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Hommage à FERNAND BIGNON
Lettre ouverte aux (futurs) argentistes
Les photographes sont tous C H A R L I E

J'ai toujours adoré la photographie noir et blanc, ce n'est pas un scoop pour ceux qui connaissent déjà mon site, mais puisque le noir et blanc rassemble de plus en plus d'amateurs, il me semblait nécessaire de créer une page entièrement dédiée au sujet. Bien sûr, le vrai noir et blanc ne s'entend qu'en argentique donc c'est plus spécialement aux argentistes que se destine cette page MAIS les numéristes y trouveront également leur compte !...

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu
Rappel des fondamentaux en noir et blanc La représentation des couleurs
Influencer la représentation des couleurs Comment être créatif en photo monochrome ?
Savoir si le noir et blanc convient à votre photo Des trucs pour le N&B en numérique
500 nuances de gris Vos photos N&B numériques ne sont pas terribles ?
Une technique simple et redoutable de conversion pour un beau N&B numérique Cinq choses à envisager avant d'entrer en photo N&B
Deux indicateurs de choix pour un bon N&B Pourquoi devriez-vous envisager des semaines exclusivement réservées au N&B ?
Conseils pour créer un bon N&B en numérique Vers la maîtrise du noir et blanc

Noir et Blanc ou couleur, choix cornélien

Un mini guide pour le débutant en Noir et Blanc
En N&B on ne peut pas se contenter de deviner Les deux plus grandes erreurs des photographes numériques qui font du N&B
Pourquoi créer en N&B même en faisant du RAW ?  


RAPPEL DES FONDAMENTAUX EN NOIR ET BLANC

J'ai déjà consacré de nombreux articles traitant du noir et blanc dans plusieurs pages de ce site, je ne vais pas les reprendre ici, je vous laisse le soin de les trouver, de les lire et de les étudier en complément des articles de cette page ...

Il faut commencer par souligner qu'une photographie en noir et blanc n'est pas (n'a jamais été et ne sera jamais) une photographie couleur de laquelle on a fait disparaître les couleurs !!! Et c'est en particulier pour cette raison que les boîtiers numériques, aussi évolués et haut de gamme soient-ils, sont bien incapables de faire du beau noir et blanc, même si de gros progrès ont été apportés à certains boîtiers comme le Leica M (c'est bien le moins que l'on puisse faire !) ou le Fuji X-Pro-1 entre autres.

C'est ainsi qu'un excellent sujet pour une photographie couleur peut être un très mauvais sujet pour une photographie noir et blanc et inversement, un excellent sujet pour une photographie noir et blanc peut être un très mauvais sujet pour une photographie couleur. Il s'agit bien de deux modes d'expression différents et complémentaires qui ne sauraient en aucun cas se substituer l'un à l'autre...

Ainsi, pour faire de la photographie noir et blanc, il faut penser monochrome, il faut apprendre à voir le monde en monochrome avant de regarder dans le viseur de son boîtier... N'ayez aucune crainte, cela parait insurmontable mais avec un minimum d'entrainement il est tout à fait possible de voir son environnement en monochrome... Dans le monde numérique, les mirorless avec viseur électronique (ou sur l'écran LCD arrière pour les autres types de boîtiers), il est possible de voir directement son image en N&B en sélectionnant ce mode

Avant de créer une image en noir et blanc, il est capital de connaître les fondements de cette photographie, en gros, on pourrait dire les points forts de ce mode d'expression, les éléments incontournables qu'il faudra absolument utiliser pour réussir son sujet.

—> La forme et l'aspect du sujet :
En faisant disparaitre les couleurs, on ne peut plus compter sur elles pour apporter de l'intérêt à une image. C'est tellement évident que cette phrase peut limite choquer... et pourtant, en regardant nombres de photographes amateurs faisant du noir et blanc, on se rend vite compte qu'ils n'ont pas intégré ce fait !... Mais cette disparition des couleurs possède un corollaire positif : elle fait immédiatement disparaitre tout élément perturbateur, toute distraction, tout artéfact pour ne plus laisser au sujet que sa substantifique moelle ... sa forme et son aspect, son âme profonde en sommes. Donc pour créer une bonne photo en monochrome, il faut sublimer le sujet en ne s'attardant pas sur ses couleurs mais sur sa forme et son aspect ou à une composition de formes qui interagissent pour donner du mouvement à l'image.

—> Les contrastes et les tonalités :
Les différences de couleurs ayant disparues, il n'y a, théoriquement, plus moyen de différencier les différents éléments d'une composition... c'est pourquoi il faut être attentif à l'intégration de nuances de contraste pour aboutir à un effet comparable, voire encore plus fort. Les contrastes doivent définir et séparer les différents éléments d'une scène, mettre en avant le point principal du sujet et différencier les différents plans de moindre importance. Si, en complément, il est possible d'incorporer des variations de tonalité, il sera possible, en plus, d'apporter une profondeur à l'image.

—> Les motifs :
Très souvent, les motifs, les plus subtils du moins, semblent disparaitre au bénéfice des couleurs. C'est exactement pour cela que l'on dit que la couleur peut constituer un artéfact en photographie. Faire disparaitre les couleurs et, automatiquement, comme par magie, tous les motifs retrouvent leur force originale. La photographie en noir et blanc est donc LA photographie des motifs...

—> La texture :
Tout comme les motifs, la texture s'efface devant la couleur. À la lecture d'une photographie en couleur, on ne cherche pas à analyser l'image puisqu'elle est trop proche de la réalité, on l'identifie, on la référence, on la classe et c'est tout... en monochrome, au contraire, on est obligé de voir l'image, de l'interpréter. La texture donne donc toute la valeur à l'image monochrome, elle apporte la force et la profondeur à l'image. Si le lecteur de l'image est réellement concerné c'est exactement parce qu'il accorde une réelle attention aux détails de la photographie monochrome, à l'âme du sujet représenté, et ces détails constituent le point principal de l'image, ces détails sont constitués de la texture (et des motifs si ces derniers coexistent).

—> L'éclairage :
En photographie monochrome, encore plus qu'en photographie couleur, l'éclairage est LA clé de la réussite d'une image. Mais en noir et blanc, cet éclairage est également différent de celui destiné à la couleur... Nombre d'éclairages extraordinaires en photographie monochrome ne fonctionneront tout simplement pas en photographie couleur (et inversement). En fait, les éclairages spécifiques en monochrome auront pour rôle de souligner (j'allais dire de mettre en lumière) tous les éléments que j'ai décrits jusqu'ici. Au moment de la création d'une image monochrome, il faut donc systématiquement étudier la scène en se demandant comment l'éclairage pourra influencer ces différents éléments...


les éclairages latéraux uniques et puissants, quasiment inutilisables en photo couleur, apportent en monochrome
tout l'intérêt à une image d'un sujet pourtant banal... Ici, le léger flou volontaire ajoute encore à l'intérêt
alors qu'il aurait littéralement tué la même image en couleurs

Toutes les images d'illustration publiées ici sont des images argentiques (même si la taille a quelque peu fait disparaitre le grain pourtant si joli sur les originaux), puisque je disais en introduction que le vrai noir et blanc était argentique, mais les considérations exposées dans cet article sont tout aussi valables et importantes en photographie numérique monochrome ! N'allez pas croire qu'en transformant une image numérique couleur sans intérêt en image numérique monochrome vous allez lui donner une quelconque valeur...

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LA REPRÉSENTATION DES COULEURS

J'ai déjà abordé le problème ici, je ne ferais que reprendre les grandes lignes dans cet article dans un souci de simplification et d'exhaustivité.

Parler de photo noir et blanc est un excès de langage puisque il serait préférable de parler de photographie monochrome. En effet, la photographie monochrome présente un nombre important de niveaux de gris possibles. En informatique et en photographie numérique on a codé les capacités du film noir et blanc en 254 niveaux de gris plus le blanc pur plus le noir profond. Donc même s'il n'y a aucune couleur, on dispose de 256 nuances (l'œil humain peut distinguer ~500 nuances de gris et le film argentique peut -théoriquement- reproduire une infinité de nuances de gris).

Ces 256 nuances permettent donc de simuler 256 pseudo couleurs, ce qui est très peu en comparaison des 16 millions de couleurs que peut différencier l'œil humain !... Cela explique que plusieurs couleurs seront représentées par une même nuance de gris...
          =>            
Cela ne vous parle peut être pas beaucoup mais cet état de fait peut entrainer d'énormes problèmes : imaginez une photographie présentant une jolie fleur rouge au milieu d'un champ d'herbe verte sous un ciel bien bleu de plein été. En photographie couleur, l'image pourra être très agréable... en noir et blanc, cette même scène sera reproduite ainsi :

donc une image uniformément gris foncé !... C'est comme je disais dans l'article précédent, un excellent sujet en couleurs pourra faire un sujet nul en noir et blanc...

Voilà exactement la raison pour laquelle il est indispensable de voir le monde en noir et blanc avant d'essayer de créer une image monochrome...

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INFLUENCER LA REPRÉSENTATION DES COULEURS

Cette page vous propose d'être créatif en photographie noir et blanc. Pour ce faire, il faudra, bien sûr, surtout adapter les conseils donnés dans le premier article ci-dessus mais ces notions capitales pourront avantageusement être assistées par un apport matériel à placer devant l'objectif de manière à modifier la représentation des couleurs en monochrome. Ces matériels sont connus sous le nom de filtres.

Il ne faut pas confondre ici les filtres dit créatifs (qui en fait ne le sont pas du tout à mon goût) qui apportent des distorsions autant en couleur qu'en noir et blanc et les filtres indispensables pour le noir et blanc. Ces derniers, et uniquement eux, permettant d'éviter les photos plates, sans vie, manquant de contraste et de définition.

Avant de poursuivre je tiens à souligner que si j'ai placé le mot "indispensable" en italique, c'est qu'il est parfaitement possible d'envisager toute une carrière de photographe noir et blanc sans jamais utiliser le moindre filtre... simplement en jouant sur la forme et l'aspect du sujet, les contrastes et les tonalités, les motifs, la texture et, bien sûr, l'éclairage. Le problème c'est que ces éléments peuvent être très limitatifs au moment du choix de ses sujets. Pour entrevoir un panel plus large de sujets, l'apport des filtres est à considérer sérieusement.

Attention, je ne désire pas changer mon fusil d'épaule, il n'est pas question de vous stimuler à l'achat de quoi que ce soit, surtout que des filtres de bonne qualité ne sont pas donnés !... Je me contenterai donc de vous en parler, de vous donner les clés indispensables à leur choix et à leur utilisation si, par hasard, vous souhaitiez un jour acquérir ces accessoires.

Quel que soit le type de filtre, on a toujours le choix entre des filtres ronds à visser devant la lentille frontale de l'objectif et des filtres carrés (ou rectangulaires) à placer dans un porte filtre qui, lui, sera vissé devant la lentille frontale de l'objectif. Chacune de ces deux classes de filtres présente des avantages et des inconvénients (ce serait trop beau qu'une classe n'ait que des avantages et que l'autre que des inconvénients !).

Type
Filtre rond
Filtre carré ou rectangulaire
Prix
Important
Inférieur mais nécessité d'achat d'un porte filtre
Universalité
Un filtre de chaque pour chaque diamètre d'objectif
Un seul filtre adaptable sur plusieurs diamètres d'objectif
Pratique
Dégradés inutilisables
Effets cumulés partiels impossibles
Dégradés utilisables
Effets cumulés partiels possibles
Matière
Verre ou gélatine
Verre ou gélatine
Vignetage
Possible par cumul de filtres
Impossible même si cumul de filtres
Utilisation sur fisheye
Impossible
Possible mais vignetage
Qualité optique
Variable selon les marques
Variable selon les marques
Influence sur la qualité d'image
Légère baisse
Légère baisse

Les filtres pour le noir et blanc permettent de gérer volontairement la valeur de gris dans laquelle sera traduite chaque couleur mais aussi (et surtout ?) de gérer les contrastes et l'atmosphère générale de ses images. Il faut également noter qu'il existe plusieurs filtres qui n'entrent pas dans le cadre des filtres pour le noir et blanc mais qui trouvent également toute leur place dans l'arsenal du photographe monochrome, j'en parlerai également.

Pour les adeptes de la photographie numérique, il est possible de se passer des filtres dans la mesure où les principaux logiciels de traitement d'image offrent la possibilité d'appliquer ces filtres informatiquement sur des images couleur pour les transformer en images noir et blanc filtrées (voir ici). Cela peut paraître très pratique mais je trouve que cette solution est une très mauvaise solution pour qui ne connaît pas parfaitement le maniement de la photo monochrome et le maniement des filtres... en effet, photographier en couleur pour créer des images noir et blanc filtrées consiste à s'enchainer à un boulet appelé «coup de chance» !... Il reste donc, en numérique, la possibilité d'utiliser les mêmes filtres que pour l'argentique MAIS sans oublier de désactiver la balance des blancs automatique au profit du réglage manuel «lumière du jour» sans quoi votre filtre ne vous permettra que de faire baisser la qualité du résultat sans obtenir le moindre effet sur la traduction des couleurs en noir et blanc !....

COMMENT FONCTIONNENT LES FILTRES COLORÉS POUR LE NOIR ET BLANC ?

Un filtre éclaircit le ton correspondant à sa couleur et assombrit celui correspondant à sa couleur complémentaire. Ainsi, un filtre rouge éclaircira le ton des couleurs rouges de l'image et assombrira les couleurs vertes de cette même image. Un filtre orange éclaircira le ton des oranges et assombrira le ton des bleus. Un filtre vert éclaircira les verts et assombrira les rouges... etc...

En observant la roue des couleurs, on peut imaginer un nombre important de filtres colorés (12 sur la roue plus une quasi infinité de couleurs intermédiaires) mais, en photographie noir et blanc, seuls 5 filtres sont communément utilisés : rouge, orange, jaune, vert et bleu. En effet, quand je disais qu'un filtre éclaircissait sa propre couleur et assombrissait sa couleur complémentaire, c'était vrai mais en théorie seulement ! Dans la vraie vie, les couleurs (au pluriel !) assombries débordent de la seule couleur complémentaire !... Ainsi, par exemple, un filtre rouge va éclaircir les rouges mais assombrir la plupart des verts et des bleus... Traduire cela en termes de photographie monochrome donnerait : les objets apparaitront sous forme de nuances de gris plus ou moins claires (rouges) ou plus ou moins sombres (verts et bleus).

Pour bien fixer les idées, je vous ai créé un pseudo arc en ciel (ce ne sont pas les couleurs réelles de l'arc en ciel !) avec le résultat des différentes couleurs transformées en monochrome pour chaque filtre utilisé:

Que remarque-t-on immédiatement ?
— La traduction monochrome de mon "arc en ciel" est beaucoup plus riche en nuances de gris différentes si on n'utilise aucun filtre (colonne de gauche) !
— l'image globale n'est pas très contrastée si on n'utilise aucun filtre, elle est plus plate, ne présente pas de blanc et pas de noir.
— on critiquait plus haut le fait que plusieurs couleurs sont traduites par la même nuance de gris si on n'utilise aucun filtre MAIS, en utilisant des filtres colorés pour le noir et blanc c'est encore pire !... Il y a encore plus de couleurs qui sont traduites par la même nuance de gris et ce quel que soit le filtre coloré !...

Pour reprendre mon exemple de la fleur rouge perdue dans un champ d'herbe bien verte et sous un superbe ciel bleu (voir plus haut), on obtiendra :
- sans filtre : une image d'un gris uniforme
- filtre rouge : une fleur blanche au beau milieu d'une image uniformément noire
- filtre orange : une fleur claire sur un champ un peu plus foncé sous un ciel encore plus foncé (ou identique au vert selon le ton de bleu du ciel)
- filtre jaune : une fleur sombre sur un champ plus clair sous un ciel identique à la fleur ou identique à l'herbe selon le ton de bleu du ciel
- filtre vert : une fleur noire sur un champ clair sous un ciel plus sombre que l'herbe (ou identique selon le ton de bleu du ciel)
- filtre bleu : une fleur noire sur un champ gris moyen sous un ciel clair (ou blanc selon le ton de bleu du ciel)

Donc, malgré le défaut apparent des filtres (réduction de la palette des nuances de gris), on constate que pour un seul et même sujet, on obtiendra 6 interprétations différentes donc 6 messages différents selon le choix du filtre... Là, le photographe pourra créer exactement l'image qu'il souhaitera obtenir, c'est de la création pure (!) contrairement à la photo couleur de la même scène !...

Voilà exactement la raison pour laquelle je disais plus haut qu'une connaissance approfondie de la photographie monochrome et de l'utilisation des filtres était indispensable avant de regarder dans le viseur de son boîtier et que le fait de faire une photo numérique couleur en comptant utiliser à postériori, informatiquement, les filtres colorés pour la transformation monochrome était quasiment suicidaire !...

Dans l'article déjà cité plus haut (voir ici), je me suis amusé à vous montrer sur de vraies images l'action des filtres colorés pour le noir et blanc, n'hésitez pas à aller voir, je ne vais pas les reproduire ici !... Par contre je redonnerai le mode d'utilisation de ces différents filtres.

Filtre Rouge :
Le filtre rouge produit un effet puissant et augmente grandement le contraste. Ce filtre est jugé par beaucoup comme trop violent mais s'il n'est pas adapté pour tous les types de photographie, il permet des effets créatifs saisissants et très intéressants. En photo de paysage, le filtre rouge transforme un ciel bleu quasiment en noir, les nuages blancs s'y démarquant extraordinairement (ce qui n'est pas le cas en couleur !) donnant à la scène une dimension dramatique et irréelle. Mais il est également important de noter que le filtre rouge permet une meilleure visibilité par temps de brume ou de brouillard. En photographie botanique, le filtre rouge est intéressant pour séparer les fleurs du feuillage environnant (surtout si la fleur est rouge !)

Filtre Orange :
Le filtre orange se situe exactement entre le filtre rouge et le filtre jaune, de ce fait il offre un équilibre idéal entre les effets de ces deux filtres. Cela fait de lui un excellent filtre multi usages (peut avoir un intérêt quelle que soit la photo). En photo de portrait, le filtre orange réduit les taches et les taches de rousseur et donne à la peau une apparence de pleine santé et de douceur, le visage prend immédiatement des tons chauds et doux et les cheveux clairs sont mis en valeur. En photographie d'architecture ou de paysage urbain, le filtre orange donne un ton agréable aux briques et augmente le contraste entre différents matériaux pour ajouter de la texture et de la profondeur aux images. Comme le filtre rouge, mais à un degré moindre, le filtre orange améliore la visibilité dans la brume ou le brouillard, il est souvent utilisé pour la photo à longue distance au téléobjectif. De même, il assombrit le ciel bleu (moins que le filtre rouge) et met en valeur les nuages.

Filtre Jaune :
Le filtre jaune est des 5 filtres colorés pour le noir et blanc celui qui donne les effets les moins violents et les plus subtiles. Parfois, cet effet est si subtil qu'il est invisible et on se retrouve quasiment dans le même cas de figure que si on photographiait sans filtre. Mais généralement il suffit largement pour sauver une photo sans laisser penser qu'il a été utilisé. De par cette finesse de traitement, le filtre jaune est véritablement un filtre universel, et ce n'est pas par hasard si, à l'époque où les films couleurs étaient encore peu répandus, les objectifs étaient livrés d'origine avec un filtre jaune. C'est également le filtre correspondant au meilleur choix pour le débutant en photographie monochrome filtrée... les autres pouvant attendre avant de rejoindre le fourre tout (voir ne jamais venir compléter le jaune !). En photo de paysage, le filtre jaune assombrit légèrement le ciel bleu permettant d'équilibrer un peu la différence de luminosité avec le sol mais ne remplacera jamais le filtre polarisant dans ce cas de figure. Il aidera également à rendre les nuages plus intéressants. Il améliore les lointains en altitude puisque bloque les UV. Il ravive de même le rendu des ombres sur la neige. En photo de portrait, le filtre jaune produit des tons de peau chauds naturels et agréables, il met également en valeur les cheveux clair, sun peu comme le filtre orange mais en moins intense. En photo de botanique, le filtre jaune permet de différencier des tons de verts rendant lisible une image globalement verte en séparant par exemple les herbes des feuillages ou les jeunes pouces des feuilles plus vieilles.

Filtre vert :
Le filtre vert est probablement le plus mal aimé des amateurs, il peut toutefois être très intéressant dans certains cas, ce n'est pas pour rien qu'il était également souvent livré d'origine avec les objectifs au temps où les films couleurs étaient encore peu répandus. Il est très souvent utilisé en photographie botanique puisqu'il sépare parfaitement les feuillages des fleurs de couleur vive et des bourgeons. En photo de paysage, le filtre vert souligne bien les arbres et les herbes mais il éclaircit également légèrement le ciel, il faut tenir compte de ce fait pour ne pas avoir de mauvaises surprises... Il faut également noter qu'il améliore la différenciation des plans dans l’image et est souverain sur les étandues d'eau... En portrait, il fonce le rouge à lèvres et rend le teint halé, améliore le rendu de la peau pour les prises de vues en extérieur.

Filtre Bleu :
Le filtre bleu est rarement utilisé en photographie noir et blanc, et c'est un tort à mon avis... Il est vrai qu'il assombrit la plupart des couleurs et qu'il réduit les contrastes de l'image mais crée une atmosphère douce, mélancolique, calme, apaisante, presque vintage dans certains cas, surtout si utilisé avec des films à grains. En plus, contrairement aux autres, le filtre bleu augmente l'apparence de brume ou de brouillard, le rendant très intéressant en photographie automnale ou hivernale, voire très tôt au petit matin humide. En portrait il met en valeur le rouge à lèvre mais marque les défauts de la peau en accentuant les tons chairs, évite les yeux bleus trop foncés en lumière artificielle.

QUEL AUTRE FILTRE PEUT PRÉSENTER UN AVANTAGE EN PHOTOGRAPHIE MONOCHROME ?

Quitte à utiliser des filtres, il ne faut pas se priver des filtres utilisables autant en photo monochrome qu'en photo couleur !... Surtout qu'ils ne sont pas légion !
—> Filtre polarisant pour faire disparaître les reflets gênants des surfaces non métalliques ET pour assombrir les cieux afin d'équilibrer les contrastes d'une scène au ciel super lumineux et donc au sol très sombre.
—> Filtre gris neutre dégradé (uniquement si vous choisissez les filtres carrés ou rectangulaires !) également souverain pour équilibrer les contrastes dans l'image.
—> éventuellement un filtre infra rouge (non associé à un film infra rouge) pour obtenir les résultats d'un filtre rouge mais largement démultiplié !

Vous pourrez également lire cette page.

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COMMENT ÊTRE CRÉATIF EN PHOTO MONOCHROME ?

Dans la mesure où l'immense majorité des amateurs ne fait, au moment de la création, aucune différence entre une photo noir et blanc et une photo couleur, le simple fait de réfléchir à sa prochaine photo noir et blanc nous rend déjà créatif !... Voilà, tout est dit, l'article pourrait se terminer ainsi ! Mais, bien sûr, bavard comme je suis , vous vous doutez bien que je vais développer un peu !...

Faire de la photographie créative en noir et blanc c'est faire vraiment de la photo monochrome et ne pas faire de la photo couleur en retirant les informations colorées !... Il faut, avant toute chose, apprendre à reconnaître les sujets forts qui méritent un traitement monochrome. Il faut ensuite connaître parfaitement les points forts de la photographie monochrome. Connaître parfaitement les éléments à mettre en avant pour créer une bonne photo monochrome (premier article en haut de cette page). Et connaître parfaitement la transcription des couleurs en nuances de gris (deuxième article de cette page). Avec ce baguage, la plus grande partie du chemin est parcourue.

Pour peaufiner la puissance de la photo noir et blanc, il faut garder présent à l'esprit qu'une image monochrome, plus encore qu'une image couleur, doit être simple ! Le sujet doit être immédiatement identifiable, l'image ne doit traiter qu'un seul sujet à la fois, il faut absolument éviter le fouillis dans l'image. Les points forts doivent être mis en valeur et les éléments complémentaires doivent être minimisés au maximum.

Maintenant vous possédez toutes les clés pour être créatif en photo noir et blanc. Mais, si vous souhaitez vous aider des filtres colorés pour le noir et blanc, ne vous gênez pas ! Il faut simplement connaître parfaitement l'usage de ces filtres (troisième article de cette page). Si vous ne possédez aucun filtre au jour de la lecture de cette page, permettez-moi de vous conseiller les filtres carrés ou rectangulaires, quelle que soit leur marque (sauf certaines copies pas chères) ils seront d'une qualité suffisante pour ne pas détériorer la définition de vos images. Le prix dépendra bien sûr de la marque choisie, mais sachez que personnellement j'ai arrêté mon choix sur la grande marque (reconnue) la moins chère et que je suis totalement satisfait de leur prestation.

Vous avez tout appris (du moins tout ce qu'il est indispensable de connaitre) sur ces filtres dans cette page, alors, pour être encore plus créatifs, pourquoi ne pas associer plusieurs filtres ? Supposons que vous souhaitiez utiliser un filtre rouge pour le ciel et un filtre vert pour le sol, ne vous freinez pas : enfoncez partiellement votre premier filtre dans le porte filtre et enfoncez le deuxième filtre également partiellement dans le porte filtre mais du côté opposé. Vous pourrez ainsi filtrer, par exemple, la moitié supérieure de votre paysage avec un filtre et la moitié inférieure avec un autre, le tout étant de bien localiser la "frontière" de manière à ne pas obtenir un résultat trop artificiel...

Vous voyez bien que maintenant les possibilités sont infinies ! Et, si un jour vous vous décidez à faire du laboratoire argentique, vous pourrez encore augmenter la créativité en jouant, par exemple, sur les temps de développement, ou sur la chimie à utiliser (etc...) pour obtenir des résultats encore très différents !...

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SAVOIR SI LE NOIR ET BLANC CONVIENTÀ VOTRE PHOTO

Que vous soyez photographe argentique ou numérique, il arrivera toujours un moment où vous devrez décider si la photographie que vous êtes en train de créer sera en couleurs ou en noir et blanc. Cela semble être rien à dire comme cela... mais vous verrez que ce n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît !

On dit, et à raison, qu'en photographie argentique (ce n'est pas tout à fait vrai en numérique, bien que ce serait préférable de réfléchir de la même manière !!!), le photographe voit sa photo avant de la construire réellement (donc TRES en amont de l'appui sur le bouton déclencheur !!!). Parmi tous les choix qu'il devra faire, le choix de la couleur (ou du noir et blanc) sera prédominent !... On pourra toujours rétorquer que photographier sur un film négatif couleur permettra de faire, à volonté, sous l'agrandisseur, des positifs en couleurs ou en noir et blanc selon le papier photo qui sera utilisé. Ce n'est pas faux ! MAIS la démarche n'est pas souhaitable... et pas uniquement parce que le film couleur présente un « voile rouge ». On pourra alors rétorquer que photographier sur un film négatif couleur permettra de faire un négatif noir et blanc si on le développe avec un procédé monochrome. Ce n'est pas faux non plus ! MAIS si la démarche est un peu plus tranchée, en ce sens que le photographe décide (ou non) maintenant d'abandonner à jamais les couleurs potentielles contenues dans son film, la démarche n'est pas beaucoup plus souhaitable... et pas uniquement parce que le résultat sera moins bon que s'il avait été directement créé sur un film monochrome.

En photographie numérique, plus aucun état d'âme ! On fait une photo, elle est en couleur. Une fois sur l'ordinateur, on la copie, on la transforme en noir et blanc et on décide de garder celle qui plait le plus !... Certes, c'est un des arguments qui est avancé par ceux qui veulent promulguer la photographie numérique, la facilité de décider à postériori. Mais j'ai démontré à l'instant que cette possibilité était également offerte en argentique. Et ici, cette démarche est aussi discutable que précédemment... peut-être encore plus puisqu'ici, aucune prise de risque... donc on se laisse bercé par la facilité... où est la création si on doit se reposer sur le hasard ? En effet, on ne photographiera pas du tout de la même façon si on crée en couleur que si on crée en monochrome !...

Mais pour décider si on charge un film couleur ou noir et blanc OU décider d'utiliser un boîtier numérique uniquement monochrome (oui, cela existe) ou un boîtier numérique classique, encore faut-il savoir si l'image (les images) que l'on a déjà en tête pourront s'exprimer plus efficacement en couleur ou en monochrome ! Je pourrais vous donner un milliard d'exemples, je me contenterai de vous en donner trois :

Voici une image (numérique) en couleur. J'ai transformé la moitié inférieure gauche en noir et blanc. Que voyons-nous ? La couleur n'apporte strictement rien. Le noir et blanc n'apporte strictement rien. Cette image peut indifféremment être créée en couleur ou en monochrome !... D'accord, on peut faire plus élaboré comme image, j'en conviens, mais c'est un excellent exemple !...

Même exercice que précédemment. La partie colorée peut être bien plus intéressante que la partie monochrome, elle montre l'été, la chaleur. La partie monochrome peut être bien plus intéressante que la partie colorée, elle montre un sentiment de solitude, un chemin initiatique. Ici, selon ce que le photographe voudra raconter, il n'aura pas le choix... les deux photos seront TOTALEMENT différentes... il ne sera pas question de dire je la préfère comme ceci ou comme cela !... Il s'agit de deux histoires, de deux photos, de deux mondes... Vous comprenez déjà mieux où je veux vous emmener ? La décision d'un mode d'expression devra se baser sur l'état d'esprit, sur le sentiment du photographe devant une scène, c'est en fonction de cela que le choix du noir et blanc ou de la couleur devra s'imposer !...

Bon, je pourrais aussi vous montrer des images qui ne présenteraient un intérêt qu'en monochrome ou qu'en couleur, mais cela n'apporterait pas grand chose... puisque c'est le sujet qui impose le choix, ce n'est pas l'image qui doit l'imposer !!!... Le sentiment du photographe ne pourra se transmettre au spectateur de l'image que si le choix de la représentation (colorée ou non) a judicieusement été prévu (j'aurais du écrire "pré" -plus loin- "vu" = vu d'avance) !...

Peut-être encore plus parlant :

Cette photographie (argentique) a été scannée et une moitié transformée en noir et blanc. Cette photo en couleur est superbe, elle montre l'automne dans sa magie de l'explosion des teintes pastelles, on ressent la fraicheur de l'air, l'odeur de l'humidité du bois pourrissant et des champignons. La même photo en noir et blanc est superbe, très graphique avec une impressionnante gamme de gris des contrastes agréables mais... elle ne fait qu'évoquer une forme d'art, nul automne, nulle fraicheur, nulle humidité, nulle odeur... Les feuilles mortes sont sublimées et devenues symbole !...

Je suis personnellement très adepte de la photo (argentique) monochrome (même si cela ne parait pas trop dans ce site où je ne publie pas mes meilleures photos), mais je ne rechigne pas à créer en couleur... et pour cause ! Comme je viens de le dire la présence ou l'absence de couleur permet de créer des histoires différentes. Aussi, si cette page du site parle du noir et blanc, je vais m'autoriser une petite entorse en disant qu'il faut absolument éviter de vous focaliser sur un seul genre !... Puisque la majorité des amateurs d'aujourd'hui fait du numérique, donc de la couleur, cette petite entorse est très légitime... elle vous stimule à penser aussi en monochrome pour certaines de vos créations et de traiter vos fichiers au mieux de façon à obtenir un beau noir et blanc ! Bien sûr le plus beau noir et blanc sorti d'un boîtier numérique, même parfaitement post-traité, ne vaudra jamais un beau noir et blanc argentique, mais ce n'est pas une raison de s'en priver !!!...

Je sais que nombre de photographes et nombre de formateurs affirment haut et fort qu’en photographie, avoir un parti pris n’est jamais une bonne idée, qu'il faut apprendre à se soumettre à nos photos et non à leur imposer notre vision. Je dis exactement le contraire !!! Essayez d'analyser les photos de n'importe qui, mais objectivement, vous verrez que j'ai raison !...

Existe-t-il toutefois des "pistes" permettant de savoir si une image sera bien mieux servie par le monochrome ? Oui, il existe des pistes, MAIS ce ne sont pas des règles, encore moins des lois !!! Je vais vous en livrer les principales :

-> Les photos en noir et blanc occupent une grande place en photographie, elles sont de puissants vecteurs de l’esprit artistique. Donc si l'histoire de votre photo se cache dans un sous-entendu ou si votre sujet traite d'un sentiment, d'une sensation, si vous souhaitez induire une forme de mystère ou de mysticisme, si vous souhaitez donner un look artistique à une photo ne répondant pas aux critères classiques, alors le noir et blanc s'impose !...

-> Dans la construction mentale de votre future photo, demandez-vous si la force de la future image reposera exclusivement sur la couleur ou si, par contre, si votre photo offrira de forts contrastes ou que des éléments qui la composeront sont symétriques. Dans le premier cas, pas d'hésitation : polychrome, dans le deuxième cas, pas d'hésitation non plus : monochrome.

-> Si votre sujet doit évoquer un moment historique important (par historique, j'entends également histoire personnelle, donc souvenir fort) le noir et blanc aura bien plus de force. S'il ne s'agit que de bons souvenirs de vacances, la couleur sera préférable ! Ce sujet est également dual : prenons un moment historique important, votre mariage. Supposons qu'il fasse partie du petit tiers ou du petit quart qui ne passe pas par la case divorce. Vous aimerez remémorer vos sentiments de ce jour, pour cela, il aura fallu que vous pensiez à faire des photos (argentiques de préférence) en noir et blanc... 99% des « photographes de mariage » (autoproclamés !), qui n'y connaissent strictement rien, ne vous proposeront aucune image argentique en noir et blanc... Oh, oui, vous aurez des CD pleins de photos numériques couleur, mais aucune d'elle ne saura faire naitre, au bout de 20 ou 30 ans, des sentiments purs correspondant à ce jour merveilleux. Les photos couleur (qui peuvent être argentiques -rarissime aujourd'hui- ou numériques) sont, elles aussi indispensables... elles montreront votre coiffure, votre maquillage, la couleur de la voiture ou de la calèche, votre robe, vos invités, la fête qui accompagne de telles réjouissances, tout ce que le noir et blanc ne saura pas montrer !...

-> Dans une image offrant de forts contrastes, le noir et blanc sera souverain, par contre pour un sujet uniformément éclairé avec lequel l'image n’offre aucune accroche autre que la puissance de couleurs, pas de dissertation, la couleur s'impose. Attention toutefois, un sujet uniformément éclairé qui crée des images un peu (trop) grises peut avoir une force insoupçonnée :

La même image en couleur n'aurait pas été si "forte" car ici on n'est pas distrait par des détails insignifiants comme la couleur des vêtements par exemple !...

-> Si votre sujet présente des textures intéressantes (bois, pierre, métal, poils, peau, etc.) il sera mieux servi en monochrome. Mais pensez à bien travailler l'éclairage !...

-> Si votre photographie doit posséder et transférer au public une humeur (au sens large) confiez-la au monochrome. Pour les portraits ou les paysages urbains, le noir et blanc peut changer l’humeur de l’image, ou le ressentit qui s’en dégage.

Le noir et blanc existe depuis la création de la photographie, et a évolué en une forme d’art au fil du temps. Il y a des photographes qui détestent tout simplement les photos monochromes. Pourtant, elles ne devraient pas être rejetées d’emblée, car leur potentiel artistique est réel et grand.

En suivant ces quelques conseils, vous arriverez, je l’espère, à décider quelles photos devront garder les couleurs de la vie et quelles autres devraient passer du côté obscur de la force (I'm your father ). Votre travail le mérite bien !...

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DES TRUCS POUR LE N&B EN NUMÉRIQUE

En relisant les articles précédents, je me suis aperçu que je ne m'adressais pratiquement exclusivement qu'à ceux qui maîtrisaient déjà bien le sujet. Je tiens à m'en excuser ici en recentrant le débat pour ceux qui souhaitent apprendre à faire du beau N&B en numérique...

Faire du beau N&B en argentique demande beaucoup de pratique, de travail et de technique, c'est tout un art de choisir le révélateur, de décider de modifier le développement en jouant avec la durée, la température et l'agitation. Pour de toutes autres raisons, faire du beau N&B en numérique n'est pas beaucoup plus simple... Comme j'en ai parlé dans les articles précédents, il y a beaucoup de choses à comprendre et le seul moyen d'intégrer tout cela est la pratique, les essais, les échecs, les tests. C'est pourquoi, en tant que débutant en N&B numérique, si vous souhaitez ne pas abandonner rapidement à cause de la frustration de l'échec, je vous proposerai une phase transitoire qui, à première vue, semble contredire totalement tout ce que j'ai souligné jusqu'à présent !

Avant tout, évitez absolument de travailler en RAW monochrome. Je sais que cela semble évident de conseiller de travailler en RAW, surtout que j'ai souvent insisté dans mon site sur les énormes avantages de la prise de vue en RAW. Mais la vérité est que, avant de comprendre tous ces avantages, vous avez déjà du faire des images potentiellement extraordinaires. Le problème avec les images JPEG en N&B c'est que si elles peuvent sembler excellentes sur l'écran LCD de votre boîtier, elles manqueront cruellement d'informations pour permettre un bon post-traitement... La photographie numérique vous permet de photographier en couleur, puis face au résultat vous pourrez décider si elle est bonne en couleur, ou en N&B. L'une des meilleures façons de commencer à développer un fichier RAW que vous avez voulu en N&B consiste à le créer en couleur puis peaufiner les paramètres de contraste dans les canaux de couleur. L'image retravaillée (en couleur) sera ensuite convertie en niveaux de gris en conservant toutes les informations tonales, de sorte que le contraste peut présenter un aspect plus agréable que celui produit par les méthodes de contraste et de clarté appliquées sur une source déjà monochrome... Je le répète et j'insiste lourdement sur le fait que ce workflow doit être transitoire et être utilisé aussi longtemps que nécessaire pour bien comprendre et appréhender ce que vous pouvez et devez faire pour obtenir une bonne image en N&B. Dès que vous y parviendrez, abandonner immédiatement cette technique et commencez votre formation en RAW monochromes...

Ne vous amusez surtout pas à convertir en noir et blanc les images couleur présentant des erreurs d'exposition... Certes, on peut croire (et on réussit facilement -à tort- à s'en convaincre) que l'effacement des informations colorées permet de corriger les erreurs d'exposition, les erreurs de balance des blancs etc... Réagir ainsi va graver dans votre esprit que le N&B sera une porte de sortie, un moyen de récupérer de force une image loupée en couleur... un moyen simple (de fainéant) de ne pas trop s'exciter en post-traitement pour rattraper son inconsistance à la prise de vue. Si vous intégrez ce type de raisonnement, jamais vous ne serez en mesure de créer une bonne image N&B !... La photographie en N&B doit être justifiée alors que vous avez d'abord produit vos images en couleur, ensuite, seulement, vous pourrez les transformer en version monochrome. La décision du photographe ne doit pas rester au niveau superficiel (j'aime bien cette image couleur, alors je vais le laisser comme ça) il doit y avoir un engagement plus profond à la conversion monochrome : la valeur que celle-ci apportera à l'image. Au-delà de la simple technique de conversion d'un fichier numérique couleur en image finale monochrome, chaque photographe doit chercher la voix intérieure qui lui indique, après avoir arrêté la décision esthétique de les créer en monochrome, ce que ses images doivent posséder. L'important n'est pas de savoir comment créer des photos en N&B mais plutôt de savoir quand et pourquoi une photo doit être créée en N&B... Quand vous aurez réussi à suivre tout ce cheminement intellectuel et artistique, vous pourrez, sans problème, vous lancer directement dans la création d'images monochromes numériques et ainsi, rejoindre ceux qui étaient destinataires des premiers articles de cette page et abandonner définitivement les fichiers RAW couleur avant de créer vos images monochromes...

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500 NUANCES DE GRIS !

Non, n'ayez aucune inquiétude, je parle bien de 500 et pas de 50 nuances de gris, je n'ai pas l'intention de partir dans des divagations à l'eau de rose, d'ailleurs je n'ai pas lu le livre et je n'ai pas vu le film ! Non, je parle effectivement de nuances de teintes de gris dans nos photographies monochromes !

Avant d'aller plus avant, je vais expliquer mon titre, ce n'est pas que ce soit capital mais cela est très intéressant, au moins pour sa culture générale !

En photographie numérique, les images sont généralement codées en 8 bits c'est à dire que l'on doit se contenter de 256 nuances de gris, codées de 0 (noir profond) à 255 (blanc pur). En photographie argentique, quand on connait le mode de fonctionnement du film (j'en ai parlé par ailleurs chercher ici) on peut supposer que l'on peut disposer d'un nombre quasiment infini de nuances de gris entre le noir profond et le blanc pur. Malheureusement, l'œil humain semble ne pouvoir n'en distinguer que 500 (quand l'œil est en pleine possession de ses moyens). Voilà d'où me vient l'idée du titre ! Aller jusqu'à dire que ce titre est une forme subliminale de vous stimuler à faire de la photo en noir et blanc argentique ne serait qu'à moitié faux, vous connaissez mon penchant pour la photographie argentique...

Je vais donc vous livrer dans cet article quelques tuyaux importants qui relèvent plus de la photo noir et blanc que de la créativité en noir et blanc, mais, bien comprises et bien utilisées, ces notions vous ouvriront la voie à une forme de créativité !.

Que vous décidiez de faire de la photographie argentique ou numérique en noir et blanc, il faut que vous compreniez que vous devez apprendre à vivre en noir et blanc ! Il ne s'agira plus uniquement de chercher un sujet mais également de chercher une lumière et une ambiance propice au noir et blanc ET que l'utilisation de filtres colorés est, sinon indispensable, au moins fortement recommandée !

Je ne reviendrai pas sur les filtres puisqu'une page entière leur a été réservée (ici), ainsi qu'un article plus haut dans cette page, allez donc les (re)lire, au moins les chapitres traitant des filtres pour le noir et blanc. Je résumerai uniquement leur principal rôle :
— filtre bleu : couleurs chaudes obscurcies (rouges deviennent totalement noirs)
 filtre rouge : rouges plus clairs (que gris moyen) et verts plus sombres
filtre vert : rouges plus sombres et verts plus clairs
 filtre jaune : bleus obscurcis et couleurs chaudes plus claires que les verts
 filtre orange : idem que le filtre jaune mais action plus accentuée

Je disais plus haut qu'il fallait chercher une lumière et une ambiance propices selon le style que vous souhaitez donner à vos images en noir et blanc, seul le contraste entre les différents tons de gris présente une importance dans la définition du sentiment que doit véhiculer votre image finale... et l'utilisation des filtres ne pourra pas tout faire... ce serait trop simple.

En plus, en noir et blanc, plus qu'en couleur, le contraste permettra de souligner le sujet du reste de votre photo en association avec le choix de la bonne profondeur de champ et de la bonne composition. En photo couleur, un seul de ces trois paramètres suffit à mettre en avant le sujet principal, en noir et blanc il faudra compter sur les trois ensembles !

Si vous préférez une ambiance plus douce, il faudra rechercher une atmosphère à faible contraste. Les jours nuageux ou brumeux seront parfaits. La lumière sera uniformément répartie. C’est aussi la situation idéale pour réaliser des portraits féminins (elle rend la peau plus douce) mais c'est également le meilleur moyen de créer une atmosphère de rêve ou de méditation.

Pour des ambiances plus punchy, plus dures, au contraire, préférez les jours de grand soleil et n'hésitez pas à utiliser la lumière dure de midi pour un contraste maximum. Attention toutefois, si cette lumière est tout à fait utilisable en noir et blanc (contrairement à la couleur), il faut se méfier des ombres portées surtout si vous comptez faire de la photo de portrait (pensez à équilibrer l'éclairage par le dessous avec des réflecteurs !).

Il en va de même en lumière artificielle ! Si la température de couleur de l'éclairage n'a aucune importance, une lumière directe donnera de forts contrastes alors qu'une lumière indirecte ou diffusée (simplement à travers un drap par exemple) donnera des contrastes doux.

Tous les paramètres décrits jusqu'ici sont communs à la photographie argentique et à la photographie numérique... mais il en est un de plus pour l'argentique : le choix du film !... En effet, tous les films ne réagissent pas de la même manière à la lumière et tous les films n'apportent pas le même contraste ni la même qualité de rendu dans les gammes claires ou sombres. Il vous faudra essayer plusieurs films pour pouvoir choisir ceux qui répondent le mieux à vos attentes. Personne ne pourra vous conseiller, chacun devra se faire sa propre idée ! À titre d'exemple (et uniquement d'exemple, ce n'est pas un conseil !), mes films préférés sont :
— images douces : Ilford FP4, Foma 100
— images contrastées : Ilford HP5, Kodak Tri-X, Foma 200 et 400
Mais le choix du film ne suffit pas, son développement est également très important ! Par exemple, le film Foma 200 est considéré comme un film à faible contraste mais avec le développement que je lui applique, j'obtiens de beaux contrastes (moins durs que HP5 ou Tri-X mais plus durs que FP4 et Foma 100). Mais il est également vrai qu'avec l'expérience, vous pourrez obtenir toute une gamme de contrastes avec un seul et même film selon le traitement que vous lui appliquez.

Du côté du numérique, il est impossible de vous donner des tuyaux trop précis, en effet, selon le logiciel de post-traitement et le logiciel de post-production que vous utilisez, vous pourrez plus ou moins facilement créer des atmosphères de contrastes variés. J'utilise avec plaisir Capture One pour le noir et blanc, mais il semblerait que Silver Efex Pro de Nik Collection soit souverain bien que gratuit (je ne l'ai pas testé encore)...

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VOS PHOTOS N&B NUMÉRIQUES NE SONT PAS TERRIBLES ?

Et bien oui, le noir et blanc présente une difficulté inversement proportionnelle au nombre de couleurs représentées ! Vous êtes nombreux à m'écrire que vos résultats sont décevants en N&B alors que vous appréciez vos créations en couleur ! Comment expliquer votre échec et comment essayer de mieux faire ? C'est ce que nous allons voir ici aujourd'hui...

Avant toute chose, si votre passion photographique est née avec la photo numérique, vous partez avec un handicap (!!!) puisque vous n'avez jamais pu apprendre les subtilités du noir et blanc avec un film... qui est une excellente école ! Bien sûr, je ne vais pas vous dire de faire de l'argentique avant de faire du N&B numérique même si ce serait une excellente idée !...

Donc si vos images numériques N&B ne vous plaisent pas, il faudra commencer par analyser vos créations et vérifier que vous avez appliqué tous mes conseils traitant du noir et blanc (et pas que dans la page que vous lisez actuellement ! N'hésitez pas à chercher ici)

Ensuite, il faudra vous demander si votre sujet est vraiment adapté au noir et blanc. Si tout peut être traité indifféremment en couleur ou en N&B, la valeur de l'image finale peut éventuellement pâtir du manque d'informations colorées (photo de vacances à la plage par exemple !).

Vient le moment d'analyser les éclairages et les contrastes. Un éclairage "plat" et l'absence de contrastes nuisent gravement au N&B !... Attention, une image N&B peut être très douce, mais ne supporte pas d'être "plate" !...

Puis vient le moment de parler de la spécificité de la photo numérique : le post-traitement !...

Une image numérique en N&B n'est pas simplement une image colorée à laquelle on a retiré les couleurs (!!!) je l'ai déjà dit cent fois ! Le post-traitement d'une image numérique N&B c'est beaucoup plus que cela !!!

Avez-vous déjà entendu parler du "point blanc" ? Si vous cherchez une définition en ligne, vous tomberez probablement sur un truc du genre « Le point blanc (souvent appelé blanc de référence ou blanc-cible dans les documents techniques) est un ensemble de valeurs trichromatiques ou de coordonnées chromatiques qui servent à définir la couleur blanche dans l'image, l'encodage ou la reproduction d'images. » (Wikipédia anglais, en français c'est totalement laconique !). C'est sûr, avec cela vous n'irez pas très loin !...

Prenons un exemple pratique avec une de mes photographies :

Cette image est mon interprétation d'une scène (il peut y en avoir une infinité d'autres !). Pour moi cette image correspond exactement à ce que je souhaitais. Seulement voilà, dans la vraie vie, le meunier avait une chemise blanche et un pantalon noir... ce n'est plus franchement le cas sur mon image (!) mais vous savez déjà que la photo n'est pas capable de restituer les tons aussi bien que l'œil ! Il faut donc faire des choix ! Le point blanc correspond à la "couleur" ou à la tonalité "blanc pur" ou "plus blanc que blanc" sur une image. Si j'avais décidé de placer ce "point blanc" sur la chemise du meunier, elle aurait effectivement été blanche (!!!) mais l'image aurait ressemblé à cela :

Beurk ! Le réglage est donc raté, d'ailleurs, dans votre logiciel de post-traitement, vous devriez voir quelque chose comme cela :

Ici, il s'agit d'une capture d'écran de CaptureOne (mais il en irait de même avec n'importe quel logiciel !) : les zones rouges correspondent aux zones brulées (surexposées). Si vous aviez sélectionné le point blanc convenablement, vous auriez du voir quelque chose comme cela :

Uniquement des micro zones surexposées sur le sujet principal : un point sur le bonnet et une ligne sur l'arrière de la chemise. Les zones cramées sont limitées aux zones sans intérêt dans l'image. Comme par hasard, cette deuxième copie d'écran correspond à mon image présentée au début !... -Juste en aparté, pour vous faire une idée de ce à quoi correspond le point blanc, repérez une zone rouge sur la capture d'écran présentée ici et regardez cette même zone sur la première image de l'article.-

Si cette chemise est "blanche" (et elle l'est) ... Pourquoi ne pas la vouloir "blanc pur" ? Un point blanc mal défini (blanc pur) entraîne la perte de détails dans l'extrémité droite de l'échelle de tons. Une chemise blanche dans laquelle on ne retrouverait aucun pli ne serait plus qu'une "tache blanche" sans intérêt !... Dans ma photo, la chemise est effectivement représentée en gris, mais comparé à la "couleur chair" du visage du meunier, on la voit blanche et... c'est une chemise puisqu'il y a des plis !...

Prenons le cas inverse si vous le voulez bien. Avez-vous déjà entendu parler du "point noir" ? C'est exactement l'inverse du point blanc, c'est le "noir profond". Il est également capital de bien régler le point noir de son image N&B, sans quoi :

Le pantalon du meunier est noir, il fallait le représenter en noir (!!!) seulement voilà, pour que ce dernier soit noir, il faudrait accepter de ne plus y voir le moindre détail (tout est bouché) et représenter tout le reste beaucoup trop sombre... Certes, on imagine encore le blanc de la chemise, les zones brulées restent brulées, bref, même si cette image pourrait faire ressortir des éléments de manière bien plus "forte" (les contrastes sont exagérés) que mon image proposée au début, elle est techniquement moins bonne car on perd énormément d'informations dans de trop nombreux endroits de l'image (zones bouchées) sans faire apparaître d'information dans les zones qui restent surexposées (brulées)... Il est, bien sûr, inutile de faire une copie d'écran du logiciel de post-traitement soulignant l'écrêtage dans l'image !!!

Donc, mon image de début est techniquement bonne. J'ai pu compresser les tons extrêmes de la scène en suffisamment de nuances de gris pour voir le pantalon sombre mais qui montre tout de même la texture du tissu de velours...

Donc, dans le cadre de cet article, que devons nous retenir au sujet du point blanc et du point noir ?
• Nous voulons seulement qu'une petite partie insignifiante de notre image soit "blanc pur" -ou que seuls des éléments sans importance soient brulés (les ouvertures dans le cas de ma photo)- (à moins que nous ne voulions un effet spécial).
• Nous ne voulons pas que les zones blanches importantes apparaissent gris foncé.
• Les zones blanches importantes d'une photographie doivent être proches du blanc mais sans y parvenir.
• Nous ne voulons pas que nos zones de noir apparaissent comme de l'encre. Cela signifie que seule une petite partie insignifiante de notre photographie sera "noir profond" -ou que seuls des éléments sans importance soient bouchés-, même si l'image contient beaucoup de zones noires.
• Nous ne voulons pas non plus que nos zones noires soient grises boueuses.

Comment parvenir à nos fins ? Il existe en fait de nombreuses façons d'accomplir cela. La plupart d'entre elles sont trop compliquées à mon avis. J'aime garder les choses aussi simples que possible, efficaces mais simples... Ouvrir l'image dans son logiciel de post-traitement et allumer les indicateurs d'écrêtage (voir le mode d'emploi car cela diffère d'un programme à l'autre). Analyser l'histogramme à la recherche d'écrêtages. Traitons d'abord avec le côté "blanc pur" (droite de l'histogramme). Modifier les hautes lumières (variable selon le programme) jusqu'à ce que l'écrêtage disparaisse et un peu plus que nécessaire même... Attaquer les noirs maintenant en jouant sur "ombres" et "noir" (variable selon votre programme). Si cela devait ne pas suffire (il vaudrait mieux que ce ne soit pas le cas !), il serait possible d'utiliser "exposition" mais cette commande n'est pas la meilleure solution, à réserver aux cas désespérés (!).

Qu'avons-nous fait ?
• Notre écrêtage blanc pur a été réduit à plusieurs zones ponctuelles ou insignifiantes.
• Notre écrêtage noir profond a été réduit à plusieurs zones ponctuelles ou insignifiantes.
• Notre gamme de tons a été uniformisée, ce qui nous donne une meilleure photographie en noir et blanc.

Il existe une autre technique, plus rapide et plus pointue mais peut-être un peu moins évidente au début de son parcours dans le post-traitement qui consiste à utiliser les pipettes "noir", "blanc" (et parfois "gris" en plus, selon les programmes) ou d'autres fonctions encore plus puissantes (comme le déplacement diagonal des limites d'écrêtage dans l'histogramme de Capture One ou autre -voir les possibilités de votre logiciel).

Il n'y a donc aucun secret occulte à la réussite d'un bon N&B numérique !... Relisez tous mes articles (chercher ici) et appliquez la recette livrée aujourd'hui... avec un peu d'entrainement, il n'y a aucune raison que vous n'y arriviez pas !...

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UNE TECHNIQUE SIMPLE ET REDOUTABLE DE CONVERSION POUR UN BEAU N&B NUMÉRIQUE

Je ne suis pas un grand fan des conversions numériques en noir et blanc, vous le savez déjà vous qui lisez mes pages. Cette conversion exige souvent beaucoup trop de travail et d'effort pour obtenir ce que je voudrais et le résultat n'est pas garanti (en plus !). Il y a, en effet, un million de façons différentes de faire des conversions en noir et blanc. Donc, à moins d'en essayer plusieurs, on ne sait pas vraiment à quoi s'attendre. Donc, si je sais que je veux du noir et blanc, je photographie préférentiellement sur pellicule !...

Mais il existe une technique simple pour tirer facilement de très bons résultats lors de la conversion d'une image numérique (couleur) en noir et blanc... c'est ce que je vais vous livrer aujourd'hui...

Je suis encore une fois à cheval sur deux pages (ici et labo numérique) mais puisqu'il s'agit de bon noir et blanc, l'article est mieux ici !...

Je pense qu'il n'y a vraiment qu'une seule façon de commencer une conversion en noir et blanc. Certes, je peux me tromper (!), mais essayez et vous serez certainement convaincu. Cette technique utilise une courbe de transfert de dégradé. C'est certainement mieux que de simplement désaturer une image...

Une simple désaturation donne souvent des résultats très imprévisibles, car elle ne fait qu'examiner la valeur RVB, puis fait correspondre les autres canaux. Donc, quand vous avez un tableau de dégradés des couleurs "pures" (rouge, magenta, bleu, cyan, vert et jaune) vous obtenez quelque chose qui ressemble à ceci :

qui donnera cela :

Lorsque vous utilisez une courbe de transfert de dégradé, elle analysera la luminosité globale de chaque couleur. Elle saura que le vert ou le jaune sont plus clairs que le bleu ou le rouge. Ainsi, les couleurs claires restent claires, les couleurs foncées restent foncées. Voici le même dégradé de couleurs avec la courbe de transfert de dégradé :

C'est beaucoup mieux, non ? Mais comment faire ? Il y a ceux qui ont la chance d'avoir un logiciel qui utilise, en interne, cette technique lorsque l'on passe en mode noir et blanc et avec lequel il suffit d'un clic, sinon, voilà (avec Photoshop par exemple, mais cela fonctionne de la même manière avec tous les autres logiciels évolués) la technique manuelle pour aboutir au même résultat :

Donc, dans Photoshop,
(1) on clique sur créer un calque de remplissage ou de réglage
(2) on sélectionne courbe de transfert de dégradé
(3) on choisi le dégradé noir et blanc
et puis...

...c'est tout ! Simple et redoutable, je vous dis ! Ainsi, pour votre conversion initiale, une courbe de transfert de dégradé représentera plus précisément la luminosité et le contraste des différentes couleurs de votre image.

CQFD...

Bien sûr ce n'est qu'un début de la conversion totale en N&B, mais très souvent, cela pourra suffire !...

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CINQ CHOSES À ENVISAGER AVANT D'ENTRER EN PHOTO N&B

Si vous envisagez de plonger dans la photographie en noir et blanc, voici cinq choses que vous devriez garder à l'esprit avant d'espérer passez à une photographie monochrome de qualité.

IL N'Y A PAS UN SEUL N&B !
Il y a en effet plus d'un style de photographie en noir et blanc. Certains photographes préfèrent un aspect sombre et contrasté -souvent avec beaucoup de grain- (j'aime beaucoup). D'autres aiment un aspect très clair et doux -souvent avec peu de grain- (j'aime assez). Certains photographes aiment souligner les tons moyens pour un regard plus neutre (j'adore).

Le sujet peut certainement influencer la façon dont vous choisissez d'éditer une image particulière, mais l'édition se résume finalement à un style personnel. Il est permis de prendre des conseils auprès d'autres photographes mais il n'y a aucune raison de penser que vos images en noir et blanc doivent présenter ce que les autres aimeraient y trouver (!), chacun utilise simplement sa façon de faire. Passez du temps à déterminer ce qui fonctionne le mieux pour vous, c'est une étape indispensable avant de débuter !...

SI VOUS FAITES DU NUMÉRIQUE, SACHEZ QU'IL FAUT PLUS QU'UN CLIC POUR CONVERTIR EN N&B
Les programmes de retouche photo disposent tous d'une option « conversion N&B en un seul clic » pour transformer une photo couleur en monochrome. Au mieux cette conversion immédiate en noir et blanc n'est qu'un point de départ, au pire ce sera du n'importe quoi ! Si la convertion automatique est de qualité, elle ne permettra que de débuter le vrai travail pour ajuster le contraste, le point noir, le point blanc, les ombres, les hautes lumières, etc. pour obtenir des photos proches de ce que vous voulez créer...

UNE BONNE PHOTO MONOCHROME DOIT EXISTER AVANT SA CRÉATION
Une bonne image en noir et blanc doit exister avant d'être prise. Les meilleurs photographes en noir et blanc sont ceux qui sont capables de "voir" en noir et blanc. Cela signifie apprendre à reconnaître des sujets, des formes, des textures, des compositions et des situations d'éclairage qui se prêtent aux images en noir et blanc. Il n'y a aucun logiciel qui peut vous aider à acquérir cette compétence. La pratique est votre seule solution...

LE N&B NE S'ADAPTE PAS À TOUT
Tout ne fonctionne pas en noir et blanc ! Ce point n'est peut-être pas évident pour certains (surtout pour les nouveaux adhérents à la photographie en noir et blanc) mais penser que vous allez simplement photographier en monochrome comme vous le faisiez normalement en couleur et ensuite simplement convertir ces photos en noir et blanc va vous causer beaucoup de frustration !... Il y a des nuances esthétiques associées au travail monochrome qui n'apparaissent pas lorsque l'on travaille en couleur. Le plus important est de faire attention à la façon dont les couleurs que vous voyez se transformeront et si la séparation tonale sera suffisante...

Mieux vous comprendrez la couleur, mieux vous comprendrez comment la couleur se convertit en noir et blanc. La teinte, la saturation et la luminosité (ou brillance) sont les trois éléments centraux de la couleur dont les photographes se soucient. Lors de la conversion en monochrome, les tons sont ce qui importe le plus et les tons sont associés à la luminosité. Pour obtenir une bonne séparation tonale dans une image monochrome, vous aurez besoin d'une bonne séparation tonale dans l'image couleur (encore une fois, cela suppose que vous utilisiez un appareil photo numérique). Le curseur de luminosité (ou le pinceau de réglage local) sera votre unique allier lors de la conversion en noir et blanc, mais vous pouvez déjà modifier les réglages du boîtier afin de débuter correctement le travail en interne... Bien sûr en RAW les modifications du boîtier n'auront aucune incidence !...

RÉFLEXIONS ULTIMES
La conversion d'une photo couleur en noir et blanc ne devrait jamais être une décision visant à tenter de masquer des problèmes dans la photo originale couleur... parfois cela peut fonctionne, mais n'en faites pas une habitude. Utilisez les RAW, réglez le plus possible le boîtier, effectuez tous les réglages de post-traitement nécessaires, puis admirez votre chef-d'œuvre monochrome. La création de photo monochrome c'est tout cela, une chaîne qui ne saurait souffrir aucun relâchement dans tout ce processus...

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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DEUX INDICATEURS DE CHOIX POUR UN BON N&B

Ce n'est un secret pour personne, les photographies en noir et blanc vivent beaucoup plus longtemps que leurs homologues ​​en couleur. Quiconque s'intéresse à la photographie depuis assez longtemps sera probablement capable de nommer 5 photographies en noir et blanc célèbres pour chaque photographie couleur qui résiste à l'épreuve du temps... Une photographie en noir et blanc datant de 50 à 80 ans semble encore très actuelle. Une photo de Ansel Adams, de Robert Doisneau, de Robert Capa, de Henri Cartier-Bresson, de Dorothea Lange, de Vivian Maier, de Willy Ronis, etc, est et restera extraordinaire dans 100 ans encore !...

Le problème du choix des photos pour le noir et blanc est important et de plus en plus cornélien, je m'explique : à l'époque de l'argentique, et je ne parle pas des débuts où seul le noir et blanc était disponible, lorsque l'on chargeait un film monochrome dans son appareil, notre état d'esprit passait automatiquement en mode N&B ! Il m'est impossible de vous expliquer pourquoi, mais, pour l'avoir vécu, je puis vous l'affirmer !... Pour ceux qui en avaient les moyens, le problème ne se posait pas dans les mêmes termes, ils emportaient deux boîtiers, l'un chargé en N&B et l'autre en couleur (ou un seul boîtier moyen format -ou grand format- avec des dos destinés au noir et blanc et des dos destinés à la couleur -ou des plans film couleurs et N&B-). Puis est arrivée l'ère numérique où on ne transporte plus qu'un média couleur (sauf boîtier exclusivement monochrome !). Bien sûr on peut faire du noir et blanc numérique directement avec un boîtier prévu pour la couleur mais la qualité du résultat exige plutôt la prise de vue en couleur et un travail de post-production pour transformer un brut couleur en bonne épreuve monochrome !... Et c'est là que le choix devient extrêêêêmement difficile !... On ne peut pas convertir toutes ses photos en N&B juste pour voir si le choix serait judicieux ou non !!!... Surtout qu'une bonne photo N&B commence à prendre vie dès la prise de vue (!!!) donc si on ne tire pas d'emblée pour une future photo N&B, il y a de fortes chances pour que les heures de post-traitement n'aboutissent à rien (!!!) et dans ce cas, les conserver en couleur risque également d'être très frustrant !!!...

Puisque je viens de dire qu'en argentique l'état d'esprit se met en phase avec le type de film chargé dans l'appareil (ne vous inquiétez pas si vous débutez, cela vient très rapidement et sans faire quoi que ce soit... il n'y a rien à apprendre, aucun entrainement non plus !), je destinerai cet article à tous ces pauvres gens qui en sont réduit à faire du numérique couleur à post-traiter en N&B .

Comment donc, parmi toutes ces photos couleur, choisir la bonne candidate pour le noir et blanc ? C'est très simple en fait, deux indicateurs pourraient suffire (même s'il y en a beaucoup plus en théorie !). Il s'agit plus d'un guide que d'une règle et une avec beaucoup d'exceptions (comme souvent en photographie). Ces deux indicateurs clés que vous devriez surveiller sont : un éclairage directionnel et/ou une texture de surface.

Le premier (l'éclairage directionnel) peut vraiment être résumé par la présence de beaucoup de hautes lumières et beaucoup d'ombres dans l'image. Cela vous donne beaucoup de contraste naturel avec lequel vous pourrez jouer dans le contexte des tons noir et blanc. Pour juger cela, vous devriez probablement garder un œil sur l'histogramme de votre photographie. Un histogramme déporté d'un côté n'est probablement pas génial. Un histogramme étalé (indiquant une répartition des tons) permettra probablement une meilleure conversion en noir et blanc. Ne craignez pas les lumières dures, les heures interdites en photo couleur (soleil au zénith), l'utilisation d'un filtre polarisant (non simulable en post traitement) ou de filtres colorés de forte gradation (vous n'avez même pas à acheter ces derniers puisqu'ils sont simulables en post traitement) etc...

Pour ce qui est du deuxième (la texture de surface), il est probablement un peu plus explicite. Vous voulez des détails sur les surfaces (qui ont tendance à être plus belles lorsqu'elles sont converties en noir et blanc). Pensez à des choses comme des rochers, des buissons, des écorces, toutes ces choses qui ne sont pas lisses.

Maintenant, ces deux petits indicateurs devraient rendre le choix d'images un peu plus enrichissant si vous cherchez de bons candidats pour la conversion en noir et blanc. Faites défiler vos clichés, gardez un œil attentif sur l'histogramme et recherchez cette texture...

C'est aussi bête que ça ? Oui et non !!!... Cela ne couvre que le choix des bons candidats. Faire une bonne conversion en noir et blanc en post-production est une toute autre histoire, il y a de nombreuses solutions (énormément) pour y arriver, vous en trouverez quelques-unes dans ma page traitant de laboratoire numérique (ici).

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POURQUOI DEVRIEZ-VOUS ENVISAGER DES SEMAINES EXCLUSIVEMENT RÉSERVÉES AU N&B ?

Il y a un quelque chose de spécial dans une image en noir et blanc, vous ne trouvez pas ? Le problème, dans cette ère numérique, le choix du noir et blanc est souvent une réflexion après coup (transformation en post-traitement). Nous pensons généralement en couleur, nous shootons en couleur et ensuite, avec le recul, nous pensons que telle image serait superbe en noir et blanc. La conversion des images créées en couleur fonctionne parfois bien, parfois non. Aujourd'hui, nous allons nous entraîner à penser et à shooter en noir et blanc en consacrant une semaine complète (plusieurs fois par an !) à le faire.

Pourquoi shooter en noir et blanc ?
Le noir et blanc est la photographie dépouillée jusqu'à sa forme la plus pure. Ce style fonctionne très bien dans tant de photographies, les paysages, le portrait, l'architecture, und so weiter (etc)...

Photographier en noir et blanc entraîne également votre esprit à voir la lumière, l'ombre et la texture -et uniquement cela !-. Une bonne image en noir et blanc utilisera l'un de ces trois éléments (ou tous les trois !) pour mettre en évidence un sujet.

Être capable de voir la façon dont la lumière s'entrelace avec l'ombre vous sera également très utile pour la photographie en couleur.

Shooter une semaine entière plusieurs fois par an uniquement en noir et blanc est un excellent moyen de vous entraîner à voir -tout simplement- !... En créant vos prises de vue uniquement pour capturer la lumière, l'ombre et les tons clairs, vous apprendrez rapidement les nuances de l'exposition. Puis, au-delà, vous commencerez à voir des raccourcis, des espaces négatifs et de nombreux autres éléments de composition qui peuvent parfois être confus en couleur.

Pensez et tirez en noir et blanc
On entend souvent dire que les appareils photo modernes (numériques) ne sont pas forcément les mieux placés pour créer des photos en noir et blanc. Si on compare les résultats avec un film monochrome, cette infériorité est flagrante MAIS ceci fait l'impasse sur le fait qu'à l'époque du film nous visions aussi à travers un viseur optique qui montrait le monde en couleur... Les appareils photo numériques ont un avantage à cet égard : ils vous permettent de visionner une photo en noir et blanc à peine capturée, et, encore mieux, la plupart des appareils équipés de viseur électronique peuvent réellement afficher le monde en monochrome...

Quasiment tous les appareils photo numériques proposent une (ou plusieurs) simulation(s) de film(s) dont au moins une sera en noir et blanc. Si vous tirez en RAW, shootez en RAW plus JPEG. Bien que le RAW reste en couleur, le JPEG sera enregistré en monochrome et pourra servir de référence (de base de départ) pour la post-production.

Apprendre à voir en noir et blanc prend du temps, beaucoup de temps. Décomposer le processus d'apprentissage en étapes d'une semaine peut rendre le processus plus gérable. Et débuter en affichant le viseur en noir et blanc (quand cela est possible !) pourra accélérer le processus d'apprentissage de la vision monochrome.

Vos premières semaines devraient se concentrer sur ce qui fait fonctionner une image en noir et blanc. Vous rechercherez des scènes avec un bon contraste et une gamme de tons ainsi que beaucoup de détails fins. Les jours nuageux fonctionnent souvent mieux pour le noir et blanc que les jours ensoleillés parce que les lumières douces permettent de voir les détails dans les zones ombragées. Et la lumière de midi n'est utilisable qu'en noir et blanc !

Une fois que l'art de voir en monochrome sera acquis, les prochaines semaines devraient être consacrées à l'exposition. Apprenez et comprenez ce que votre histogramme vous dit. Un graphique uniformément réparti sur toute la largeur est plat, à faible contraste. Si vous avez peu d'informations sur les bords et un pic imposant au milieu, vous aurez un contraste beaucoup plus élevé. Si votre histogramme s'écrase contre une des deux extrémités, augmentez ou réduisez l'exposition en conséquence. S'il s'écrase contre les deux extrémités, c'est que vous dépassez les limites de votre capteur.

Au fur et à mesure que votre connaissance monochromatique s'aprofondira, vous commencerez à voir comment différentes couleurs affectent le résultat final des images monochromes. À l'époque du film, nous contrôlions en utilisant des filtres, mais aujourd'hui, il est facile de les simuler (pour certains) à la post-production... Je parle au passé ici, mais cela reste vrai à 100% si vous faites encore du noir et blanc argentique (ce que je vous encourage vivement à faire !).

Quelques clés pour la post-production de photos en noir et blanc (pour les numéristes)
Si la météo n'est pas de votre côté ou si vous avez beaucoup d'images qui sembleraient bien meilleures en monochrome, pourquoi ne pas passer une semaine à travailler cette post-production ? La clé pour convertir des images numériques en noir et blanc n'est pas de compter béatement sur les outils de base de vos logiciels comme convertir en noir et blanc ou désaturation. Vous pouvez les utiliser pour obtenir l'image de base en noir et blanc mais vous devrez ensuite les travailler de la même manière qu'avec une image couleur...

Commencez par peaufiner les noirs, les blancs, les tons clairs et les ombres pour obtenir le bon contraste avec votre image. L'augmentation de la distance entre le noir et le blanc augmente le contraste de l'image. Ensuite, vous pourrez passer à l'ajustement des couleurs dans votre image en noir et blanc. Vous pouvez utiliser les curseurs de couleur dans le panneau Teinte/Saturation/Luminosité. Par exemple, si vous faites glisser le curseur bleu vers la gauche, les parties de l'image qui étaient initialement bleues vont assombrir. Si vous déplacez le curseur vert vers la droite, le feuillage et les autres éléments verts seront plus clairs. Dans Photoshop, vous permet d'ajuster les canaux de couleurs primaires et secondaires individuellement. Ce sont des outils très puissants qui peuvent complètement changer l'atmosphère d'une image monochrome.

Quelques clés pour la création de photos en noir et blanc (pour les argentistes)
Apprenez à modifier votre exposition et vos techniques de développement afin de pouvoir agir sur le grain et les contrastes dans vos images. Ne négligez pas l'utilisation de filtres (gris neutre, dégradé gris neutre, bleu, vert, rouge, jaune, orange, polarisant, etc...). Et quoi que vous testiez, prenez des notes... elles seront un outil précieux d'évolution !...

___
La photographie en noir et blanc est immensément gratifiante, mais cela peut prendre du temps pour la maîtriser. Plutôt que de créer en monochrome quand vous y pensez (autant dire jamais !), fixez-vous des périodes d'une semaine ainsi que des objectifs à atteindre en noir et blanc. Vous constaterez qu'en vous concentrant uniquement sur le noir et blanc à coup de semaines dédiées, vous allez bientôt vous mettre au diapason de la pensée monochrome. Le résultat final sera époustouflant... en argentique comme en numérique !...

Allez donc lire mes autres pages traitant du noir et blanc pour compléter efficacement votre bagage de connaissances (laboratoire et prise de vue)...

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CONSEILS POUR CRÉER UN BON N&B EN NUMÉRIQUE

J'ai déjà beaucoup parlé de ces éléments dans plusieurs articles de plusieurs pages de mon site (vous pouvez chercher ici), donc on pourrait dire qu'il ne s'agira plus qu'une redite ici... mais pas vraiment, en fait ! Vous trouverez ici une compilation d'éléments bien expliqués ailleurs et des éléments survolés par ailleurs qui seront approfondis ici et même des éléments qui m'avaient échappés alors !...

Qui n'aime pas une belle image en noir et blanc ? Elles peuvent souvent sembler plus captivantes que leur équivalent en couleurs ! La photographie en noir et blanc ne consiste pas seulement à convertir une image couleur en noir et blanc, comme le pensent la plupart des débutants en photographie, mais aussi -et surtout- à planifier, observer et analyser la scène avec beaucoup de réflexion créative et de solides techniques de post-traitement.

Voici donc quelques conseils pour créer une bonne image en noir et blanc :

-> Prise de vue lorsque la lumière est bonne. Comme pour tout genre de photographie, recherchez les conditions d'éclairage appropriées lors de la prise de vue en noir et blanc. Tirez quand la lumière est belle MAIS, en N&B, contrairement à la couleur, vous pouvez essayer la lumière dure de midi.

-> Apprendre à voir en noir et blanc. Lorsque vous composez une image en noir et blanc, vous devez regarder au-delà des couleurs et vous concentrer sur les textures, le contraste, les lignes et autres éléments similaires du cadre qui peuvent vous aider à créer une composition puissante.

-> Rechercher le contraste. Recherchez le contraste de la lumière et des couleurs dans votre cadre pour créer une image en noir et blanc puissante. Sans ce contraste, votre image sera plate sans aucun intérêt. Il est préférable d'avoir des éléments blancs purs et noirs profonds dans votre image, même si vous la souhaitez douce.

-> Rechercher des lignes, des formes et des textures. Vous ne pouvez pas utiliser de couleurs pour créer un point focal ou diriger les yeux du spectateur à travers une image en noir et blanc, mais vous pouvez utiliser des lignes, des formes et des textures pour composer l'image. De plus, les lignes, les formes, les ombres et les textures sont des caractéristiques qui fonctionnent bien dans une image en noir et blanc et qui jouent un rôle important dans la création de meilleures images en noir et blanc.

-> Mettre l'accent sur les ombres et les hautes lumières. Les ombres et les hautes lumières sont les caractéristiques qui créent l'image en noir et blanc. Pour qu'une image en noir et blanc fonctionne correctement, vous aurez besoin de zones blanches et noires dans l'image qui deviendront les points focaux de votre image.

-> Choisir des scènes qui ont plus de couleurs. Cela peut sembler contradictoire pour une image en noir et blanc, mais plus vous aurez de couleurs, plus vous aurez de variations de gris dans une image monochrome, ce qui la rendra intéressante. Méfiez-vous des couleurs qui se ressemblent une fois converties en noir et blanc...

-> Rechercher une plage tonale. Les images en noir et blanc ne présentent que des tonalités allant du noir au blanc et toutes les autres nuances de gris. Donc, avoir juste du blanc et du noir peut rendre l’image très ennuyeuse, au lieu d’inclure différentes nuances de gris dans l’image pour lui donner du punch.

-> Utiliser le panneau TSL (teinte/saturation/luminosité) pendant le post-traitement. Le panneau TSL ne sert pas uniquement au traitement des images couleur, mais vous devriez utiliser ce panneau pour créer une bonne image en noir et blanc. L'ajustement de ces curseurs vous aidera à créer une bien meilleure image monochrome.

-> Les poses longues sont intéressantes en noir et blanc, alors allez-y, testez !

-> Ne convertissez pas les mauvaises images en noir et blanc, elles resteront nulles en noir et blanc

-> Shootez toujours vos photos au format brut afin de pouvoir jouer avec la tonalité et d’autres détails pendant le post-traitement.

-> Gardez un œil sur votre histogramme, car cela vous aidera à éviter les points de haute luminosité grillés et à perdre des détails dans les ombres.

-> Gardez le bruit au minimum en tirant avec une sensibilité ISO faible car le bruit peut devenir plus évident et devenir une distraction dans une image en noir et blanc. Le bruit en monochrome pourrait (éventuellement) faire penser à du grain, mais quitte à vouloir du grain, autant essayer de le simuler plus sérieusement (je vous ai donné des recettes ici).

-> N'oubliez pas le bracketing d'exposition et le HDR car ils fonctionnent bien pour les images en noir et blanc.

-> Utilisez un filtre polarisant comme vous le feriez pour les images en couleur afin d'obtenir des détails dans le ciel et éviter les reflets. Inclure des cieux avec des nuages ​​plutôt que des cieux simplement bleus pour obtenir des images en noir et blanc plus spectaculaires.

-> Si vous avez un boîtier qui a la possibilité de capturer directement en noir et blanc, vous pouvez rapidement faire un test pour voir si une scène fonctionne bien en monochrome, mais gardez à l'esprit de toujours prendre des images couleur au format brut, et effectuez la conversion en noir et blanc en post-prod' pour créer une image puissante.

En conclusion, je dirai que tout ce qui concerne la photographie couleur s'applique à la photographie en noir et blanc et plus encore, dans la mesure où une planification plus soignée et un choix judicieux des couleurs sont essentiels pour créer une belle image monochrome. Avec de la pratique, vous apprécierez la beauté d'une bonne image en noir et blanc.

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VERS LA MAÎTRISE DU NOIR ET BLANC

Je vous propose aujourd'hui un article assez long qui vous donnera des tuyaux vous menant vers la maîtrise du noir et blanc. Long, peut-être, mais n'ayez crainte, cet article ne sera pas indigeste...

Il est presque certain que vous trouverez dans ces lignes quelques notions que je vous ai déjà livrées par ailleurs, mais elles seront très minoritaires !... Donc ne sautez aucune rubrique, même si vous avez déjà lu à son sujet...

La qualité intemporelle de la photographie en noir et blanc en fait un sujet incontournable pour tout photographe. Dans cet article, nous aborderons comment voir en monochrome, comment choisir nos sujets, comment configurer notre appareil photo numérique, comment appliquer des ajustements simples mais efficaces dans un logiciel pour faire ressortir nos images.

Bien qu'il soit simple de convertir des images numériques en noir et blanc, il est intéressant de réfléchir à comment et quoi shooter, comment utiliser les outils puissants de votre logiciel de retouche photo pour tirer le meilleur parti de vos clichés.

Ces quelques conseils de photographie en noir et blanc vous montreront comment être créatif avec des compositions graphiques très contrastées, créer des paysages incroyables, et à quel point vous pouvez utiliser des effets spectaculaires pour transformer vos photos de nature morte et de portrait.

— Comment voir en noir et blanc ? En ce qui concerne les images en noir et blanc, le fait de pouvoir voir à quoi ressemblera votre image finale est une compétence indispensable à acquérir. Il est important de comprendre comment l'image couleur que vous voyez dans le viseur de votre appareil photo se traduira sous forme d'une image monochrome frappante. Pour obtenir les meilleurs résultats, vous devez regarder au-delà des couleurs et plutôt essayer de visualiser comment les formes, les textures et les tonalités seront enregistrées.

Le succès de vos photos en noir et blanc dépend de plusieurs facteurs, mais la principale chose à rechercher est un sujet principal qui apparaîtra dans une nuance de gris sensiblement différente de l’arrière-plan. Recherchez ensuite les subtilités de ton et de texture qui ajouteront de la profondeur à vos images.

En numérique, il est tentant de penser que la balance des blancs n’a aucune importance puisque vous supprimez la couleur, mais comme le succès de toute conversion repose sur la traduction réussie des couleurs dans des tons attrayants, il est important de capturer une image sans déviation de couleur.

Reconnaître les photos potentielles sur le terrain peut être pratique, alors pourquoi ne pas essayer de convertir certaines de vos images existantes en noir et blanc pour avoir une meilleure idée de ce qui fonctionnera et ce qui fonctionnera moins bien.

— Quels sont les bons sujets pour la photographie en noir et blanc ? Lorsque vous utilisez un logiciel de retouche photo pour supprimer la couleur d'une image, ou que vous exposez un film noir et blanc, vous perdez instantanément un élément sur lequel le spectateur se base pour interpréter une scène. Ainsi, d'autres éléments deviennent encore plus importants pour des images monochromes réussies. Voici un aperçu des éléments les plus courants que vous devriez rechercher lorsque vous identifiez un sujet approprié pour le traitement en noir et blanc. Rappelez-vous que ces éléments peuvent être utilisés individuellement ou même combinés pour produire de merveilleuses images monochromes pleines de puissance.
1) Contraste et forme. L'un des aspects fondamentaux de la photographie en noir et blanc est que toute votre composition repose sur le contraste. Pour cette raison, recherchez des sujets présentant des lignes et des formes simples et fortes. Ce sont souvent les ombres qui définissent la forme, alors faites attention aux zones d’obscurité et de lumière.
2) Tonalité. Les photos en noir et blanc comprennent en fait toute une gamme de gris, qui ajoutent de la subtilité aux images. Normalement, vous recherchez des sujets qui se traduiront par une gamme de tons allant du noir au blanc, mais vous pouvez également obtenir d'excellents résultats lorsque le sujet est principalement clair (high key) ou sombre (low key).
3) Texture et détail. Des détails fins ou des textures fortes telles que des pierres, des feuillages ou des nuages ​​battus par le vent peuvent aider à donner de la profondeur et de l’intérêt à une photo en noir et blanc. Un éclairage latéral puissant est parfait pour faire ressortir la texture de n'importe quel sujet. Vous pouvez utiliser une lumière naturelle forte ou faire preuve de créativité avec le flash pour créer un éclairage latéral sur le sujet. 4) Composition graphique. Les images en noir et blanc ont besoin de compositions fortes pour fonctionner réellement. Gardez un œil sur les lignes ou les caractéristiques fortes de votre scène qui peuvent être utilisées comme lignes principales ou positionnées en diagonale sur le cadre pour créer des images dynamiques.

— Quels sont les mauvais sujets pour la photographie en noir et blanc ? Il n'y a pas de règle absolu dans le choix d'un sujet pour la photographie en noir et blanc, mais vous rencontrerez des sujets et des scènes qui dépendent presque exclusivement de la couleur, ainsi que des conditions d'éclairage qui ne fonctionnent pas bien en monochrome. Voici quelques exemples à éviter lorsque vous recherchez des sujets adaptés à la photographie en noir et blanc.
1) Ciel uni. Il est facile de penser que parce que vous n'avez pas besoin de couleurs vives, vous pouvez prendre des photos en noir et blanc sous n'importe quelle lumière ou par tous les temps. Il est certainement vrai qu'avec une conversion et un ajustement habiles dans Photoshop (ou sous l'agrandisseur), vous pouvez ajouter du volume à l'image, mais plus les éléments constitutifs de l'image seront robustes, meilleure sera l'image finale. Ainsi, à moins que vous n'essayiez de créer une image minimaliste, prenez le temps de saisir le maximum de détails dans les meilleures conditions d'éclairage possible.
2) Protection de l'ambiance. Si la scène que vous photographiez dépend de la couleur pour montrer l'ambiance ou l’impact, il y a de fortes chances que vous préféreriez garder l’image en couleur. Les photos de coucher de soleil ou de lever de soleil sont un bon exemple. Vous devez toujours vous demander si l'image perd de son impact sans les nuances subtiles.
3) Contrastes de couleur. Les sujets qui utilisent des couleurs contrastées, comme un coquelicot sur une pelouse verte, ne fonctionnent généralement pas en noir et blanc. C'est parce que les deux couleurs finiront par se ressembler une fois converties.

— Essayez une composition graphique. Des formes simples et une composition solide garantissent des images en noir et blanc saisissantes. Avec leurs lignes droites et leurs angles bien marqués, les structures synthétiques sont idéales pour ce type d'images, bien que pour des formes plus organiques, vous pouvez également essayer de travailler avec des arbres, des roches ou des feuillages. Pour tirer le meilleur parti des formes graphiques, essayez de rendre votre composition aussi simple que possible. Gardez un œil sur les arrière-plans simples et essayez de photographier avec le sujet en biais. L'éclairage à contraste élevé peut vraiment aider à améliorer les formes graphiques, alors profitez au maximum d'un éclairage latéral puissant du soleil. Si vous utilisez votre propre éclairage, placez une seule lumière sur un côté du sujet. La lumière forte et directe crée des ombres nettes, qui rendent les sujets graphiques. Une vitesse d'obturation lente de 30 secondes peut rendre le ciel plus spectaculaire...

— Conseils de filtration lors de la prise de vue monochrome. Les filtres de couleur traditionnels utilisés pour les films en noir et blanc ne conviennent pas aux appareils photo numériques, mais vous pouvez toujours augmenter le contraste de vos photos en noir et blanc en utilisant un filtre polarisant. En faisant pivoter le filtre, vous pourrez assombrir le ciel bleu, ce qui fera ressortir plus clairement les objets plus clairs tels que les bâtiments ou les nuages. Le polarisant supprime également les reflets des objets non métalliques tels que le verre ou l'eau, ce qui aide à produire une image plus graphique.

— Essayez le minimalisme monochrome. L'un des moyens les plus populaires d'obtenir des images graphiques simples mais fortes consiste à utiliser des expositions longues. Cette technique, utilisée après la tombée de la nuit ou avec un filtre ND fort, rendra l’eau et les nuages ​​flous et doux, concentrant toute l’attention sur les objets fixes du cadre. Comme vous aurez affaire à de très longues expositions (dans certains cas 30 secondes ou plus), un trépied est un élément essentiel de votre trousse à outils.

— Ombre et Lumière. Les images noir et blanc réussies ne doivent pas toujours contenir un mélange homogène de tons clairs et foncés. Recherchez des sujets qui ont principalement des tonalités claires pour produire des images nettes de qualité. Ces images fonctionnent mieux lorsque vous travaillez avec un arrière-plan de couleur claire, ainsi qu’un éclairage doux et diffus pour éviter que trop d’ombres sombres ne gâchent l’effet high-key. Les gros plans, les natures mortes et les portraits où vous maîtrisez souvent l'éclairage et l'arrière-plan sont de bons sujets pour le monochrome, mais ne négligez pas la possibilité de photographier des paysages high-key naturellement dominés par des tons plus clairs. Vous pouvez également essayer de photographier des scènes composées principalement d'ombres et de demi-tons. Les tons sombres donnent une impression de mystère, ce qui en fait une technique efficace pour les portraits intenses. Pour que les images « low-key » fonctionnent, vous devez vous assurer que peu ou pas de lumière tombe sur l'arrière-plan, de sorte que seul le sujet principal est éclairé. Ceci est généralement réalisé en contrôlant l'éclairage à l'aide d'un flash ou d'un éclairage continu, tel qu'une lampe de lecture, mais vous pouvez obtenir des résultats discrets en utilisant uniquement la lumière du jour, il vous suffit de rechercher les zones d'ombres à utiliser.

— Conseils de conversion d'images numériques couleur.
1) Éclaircir le fond. Même si votre arrière-plan est illuminé, vous devrez peut-être utiliser un calque de réglage Courbes dans Photoshop pour l'éclaircir encore plus. Faites-le en faisant glisser l'extrémité droite de la courbe vers le haut.
2) Augmentez la netteté des détails. Pour attirer l’attention sur les zones les plus nettes du sujet, ajoutez un peu de netteté supplémentaire à l’aide du filtre de netteté de Photoshop. Le manque d'ombres rend le bruit beaucoup moins perceptible.
3) Low-key. Pour obtenir des images «discrètes low-key » réussies, vous devez vous assurer que peu ou pas de lumière tombe sur votre arrière-plan, de sorte que seul le sujet principal soit éclairé. Ceci est généralement réalisé en contrôlant l'éclairage à l'aide d'un flash ou d'un éclairage continu, tel qu'une lampe de lecture, mais vous pouvez obtenir des résultats en utilisant uniquement la lumière du jour, il vous suffit de rechercher les zones d'ombres à utiliser.
4) Essayez ceci : colorisez les images monochromes. Cette technique ajoute une couleur aux zones claires d’une photo et une autre aux ombres, en reproduisant la tonalité chimique traditionnelle du film. Lors du traitement de votre fichier brut, il existe un panneau dédié à la composition de votre mixage de couleurs. Bien que vous puissiez coloriser toutes les images en noir et blanc, l'effet est parfaitement adapté aux prises de vue minimalistes high-key et low-key.
5) Ajouter de l'ambiance et du drame. L'éclairage doit se prêter au style de l'image. Les cieux sombres sont idéaux, surtout s'ils sont combinés avec la lumière du soleil sur des sujets de premier plan pour créer un contraste maximum. Mais toute situation où vous pouvez capturer beaucoup de détails dans le ciel et un certain contraste au premier plan suffira. Vous devrez peut-être travailler un peu plus fort sur vos ajustements pour ajouter l’atmosphère dont vous avez besoin. Les techniques que vous pouvez utiliser sur de tels clichés ne sont pas difficiles, utilisez les outils Pousser et Retenir (voir ici) pour éclaircir et assombrir l’image de manière sélective, ainsi que des réglages de contrastes locaux sur les calques de réglage des courbes. Si vous travaillez avec des fichiers bruts (RAW), vous pouvez ajuster les fichiers de manière non destructive dans votre convertisseur RAW. Le pinceau d'ajustement offre le plus de contrôle pour les ajustements localisés, vous permettant de modifier des zones spécifiques de l'image, ce qui est idéal pour lever des ombres et récupérer les hautes lumières.

Voilà, finalement cet article n'est pas si long, il est pourtant bien complet (enfin, je pense !). Si vous prenez en compte ces quelques conseils et que vous les croisez avec les techniques exposées dans d'autres de mes pages, vous devriez réussi à faire de merveilleux tirages noir et blanc...

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NOIR ET BLANC OU COULEUR, UN CHOIX CORNÉLIEN

Imaginez ce scénario familier, vous avez eu une journée photo productive et agréable (quelques paysages et paysages urbains, quelques photos d’architecture, un peu de photographie de rue, une poignée de portraits, etc.). Vous avez enfin terminé la tâche consistant à retirer ces clichés de votre carte mémoire et à l’organisateur d’images/éditeur d’images. Il est maintenant temps de traiter ces clichés. J'espère que vous avez établi un flux de travail efficace pour rendre le post-traitement le moins stressant possible, mais pour certains photographes, une question semble se poser à chaque session de post-traitement : « Cette image doit-elle être en couleur ou en noir et blanc ?" »

Lorsque le film était le seul support photographique disponible, les photographes devaient prendre des décisions similaires. La différence était qu'il était dans leur intérêt de parvenir à une décision finale avant même de sortir pour shooter. Le bon film devait bien sûr être utilisé. Bien sûr, on pouvait shooter en couleur et décider plus tard s’ils voulaient une image en noir et blanc, mais cela signifiait simplement plus de temps dans la chambre noire. Mais si la photo avait été prise sur un film noir et blanc, eh bien, c'était la fin de l'histoire.

En numérique, nous avons le luxe de pouvoir déterminer les qualités chromatiques exactes de nos photos après les avoir capturées. Ce n’est plus que la partie facile de la création. Ce qui n’est pas toujours facile, c’est de déterminer si une image doit être présentée en couleur ou en noir et blanc. Il n'y a pas de réponse objective ou correcte à cette question, mais il y a quelques principes de base à garder à l'esprit qui peuvent vous aider dans votre décision...

Noir et Blanc ou Monochrome ? Les termes Noir et Blanc et Monochrome sont souvent utilisés indifféremment. Une telle utilisation n’est pas toujours incorrecte, mais certaines nuances doivent être abordées. Une image monochrome est une image qui consiste à varier les tons d'une couleur. Les images que nous appelons communément Noir et Blanc sont en effet monochromatiques, mais ce n'est là qu'une des nombreuses façons de créer une image Monochrome. Le Noir et Blanc est un dégradé de noir, mais c'est un cas particulier de monochrome, cela peut être un dégradé de Rouge, de Brun (sépia), de Bleu, etc...

Lorsque vous essayez de choisir entre le noir et blanc et la couleur, posez-vous les questions suivantes :

1) Quel rôle joue la couleur dans la photo ?
C'est certainement un critère subjectif, mais c'est quelque chose qui devrait être une priorité dans votre processus de prise de décision. Il est facile de conclure que la couleur est toujours importante. Si on voit en couleur, pourquoi les photos ne devraient-elles pas être en couleur ? Le fait est que la couleur peut parfois être une distraction. D'autre part, il y a des moments où la couleur est vitale. Une photo de paysage qui met en évidence un arc-en-ciel est quelque chose que vous voudrez probablement présenter en couleur, car l'arc-en-ciel joue un rôle important dans la scène et un arc-en-ciel noir et blanc n'est pas terrible à regarder. Si la force essentielle de l'image ne repose pas sur la couleur, sa conversion en noir et blanc vous permettra de mettre en valeur d'autres qualités visuelles ou atmosphériques de l'image. De plus, si votre photo est marquée par des couleurs particulièrement délavées ou un fort contre-jour qui ne peut pas être corrigé de manière satisfaisante en post-traitement, la conversion en noir et blanc peut permettre de récupérer la photo. Mais attention, le N&B ne doit JAMAIS servir à masquer des problèmes ou tenter de récupérer une image discutable en couleur !... Tentez une simple désaturation (temporaire) pour déterminer quelle version semble meilleure, celle en couleur ou en noir et blanc ? Essayez d'observer si les couleurs sont distrayantes ou si elles jouent un rôle important dans la prise de vue. Pouvez-vous voir un avantage de la version noir et blanc ? Étudiez sérieusement les avantages/inconvénients des deux versions.

2) Y a-t-il des textures marquantes ou intéressantes dans la photo ?
La texture est une composante esthétique importante dans toutes les formes d'art, de la musique à la peinture en passant par la photographie. Nous associons généralement la texture et le toucher physique, mais cette association n’est qu’une façon de transmettre la texture. Dans le cas de la photographie, par exemple, la texture est conceptualisée par la vue plutôt que par le toucher. Nous regardons un sujet comme un lézard ou un arbre ou une pierre et nous imaginons ce à quoi ces choses ressemblent (rugueux, bosselé, lisse, irrégulier). Les images dans lesquelles la texture joue un rôle central bénéficient grandement de la conversion en noir et blanc, car le noir et le blanc ont tendance à accentuer la texture, permettant au spectateur d'apprécier plus facilement ce que le sujet ressent.

3) Avez-vous remarqué la présence de contraste ou de lumière/ombre distinctifs ?
Le contraste, en général, concerne les différences. Le contraste tonal, qui se rapporte spécifiquement à la photographie en noir et blanc, fait référence à la différence de tons du noir au gris en passant par le blanc. Le contraste des couleurs fait référence à la manière dont les couleurs interagissent les unes avec les autres. Une image à fort contraste est une image qui présente beaucoup de noir et de blanc, avec peu ou pas de tons moyens (gris). Un éclairage puissant et des ombres travaillent ensemble pour créer un fort contraste. Une fois les couleurs supprimées, il reste des différences de tonalité, le type de contraste qui contribue à la solidité des images en noir et blanc. Ainsi, lorsque vous évaluez une photo et remarquez ces caractéristiques de lumière, d'ombre et de contraste, vous êtes un candidat idéal pour une conversion en noir et blanc.

4) Quelle humeur/ambiance souhaitez-vous communiquer ?
Semblable à la texture, l'humeur et l'atmosphère sont des idées quelque peu abstraites qui peuvent être communiquées de manière créative à travers la photographie. Lorsque vous regardez une photo montrant des nuages ​​forts, des pluies diluviennes, des rues humides et des personnes portant des parapluies, vous ressentez un sentiment particulier. Vous savez ce que c’est que de marcher sous la pluie et vous êtes transportés soudainement, mentalement. La photo a fait son travail pour transmettre une certaine humeur. La photographie en noir et blanc fonctionne particulièrement bien pour créer des ambiances tristes ou dramatiques. Si vous voulez créer une atmosphère sombre ou mystérieuse autour d'un sujet de portrait, le bon éclairage associé à une conversion en noir et blanc est la solution.

5) Dernières pensées
Il est important de souligner la subjectivité de ce problème. Il y a des photographes qui travaillent presque exclusivement en couleur et ceux qui travaillent presque exclusivement en noir et blanc. Beaucoup plus, cependant, se situent quelque part au milieu et produisent à la fois des photos en couleur et en noir et blanc. Étant donné la relative facilité de conversion des photos numériques couleur en noir et blanc, il n’y a aucune raison de ne pas essayer de faire des images en noir et blanc. Si tout va bien, les notions ci-dessus vous aideront non seulement à déterminer quelles photos existantes pourraient faire bien en noir et blanc, mais vous aideront également à apprendre à voir en noir et blanc, ce qui vous permettra d’utiliser votre appareil photo compatible avec la création de superbes photos en noir et blanc voire de vous lancer en photo argentique monochrome...

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UN MINI GUIDE POUR LE DÉBUTANT EN NOIR ET BLANC

J'ai décidé de traiter aujourd'hui, dans un article relativement long, tout ce que le débutant en photographie N&B devrait posséder pour réussir son grand passage. Ce mini guide se destine donc aussi bien au photographe numérique qui n'a jamais fait que de la photo couleur jusqu'à ce jour qu'au photographe numérique qui souhaiterait s'essayer à la photographie argentique en N&B.

Puisque je souhaite traiter de tout ce dont on pourrait avoir besoin, il va de soi que quelques notions contenues dans ce mini guide ont déjà été traitées dans d'autres articles dans mon site, mais qu'importe, rappelez-vous qu'en photographie (comme dans bien d'autres disciplines) la répétition est toujours positive et formatrice !...

Pouvez-vous imaginer une image plus emblématique de l'art de la photographie qu'un tirage Noir & Blanc parfaitement composé, traité et présenté ? En tant que photographes, nous pouvons souvent nous retrouver tranquillement dans un musée d'art, ou une exposition photo, les mains dans les poches (ou ailleurs), regardant avec bonheur un tirage de Ansel Adams (ou autre). Avec de magnifiques détails, tons et textures, on pouvait presque sentir le vent sur notre visage, le soleil frapper contre notre front, ou le froid de l'air.

Une image en Noir et Blanc correctement conçue procure beaucoup de puissance. Pour ce faire, elle force notre cerveau à voir les détails qu’il pourrait oublier dans une image couleur. L'art de la photographie en Noir et Blanc se révèle à travers la texture, le ton et l'éclairage. Dans un beau portrait en couleur, le visage du modèle aurait rivalisé avec les couleurs vibrantes de l’océan et du ciel derrière lui, en Noir et Blanc, on ne voit vraiment plus que lui, l'environnement disparait totalement dans une masse sans intérêt.

De nombreux photographes débutants considèrent la photographie en Noir et Blanc comme un sauvetage, un moyen de sauver de force une image couleur mal exécutée, mais rien ne saurait être plus éloigné de la vérité. Produire une superbe image en Noir et Blanc nécessite plus de talent que son équivalent en couleurs... Eh oui, les débutants se font souvent des idées fausses !...

Apprendre à reconnaître le ton, les formes, la lumière et les ombres est la clé d'une superbe photographie en Noir et Blanc. Nous allons vous expliquer pourquoi cela est vrai et comment vous pouvez faire passer vos images en Noir et Blanc au niveau supérieur ! Dans l'ère pré-numérique, la photographie en Noir et Blanc nécessitait des compétences, un choix de film, un choix de chimie, un choix de technique de développement et une installation de laboratoire, la philosophie était donc complètement différente. Dans le monde d’aujourd’hui, produire une image en Noir et Blanc peut être simplement un choix que vous faites quelque part sur votre chaîne de production.

Il est aujourd'hui très facile de créer une image en Noir et Blanc. Ce n’est pas facile, par contre d'en faire une extraordinaire !... L'un des problèmes les plus courants avec la conversion numérique en noir et blanc est soit un manque de contraste, soit trop de contraste. Je suppose que la plupart de ceux qui lisent cet article prennent des photos numériques. Pour cette raison, nous je vais renoncer à la discussion sur la photographie en Noir et Blanc concernant l’utilisation du film. Les bases sont les mêmes et la technique argentique est traitée par ailleurs. Cependant, bon nombre des principes abordés dans ce mini guide s’appliquent également à la prise de vue en photographie argentique.

Vous vous demandez peut-être: « D'où vient le terme image monochromatique ? Je pensais que nous parlions de photographie Noir et Blanc ? » Eh bien… voilà la réponse. Une photo en Noir et Blanc est une image monochromatique mais c’est aussi une photo sépia ou une photo en bleu et noir. Ce concept était plus facile à comprendre à l’époque des films car ces processus de « coloration » étaient appliqués chimiquement au papier photo Noir et Blanc. Il pouvait s'agir d'une impression sépia, mais également d'une impression Noir et Blanc puisque c'était une impression en Noir et Blanc Sépia. De nos jours, nous cliquons sur un bouton d'un logiciel et tout à coup l'image est en Noir et Blanc, ou tout en bleu, ou tout en rouge, ou tout en jaune. Je voudrais que vous compreniez que ce sont toutes des impressions monochromes. Une photographie monochromatique signifie que tout le spectre de couleurs a été supprimé, sauf une. Il s'agit d'une photo monochromatique en Noir et Blanc, malgré le fait qu'elle paraisse en dégradés de rouge...

Si vous ne deviez rien retenir d’autre de ce mini guide, je souhaite que vous accordiez une attention toute particulière à ce que je vais vous dire ici ! Dès la naissance, notre cerveau est entraîné à voir le monde en couleurs. Pour cette raison, de nombreux photographes, en particulier les photographes débutants, ont du mal à ré-entraîner leur cerveau à penser en termes de ton (ceci est plus clair ou plus foncé que cela). Le ton ne différencie pas les couleurs. Deux couleurs différentes peuvent avoir le même ton et deux couleurs de même ton apparaîtront de la même manière dans une image monochrome. Par exemple, une fleur a de l'intérêt en raison des nuances subtiles de couleur. Une conversion en Noir et Blanc de la même image apparaîtra terne et sans vie. C'est parce que toutes les couleurs présentes des tons similaires (ou proches). Lors de la conversion de vos images en Noir et Blanc, il existe des moyens d’ajuster les valeurs de couleur à certains tons. Nous en reparlerons plus tard. En argentique, outre le choix du film, on peut modifier les tons des couleurs en installant des filtres colorés devant l'objectif. Plus important encore, vous devez entraîner votre cerveau à voir le ton... ce n'est pas simple de prime abord, mais vous pouvez y arriver assez rapidement. Une excellente façon de le faire est d’acheter une paire de lunettes de soleil de grade très important mais avec des verres non colorés. Lorsque vous souhaitez faire une image pour une reproduction en Noir et Blanc, mettez les lunettes de soleil et visualisez la scène à travers un seul œil. Les lunettes de soleil élimineront efficacement (grandement) toutes les couleurs de la scène (en réduisant tout en nuances de gris), et en regardant avec un seul œil, vous obtiendrez la perspective bidimensionnelle d'un objectif d'appareil photo (et plus la perspective de stéréovision).

La question que se pose maintenant le photographe numérique est celle qui consiste à se demander s'il faut créer l'image directement en Noir et Blanc dans l'appareil photo ou s'il faut la créer en couleurs puis de la travailler en Noir et Blanc en post-traitement. Je vous suggérerai de ne pas le faire d'emblée. Bien que de nombreux boîtiers permettent maintenant cette option de création monochrome en interne, il existe des inconvénients importants. La seule raison pour laquelle vous pourriez choisir de créer une image monochrome en interne serait de ne pas posséder de logiciel de post-traitement. Je vous suggérerai de ne pas créer le fichier Noir et Blanc en interne car vous perdriez le contrôle de la conversion. Vous laissez l’appareil photo décider des valeurs de tonalité. Si vous effectuez la conversion à l'aide d'un logiciel, vous avez un contrôle beaucoup plus important sur la manière dont les couleurs seront transformées en tons. Pour bien maîtriser la photographie en Noir et Blanc, faites comme toujours, étudiez les maîtres photographes tels que Andre Kertesz, Alfred Eisenstaedt, Elliott Erwitt, Ansel Adams, Margaret Bourke White, Robert Capa, Garry Winogrand, etc., etc... Lorsque vous repérez une image que vous aimez, essayez de la recréer !...

Exposer une image en Noir et Blanc est similaire à l'exposition d'une photographie couleur. Mais lorsque vous entrez dans la phase de post-traitement, vous voudrez faire particulièrement attention au point noir et au point blanc. Avez-vous déjà regardé une bonne photo en Noir et Blanc et pensé « Les Noirs ont l'air bouchés … comme si quelqu'un avait versé de l'encre noire sur la photo. » Ou, au contraire, avez-vous remarqué des tons clairs totalement blancs ? Par exemple, vous ne pouvez même pas voir les boutons blancs d’une chemise blanche sur la photo. Ce sont les problèmes du point noir et des niveaux de points blancs. En général, lorsque vous exposez une image en Noir et Blanc, vous souhaitez exposer pour les tons clairs. Assurez-vous de ne pas surexposer pour ne pas laisser les détails disparaître !...

Une fois que vous en êtes au stade du post-traitement, ouvrez votre histogramme et réglez les niveaux de manière à ce que le point noir ne soit pas inférieur à 10 et que votre point blanc ne dépasse pas 248. À ces réglages, vos valeurs de noir seront reproduites de manière profonde et riche sans avoir l'air de taches d'encre, et vos tons clairs seront blancs sans être "soufflés".

Les outils de composition (voir ma page dédiée) s’appliquent aussi bien en couleur qu’en Noir et Blanc. Mais, encore une fois, il faut que votre esprit s'entraîne à voir les tons. Prenons, par exemple, la juxtaposition. Si vos éléments juxtaposés ont un ton similaire, ils risquent de perdre les valeurs contrastées qui sont un bon outil de composition. Les outils de composition tels que les lignes directrices, la courbe en S et la juxtaposition s'appliquent toujours. Vous voulez simplement vous assurer qu'ils ne perdent pas leur impact lorsqu'ils sont convertis en une image monochrome.

J'ai précédemment dit qu'il était judicieux de convertir notre image en Noir et Blanc dans notre logiciel de post-traitement. Il existe plusieurs façons de transformer une image couleur en Noir et Blanc. La méthode la plus simple consiste à supprimer la saturation de l'image ou à la transformer en un format d'échelle de gris plutôt qu'en RVB. Ces méthodes ne sont pas recommandées car elles ont tendance à créer des images plates sans gamme complète de tons. Elles limitent également votre capacité à manipuler les tons de l’image par la suite. Si vous êtes vraiment intéressé par la création d’images de qualité supérieure en Noir et Blanc, je vous conseille de lire mes pages sur le sujet et d'apprendre à bien utiliser votre logiciel de post-traitement. Bien sûr, il existe des plugins ou des logiciels dédiés à la conversion en Noir et Blanc mais réfléchissez bien à l'intérêt d'investir... apprendre une bonne technique est probablement plus long mais plus intéressant et moins cher !... Si vous ne voulez pas apprendre à utiliser et) jouer avec des logiciels supplémentaires, effectuez la conversion via le mélangeur de canaux. Vous pouvez ensuite ajuster les valeurs de tonalité RVB en déplaçant les curseurs vers le haut ou le bas. Les plug-ins offrent le plus haut degré de contrôle sur le processus de conversion et les valeurs de tons attribuées à diverses couleurs de l'image mais avec un minimum d'effort, vous pourrez obtenir le même résultat par vous-même. Je vous recommande vivement de suivre cette voie.

Si, par exemple, vous appliquez un filtre vert (de manière optique-filtre devant l'objectif- ou électronique -filtre intégré au boîtier numérique ou en post-traitement-) à une image en couleur, vous obtenez une image en couleur verte. Le filtre supprime toutes les valeurs du spectre de couleurs sauf le vert. Avec l’imagerie Noir et Blanc, l’effet donne exactement le contraire. C'est un point très important ! Vous pouvez ajuster la valeur de ton des couleurs dans votre image en Noir et Blanc en appliquant un filtre coloré. Cela peut être fait optiquement ou électroniquement. Je vous suggére de le faire par voie électronique en post-traitement, car cela permettra un plus grand degré de contrôle. En photographie Noir et Blanc, un filtre de couleur absorbe sa propre couleur du spectre. Le résultat est que quelle que soit la couleur du filtre, il éclaircira le ton de cette couleur dans l'image. Les couleurs opposées sur la roue chromatique deviendront plus foncées. Par exemple si vous placez une pomme verte et une tomate rouge sur une table et créez une image. L'image en Noir et Blanc obtenue est terne parce que la pomme verte et la tomate rouge ont le même ton. Si vous appliquez ensuite un filtre vert (optiquement ou électroniquement), la pomme devient plus claire et la tomate (le rouge étant la couleur opposée sur la roue chromatique) plus sombre, vous avez maintenant une photo plus agréable en raison de la différence de contraste. Les filtres colorés sont un outil important pour la numérisation ou la conversion en Noir et Blanc. Avec un bon logiciel de post-traitement vous pouvez même régler la nuance et l'intensité des filtres colorés, ce qui permet un contrôle précis de vos changements de ton !

Lorsque des photographes argentiques produisent des tirages en Noir et Blanc, ils « nuancent » parfois leur tirage. Cela est fait chimiquement en trempant l'épreuve dans une solution de virage. Les solutions de virage courants incluent sépia, sélénium, or, bleu et rouge. Il y a deux raisons pour virer un tirage l'atmosphère et la longévité. Parlons de l'atmosphère. Un tirage monochrome viré peut ajouter de l'ambiance à votre image. Imaginez une scène de plage désolée en Noir et Blanc prendre des tons bleus ou un parc très arboré avec le soleil qui brille à travers le feuillage présenté avec des tons dorés. Utilisez le virage avec parcimonie, uniquement lorsqu'il met en valeur votre sujet. La longévité est ajoutée à un tirage photographique en Noir et Blanc quand il est chimiquement viré.

Un dernier commentaire sur l’un des aspects principaux en ce qui concerne la photographie en Noir et Blanc : la photographie en Noir et Blanc a une durée de vie telle que l'on peut parler d'archive. Une impression photographique numérique en Noir et Blanc correctement produite peut durer plus de 100 ans. C'est un fait prouvé. Les fabricants de produits à jet d'encre revendiquent cette durée de vie. Les tirages argentiques sur papier Noir et Blanc ont résisté à l’épreuve du temps sur des durées incroyablement plus longues. S'il est important pour vous que vos images durent plus longtemps que votre propre vie, vous savez maintenant ce que vous devez faire.
- Faites de la photo argentique Noir et Blanc tirée sur un véritable papier Noir et Blanc aux halogénures d'argent. Ou demander le tirage de vos images numériques sur un véritable papier photo Noir et Blanc avec des grains halogénures d'argent, certains laboratoires proposent ce service.
- Faites en sorte que votre impression soit chimiquement virée (si elle convient à l'ambiance), ce qui peut augmenter la durée de vie de l'image.
- Montez et encadrez votre image en utilisant uniquement des matériaux de qualité "archive". Lors de l'encadrement, vous devez placer l’image sous un verre UV.

J'espère que ces informations et ces conseils vous inciteront à faire davantage d’images en Noir et Blanc et à les afficher fièrement. Qui sait, vous serez peut-être le prochain Ansel Adams !...

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EN N&B ON NE PEUT PAS SE CONTENTER DE DEVINER

La photographie en noir et blanc peut fournir des images d'une grande beauté qui donnent une sensation de classicisme… si elles sont vraiment bien exécutées !...

En numérique, photographier en noir et blanc implique plus qu'une simple conversion rapide dans un logiciel (je l'ai déjà dit cent fois !). Il fut un temps où toutes les photographies étaient uniquement réalisées en noir et blanc, et les gens étaient toujours en mesure de voir les différents tons (la gamme de tons) d'une scène naturelle en noir et blanc.

La photographie en noir et blanc est d'une immense beauté mais il est important de montrer les variations de tons en noir et blanc. Vous connaissiez le zone système développé par Ansel Adams et son pote Fred Archer. Non ? Et bien vous devriez ! Allez donc étudier la page correspondante ici et le petit cours de photographie ici, c'est vital pour faire du bon noir et blanc. Ansel Adams était connu pour ses célèbres photographies de paysages en noir et blanc. Vous le savez peut-être déjà, il tenait beaucoup à capturer autant de plage dynamique que possible dans ses images (du noir le plus profond -ombres- aux blancs les plus clairs -hautes lumières-). Il a donc développé ce système de mesure d’exposition (et de développement) qui le distingue des autres photographes de son temps. Ses images sont reconnaissables immédiatement tant la gamme de tons qu’elles représentaient était importante, c'était en quelque sorte sa marque de fabrique...

En numérique, apprenez à utiliser votre histogramme Gardez un œil sur votre histogramme pour vous assurer que vous disposez de toute une gamme de tons avant de commencer le processus de conversion en noir et blanc. Si vous effectuez une prise de vue en noir et blanc, assurez-vous que votre histogramme contient suffisamment de détails pour que vous puissiez faire ressortir dans les images une plage tonale parfaite. La photographie en noir et blanc ne consiste pas à capturer seulement le noir et le blanc (comme son nom semble le suggérer), mais à capturer toutes les autres nuances de gris qui se situent entre le noir et le blanc (c'est pourquoi il est préférable de parler de monochrome et pas de N&B) ! N'oubliez pas un fait important à garder à l'esprit lorsque vous utilisez le terme monochrome (différentes nuances d'une couleur) : toutes les photographies en noir et blanc sont monochromes, mais toutes les images monochromes ne sont pas en noir et blanc ! Une image monochrome rassemble tous les tons d'une couleur, qu'il s'agisse du noir, du bleu, du jaune, du rouge etc... Bref, revenons à nos moutons : Recherchez vous-même la différence d'histogramme lorsque vous modifiez le contraste et l'exposition dans une image. Portez une attention particulière à l'histogramme. Il suffit de regarder l'histogramme de la photo avec une exposition correcte, vous verrez qu'il y a une bonne gamme de variations tonales !

Maintenant il faut comprendre la tonalité. Pour le N&B vous devez choisir une scène dont les valeurs tonales sont contrastées. Oui, la tonalité compte. Qu'est-ce qui se passe si vous n'en tenez pas compte ? Vous obtiendrez tout simplement des images plates qui vous donneront une apparence sans vie et pas grand-chose à regarder. En réalité, toutes les images ne seront pas bonnes en noir et blanc et vous devrez peut-être les modifier un peu dans le processus de conversion pour qu'elles ne soient pas plates. Cela explique également que vous ne devez pas utiliser les paramètres de noir et blanc automatiques intégrés au boîtier, mais plutôt utiliser le format RAW en couleur et effectuer la conversion manuellement afin de pouvoir ajuster l'image plus tard pour obtenir la plage de tons souhaitée. Attention, au post-traitement, n'utilisez pas non plus les paramètres par défaut pour la conversion... Qu'est-ce que la tonalité ? C'est la clarté de l'image. C'est très important lors de la prise de vue en noir et blanc. Les couleurs qui très différentes peuvent, en fait, paraitre identiques lorsqu'elles sont converties en noir et blanc ! J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises, vous pouvez chercher ici. Mais une légère variation des couleurs (en restant dans le même groupe) peut créer de bonnes variations tonales !... Voici un exemple :

Il est donc nécessaire de choisir une bonne photo pour la conversion en noir et blanc. Alors, après avoir lu ce que je viens de dire, vous aurez besoin d’une photographie qui présente beaucoup d’ombres et de hautes lumières, une bonne gamme de tons et des textures ne feront pas de mal, au contraire elles vous permettront de créer une photo saisissante en noir et blanc. Cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas convertir correctement d'autres images, cela signifie simplement que ce sera plus difficile !... Oubliez donc ce que vous pouvez lire ailleurs sur internet, convertir en N&B une mauvaise image couleur ne présente aucun intérêt !...

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LES DEUX PLUS GRANDES ERREURS DES PHOTOGRAPHES NUMÉRIQUES QUI FONT DU N&B

Depuis les débuts de la photographie argentique, lorsque la chimie était si belle, la photographie en noir et blanc a été beaucoup plus permissive que la photographie en couleur. Permissive lors du franchissement de certaines limites, des températures de la chimie jusqu'au contraste dans l'image finale. De nos jours, cette nature permissive particulière du film N&B reste la même. La seule différence que je peux trouver entre le film N&B et la photo numérique c'est que maintenant, toutes les astuces se créent en post-production. Avant l'ère numérique, et après l’arrivée du film couleur, tout était une question de choix.

La photographie noir et blanc permet à quiconque de soustraire toute distraction d'une image en version couleur afin de transmettre le message de l'image de manière plus efficace. C'est pourquoi de nombreux photographes décident de travailler en monochrome, car ils ont une intention spécifique à transmettre.

La générosité du format monochrome est souvent ignorée et maltraitée par les photographes numériques amateurs. Cela se produit lorsque l'intention derrière la décision de créer une image en noir et blanc n'est pas entièrement comprise. Pour créer des images qui montrent le monochrome dans toute sa splendeur, il est nécessaire d'éviter les mauvaises pratiques.

Prise de vue directe en Niveaux de gris JPEG
Je sais que certains boîtiers permettent de capturer des fichiers RAW en monochrome qui peuvent ensuite être reconvertis en couleur. Mais cette technologie n'est pas disponible pour tout le monde... Je pense qu'il est important de conseiller de faire ses photos en mode RAW. La vérité est qu'avant de comprendre les avantages du format RAW, vous avez peut-être déjà réalisé des images importantes qui pourraient potentiellement devenir de magnifiques œuvres photographies en JPEG. Ce qui est triste, c'est que les images JPEG monochromes paraissent superbes sur l'écran LCD de l'appareil photo, mais elles manquent d'informations suffisantes pour vous permettre de tirer le meilleur en post-production.

La photographie numérique permet de photographier n'importe quelle scène en couleur. Vous pouvez ensuite décider si elle vivra en couleur ou en noir et blanc... Une des meilleures façons de commencer à développer un fichier RAW que vous avez décidé de développer en noir et blanc consiste à modifier les paramètres de contraste des canaux de couleur. L'image couleur est traduite en niveaux de gris en conservant toutes les informations tonales. Le contraste peut ainsi offrir un résultat plus agréable que ceux produits par les contrastes et la clarté. J'ai commencé à prendre des photos avec un appareil photo qui ne permettait pas de prendre des photos au format RAW. Mais j'ai beaucoup d'images monochromes que j'ai faites au début de ma "carrière" en numérique et que j'aimerais avoir en couleurs afin de manipuler le contraste de manière plus agréable et naturelle. C'est la raison principale pour laquelle je me suis créé une habitude et que je recommande de s'abstenir des modes créatifs offerts par les appareils photo et de shooter les scènes directement en couleur (et en RAW).

Essayer de corriger les erreurs d'exposition en convertissant les images en noir et blanc
Pendant longtemps, j'ai vu des personnes abuser de la nature généreuse de la photographie en noir et blanc. Et grâce à des incohérences visuelles dans certains albums, j'ai pu comprendre que la photographie en noir et blanc a été utilisée comme une technique de « sauvetage » lorsqu'une image prévue pour être en couleur ne se révèle pas comme prévu. Les situations de lumière peuvent être compliquées, mais cela peut très bien être résolu avec patience en utilisant les paramètres de tout logiciel RAW. Certains photographes utilisent (souvent) la photographie en noir et blanc comme ressource lorsqu'une image doit être exposée au-delà des capacités de l'appareil photo...

La photographie en noir et blanc doit être justifiée maintenant que nous produisons d’emblée des images couleur et que nous les transformons en monochrome. La décision du photographe ne doit pas rester au niveau superficiel de se dire « Tiens, j'aime bien ce à quoi ça ressemble, alors je vais laisser cette image telle quelle ! Sinon je l'aurais transformée en N&B !  ». L’intention de la photographie monochrome doit faire l’objet d’un engagement plus profond. C’est pourquoi la décision de transformation monochrome doit être justifiée par la valeur qu’elle apporte à l’image...

Ainsi, la photographie en noir et blanc ne consiste pas seulement à désaturer et à jouer avec les niveaux (et autres). Il y a toute une esthétique et un look que tout photographe engagé, passionné par le monochrome, finira par maîtriser au fil du temps. Ce n’est pas parce que la photographie a commencé par la production d'images monochromes que l’apparition de la couleur a rendu le noir et blanc ancien ou obsolète. Ces formats ne sont que deux manières de rendre la réalité et peuvent tous les deux coexister. La photographie numérique a changé notre façon de créer l'image noir et blanc. En plus de savoir exécuter la technique de conversion d’un fichier numérique couleur en image monochrome, chaque photographe doit apprendre à écouter la voix (intérieure) qui lui dit ce que ses images doivent posséder après avoir pris la décision esthétique de les traiter en monochrome. L'important, en réalité, n'est pas « comment faire des photographies en noir et blanc », mais plutôt de savoir « quand et pourquoi » une photographie doit être capturée ou créée en noir et blanc !...

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POURQUOI CRÉER EN N&B MÊME EN FAISANT DU RAW ?

Pourquoi choisir d'utiliser son appareil numérique en noir et blanc, même lorsqu'on utilise le format RAW ? En effet, quel que soit le mode de configuration de son boîtier, faire du format RAW c'est faire de la photo couleur !...

Si vous travaillez avec un boîtier sans miroir (mirrorless), ou plus largement avec un boîtier équipé d'un viseur électronique, le choix est simple. Si vous savez que, de toute façon, vous allez utiliser l'image en noir et blanc, le fait de pouvoir la visualiser dans le viseur électronique en noir et blanc, avant même d'avoir appuyé sur le déclencheur, signifie qu'il n'y a pas de place pour le doute. Cela signifie que vous êtes libéré de la distraction des couleurs pour continuer à shooter. Et lorsque vous capturez des photos au format RAW, vous disposerez toujours de l’image couleur complète si vous souhaitez utiliser une version couleur.

Travailler en RAW + JPEG en photographie numérique en noir et blanc permet de conserver le meilleur des deux mondes (couleur + N&B).

Vous qui lisez mes pages, vous savez que j'ai toujours eu une relation amour/haine avec le noir et le blanc numérique, à tel point que je fais plus de 95% de mes images monochromes en argentique. Mais il faut reconnaître que plus le matériel numérique évolue et plus les résultats obtenus en interne valent bien de nombreuses techniques de conversion en post-traitement, plus rien à voir avec une désaturation de l’image couleur -probablement la pire sorte de «conversion» en noir et blanc que vous puissiez faire pour une image-. De nombreuses marques offrent, soit intégré au boîtier, soit en libre téléchargement des styles d'image personnalisés.... sans pour autant approcher (et de loin) le noir et blanc argentique qui est encore (et restera probablement toujours) plus qualitatif.

Avec les reflex numériques, cependant, on ne voit évidemment pas le monde en noir et blanc à travers le viseur. Mais on le voit sur l'écran LCD juste après le déclenchement. C'est moins simple qu'avec un viseur électronique car il est beaucoup plus facile d’apprendre à voir la lumière lorsque l'on supprime les couleurs. Et shooter en Live View permet de visualiser en noir et blanc (comme avec un viseur électronique) avec certains reflex.

Créer des photos en noir et blanc en interne peut ne pas convenir à tout le monde. Mais si vous faites beaucoup de noir et blanc, cela vaut la peine d'essayer. Même si vous décidez en fin de compte de tout régler en couleur pendant la prise de vue et de traiter en noir et blanc lors du post-traitement...

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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