultation. On peut également mettre en cause des ressorts fatigués qui ne permettent plus le maintien du châssis dans le graflok de manière hermétique. Une autre cause de ce genre de problème peut être dû au soleil ou une autre source de lumière vive située hors du cadre, qui rebondit sur le soufflet et atterrit sur une partie du film. La solution consiste à utiliser un pare-soleil.

Pour éviter (en fait limiter !) la pollution par la poussière, il existe des petits moyens relativement utiles. Contrairement aux films en bobine (petit et moyen format), les plan films sont très sensibles à la poussière... Certains proposent de doubler toutes les images, bof, c'est embêtant, c'est cher et ça ne présente que peu d'intérêt. D'autres disent que l'on se moque de la poussière puisqu'on peut partir à la chasse aux taches après scannage ou sous l'agrandisseur en peignant les points blancs... certes, c'est efficace mais quel travail !!! Personnellement, j'ai mis au point une technique moins pratique mais plutôt efficace : à part shooting sur le terrain, j'évite le sac de chargement, au profit de ma salle de bain. Je m'explique : j'ouvre tous les châssis, je passe un coup d'aspirateur dedans et dehors et, une fois propres, je les place sous un grand plastique (aspirateur à poussière car électrostatique). J'occulte la fenêtre et la porte à l'aide d'un tissu d'opacification spécial. Je laisse couler l'eau (très) chaude pendant quelques minutes (ou j'apporte dans la salle de bain une casserole contenant de l'eau bouillante). La vapeur d'eau va coller toutes les poussières au carrelage, au sol et au plafond... Il ne reste plus qu'à sortir les plan films un après l'autre... ne pas sortir 10 plans films pour charger 5 châssis mais sortir 1 plan film pour charger 1/2 châssis à la fois !... Quand un châssis est chargé, je le place dans un ziplock®, 1 châssis dans chaque ziplock®...

Oui, certes, cela fait beaucoup de choses. Beaucoup de problèmes et beaucoup de solutions et je n'ai certainement pas envisagé tous les cas de figure !... Mais, si vous réussissez à appliquer déjà tout cela, vous devriez vous en sortir sans perdre trop de cheveux !...

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COMMENT METTRE AU POINT EN GRAND FORMAT ?

En modifiant la distance entre l'objectif et le plan du film, tiens !... Comme en moyen format !... Comme en petit format !... La seule différence c'est qu'en grand format, au lieu de faire tourner une bague de mise au point sur l'objectif, on allonge ou on rétrécit la soufflet (d'anciens boîtiers petit format équipés de soufflet et certains boîtiers moyen format -comme les Mamiya RB/RZ entre autres- équipés de soufflet fonctionnent comme les chambres grand format).

Quoi ? C'est tout ? ... Oui et non ! Bien sûr, si ce n'était que cela, je n'aurais pas créé un article sur le sujet... vous vous en doutez bien !... La mise au point consiste effectivement à affecter la longueur de soufflet nécessaire pour obtenir une image nette sur le dépoli (longueur du soufflet = focale de l'objectif pour un sujet placé à l'infini, longueur plus importante si le sujet est plus proche), mais cette réponse devient très insuffisante dès que l'on considère l'esprit même du grand format : les mouvements des corps avant et arrière de la chambre !!!...

Vous avez déjà entendu parler de la loi de Scheimpflug ! Par contre, pour qui ne connaît pas trop ni les lois de l'optique ni la pratique du grand format, selon l'article que vous avez lu pour savoir ce qu'est cette loi de Scheimpflug, vous penserez que cette loi permet uniquement de jouer sur la profondeur de champ, remplaçant ou complétant ce que vous obteniez en petit et moyen format en ouvrant ou en fermant le diaphragme... En fait, ce n'est pas faux mais c'est très restrictif... La loi de Scheimpflug s'applique en fait dans toutes les directions : d'avant en arrière mais également de droite à gauche et avec des plans verticaux (comme en petit et moyen format) mais également des plans obliques jusqu'à une quasi horizontalité !... En fait, mettre au point en grand format consiste en effet à modifier la longueur du soufflet MAIS en appliquant la loi de Scheimpflug...

La loi de Scheimpflug dit que le plan du film, le plan du sujet (plan de netteté), et le plan de l'objectif (plan passant par le centre optique et perpendiculaire à l'axe optique) doivent converger le long d'une seule ligne.

Nous savons tous que sur un boîtier sans soufflet, quand la mise au point est réalisée, tous les objets situés à la même distance (perpendiculaire au plan du film) seront mis au point à la fois. Or, pour un boîtier rigide (sans soufflet), le plan du film et le plan de l'objectif sont parallèles (ou, du moins, se coupent à l'infini). Ainsi, le plan du sujet doit également être parallèle à ces deux plans. Dans un appareil grand format, la relation géométrique entre le plan du film (le corps arrière de la chambre) et le plan de l'objectif (le corps avant de la chambre) peut être ajustée. Cela permet la mise au point sur pratiquement tous les plans, qu'ils soient orthogonaux ou inclinés.

Pour utiliser la règle de Scheimpflug, voici quelques points à garder à l'esprit :
- La loi de Scheimpflug peut être utilisée pour vous aider à comprendre quel mouvement vous avez besoin. Par exemple, si le corps arrière de la chambre est vertical, et que vous souhaitez mettre l'accent sur le plan du sol, Scheimpflug vous dit que vous devez incliner le corps avant vers l'avant (l'objectif regarde le sol). En imaginant l'intersection de ces deux plans (corps arrière de la chambre et sol), vous aurez une idée approximative de la quantité d'inclinaison nécessaire (pour que le plan du corps avant de la chambre rejoigne le point d'intersection entre le plan du sol et le plan du corps arrière de la chambre).

Sur ce schéma, j'ai placé la chambre horizontale mais il est tout à fait envisageable de lui imposer un angle vers le bas, en plus de l'inclinaison du corps arrière...

Plus la focale de votre objectif sera longue et plus vous aurez besoin d'inclinaison.
Contrairement à mon schéma et aux capacités de nombreuses chambres qui permettent des inclinaisons des corps avant et/ou arrière de l'ordre de 45°, dans l'immense majorité des cas, hors macrophoto, une inclinaison de 5° à 10° est très suffisante...

Tout ce que je viens de décrire est également valable dans l'autre plan (perpendiculaire). Dans le schéma ci-dessous, la chambre est vue de dessus :

- La profondeur de champ est un volume situé autour du plan de l'objet. Lorsque des inclinaisons ou des rotations (du corps avant et/ou arrière) sont appliquées, ce volume n'est pas constant car il dépend aussi de la distance qui sépare l'objet de l'objectif. Plus l'objet sera proche de l'objectif et plus ce volume sera petit... il faut imaginer ce volume comme une forme conique. Quand vous mettez au point sur le sol, la partie supérieure d'une fleur proche de l'objectif pourra très bien être floue alors que le sommet d'une montagne lointaine pourra être net... ce n'est pas logique de prime abord mais les lois de l'optique (dont je ne parlerai pas) nous confirment ce fait !...


Pour la loi de Scheimpflug, vous pourrez lire avec profit un petit article (en PDF) de Claude Lorenzato (un ami lecteur de mon site) ici.

Bon, tout cela est bien joli mais quel mouvement utiliser pour répondre à un besoin photographique ? Voilà qui est le plus important à connaitre pour ne pas passer des heures entières à préparer sa photo !...

Les chambres grand format permettent toutes (ou quasiment !) des inclinaisons (et des rotations) des deux corps. Il est donc possible de mobiliser un corps ou l'autre, voire les deux en même temps... Les différences sont peu importantes (mais non nulles) sur le résultat final, il faudra tester si les modifications vous sont admissibles ou non et décider une fois pour toutes quel corps vous mobiliserez systématiquement... Pensez cependant que si vous utilisez des objectifs à longue focale, vous risquez de trouver l'accès du corps avant très lointain (à moins que votre chambre dispose d'un système de mobilisation du corps avant actionné par l'arrière de la chambre !).

Une inclinaison du corps avant préserve la structure linéaire, maintient les verticales parallèles.
Une inclinaison du corps arrière provoque une modification du premier plan qui semble plus grand que dans la réalité, modifiant de manière importante la relation entre premier et arrière plan.
Gardez toujours présent à l'esprit qu'une inclinaison du corps avant exige une couverture d'objectif plus importante que pour une inclinaison du corps arrière.

Certaines chambres permettent une inclinaison axiale (passant par le centre de l'objectif) ET une inclinaison de la base du corps. Voilà un choix supplémentaire : base ou axe ? Habituellement (mais pas toujours, il y a autant d'exception que de chambres !) les chambres de terrain (field) proposent l'inclinaison à la base et les monorails l'inclinaison sur l'axe de l'objectif. Si votre chambre propose les deux (ma chambre pliante Shen Hao HZX 45 II A par exemple), il est préférable de choisir une méthode et de s'y tenir, ce n'est qu'une question de préférence personnelle puisque ce choix n'a aucune incidence sur l'image finale.
Avec l'inclinaison à la base, il semble plus évident pour certains (perso je ne généraliserai pas !...) de repérer les zones floues et, de même, que l'inclinaison sur l'axe de l'objectif est plus complexe si le sujet est éloigné et éloigné de l'axe de l'inclinaison. Avec l'inclinaison à la base et des optiques de courte focale, il se peut que les deux corps ne soient plus assez proches pour permettre la mise au point... Par contre, l'inclinaison axiale nécessite moins de re-mise au point et moins de re-composition de l'image qu'avec une inclinaison à la base.

Reste à se demander quel corps mobiliser pour effectuer la mise au point. Certaines chambres de terrain (principalement) ne permettent pas de choisir, pour les autres, pour les gros plans et les paysages -entre autres-, la mise au point par inclinaison du corps arrière préservera le grossissement, contrairement à l'inclinaison du corps avant.

Cela étant connu, on pourra se référer à la procédure classique de mise au point en grand format qui n'a strictement plus rien à voir avec la mise au point en petit et moyen format ! En réalité il existe plusieurs procédures de mise au point en grand format :

Procédure 1

1) Estimer le meilleur plan de mise au point. Ceci est la partie la plus délicate et ne peut se baser que sur votre propre jugement. Une fois que ceci est fait, tout le reste de la procédure n'est plus que mécanique :
- Si votre sujet est essentiellement plan (plan d'eau, paysage de plaine avec éventuellement un relief au loin, une façade de bâtiment), le plan de mise au point est clairement le sujet lui-même, et une assez grande ouverture de diaphragme peut être utilisée.
- La difficulté apparait lorsque le sujet est en "trois dimensions" (le sujet plat du cas précédent est en 3D aussi !), où plusieurs plans doivent être considérés. Prenons l'exemple classique : imaginons un paysage dans lequel on trouve un rocher de 1 mètre de haut au premier plan et une haute montagne de 1000 mètres en arrière-plan (désolé pour l'exemple classique, il vaut bien l'exemple du curé sur la neige lorsqu'on parle d'exposition !). Sur quelle partie du petit rocher et sur quelle partie de la montagne faudra-t-il faire la mise au point ? Dans ce cas, lorsque l'on établit une relation de Scheimpflug, le plan du sujet (plan de mise au point) est celui où la profondeur de champ derrière ce plan est le double de la distance de la profondeur de champ devant ce plan. Cela est identique au cas où le plan du sujet est parallèle au film. Si la chambre photo se situe au-dessus du rocher, le plan du sujet défini par deux points (en supposant qu'aucune rotation des corps ne soit utilisée), le premier point sur les 2/3 de la hauteur du rocher, le deuxième point sur les 2/3 de la hauteur de la montagne. Si, en plus, nous avions un arbre entre les deux éléments minéraux, alors tout se compliquerait... il faudrait fermer "un peu" le diaphragme, mais moins que si les mouvements n'existaient pas...
- Si aucun plan ne peut être trouvé, parce que le sujet est, par nature, en "trois dimensions marquées" (par exemple un paysage plat avec un grand arbre remplissant le cadre au premier plan), il ne faudra pas utiliser ni basculement, ni rotation. Les mouvements se traduiraient par une profondeur de champ plus petite !... La seule façon d'obtenir suffisamment de profondeur de champ est de fermer (drastiquement) le diaphragme, comme en petit format (sauf que sur les chambres, les objectifs peuvent être beaucoup plus fermés qu'en petit format !!!). Certaines compositions ne peuvent tout simplement pas être entièrement mises au point même avec une chambre !!!. Il faudra apprendre à les reconnaître et essayer de trouver une autre composition.

2) Régler l'inclinaison et/ou la rotation ET mise au point
- Si le plan n'est pas incliné (plan horizontal), c'est la situation la plus courante en photographie de paysage, et que vous voulez un avant plan ET un arrière plan nets, il faudra uniquement utiliser l'inclinaison. Si le plan est vertical, il suffira d'utiliser la rotation.
- Sinon, il faudra utiliser inclinaison ET rotation. Il ne faut pas régler les deux mouvements simultanément, mais procéder séquentiellement. Si une rotation doit être appliquée après qu'une inclinaison ait déjà été appliquée, les points gauche et droit doivent être choisis sur la même ligne horizontale. Réciproquement, si une inclinaison doit être appliquée après qu'une rotation ait déjà été appliquée, les points supérieurs et inférieurs devront être choisis sur la même ligne verticale.
- En réalité, vous l'avez bien compris, l'inclinaison pour le plan horizontal et la rotation sur le plan vertical sont deux grandeurs du même ordre... Donc, lorsque nous parlerons de technique, on pourra parler d'inclinaison haut/bas ou de rotation gauche/droite, cela aura exactement le même effet mais sur deux plans perpendiculaires... Je ne parlerai donc que des inclinaisons haut/bas, pour effectuer des rotations, reprenez exactement les mêmes termes en remplaçant inclinaisons haut/bas par rotation gauche/droite.
- Pour régler l'inclinaison (la rotation), choisir un point proche (en haut du dépoli) (à gauche du dépoli) et un point éloigné (au centre/en bas du dépoli) (au centre/à droite du dépoli) tous deux dans le plan de mise au point et présentant un bon contraste pour permettre une mise au point parfaite. Dans l'exemple précédent (rocher/montagne), ce serait un point aux 2/3 de la hauteur du rocher environ et un point aux 2/3 de la hauteur de la montagne environ. Si vous voulez utiliser l'inclinaison axiale, le point éloigné devrait se situer proche du milieu du dépoli.
◦ Mettre au point sur le point lointain en utilisant le bouton de mise au point. [A]
◦ Mettre au point sur le point proche en utilisant l'inclinaison. En augmentant l'inclinaison, le cadrage de l'image est affecté (à moins que le point pivot de l'inclinaison coïncide avec le point nodal arrière de l'objectif). Donc, lorsque vous inclinez, vous devrez utiliser un peu de décentrement (montée) pour retrouver la composition initiale. [B]
◦ Vérifier si le point éloigné a besoin d'une nouvelle mise au point. Si oui, vous devrez refaire le point (remarque [A]). Sinon, vous avez terminé.
Généralement, deux ou trois tâtonnements seront suffisants. Cette procédure augmente de façon continue l'inclinaison. Plus vous aurez besoin d'inclinaison plus vous augmenterez le nombre de tâtonnements...

3) (Ré-) ajuster le point de focalisation
- Visuellement, vous ajustez la mise au point afin que le point proche le plus flou et le point lointain le plus flou soient aussi flou (OK, ce n'est pas évident !).
- Si votre estimation du meilleur plan de mise au point était bon, vous devriez avoir terminé le réglage de l'inclinaison/la rotation.

Procédure 2

1) Utiliser une carte de composition (on en trouve facilement à télécharger gratuitement sur internet, taper cadreur 4x5") pour planifier exactement ce qui sera inclus dans la photo, déterminer la position de la chambre et sélectionner la focale d'objectif à utiliser. Ce n'est qu'un bout de carton avec un trou mais, avec lui, vous serez en mesure de composer mieux et plus vite qu'en regardant le dépoli. Plutôt que déplacer la chambre 36 fois, changer d'objectif 36 fois, il suffit de regarder la carte, de déplacer la réglette de distance œil/trou pour pouvoir effectuer en une seule étape la première phase de création de la photo : la mise en batterie de la chambre... Autre avantage (et non des moindres !!!) de cette carte : parfois, elle vous montrera qu'il n'y a pas sujet à photo... donc, inutile de configurer la chambre ! Inversement, on découvre, à travers la carte, des compositions que l'on aurais jamais vues sans elle...

2) Mettre la chambre de niveau. Généralement, un bon trépied est équipé de un/plusieurs niveau(x) à bulle et une bonne chambre aussi... Si l'horizon n'est pas visible sur votre future photo et/ou s'il n'y a pas de lignes parallèles dans le sujet, ce point n'est pas strictement indispensable.

3) Mettre au point très grossièrement avec le bouton de mise au point, juste assez net pour voir ce qui est présent sur le dépoli (plutôt que de jongler avec les mouvements des deux corps de la chambre).

4) Utiliser les décentrements pour retrouver sur le dépoli ce que vous avez sélectionné avec la carte de composition. Si le sujet a des lignes verticales parallèles que vous souhaitez conserver, gardez le dos vertical et placez la chambre en plongée ou contre-plongée et/ou utilisez les décentrements verticaux des corps avant et/ou arrière. Si vous voulez garder les lignes horizontales d'un bâtiment parallèles, il pourrait être nécessaire de faire tourner latéralement la chambre pour cadrer l'image, garder le dos parallèle au bâtiment et utiliser des décentrements latéraux des corps avant et/ou arrière.

Si votre chambre ne dispose pas de tous les mouvements, ou s'ils sont trop limités en amplitude, vous pouvez utiliser l'inclinaison et la rotation des corps avant et/ou arrière en plus de l'orientation de la chambre pour augmenter les mouvements. Si vous avez besoin d'un décentrement vers le haut plus important que ce que votre chambre vous offre, pointez l'ensemble de la chambre vers le haut et l'inclinaison des corps avant et/ou arrière vers l'avant afin que le dépoli et la planchette porte objectif soient à nouveau verticaux. Si vous avez besoin de plus de mouvements latéraux, pointer l'ensemble de la chambre dans cette direction et utilisez les rotations pour replacer le dépoli et la planchette porte objectif parallèles au sujet.

5) Choisir le meilleur plan de mise au point. Pour commencer, la seule façon d'obtenir suffisamment de profondeur de champ est l'utilisation de petites ouvertures de diaphragme. Avec les longues focales typiques des chambres grand format, ces ouvertures peuvent être extrêmement petites. Mais il est une loi inéluctable de la physique qui dit que la diffraction provoquée par une optique trop fermée va annuler l'intérêt de définition du négatif grand format. C'est pourquoi il est préférable de ne pas descendre sous f32 pour le format 4x5". Les rotations et les inclinaisons d'une chambre permettent à l'utilisateur de placer le plan de mise au point n'importe où, plutôt que de le garder parallèle au film. Avec de nombreux sujets, cela permet d'orienter le plan de netteté de sorte que les ouvertures de diaphragme ne doivent pas être trop petites tout en permettant que la profondeur de champ englobe l'ensemble du sujet. C'est la tâche du photographe de visualiser où ce plan doit être placé de sorte que la majorité des parties du sujet soit aussi nette que possible. Ce faisant, il faut tenir compte du fait que la zone de profondeur de champ est environ deux fois plus importante au-delà du plan de netteté que devant celui-ci, et qu'elle est très peu étendue quand le plan se trouve à proximité de l'objectif. Les débutants commencent à jongler avec les mouvements avant de décider la localisation du plan de mise au point. Ce penchant aboutira systématiquement, après un très long moment, à l'abandon de la photo puisqu'ils n'arriveront jamais à améliorer la mise au point...

6) Évaluer l'importance de la rotation/de l'inclinaison nécessaires
La multiplication de la procédure « Mise au point/Vérification » converge vers le réglage correct, même si vous commencez à partir d'une évaluation moyenne ou mauvaise, mais moins d'allers/retours seront nécessaires si votre estimation initiale est proche du réglage qui placera le plan de netteté exactement où vous le souhaitez. Si le plan doit être basculé vers l'avant ou vers l'arrière de la verticale, une inclinaison est nécessaire. Une rotation tourne latéralement. Imaginez le plan et prolongez-le jusqu'à ce qu'il passe par la chambre. S'il est loin d'être parallèle au dépoli, il passera relativement près de la chambre et une rotation et/ou une inclinaison considérables seront nécessaires. Si le plan est à peu près parallèle au dépoli, il va passer loin de la chambre, et un petit ajustement sera nécessaire. Quand une inclinaison est utilisée, il est fréquent que le plan passe sous la chambre et l'ajustement approprié sera très faible. Le problème des débutants c'est qu'ils commencent souvent avec des mouvements trop importants. L'estimation initiale d'une rotation ou d'une inclinaison est susceptible d'être facile à corriger si vous visualisez convenablement le plan de la planchette porte objectif, le plan du dépoli et le plan du sujet et que vous sachiez les prolonger (mentalement) jusqu'à ce qu'ils se croisent. Le but est de les faire se croiser dans le plan que vous voulez net. Si vous réussissez, vous aurez satisfait le principe de Scheimpflug et la rotation ou l'inclinaison seront correctes. Cependant, un certain degré de précision supplémentaire peut être nécessaire.

Une rotation ou une inclinaison doivent-elles être appliquées au corps avant ou arrière de la chambre ? Plusieurs facteurs influencent ce choix. Si le plan de netteté passe très près de la chambre, un peu de chaque peut être nécessaire afin d'obtenir que les corps avant et arrière soient suffisamment non parallèles de sorte que leurs plans convergent dans un plan voisin du plan de mise au point.

Si l'objectif couvre à peine la surface du film, les mouvements arrière doivent être utilisés, pour que le cercle d'image de l'objectif puisse couvrir la surface du film.

La nécessité de préserver les lignes verticales parallèles dans le sujet plaide en faveur de l'utilisation du corps avant. Souvent, en particulier dans la nature, les mouvements du corps avant et/ou arrière peuvent être utilisés.

Si une inclinaison est nécessaire et que vous souhaitez rendre un objet du premier plan plus grand que dans la réalité, utilisez l'inclinaison arrière de sorte que la distance entre l'objectif et le film soit plus importante. Il est important de savoir que ce changement dans la taille relative des objets proches et lointains se produit chaque fois que les mouvements arrière sont utilisés, mais les mouvements avant ne modifient ni taille ni forme.

7) Choisir deux points sur lesquels faire la mise au point.
Ceux-ci devraient être dans le plan que vous voulez net et à des distances différentes de la chambre de sorte que leurs images se trouveront à une certaine distance sur le dépoli, un au-dessus de l'autre pour une inclinaison, un à côté de l'autre pour une rotation. Parfois, deux points appropriés ne sont pas disponibles dans le plan souhaité net, dans ce cas, vous pouvez profiter du fait qu'un plan incliné de mise au point se déplace parallèlement à lui-même lorsque le dispositif de mise au point est actionné, comme il le fait avec un boîtier "rigide". Choisissez donc deux points placés dans un plan parallèle à celui que vous voulez net. Une fois ces points rendus nets à l'aide d'une rotation ou une inclinaison, tournez le bouton de mise au point pour déplacer le point sur le plan originalement désiré.

8) Utiliser la procédure mise au point/contrôle pour parfaire l'inclinaison/la rotation
L'intérêt de cette procédure, en plus d'affiner rapidement l'ajustement de l'estimation initiale à la position correcte, il vous indique à chaque étape si vous devez augmenter ou diminuer l'amplitude du mouvement. Dans cette procédure, la notion mise au point prend son sens classique - tourner le bouton de mise au point d'avant en arrière tout en regardant avec une loupe et arrêter lorsque l'image est la plus nette. La notion contrôle signifie tourner le bouton dans une seule direction tout en regardant l'image avec une loupe. Imaginez que vous regardez depuis l'arrière de la chambre. On peut se référer aux points supérieur et inférieur (droit et gauche) sur le dépoli qui correspondent aux cibles de mise au point pour l'inclinaison (la rotation) envisagée. Vous pouvez utiliser un de ces points pour mettre au point et l'autre pour contrôler. Le plus simple consiste à mettre au point sur celui qui est le plus difficile à voir et à contrôler sur celui qui a les détails les plus fins ou le meilleur contraste.

La distance du point utilisé pour la vérification au bord correspondant de la planchette porte objectif est appelée « d » sur mon schéma. Supposons que le dos de l'appareil est incliné en arrière par rapport à l'objectif conformément à l'estimation du plan de netteté choisi (au point 6) et deux cibles de mise au point situées dans le plan à rendre net ont été choisies (au point 7). Si le point d'image cible inférieure sur le dépoli a été sélectionné pour la mise au point (appelons-le Pn, pour point netteté), et le supérieur pour le contrôle (appelons-le Pc, pour point contrôle). Alors « d » est la distance qui sépare le point Pc du bord supérieur de la planchette porte objectif.

Mettre au point sur Pn, et effectuer le premier contrôle sur Pc, mobiliser le corps, quel que soit la direction. Supposons que le premier contrôle réduit « d » en déplaçant le sommet de la planchette porte objectif de façon à le rapprocher du sommet du dépoli. Si l'image au point Pc devient plus nette, vous devez diminuer « d » l'inclinaison donc enlever une partie de l'inclinaison. Mettre au point sur Pn/contrôler sur Pc à nouveau, peaufiner dans la même direction que précédemment puisque cette direction a été bénéfique. Supposons maintenant que l'image devient un peu plus nette et soudain, devient floue au cours de la dernière partie du mouvement. Cela indique que le mouvement a été utile et que vous êtes à peu près nickel. Il faut donc diminuer légèrement « d » en enlevant une très petite quantité d'inclinaison. Mettre au point sur Pn/ contrôler sur Pc à nouveau, peaufiner dans le même sens. Supposons maintenant que l'image devient immédiatement floue. Cela suppose que l'inclinaison était exacte ou que vous avez supprimé trop d'inclinaison la dernière fois. Pour savoir ce qui s'est produit, ne pas changer « d » (parce que l'inclinaison peut être correcte), mais faire une mise au point sur Pn/contrôle sur Pc, peaufiner dans le sens opposé. Si l'image devient floue, l'inclinaison est correcte et vous avez terminé. Si elle devient plus nette avant de devenir floue, votre dernier réglage de réduction de l'inclinaison était trop important et vous devez augmenter « d » en augmentant légèrement l'inclinaison. Vous apprendrez à juger de l'ampleur des mouvements nécessaires en notant comment la netteté de l'image change à mesure que vous utilisez le bouton de mise au point.

Il deviendra vite évident que les changements d'inclinaison ou de rotation doivent être très légers à mesure que vous approchez de la convergence. Avec de nombreuses chambres, ces ajustements peuvent être faits avec beaucoup plus de précision si vous sortez du drap de visée/mise au point et que vous regardez la pièce que vous mobilisez. Cela facilite aussi les choses de voir si « d » augmente ou diminue pendant la procédure de contrôle et de décider s'il serait utile d'appliquer plus ou moins d'inclinaison (de rotation). Résistez à la tentation d'essayer de tout faire par le toucher en se polarisant sur le dépoli. Si un mouvement n'est pas facile à contrôler, il faut sortir de sous le drap de mise au point et regarder tout en modifiant.

Après l'utilisation du bouton de mise au point pour un contrôle, de nombreux débutants semblent avoir un besoin irrépressible de tourner le bouton à nouveau dans le sens opposé (tout en regardant Pc). Puisque Pn est maintenant hors focale, utilisez les informations fournies par le réglage initial pour modifier « d », et commencer une nouvelle procédure Mise au point/Contrôle. Il n'y a jamais aucune raison de tourner le bouton dans deux directions tout en regardant Pc.

Si l'axe horizontal autour duquel le corps arrière pivote lors d'une inclinaison coïncide avec le centre du dépoli (ou un peu plus bas, comme avec certaines chambres monorail) et si l'on peut s'arranger pour placer l'image de l'une des cibles de mise au point pile poil sur cet axe, une merveilleuse efficacité est possible. La cible éloignée, centrée sur l'axe est mise au point avec le bouton de mise au point et il reste net tandis que la cible proximale (dont l'image est plus élevé sur le dépoli) est mise au point en inclinant le dos.

La procédure Mise au point/Contrôle est utile pour tous les types de chambres, mais deux types de design de chambre restreignent le choix du point à utiliser pour Pn et pour Pc sur le dépoli. Si l'inclinaison utilisée pivote à la base, utilisez le point cible de focalisation (Pn) le plus proche de la base du dépoli et le plus éloigné de la base pour le point cible de contrôle (Pc). Cela permet d'appliquer les changements nécessaires de « d » directement à l'inclinaison. De même, certaines chambres japonaises en bois accomplissent des rotations en maintenant un côté fixe, dans ce cas, choisissez pour Pn le point le plus proche du côté qui ne bouge pas.

Jusque-là on a envisagé le cas où une rotation OU une inclinaison était nécessaire. Envisageons maintenant la possibilité d'avoir besoin des deux mouvements pour la même photographie. Supposons un sujet bas quand proche de la chambre et élevé à distance. En outre, le sujet se trouve à proximité de la chambre à droite et plus lointain sur la gauche. Cela nécessite un plan de mise au point oblique. Ceci peut être réalisé en utilisant à la fois une inclinaison et une rotation, appliquées séquentiellement. Peu importe ce qui est fait en premier. Pour un exemple qui est facile à décrire, supposons qu'une inclinaison et une rotation sont nécessaires sur le corps arrière de l'appareil, avec l'inclinaison à appliquer en premier. Choisissez deux cibles de mise au point dans le plan désiré dont les images sur le dépoli se situeront au-dessus l'une de l'autre sur le dépoli. Estimez l'inclinaison, puis effectuez la procédure Mise au point/Contrôle comme si l'inclinaison était le seul mouvement nécessaire. Ensuite, faire l'estimation de la rotation et re-procédure Mise au point/Contrôle. Vous pouvez ignorer le fait qu'une inclinaison a déjà été appliquée. Parce que le haut et le bas du dépoli sont maintenant à des distances différentes de l'objectif, Pn et Pc pour la rotation doivent être à la même distance de la partie supérieure du dépoli. Ceci est facile à organiser si votre dépoli présente des quadrillages - placez Pn et Pc sur ou à proximité d'une des lignes horizontales. Si la rotation avait été appliquée d'abord, les côtés droit et gauche du dépoli seraient à des distances différentes de l'objectif lorsque vous serez prêt à créer l'inclinaison. L'inclinaison peut nécessiter que Pn et Pc soient à la même distance du bord gauche du dépoli (sur une même ligne verticale du dépoli). La combinaison d'une rotation et d'une inclinaison fonctionne aussi bien si un ou les deux mouvements sont effectués sur le corps avant. Il faut juste s'assurer que les cibles de mise au point pour le deuxième mouvement se situent sur la même ligne du quadrillage du dépoli. Si votre dépoli ne possède pas de quadrillage, dessinez-en un sur la face qui regarde l'objectif avec un crayon et une équerre.

Bien que la procédure Mise au point/Contrôle soit simple lorsqu'elle est appliquée à un exemple précis, beaucoup de mots sont nécessaires pour la décrire. La description de la procédure d'une manière générale, qui couvre autant les rotations et les inclinaisons simultanément devient rapidement confuse... En fait, le plus simple est de pratiquer avec la chambre et les explications en main pour se familiariser avec la procédure Mise au point/Contrôle.

9) Choisir la plus grande ouverture de diaphragme qui permet la profondeur de champ souhaitée.
En règle générale, certaines parties du sujet se projette en dehors du plan de mise au point. Après mise au point, choisir la zone la plus floue, idéalement la plus claire, et regarder l'image avec une loupe tout en fermant lentement le diaphragme jusqu'à ce qu'elle soit nette. Si le négatif doit être beaucoup agrandi, fermez le diaphragme d'une valeur supplémentaire, si vous pouvez le faire sans perte inacceptable de qualité due à la diffraction, bien sûr. Si la diffraction est un problème, vérifiez l'emplacement du plan de mise au point et voir si une meilleure orientation (qui nécessite moins de profondeur de champ) pourrait être choisie. Ou bien, il peut être intéressant de rechercher des variations mineures dans la position de la chambre ou de la composition qui peut nécessiter des conditions moins sévères de profondeur de champ. Lorsque l'ouverture de diaphragme nécessaire à la profondeur de champ souhaitée entraine une diffraction indésirable, il est bon de rappeler qu'une profondeur de champ insuffisante est susceptible d'être évidente et tuer l'image alors que la dégradation globale provoquée par la diffraction est généralement subtile donc probablement invisible. Par conséquent, donnez la priorité à la profondeur de champ.

Procédure 3

Cette méthode exige que votre chambre soit équipée d'une échelle millimétrique afin que vous puissiez mesurer la différence (en millimètres) entre le point proximal et le point distal de mise au point. Cette échelle facilite énormément les calculs. La plupart des chambres monorail sont équipées d'une telle échelle (sauf la mienne !), et moins fréquemment les chambres pliantes (sauf Tachihara, Technika et Canham KBC et la mienne !), si vous n'en disposez pas, il est facile d'en installer une. Vous devez juste vous assurer qu'elle ne glisse pas pendant la mise au point, et que vous avez un point de référence sur votre rail de mise au point à partir duquel prendre les mesures de référence. Avoir un pointeur (comme sur la Technika) aide à faire des mesures précises. S'il est impossible de fixer une échelle, vous pouvez toujours prendre les mesures avec une règle. La procédure est décrite pour le réglage de l'inclinaison seulement. Les mêmes remarques sont applicables pour la rotation. L'idée est simple : par tâtonnements successifs, vous déterminerez l'inclinaison telle que le décalage de mise au point soit réduit au minimum (étape 1). Ensuite, vous déterminez le point de mise au point optimale (étape 2). L'idée derrière l'étape 1 peut être utilisée sans appliquer la procédure complète. Par exemple, vous avez un paysage lointain avec quelques grands arbres au premier plan. Puisque ce n'est pas plan, vous devez fermer le diaphragme. Si vous shootez sans utiliser de mouvements, en mettant au point quelque part derrière les arbres, ces derniers et l'horizon seront flous et il faudra fermer le diaphragme. Si vous inclinez l'objectif, en mettant au point quelque part sur 2/3 de la hauteur des arbres, le bas et le haut des arbres seront flous et exigent la fermeture du diaphragme. Quelle alternative est la meilleure ? La réponse est donnée par la mesure de l'étalement de la profondeur de champ pour chacun d'eux, et de voir lequel est le plus petit.

1) Ajuster l'inclinaison
-> Lire l'étalement initial total de la profondeur de champ.
◾ Mettre au point sur le point le plus proche. Notez la position [A] sur le rail de mise au point qui correspond à l'extension maximale pour un point quelconque dans l'image.
◾ Mettre au point sur le point le plus éloigné. Notez la position [B] sur le rail de mise au point qui correspond à l'extension minimale pour un point quelconque dans l'image.
◾ Lire la différence [D] entre [A] et [B].
-> Faire une estimation de la quantité d'inclinaison nécessaire, et l'appliquer. Une possibilité : maintenant que la chambre est mise au point sur la limite lointaine, il suffit d'incliner jusqu'à ce que la limite proximale soit nette.
-> Lire le nouvel étalement total de la profondeur de champ*.
◾ Mettre au point sur le point le plus proche (point le plus haut au-dessus du plan de mise au point). Notez la position [A] sur le rail de mise au point qui correspond à l'extension maximale pour un point quelconque dans l'image (vous pourriez avoir à essayer plusieurs points et notez la valeur maximum).
◾ Mettre au point sur le point le plus éloigné (point le plus bas en dessous du plan de mise au point). Notez la position [B] sur le rail de mise au point qui correspond à l'extension minimale pour un point quelconque dans l'image (vous pourriez avoir à essayer plusieurs points et notez la valeur minimum). Dans l'exemple rocher/ montagne (dont je parlais plus haut), cela est maintenant la base de la montagne.
◾ Lire la nouvelle différence [D] entre [A], et [B].
-> Réglez l'inclinaison d'un petit angle.
◾ Si la différence [D] a diminué, ajouter de l'inclinaison, répéter le point précédent*
◾ Si la différence [D] a augmenté, retirez de l'inclinaison, répéter le point précédent*
◾ Si la différence [D] reste la même, vous avez terminé. On notera que si le sujet est plan, [D] sera égal à zéro.
2) Réglez le point de focalisation
-> Mettre au point sur le point le plus proche que vous voulez avoir net (le plus élevé au-dessus du plan de mise au point). Dans l'exemple rocher/montagne utilisé précédemment, ce serait le sommet du rocher. Notez la position [A] sur le rail de mise au point.
-> Mettre au point sur le point le plus éloigné que vous voulez avoir net (le plus bas en dessous du plan de mise au point) . Dans l'exemple rocher/montagne utilisé précédemment, ce serait la base de la montagne. Notez la position [B] sur le rail de mise au point.
-> Mettre au point au milieu de [A] et [B] rendra le point le plus proche et le point le plus lointain également nets. Notez que cela fonctionne indépendamment des mouvements de la chambre (inclinaisons / rotations, translations), des longueurs focales, et des formats. Pour être exact, le résultat général est que vous mettez au point sur le point [C] tel que le rapport des distances (C, A)/(C, B) est (1 + MB)/(1 ​​+ MA), où MA et MB sont les grossissements associés à l'objet proche et lointain. Ce point est toujours plus proche de [A] que de [B]. Cependant, le seul cas où la règle de la médiane n'est pas une bonne approximation lorsque les deux grossissements sont significativement différents et au moins un d'entre eux est égal à 1 qui est seulement le cas pour la macrophoto avec des focales très larges, de sorte que dans la pratique il ne faut pas vous inquiétez au sujet de cette technique.
◾ Rendre le point le plus proche aussi net que le point le plus lointain est optimal si le point lointain n'est pas à l'horizon. Si vous aviez appliqué des mouvements, ce serait toujours le cas.
◾ Si vous avez maintenu les corps parallèles et que le point lointain est à l'horizon, vous devriez plutôt mettre au point proche de l'infini que sur le point le plus proche (les deux tiers de (A, B) est pratique pour déterminer le diaphragme à utiliser). En effet, perceptuellement, une résolution plus élevée est nécessaire pour que l'horizon semble acceptablement net (ce n'est pas vrai pour le premier plan). Notez toutefois que Ansel Adams disait que si la netteté devait être compromise, le point le plus proche devait être plus net...

Procédure 4

Cette procédure n'est pas une procédure spécifique à la mise au point en grand format mais trouve toute sa valeur lorsque la règle de Scheimpflug ne nous permet pas d'obtenir une parfaite netteté sur tout le sujet. Elle peut également intervenir en deuxième temps, pour afiner les 3 procédures précédentes. Il s'agit de la règle de Stolze dont j'ai déjà parlé plus haut dans cette page. Sa technique s'effectue en 4 temps :
—1— ouvrir le diaphragme à fond et mettre au point sur la partie du sujet la plus éloignée mais que vous souhaitez nette. Ce point de netteté doit être déterminé à la loupe. Il faut immobiliser le banc optique (ou la crémaillère) de la chambre dans cette position.
—2— fermer le diaphragme de moitié. La limite antérieure de netteté se rapproche. Notez la partie la plus proche du sujet qui se trouve dans la zone de netteté. La détermination de ce plan devant se faire également à la loupe. Notez également la valeur du diaphragme.
—3— ouvrir complètement le diaphragme (encore une fois). Mettre au point sur le plan déterminé en —2—. La mise au point se faisant toujours à la loupe. Immobiliser le banc optique (ou la crémaillère) de la chambre dans cette position.
—4— fermer le diaphragme à la valeur utilisée en —2—. Vérifiez à la loupe que tout votre sujet est net et tirez. Si la totalité du sujet n'est pas nette, il faut tout recommencer en choisissant (en —2—) une valeur (ou deux) de diaphragme plus petite...

Bon, c'est tout ce que j'en dirai ... Ouuuuuufffffffffff !...

Qui a dit que le grand format c'est difficile ?

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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COMMENT DÉTERMINER L'EXPOSITION EN GRAND FORMAT ?

Les meilleures formes d'humour étant les plus courtes, je ne vais pas reprendre le clin d'œil de l'article précédent ... et pourtant, cette fois ci, sans écrire deux cents lignes juste après, je pourrai affirmer : « exactement comme en moyen format, exactement comme en petit format »...

Si vous êtes un amateur fortuné, vous pourrez envisager l'acquisition d'un accessoire tel qu'un posemètre à insérer dans le graflok de la chambre :

MAIS :
1) il faut compter dans les 600€ en occasion pour un accessoire en bon état (format 4x5")
2) cela va alourdir et encombrer encore plus le sac d'emport de la chambre sur le terrain
3) cela va faire perdre une bonne part du folklore qui fait tout l'intérêt de la photo à la chambre !...
DONC :
on oublie !...

Il reste donc les techniques de mesure de l'exposition que l'on utilise en moyen format ou en petit format quand les boîtiers de ces formats ne sont pas équipés de posemètres incorporés... Vous voyez bien que cette fois ci je ne me suis pas moqué de vous, c'est très court ?!... MAIS ATTENTION... ce n'est pas tout, il va falloir pousser un tout petit peu plus loin !...

Les différentes techniques possibles :

L'évaluation sans aucun matériel
Il suffit d'utiliser la technique du sunny-16 (ou f/16) que j'appelle avec bonheur le "16 ensoleillé".

La mesure globale en lumière réfléchie
Il suffit d'utiliser un posemètre à champ large

La mesure globale en lumière incidente
Il suffit d'utiliser un posemètre équipé d'un concentrateur

La mesure spot (en lumière réfléchie)
Il suffit d'utiliser un spotmètre 1° qui permettra de travailler le Zone System

Toutes ces techniques ont déjà été décrites et expliquées ailleurs dans ce site (ici, ici, ici, ici et autres articles de cette page traitant de l'exposition entre autres), je ne vais pas recommencer ici sous prétexte qu'il s'agit de grand format (!!!), quel que soit le format, tout fonctionne exactement de ma même manière...

Juste un point qui peut être intéressant : j'ai utilisé avec bonheur un ancien posemètre au sélénium à champ "très" large sous le drap de visée/mise au point en retirant le graflok de ma chambre Shen Hao HZX 45 II A (qu'il faut retirer pour sélectionner son cadrage -horizontal/vertical-). Le résultat était parfait (!) mais il faut avouer que c'est quelque peu sportif, il faut effectuer plusieurs mesures sur le champ de vision, en faisant attention de ne pas pénétrer à l'intérieur du soufflet, et faire une moyenne de ces mesures pour avoir une mesure fiable. J'avais déjà évoqué plus précisément en début de cette page, la possibilité d'effectuer une mesure directement sur le dépoli sous le drap de visée/mise au point après correction de la perte de luminosité causée par le dépoli... et bien, si on effectue plusieurs mesures pour couvrir toute la surface du dépoli et que l'on fait une moyenne de ces mesures, on réussit à effectuer une exposition au quart de poil !!!... Ces deux techniques sont assez complexes (il faut noter les résultats des différentes mesures, calculer une moyenne puis effectuer les corrections indispensables avant de suivre les étapes que je vais décrire plus bas) et dépendent grandement des conditions de mesures... mon drap de visée/mise au point est 100% opaque et, en plus, il est tubulaire et totalement fermé, il ne permet donc pas (ou très très peu) l'entrée de lumières parasites... ce ne sera certainement pas le cas des draps de mise au point classiques...

Vous avec donc déterminé l'exposition par n'importe lequel des moyens listés ci-dessus. C'est parfait. Mais, si en moyen et en petit format, il suffisait de reporter les résultats de(s/la) mesure(s) sur le sélecteur de vitesse et de diaphragme, il n'en va pas franchement de même en grand format (vous vous en doutiez, j'en suis sûr ) en effet :
- en petit format, on travaille généralement avec des diaphragmes de l'ordre de f/5.6~f/11, l'ouverture minimale offerte par les objectifs est de l'ordre de f/16~f/22. En moyen format, on travaille généralement avec des diaphragmes de l'ordre de f/8~f/16, l'ouverture minimale offerte par les objectifs est de l'ordre de f/22~f/32. En grand format, on travaille généralement avec des diaphragmes de l'ordre de f/22~f/32, l'ouverture minimale offerte par les objectifs est de l'ordre de f/45~f/64.
- en petit format et en moyen format (pour la plupart), les bagues hélicoïdales de mise au point des objectifs ne font quasiment pas augmenter la distance lentille frontale/film. En grand format, la mise au point ne s'effectue que par l'allongement du soufflet !

En quoi cela peut-il être différent ?
- les ouvertures sont petites en grand format, donc les temps de pose sont longs
- Un petit allongement du soufflet au delà d'une longueur correspondant à la longueur focale de l'objectif fait perdre énormément de lumière donc, en plus des corrections effectuées sur la mesure (corrections expliquées ici), il va falloir effectuer d'autres corrections pour compenser la perte de luminosité causée par l'allongement du soufflet... Cette correction est égale à :

C = (T/F)²

avec C = correction, T = tirage du soufflet, F = focale de l'objectif.
Exemple : avec un objectif de 90mm, un tirage de 135mm demandera une correction de (135 / 90)² = 2,25, c'est à dire qu'il faudra multiplier l'exposition par 2,25, c'est à dire ouvrir le diaphragme de 1 valeur et 1/4 ou augmenter le temps d'exposition d'1 valeur et 1/4 (vitesse + lente de 1 valeur 1/4). Remarque, 1/4 de valeur n'a aucune signification dans la vraie vie donc on se contentera d'une valeur entière, la latitude de pose des films fera le reste !...

Pour qui n'est pas très matheux, on va énoncer les choses autrement :

une augmentation de longueur de soufflet de 50% par rapport à la longueur focale de l'objectif
exigera une correction de + 1 diaphragme

soit, pour un objectif de 90mm, voici la correction nécessaire pour un tirage (longueur) du soufflet :

 
90mm
+ 0 diaph
 
135mm
+ 1 diaph
 
180mm
+ 2 diaph
 
225mm
+ 3 diaph
 
270mm
+ 4 diaph
 
315mm
+ 5 diaph
 
360mm
+ 6 diaph
 
405mm
+ 7 diaph
 
450mm
+ 8 diaph
 
495mm
+ 9 diaph
 
540mm
+ 10 diaph

Le but du jeu, en grand format, étant de conserver un diaphragme relativement fermé, la correction devra donc plutôt s'effectuer en augmentant le temps de pose qu'en ouvrant le diaphragme. Je rappelle qu'1 valeur de diaphragme correspond à 1 valeur de vitesse, c'est à dire que passer de f/11 à f/8 (soit +1 diaph) correspond au passage d'une vitesse de 1/200è de seconde à une vitesse de 1/100è de seconde.

Donc au total, les temps de pose en grand format seront "très" longs, il ne sera pas rare de poser pendant une à plusieurs secondes. Problème, à de rares exceptions près, une exposition d'1 seconde (ou plus) entraine un effet Schwartzchild qu'il sera nécessaire de compenser en augmentant encore plus les temps de pose. Mais en augmentant de combien ?

Théoriquement, chaque film sera frappé par l'effet Schwartzchild pour une durée de pose qui lui est propre et qui demandera une correction qui lui est propre... Cela n'est pas fait pour nous simplifier la vie !... Bien sûr, les fabricants (pas tous !!!) de films proposent, sur internet, des fiches techniques de leurs films précisant la correction à appliquer. Malheureusement, cette correction est fournie sous forme de graphique très approximatif... quand encore il existe !... Donc, je vous proposerai une liste de compensations de l'effet Schwartzchild théoriques et (très) approximatives qui pourront s'appliquer à tous les films noir et blanc modernes et obtenir des résultats très acceptables :

temps mesuré
temps appliqué
temps mesuré
temps appliqué
temps mesuré
temps appliqué
temps mesuré
temps appliqué
1
1
26
85
51
226
76
410
2
3
27
90
52
233
77
418
3
5
28
94
53
239
78
427
4
7
29
99
54
246
79
435
5
9
30
104
55
253
80
443
6
11
31
109
56
260
81
452
7
14
32
114
57
267
82
460
8
17
33
120
58
274
83
469
9
20
34
125
59
281
84
477
10
23
35
130
60
288
85
486
11
26
36
136
61
295
86
494
12
29
37
141
62
302
87
503
13
32
38
147
63
310
88
512
14
36
39
152
64
317
89
521
15
39
40
158
65
324
90
530
16
43
41
164
66
332
91
538
17
47
42
170
67
339
92
547
18
50
43
176
68
347
93
557
19
54
44
182
69
355
94
566
20
58
45
188
70
363
95
575
21
63
46
194
71
370
96
584
22
67
47
200
72
378
97
593
23
71
48
207
73
386
98
603
24
76
49
213
74
394
99
612
25
80
50
220
75
402
100
621

Le temps mesuré (en secondes) correspond au temps de pose que vous devriez utiliser, après les diverses corrections indispensables, le temps appliqué (en secondes) est le temps pendant lequel vous devrez réellement exposer le film pour corriger l'effet Schwartzchild. Pour les curieux, ce tableau est créé par la formule Ta = 0,3 x (Tm^1,62) + Tm. Je n'en dirai pas plus !... Mais pour les habitués de Schwartzchild qui lisent attentivement ce tableau, ils verront que les variations de durées sont très faibles, il est important de souligner que les nouvelles analyses des nouveaux films ont contredit les anciennes habitudes (d'avant 2005).

Prenons un exemple "pratique" pour vérifier que tout le monde a bien compris. Si ce n'était pas le cas, vous pouvez toujours me contacter ici.

Je souhaite créer un négatif noir et blanc. Pour déterminer mon exposition, j'utilise un spotmètre pour travailler suivant le Zone System. Dans ce cadre, il faut exposer pour les zones sombres et développer pour les zones claires (négatif noir et blanc). Je mesure donc l'exposition pour la zone la plus sombre mais qui doit encore montrer des détails, le spotmètre me fournit un couple 1/30ème de seconde | f/5.6. L'interprétation de mon image exige une correction de -2 diaph (zone V décalée en zone III). Donc le couple deviendra 1/125ème de seconde | f/5.6. Mais pour créer la composition voulue, il me faudra une valeur de diaphragme à f/32, donc le couple deviendra 1/4 de seconde | f/32. Mais puisque mon sujet est relativement proche de mon objectif de 90mm, je me retrouve avec un tirage de soufflet de 316mm, donc mon couple devient 4 secondes | f/32. Je suis frappé de plein fouet par l'effet Schwartzchild, je vais donc régler la bague de diaphragme sur f/32 et la bague de vitesse sur B (ou T) et exposer mon film pendant 7 secondes. {En fait, j'exposerai beaucoup plus longtemps puisqu'en négatif noir et blanc il est préférable de surexposer, mais là je sors du cadre de cet article !...}

Cet exemple n'a pas été pris au hasard, vous vous en doutez bien... en fait, pour déterminer l'exposition en grand format, c'est systématiquement ce raisonnement qu'il va falloir mettre en œuvre !... Autant dire que si vous voulez faire du bon travail en grand format, il faudra être seul (éloignez les curieux, boîtier numérique autour du cou, qui viendront systématiquement vous demander combien d'ISO vous utilisez !!!). Tout cela ne présente aucune difficulté mais il faut rester concentré et logique... Un conseil, vous avez déjà tellement de choses à emporter sur le terrain pour faire du grand format, vous n'êtes plus à un petit carnet et un stylo près, prenez donc des notes pour éviter de vous perdre en cours de raisonnement !... De même, créez-vous des petits cartons portant les corrections d'exposition pour l'allongement du soufflet (pour chaque focale d'objectif en votre possession) et la correction des durées pour compenser l'effet Schwartzchild. N.B., en début de page je vous expliquais que je me suis fabriqué un "mètre ruban" portant la compensation de l'allongement du soufflet, c'est beaucoup plus simple et rapide que la lecture sur la réglette située sur le banc optique (quand elle existe) puis la recherche de la correction sur une table de valeurs... mais c'est comme vous préférez...

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DE QUOI AVONS-NOUS VRAIMENT BESOIN EN GRAND FORMAT ?

Si vous vous promenez sur internet, vous allez trouver des millions de sites qui vous expliqueront qu'il est indispensable d'acheter des tas de trucs pour faire du grand format, comme si le prix du matériel vraiment indispensable n'était pas assez élevé comme ça !...

Vous me connaissez maintenant, je vais prendre le net à contre-pied et vous lister ce que vous aurez absolument besoin et, si possible, pour un investissement minimum...

Il se pose juste un petit problème : grand format oui, mais grand comment ? En effet, les besoins pour un petit grand format (4x5") ne sont pas les mêmes que pour un grand grand format (8x10" et plus)... et le prix non plus... Dans la mesure où le format le plus répandu chez les amateurs (et pas seulement) est le 4x5", je m'étendrai sur ce format en précisant, au besoin, si un format plus grand présente des particularités.

1) La chambre
Je ne vais pas y revenir, j'en ai déjà parlé en début de page. Mais, il s'agit bien d'un élément absolument indispensable, et le poste budgétaire le plus important. Le choix du format dépendra de vos préférences de ratio longueur/largeur du négatif, mais j'en ai déjà parlé en début de page.

Je considère que le graflok (s'il existe) ainsi que le dépoli et la lentille de Fresnel (si elle existe) font partie intégrante de la chambre et que, si on peut les remplacer, sont livrés d'origine avec la chambre.

2) L(es)'objectif(s)
En grand format, comme pour les autres formats, il va falloir choisir la focale de son(ses) objectif(s). Il faut savoir qu'en grand format, les zooms n'existent pas (ils sont d'ailleurs assez rares en moyen format). Bien qu'il existe des exceptions (comme partout !), il faut également savoir qu'en grand format, le nombre d'objectifs entrant dans son système est très limité et pas uniquement pour une question de prix. Il faudra donc choisir sa(ses) focale(s) en tenant compte des paramètres ci-dessous :
-> fonction de la chambre : une chambre monorail permettra généralement l'utilisation de toutes les focales disponibles sur le marché, des plus courtes aux plus longues grâce à des accessoires disponibles. Les autres chambres ne le permettront pas : les foldings et les pliantes ne permettent généralement pas les focales extrêmes, le tirage minimum du soufflet n'autorise pas les très courtes focales, les mouvements sont impossibles sur les courtes focales, les rails de mise au point entrent dans le champ avec les courtes focales, le tirage maximum du soufflet ne permet pas les longues focales (>300 mm, soit 100mm pour un 4x5")
-> fonction de votre focale de prédilection : j'ai déjà parlé de cette focale de prédilection à plusieurs occasions dans le site (ici, entre autre), je n'y reviendrai pas.
-> fonction de la couverture des optiques : un 90mm et un 150mm sont utilisables en 4x5" et en 5x7" puisqu'ils ont tous les deux une couverture assez large pour un 5x7", les deux permettront les mouvements d'un 5x7". Un 300mm fonctionnera parfaitement en 4x5", en 5x7" et en 8x10" avec assez de place pour les mouvements. Le 90mm est un grand angle en 4x5", ultra grand angle en 5x7" et inutilisable en 8x10" à cause du vignettage. Le 150mm est normal en 4x5", grand angle en 5x7" et également inutilisable en 8x10". Le 300mm est un téléobjectif moyen en 4x5", un court télé en 5x7" et un normal en 8x10". Le cercle d'image est généralement mesuré à f/22, si le cercle d'image (la couverture) est un peu juste pour votre format, un vignettage se créera avec un diaphragme plus ouvert... Cela dit, f/22 est une ouverture assez typique en grand format !...
Un film 4x5" nécessite un cercle d'image minimum de 153,7mm, un 5×7" un minimum de 208,7mm et un 8x10" un minimum de 312,5mm
-> fonction de l'ouverture maximale du diaphragme : on n'utilise jamais un objectif grand format à pleine ouverture (en format plus petit, pas trop non plus !) mais la mise au point sur dépoli nécessite un bonne luminosité. Plus l'ouverture est importante et plus l'objectif est cher (!!!) donc il faudra choisir en faisant le rapport ouverture/budget. Au pire, achetez une lentille de Fresnel avec un objectif "sombre", ce sera moins cher et assez lumineux...


Personnellement, je possède un RODENSTOCK GRANDAGON MC 90mm f/6.8 (estampillé Linhof) et un SCHNEIDER - KREUZNACH SYMMAR - S 210mm f/5.6 (estampillé Linhof). Le premier (90mm) est extraordinaire en paysage, le second est un équivalent 70mm (pour 24x36) qui correspond à ma focale de prédilection. Les deux objectifs sont relativement sombres mais mes deux chambres sont équipées de lentille de Fresnel.

Il s'agit également d'un élément absolument indispensable et un poste budgétaire important.

3) Un obturateur
En petit et moyen format, l'obturateur est situé soit juste devant le film (obturateur focal) donc inclus dans le boîtier, soit inclus à l'intérieur de l'objectif (obturateur central). En grand format, les chambres ne sont pas équipées d'obturateur mais les objectifs non plus !!!... Il est donc nécessaire de choisir un obturateur en plus d'un objectif !... Cet obturateur peut se situer soit devant l'objectif (à la place du filtre) soit s'insérer au milieu de l'objectif (un objectif grand format est constitué de 2 parties reliées par un pas de vis sur lequel viendra se fixer (entre autre, voir plus bas) l'obturateur. Perso, mes objectifs sont tous deux fixés sur des obturateurs Compur®. Il faut un obturateur par objectif. Sur les chambres très anciennes, on n'utilisait pas d'obturateur, on utilisait le capuchon d'objectif... mais les films de l'époque étaient très lents, les temps de pose très longs, aujourd'hui, avec les films modernes, il est impossible de se passer d'obturateur...

Il s'agit également d'un élément absolument indispensable.

4) Une planchette
Une chambre n'étant rien d'autre que 2 cadres mobiles reliés entre eux par un soufflet, il est nécessaire de lui ajouter des accessoires pour lui permettre de fabriquer une image. Sur le corps avant, pour fixer l'objectif, il faut le fixer sur une planchette qui sera à son tour fixée sur la chambre. Le choix de la planchette ne se fait pas au hasard !... La planchette doit répondre à deux caractéristiques :
-> le principe de fixation sur le corps avant. Toutes les chambres n'utilisent pas les mêmes planchettes, on peut même dire que chaque marque de chambre utilise son propre système de planchette. Il y a toutefois un système de planchette que l'on peut considérer comme universel : le système Linhof Technika : soit une chambre non Linhof a décidé d'utiliser le même type de planchette, soit elle utilise un système totalement différent mais a prévu un système d'adaptateur permettant de fixer une planchette Linhof Technika sur sa planchette propre.
-> le diamètre de l'objectif (et donc de l'obturateur). Il a existé de nombreux diamètres dans l'histoire mais il n'en reste plus que trois, ils sont normalisés. Ils portent le nom de "Copal" suivi d'un numéro (0, 1, 3, il n'y a plus de "2" !) correspondant au diamètre. Copal 0 = 34,6 mm, Copal 1 = 41,6 mm et Copal 3 = 65 mm.

Mes deux chambres utilisent les mêmes planchettes (Linhof Technika) ce qui me permet de partager mes objectifs... Il est nécessaire de posséder une planchette par objectif.


Il faut noter qu'il existe des planchettes spéciales :
-> des planchettes rentrantes qui permettent d'augmenter le déploiement du soufflet pour permettre les mouvements avec un objectif de courte focale. Ce type de planchette est cher (>100€) et rend l'accès aux commandes de l'objectif particulièrement difficile (voire impossible dans certains cas !)
-> des planchettes conique qui permettent exactement le contraire, à savoir prolonger la longueur maximale du soufflet, pour faire de la macrophotographie par exemple. Il s'agit également d'un élément absolument indispensable.

5) Un (plusieurs) châssis
Ce que l'on appelle châssis en grand format est le conteneur de film. C'est une "boîte" qui permet de maintenir deux plan-films à l'abri de la lumière et qui se fixe sur le corps arrière de la chambre. Il existe un volet d'occultation amovible qui permettra d'exposer les plan-films et les remettre à l'abri après exposition.

En grand format, une sortie photo se résume généralement en... zéro à deux photos, là où la même sortie en numérique se résumerait en une bonne centaine de déclenchements (et probablement zéro à deux photos conservées... ce qui revient exactement au même !...) donc un ou deux châssis suffisent en sortie photo sur le terrain et, d'une manière générale, cinq châssis représente la quantité recommandable. Il s'agit également d'un élément absolument indispensable.

6) Un trépied + une tête
Si on fait abstraction des chambres press utilisables à mains levées (le pluriel n'est pas catholique mais volontaire vu la taille et le poids de la chambre !), toutes les autres nécessitent un trépied pour être utilisables (sans trop de gymnastique acrobatique !).

Personnellement, j'utilise principalement mon Vanguard Alta Pro 283CT avec la tête boule SBH 100. En effet, complet, il ne pèse que 2 kg et il est très élevé mais peut aussi se placer au ras du sol. On peut écarter ses jambes. La tête est très solide et très stable et la boule est plus pratique à centrer et à mobiliser avec la chambre... En plus, le plateau rapide facilite incroyablement l'installation d'une chambre grand format.

Il y a des tas d'avis sur internet, voire de véritables batailles rangées, concernant le poids minimum du trépied. Une fois de plus, je me placerai en dehors de ces arguments plus ou moins théoriques et rarement basés sur l'expérience. Je dirai donc qu'il faut regarder le poids de la chambre en premier lieu ! Une chambre 4x5" de 2 à 3 kg sera beaucoup moins exigeante qu'une chambre 8x10" de 10 kg !... Je ne possède que des chambres 4x5" donc je ne parlerai que de celles-là. Mes deux chambres pèsent ~2 kg, soit autant que certain de mes moyen format (et même mes petit formats avec des gros zooms !) donc, fort logiquement, les trépieds qui permettent l'utilisation de ces derniers seront largement assez efficaces pour l'utilisation des chambres grand format 4x5".

Donc, toujours dans le cas des chambres 4x5", il n'est pas du tout nécessaire de se focaliser sur le poids et de se mettre en quête d'un trépied éléphantesque !... Par contre, et ça on n'en entends jamais parler, il y a d'autres paramètres à prendre en compte :
-> une chambre, même 4x5", est volumineuse et offre une sacrée résistance au vent !!! Donc, voir le point suivant.
-> vous allez certainement utiliser un drap de visée/mise au point... et, en cas de vent, même modéré, le drap se transforme en voile (entendre comme un bateau !) donc il faut choisir un trépied avec les jambes très écartées ou au moins qui peuvent s'écarter (!!!) pour lutter efficacement contre la culbute.
-> la mise au point sur le dépoli est long et "difficile" ... il est donc capital d'être à l'aise !... Passer 10 minutes plié en quatre sous le drap de visée/mise au point est un exercice qui vous dégoûtera à tout jamais du grand format !... Il est donc préférable d'avoir un trépied relativement haut, sans avoir à sortir la colonne centrale qui casserait la stabilité de tout le montage !...
-> il faut revenir au poids, mais pas dans le sens le plus lourd est le meilleur MAIS penser qu'il va falloir l'emporter sur le terrain avec tout le reste du matériel... et, même en emportant le minimum indispensable, il ne faudra pas compter sur un poids total inférieur à 15 kg ... autant limiter le poids de chaque élément au maximum !... Vérifiez plutôt qu'il est possible d'accrocher une masse sur le bas de la colonne centrale.
-> plus que le pied, il faut se concentrer sur la tête du statif qui doit être solide et puissante et... très mobile !...

Il s'agit également d'un élément absolument indispensable.

7) Un voile de visée/mise au point
Il s'agit également d'un élément absolument indispensable MAIS il n'est franchement pas nécessaire d'engager un investissement important !... Le but du jeu est de s'isoler de la lumière ambiante donc n'importe quel voile noir voire un grand T-shirt noir pourraient faire l'affaire... Cela dit, les voiles de visée "pro" sont multicouches donc bien plus opaques, ont une face extérieure blanche pour limiter la chaleur au- dessous, voire offrent des formes étranges mais plus efficaces en étant très léger MAIS ils sont très chers (> 100€).

Personnellement, j'ai choisi un voile de visée tubulaire (photo de droite) effectivement très pratique.

Mais il existe également des "prismes" de visée qui n'ont de prisme que le nom... il ne s'agit généralement que d'un miroir qui replace le haut de l'image en haut du dépoli (mais la droite de l'image reste à gauche du dépoli). L'oculaire est généralement faiblement grossissant pour aider à la mise au point.


Ma chambre Linhof Kardan Super Color ST était livrée d'origine avec ce type de viseur (photo de gauche). Bien sûr, il peut se fixer sur toutes les chambres de même format possédant un glaflok universel MAIS, cet accessoire, si léger, est très encombrant et franchement cher (>200€).

8) Une loupe de mise au point
Il s'agit également d'un élément absolument indispensable MAIS il n'est franchement pas nécessaire d'engager un investissement important !... Avant tout, il faut noter que plus le format est grand et moins la loupe est indispensable. Une loupe de mise au point étudiée et fabriquée exprès pour cela sera d'excellente qualité mais sera TRES chère... Si la qualité n'est pas une obligation pour vous, un compte fils (type analyse de négatif) fera très bien l'affaire pour un investissement minime (10€).

Si, par contre, vous tenez à de la haute qualité mais que vous ne voulez pas un investissement important, il suffit de détourner un objectif de 50mm (pour le petit format - donc un objectif "normal" pour les autres formats -). C'est ce que j'ai fait en utilisant un objectif Canon FC 50mm f/1.8 "orphelin" que j'ai récupéré je ne sais plus où et qui ne peut servir sur aucun de mes boîtiers... Vous pouvez acheter ce genre d'objectifs qui ne sont plus utilisables sur les boîtiers actuels pour quelques euros !... Ils offrent l'énorme avantage, outre le top de qualité de reproduction de l'image, sans déformation ni couleurs étranges, de faciliter la vie des porteurs de lunettes... Si, en plus, vous créez une entretoise de façon à ce que la mise au point soit faite dès que l'objectif touche le dépoli... c'est le paradis... Perso, un petit bout de carton et un élastique a fait le job, sans abimer l'objectif qui pourra éventuellement servir à autre chose à l'occasion !... Mais je pense me fabriquer quelque chose de moins cheap que le carton... Le seul défaut de l'objectif en guise de loupe de mise au point est son volume et son poids...

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il n'est pas nécessaire d'utiliser une loupe à fort grossissement... un grossissement supérieur à 5x peut être une source de problème plus qu'un avantage...

9) Un posemètre
Une chambre, on l'a vu, ne possède pas de posemètre !... Il faut bien déterminer l'exposition du film... Donc, soit on effectue une évaluation au pif avec le sunny-16 (16-ensoleillé comme j'aime à le dire !), c'est une technique que j'applique très souvent, qui est très fine et efficace dès que l'on sait l'utiliser (voir ici, ici et ici) et qui est... gratuite !...

Sinon, il faut utiliser un posemètre. Il s'agit d'un instrument incontournable et un poste budgétaire très variable selon votre choix :
-> on peut utiliser un boîtier petit format que l'on emportera avec soi ... encore plus de poids et de volume !...
-> acheter un posemètre au sélénium d'occasion qui permet une meure en lumière réfléchie (voir ici) et en lumière incidente (voir ici) et tout cela pour moins de 10€... Attention toutefois, le sélénium a une durée de vie limitée, n'achetez jamais sans pouvoir le prendre en main et comparer ses mesures à celles effectuées par un posemètre électrique (un boîtier petit format par exemple). Si les deux mesures sont à peine différentes, le posemètre au sélénium vivra encore une vingtaine d'années en étant fiable, si elles sont très différentes, le posemètre est mort et il s'éteindra définitivement très bientôt... le sélénium s'use à la lumière et si le posemètre n'était pas stocké dans son étui, il s'est usé prématurément...
-> acheter un posemètre "moderne" à pile. On en trouve à tous les prix, avec des angles de champ de mesure différents, en lumière incidente (voir ici) ou en lumière réfléchie (voir ici).
-> acheter un spotmètre 1° si vous souhaitez pratiquer le zone system (voir ici). On en trouve également à tous les prix...

Sauf si vous envisagez d'utiliser exclusivement le 16-ensoleillé, le posemètre est un accessoire indispensable...

10) Un déclencheur souple
En toute logique, un déclencheur souple n'est pas indispensable MAIS, le déclenchement se situe sur l'objectif (je rappelle que l'objectif est vissé sur l'obturateur on peut donc les considérer comme un seul et unique !) donc on risque de tout faire bouger en appuyant nos gros doigts sur le petit bouton de déclenchement ET, en plus, en grand format, les temps de pose sont longs donc la netteté sera compromise sans déclencheur souple.


Je recommande d'ailleurs de choisir des déclencheurs d'une bonne longueur... 10 cm c'est vraiment court, j'utilise généralement un déclencheur souple de 65 cm (à gauche) quand je n'utilise pas (rarement) mon déclencheur souple long à air, commandé par une poire et qui mesure... 10 mètres (à droite)...

Il s'agit également d'un élément absolument indispensable mais qui ne coute pas grand chose.

11) Un cadre de visée (j'en ai déjà parlé ici)
La mise en batterie d'une chambre grand format est longue, même avec une chambre de terrain (field view camera en angueliche) il est donc super pratique de pouvoir choisir sa focale, rechercher le sujet, le cadrage de notre future photo avant de "monter" la chambre. Ce cadre est tellement pratique que cela devient un accessoire quasi indispensable !... Les fabricants de chambre proposent des systèmes optiques à focale variable qui affichent exactement ce que capturera la chambre une fois installée là où vous vous trouvez MAIS ces systèmes sont hors de prix, même d'occasion !!!... Le plus simple et le moins cher consiste à se créer un cadre de visée en carton (ou en ce que vous voulez !). Le principe est de percer un cache d'un trou exactement égal au négatif que vous allez créer, de le placer dans l'axe de votre œil directeur (voir ici en particulier) et de l'écarter de votre visage d'une distance égale à la focale de l'objectif que vous utiliserez.

Perso je l'ai créé en carton et plastique et je l'emporte systématiquement, absolument partout (oui, on voit qu'il a déjà bien vécu ! et ce n'est pas fini !...). Il est devenu pour moi un accessoire indispensable...

12) et bien sûr, aussi indispensable que la chambre et l'objectif : les films !!! Il s'agit de plan-film en grand format. On en trouve de plusieurs marques, de plusieurs sensibilités, en négatif noir et blanc, en négatif couleur, en inversible (diapo) noir et blanc, en inversible couleur, en instantané (ex-polaroïd disparu mais remplacé !). Les prix sont très variables selon le format, le type, la sensibilité et la marque du film. En négatif noir et blanc de sensibilité moyenne (100 ISO/21°) les prix vont de 1€/plan-film à 5€/plan-film.

13) un moyen de transport de tout ce matériel !... Il existe des cantines, des sacs sur roulettes, des besaces, des valises, des sacs à dos... Quoi que vous choisissiez, pensez au poids minimum... en effet, avec mon sac à dos super léger, une fois tout chargé, je me coltine des balade chargé de 13 kg !...

14) un parapluie, eh oui, un parapluie, noir si possible, pliant et léger si possible qui vous rendra de grands services et ce par tous les temps :
-> fort soleil : remplacera efficacement un compendium (bien plus cher que le parapluie !)
-> pluie : vous rangez la chambre (noooon, on dirait ma maman crier "va ranger ta chambre !!!" ) mais il faudra vous protéger
-> vent : vous placez le parapluie entre la source du vent et la chambre pour éviter le basculement...


Bref, voilà un accessoire qui deviendra rapidement indispensable...

ET PUIS C'EST TOUT, sauf si vous partez longtemps et que vous devrez recharger vos châssis, il vous faudra :
-> un sac de chargement (ou voir ici)
-> un tissu microfibre
-> une bombe d'air comprimé
-> une boite noire étanche à la lumière pour stocker vos plan-films exposés en attente de développement.
Mais tout cela vous l'avez déjà chez vous même si vous ne sortez jamais avec votre chambre...

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SCANNER UN NÉGATIF GRAND FORMAT

Avant toute chose, il faut dire que le grand format perd beaucoup de ses avantages (qualités) si on décide de se contenter de scanner ses négatifs ! Un négatif grand format mérite un agrandissement giga format.

Maintenant, personne, et surtout pas moi, ne pourra vous empêcher de scanner vos négatifs grand format !... Dans ces conditions, voyons comment nous y prendre sans nous faire un ulcère d'estomac.

Tout le monde a déjà entendu parler des scanners pour film. Ils sont hors de prix pour le petit format (24x36), sont d'un prix obscène pour le moyen format !... C'est pourquoi de nombreux photographes se tournent vers les scanners à plat avec un couvercle permettant la trans-illumination du négatif. Ces scanners à plat donnent des résultats assez décevants en petit format, des résultats très acceptables en moyen format et, en toute logique, de bons résultats en grand format... MAIS, les scanners à plat acceptant la numérisation des négatifs grand format ne sont pas légion et sont assez chers... surtout que la plupart des amateurs qui se lancent en grand format viennent du moyen format et qu'ils ont déjà investi dans un scanner à plat acceptant le moyen format mais pas le grand format !... Mais une part non négligeable des amateurs ne possède pas encore de scanner à film. Ces derniers doivent-ils investir dans les scanners les plus chers pour pouvoir numériser leurs négatifs grand format ?

On trouve sur internet des techniques pour numériser les négatifs grand format sur des scanners à plat pour négatifs moyen format. Cela est très efficace mais au prix de nombreuses manipulations. J'ai déjà expliqué (ici) qu'il était possible de numériser des négatifs sans scanner à film. Cet article, toujours d'actualité, est déjà très ancien et il est aujourd'hui possible de numériser des négatifs sans scanner à film, sans s'astreindre à des bricolages plus ou moins cagneux ou plus ou moins compliqués. En effet, les nouveaux scanners, même les moins évolués, même ceux présents sur les imprimantes multifonctions (qui ne sont pas connus pour être des flèches) permettent une numérisation de qualité acceptable, sans se casser la tête... J'ai également exposé ce moyen dans la mise à jour de l'article (ici). Dans cet article je n'ai pas parlé des négatifs grand format, je ne faisais pas de grand format à cette époque, mais ce qui vaut pour le moyen format vaut pour le grand format !!!... Aussi, si vous souhaitez numériser vos négatifs grand format, je me permettrai de vous stimuler à lire (et à travailler) tous les articles ici.

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MA PREMIÈRE EXPÉRIENCE EN GRAND FORMAT

À la lecture des articles précédents sur cette page, vous avez pu appréhender une difficulté certaine de la technique du grand format... mais la réelle difficulté n'apparaît vraiment qu'à la première utilisation dans la vraie vie. C'est pourquoi j'ai décidé de créer ce présent article... Mais pas de panique, le but de ces quelques mots n'est pas de vous effrayer, mais au contraire, de vous armer au mieux pour votre première approche du grand format en évitant les galères auxquelles j'ai été confronté !...

Pour dépister tous les problèmes, j'ai décidé une sortie photo grand format correspondant théoriquement à un voyage photographique, à savoir, partir sur le terrain avec tout le matériel grand format... Bien sûr, même si je n'avais pas vécu toutes les galères de ce test, jamais je ne serai sorti dans cette configuration, mais voilà, que ne ferais-je pas pour vous...

Cette expérience a été menée alors que je ne possédais pas encore ma chambre Shen Hao HZX 45 II A (field camera), donc je me suis trimballé ma chambre Linhof Kardan Super Color ST (plutôt monorail de studio, pas franchement faite pour la photo sur le terrain !...). Je ne dirai pas que c'est cette expérience qui m'a stimulé à l'achat de ma Shen Hao HZX 45 II A, mais elle y a certainement participé !... Allez, en piste...

La veille de l'expérience, j'ai donc rassemblé l'ensemble de mon matériel. J'ai donc réquisitionné mon "grand" sac photo pour recevoir tout ce fatras photographique :
- la chambre
- mes deux objectifs
- mes 5 châssis (vides)
- mon posemètre
- mon trépied
- mon cadreur de prévisualisation bricolé
- mon mètre pliant de correction d'exposition bricolé
- ma loupe de mise au point bricolée à partir d'un ancien objectif
- le drap de visée/mise au point
- le déclencheur souple
- la boite de plan-films
- la boite noire de recueil des plan-films exposés
- le manchon de chargement
- un parapluie pour servir de coupe-vent ou de pare soleil

La Linhof Kardan Super Color ST n'étant pas démontable, elle a occupé, à elle seule, la totalité du sac photo ! Il m'a donc fallu réquisitionner un deuxième sac, bonjour le confort et bonjour la simplicité de déplacement sur le terrain !... Surtout qu'une fois tout le matériel placé dans le 2ème sac, restait le trépied !... À tenir à la main donc... Houahouuu, ça va être chaud !... Très chaud !...

J'avais jeté mon dévolu sur un joli petit lac situé en pleine forêt pour effectuer ces tests. Vu le matériel à transporter (et accessoirement son poids !) j'ai cherché à m'approcher le plus possible avec ma voiture... bonjour le crapahuteur !... Il ne me restait plus que 2 petits kilomètres à faire à pied... super !.. Seulement, une fois sur place, ma première pensée fut : "et dire qu'il me reste encore à faire la même chose en sens inverse !"... Mais bon, maintenant que j'y étais, il fallait se lancer...

Sur place, il fallait trouver un pseudo-sujet avant de pouvoir enfin libérer ses épaules des deux sacs !... Et là, la vraie galère commence : il faut trouver le cadreur de prévisualisation sans vider les sacs au sol... (ce que, bien sûr, je n'ai pas fait !)... en effet, l'utilisation du viseur de prévisualisation montre qu'il faut prévoir un déplacement important pour composer l'image avec les focales d'objectifs à disposition... donc, tout remballer pour affiner sa localisation pour la prise de vue...

Une fois bien en place, il est possible de monter la chambre. Là, aucune difficulté : le viseur de prévisualisation a défini le lieu qu'il faut viser et la focale qu'il faut installer sur la chambre, il suffit de s'exécuter et d'effectuer la mise au point. Là, pour se mettre dans les conditions du test, est arrivé le moment de charger ses châssis. Il faut rassembler les châssis, la boite de plans-films et le manchon de chargement... oui, mais charger ses châssis les mains au noir, assis au sol, ce n'est franchement pas idéal !... Avoir à disposition une petite table ne serait pas un luxe !... À noter pour la prochaine fois : emporter une table pliante... OK, mais où la mettre ? On ne peut pas se balader avec une table de camping !... Bien sûr, si on fait une sortie photo de quelques heures, il suffira de charger ses plans-films avant le départ, mais je simule ici une sortie photo de plusieurs jours... Il faudra donc soit acheter une camionnette pour servir de "laboratoire" mobile, soit charger tous ses châssis à l'hôtel avant son départ, soit les charger dans la voiture (ou sur une table de camping à côté de la voiture) avant de terminer son déplacement à pieds...

Bref, j'ai tout de même réussi à charger mes châssis mais c'était sportif. Maintenant, après 3 plombes, je puis enfin débuter la création de mes photos... Un dernier coup d'œil au cadrage, une dernière vérification de la mise au point et... bonjour, qu'est-ce que vous faites ?... C'est dingue... dès que l'on pratique des activités qui sortent un tant soit peu de l'ordinaire, on se fait systématiquement harceler par des importuns !... C'était déjà le cas en moyen format (mais beaucoup moins), il faut avouer que là, entre une chambre (même 4x5"), un trépied et un bric-à-brac incroyable éparpillé sur le sol, on devient un véritable pot de miel pour les guêpes... Quoi répondre à ces curieux ? Je ne me voyais pas leur dire tu vois bien que je fais pousser des chèvres (ou langage plus fleuri encore !) donc j'ai entrepris une petite discussion... du moins je je pensais... en effet, j'ai eu la chance de tomber sur l'archétype de l'emmerdeur... il avait bien vu que je faisais de la photo, mais ses questions n'étaient que des moyens détournés de me dire que lui connaît mieux la photographie, que ça c'est pas de la photo, que le numérique c'est mieux, le casse c******* dans toute sa splendeur !... Il m'a finalement été indispensable de devenir désagréable pour m'en débarrasser et... j'avais accumulé tellement de stress, que le sujet et le lieu n'avaient plus le moindre intérêt pour moi... j'ai donc tout remballé et je suis retourné à la voiture pour une nouvelle destination... 3 heures de gaspillées et pas le moindre plan-film exposé !... À noter pour la prochaine sortie : réfléchir à un moyen d'éloigner les éléments perturbateurs... À ce jour, à part un positionnement "camouflé" je n'ai rien trouvé !...

Puis, j'ai roulé, roulé, roulé, j'ai cherché où aller mais le cœur n'y était plus, je suis rentré chez moi, bredouille...

Ma première expérience est terminée, mais il me faut rajouter un "post-scriptum". Une balade photo en petit format et en moyen format peut très bien se terminer sans image créée (configuration très minoritaire), en grand format, une ballade photo peut très bien se terminer avec une image créée (configuration très minoritaire)... Donc, ne vous mettez pas martel en tête si vous rentrez bredouille... ce sera la finalisation la plus fréquente de votre balade photo grand format !...

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