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Photographier sans lumière, une hérésie ? Puisque étymologiquement « photographie » veut dire « écrire | dessiner avec la lumière » on est en droit de le penser !... Mais qu'en est-il en réalité ?

Bien évidemment, il est impossible de faire de la photographie sans lumière... mais si l'œil humain est capable de voir dans des conditions lumineuses où le film est totalement insensible (ou à peine sensible) il est tentant de s'essayer à l'exercice... Les capteurs numériques sont beaucoup plus capables de se sortir de ces situations de faible éclairage que les films mais au prix de bruits plus ou moins importants selon le capteur. On ne fera donc pas de photo sans lumière mais de la photo avec très peu de lumière...

Pour ce type de photographie, un peu particulier, nous allons essayer de rassembler quelques trucs et astuces qui nous faciliteront la tâche...

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Au moment du choix du boîtier Prévoir du matériel complémentaire ?
Configurer son matériel Être créatif en photo basse lumière ?
Quid de la « nuit artificielle » ? Photographier en « fausse lumière » ?


AU MOMENT DU CHOIX DU BOÎTIER

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Possibilité de choix de hautes sensibilités

Cette capacité du boîtier est la première qui vient à l'esprit ! Et cela semble logique ! Mais dans la vraie vie, le choix de hautes valeurs ISO est rarement la priorité ! L'immense majorité des clichés effectués en basse luminosité est exposée à des valeurs comprises entre 100 et 400 ISO (!!!) de manière à conserver le maximum de qualité à l'image. Les possibilités de hautes sensibilités proposées par les boîtiers professionnels n'a d'intérêt que pour réduire les temps d'exposition... Chose dont le photographe amateur peut très bien se passer...

Possibilité de réglage manuel de la balance des blancs

Cette fonction est bien plus importante que la précédente, en effet, en faible lumière, la température de couleur est très critique... Cela dit, l'immense majorité des appareils reflex (et d'autres) propose cette fonction. Pour les autres types de boîtiers cela peut être plus difficile. Encore une fois, cette caractéristique peut très bien être absente sans pour autant vous pénaliser à condition que le boîtier puisse délivrer des images au format RAW... dans ce cas, l'équilibre des couleurs pourra s'effectuer à postériori (en post traitement). Au pire, vous pourrez utiliser une charte Greta MacBeth pour équilibrer les couleurs (voir ici pour sa fabrication et ici pour son utilisation).

Taille du capteur

Eh oui, cela ne tombe pas spontanément sous le sens, il faut penser à la taille du capteur au moment du choix... Plus le nombre de pixels par unité de surface est petit et plus chaque photosite est sensible à la lumière. Donc, plus le capteur est grand et plus le boîtier sera capable de fournir de bons résultats en photographie "basse lumière"... Un appareil full frame de 21 Megapixels aura un énorme avantage sur un capteur APS-C de 16 Megapixels, lui-même sera très avantagé par rapport à un capteur micro 4/3 de 12 Megapixels etc... En plus de la sensibilité de chaque photosite, il faut se souvenir (j'en ai déjà parlé par ailleurs) que le grand nombre de petits photosites enregistre plus de bruit que le petit nombre de gros photosites sur la même surface.

Cela dit, si vous disposez d'images au format RAW en sortie de boîtier et d'un bon logiciel de traitement d'image, vous pourrez combler largement les handicaps d'un plus petit capteur...

Philosophie du reflex

Tous les reflex ne se valent pas, à taille de capteur identique et à nombre de pixels identique, il est important de se renseigner sur la fonction de "renvoi d'image" pour la visée... Pentax, Canon, Nikon proposent des reflex dont la philosophie n'a pas varié depuis l'époque argentique : un miroir renvoie l'image dans le viseur pour la composition et ce miroir se relève lors de l'exposition... donc toute la lumière qui traverse l'objectif se retrouvera sur le capteur... Certains reflex Sony ou Samsung, eux, ont fait le choix de retirer le miroir reflex pour préférer un "miroir" semi transparent fixe... ce qui simplifie le mécanisme, permet de ne pas perdre la visée lors de la prise de vue mais qui diminue considérablement la quantité de lumière qui parvient effectivement au capteur !...

Possibilité de sélectionner individuellement les réglages automatiques

Il est capital de disposer d'un boîtier permettant de tout gérer manuellement : fini les ISO Auto, les modes résultats, les modes scènes et autres automatismes...

Il faut être en mesure de sélectionner sciemment sa sensibilité (même si vous la voulez haute), et il faut désactiver tous les modes automatiques d'exposition ainsi que tous les modes scènes (sélectionnez le mode "neutre"). Par contre, il faudra idéalement activer tous les modes de réduction de bruit : bruit "haut ISO" et bruit "temps de pose long". N'oubliez jamais de tester les puissances des fonctions de réduction de bruit : réglées trop fortes elles vont totalement tuer vos photos, réglées trop faibles elles laisseront beaucoup trop de bruit...

Analyser les modes d'exposition

Les reflex d'entrée de gamme et les autres types de boîtiers proposent un mode "nuit" qui est très ambigu, en effet, ce mode est totalement inefficace pour la photo en faible luminosité !...

Les modes d'exposition semi-automatiques comme les modes P (programme), Tv (priorité vitesse), Av (priorité ouverture) permettent des réglages de longue durée d'exposition mais généralement limitée à 30 secondes (parfois -mais c'est rare- 60 secondes) ce qui s'avère souvent insuffisant.

Le mode manuel doit absolument être proposé mais ce mode est également limité à 30 secondes de temps d'exposition (généralement), il faut donc systématiquement utiliser le mode B (bulb). De nombreux boîtiers semblent ne pas proposer de mode B alors qu'ils en sont pourvus (!!!) en effet, ce mode B est souvent "caché" dans le réglage de la vitesse... si vous augmentez la durée d'exposition au delà du maximum prévu (généralement 30 secondes) vous voyez apparaître la vitesse B !!! Ce système est moins pratique que l'accès direct au mode B depuis la roue de sélection mais cela ne change rien... Le mode B est le mode à utiliser (quasi) systématiquement !...

Vérifiez la présence d'une interface déclenchement à distance

Qui dit temps de pose long dit utilisation d'un déclencheur "souple" ou télécommande filaire ou IR. Il faut que votre boîtier soit équipé d'une telle interface si vous souhaitez des images nettes.

Le fin du fin étant également la possibilité d'utiliser la levée anticipée du miroir (sur les reflex).

Si votre boîtier n'accepte pas de déclencheur "souple", il possèdera au moins un retardateur de déclenchement qui fera également très bien l'affaire, même s'il sera moins souple que la télécommande...

Assistance autofocus

En faible luminosité, la mise au point manuelle est quasiment impossible... L'autofocus ne fait pas mieux !... Il faut donc s'inquiéter de savoir si le boîtier dispose d'une assistance à l'autofocus, soit par une diode d'assistance soit via le flash intégré...

Live View

En photographie basse lumière, la mise au point manuelle est quasiment impossible (je l'ai déjà dit au dessus) par contre, l'utilisation du Live View peut apporter un plus non négligeable... En plus de la mise au point, pour peu que votre boîtier affiche en temps réel (en Live View) l'histogramme, ce sera le paradis...

Flash

Dans ce type de "sport" le flash est l'ennemi !!! Vérifiez bien que le boîtier est en mesure de déclencher en faible luminosité sans utiliser le flash intégré !!!

Au total

Vous voyez qu'il n'est pas nécessaire de rechercher le top du top en matière de boîtier... tout le monde sera en mesure de s'acheter un boîtier permettant la photographie en "basse lumière", même si un reflex serait préférable, il ne sera pas indispensable...

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PRÉVOIR DU MATÉRIEL COMPLÉMENTAIRE ?

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Il est très difficile de lister tout le matériel dont vous pourriez avoir besoin pour cet exercice puisqu'en fonction des conditions de prise de vue la liste du matériel complémentaire pourra considérablement augmenter (par exemple un gros anorak pour la photo de nuit en extérieur l'hiver...). Je vais donc me limiter au matériel minimum indispensable et éventuellement quelques petits matériels très pratiques, recommandés mais non indispensables...

Le premier accessoire à envisager, le seul qui soit réellement indispensable : un système de fixation stable pour le boîtier !... Vous allez me faire remarquer que j'aurais pu l'appeler par son nom : un « trépied » mais c'est volontairement que je n'ai pas utilisé ce mot ! En effet, si le trépied est certainement le meilleur moyen (et surtout le plus pratique) de maintenir fermement la stabilité du boîtier, il peut être avantageusement remplacé par un mur, un toit de voiture, une selle de motocyclette, une souche d'arbre ou tout simplement un sac de sable (ou de noyaux de cerises, ou de riz ou de tout ce que vous voulez...). La liste est infinie, mais quoi que vous choisissiez il faut veiller à la solidité de l'ensemble : le boîtier doit être sécurisé puisque vous effectuerez des poses longues incompatibles avec un équilibre précaire. Outre la solidité, il faut veiller à l'efficacité du maintien de la stabilité : un cube de bois peut supporter solidement votre boîtier mais s'il est déposé sur de l'eau par temps venteux, il ne permettra aucune stabilité à cause des vaguelettes créées pas le vent sur le plan d'eau !...

Dans la rubrique accessoire non indispensable mais fortement recommandé on trouve la (ou les) batteries de secours... En effet, tant que l'obturateur est ouvert, le boîtier "pompe" de l'énergie. Si, en plus, vous utilisez l'éclairage de l'écran LCD (indispensable pour vérifier les réglages) et encore plus si vous utilisez le Live View, votre batterie ne tiendra pas des heures !...

Deuxième accessoire, sinon indispensable mais au moins fortement conseillé : le déclencheur souple (que les nouveaux venus en photographie -qui n'ont connu que le monde numérique- appelleront plus volontiers -et à raison- des télécommandes, qu'elles soient filaires, infrarouges ou radio commandées). J'ai dit qu'il n'était pas indispensable, mais uniquement si votre activité ne nécessite pas un temps de pose supérieur au maximum autorisé par votre boîtier !... Si une pose de 30 secondes est suffisante, le retardateur du boîtier fera parfaitement l'affaire. Si, par contre, il vous faudra des temps de pose supérieurs, donc nécessité d'utiliser la pose "B" (Bulb), le retardateur ne vous apportera strictement rien... en effet, en pose "B", l'obturateur ne restera ouvert que le temps que le circuit de déclenchement reste fermé (avec le doigt sur le bouton déclencheur ou avec une télécommande qui maintient le circuit fermé). Ne prévoyez donc pas d'économiser 10€ pour un déclencheur filaire (à moins que vous ne souhaitiez en bricoler un vous même, par exemple comme ici -pour Pentax, Canon -avec interface MiniJack-, ou toute autre marque équipée d'une interface MiniJack).

Autre accessoire non indispensable mais fortement conseillé, auquel peu de photographe pense : la lampe torche !!! Si vous partez en photographie basse lumière, vous aurez énormément de mal à gérer votre shooting dans un noir quasi complet (!!!) Seules les informations du boîtier affichées sur écran rétro-éclairé étant réellement accessibles, tout le reste devant se faire « à l'aveugle » !!! Maintenant, si un serre tête ne vous dérange pas trop, une lampe frontale sera encore plus intéressante puisqu'elle vous libérera les deux mains !..

Encore un accessoire auquel presque personne ne pense et qui est quasiment indispensable, surtout lorsqu'il s'agit de pose longue : le tissu micro fibre accompagné de la poire soufflante (ou la bombe d'air comprimé). En effet, la moindre poussière sur la lentille frontale de l'objectif (ou celle côté boîtier) donnera une drôle de tache après une pose longue... pensez donc à bien dépoussiérer les lentilles de l'objectif...

Si vous en avez les moyens, un posemètre (type spot mètre) hypersensible pourra vous être d'une aide non négligeable (mais vous pouvez également tâtonner pour un résultat plus long à obtenir mais de même qualité au final !).

Si votre trépied n'en dispose pas, ce serait une excellente idée de se procurer un niveau à bulle 3D. La prise de vue en faible lumière n'aide pas franchement le cadrage "droit". Ce petit accessoire très peu cher, à fixer sur le sabot porte flash, vous aidera grandement. Mais de nombreux appareils disposent aujourd'hui d'un "horizon artificiel" intégré...

Un autre accessoire très pratique (mais non indispensable) : un chronomètre, si possible avec affichage digital et écran rétro éclairé (puisque laisser sa lampe torche allumée pendant la pose va démolir toute chance de réussite de la photographie en basse lumière !...

Puisque vous utilisez des poses longues, il faut s'assurer qu'aucune lumière parasite ne vienne perturber votre photo d'où l'utilisation systématique d'un cache oculaire (il est généralement fourni avec votre boîtier mais encore faut-il penser à s'en servir !!!)

Il nous faut maintenant envisager le problème du choix de l'objectif ! En toute logique (et de nombreux photographes -dont je ne suis pas- estiment que c'est un paramètre indispensable à prendre en compte !) il faut envisager un objectif ultra-lumineux ! En effet, un objectif f/1.4 laissera passer 4 fois plus de lumière qu'un objectif f/2.8 et 8 fois plus qu'un objectif f/4, ce qui n'est pas négligeable dans un contexte de faible lumière mais, dans la mesure où on sera "condamné" à utiliser des poses (très) longues, est-il réellement nécessaire de se "ruiner" en achetant un objectif f/1.4 pour faire des poses de 30 secondes alors qu'on pourrait obtenir le même résultat en utilisant un objectif f/4 et un temps de pose égal à 4 minutes ? Bien sûr, avec des temps de pose aussi long il faudra prendre en compte l'effet Schwarzschild (nous en reparlerons plus loin) et envisager la capacité de notre boîtier à ne pas générer trop de bruit (ou plutôt les algorithmes de réduction de bruit super efficaces !). Donc n'allez pas vous mettre votre conjoint (ou votre banquier) à dos uniquement pour faire de la photo en basse lumière... j'ai déjà utilisé des objectifs f/5.6 en basse lumière avec des résultats plus qu'intéressants !...
Toujours au sujet des objectifs, il faut se souvenir que, dans la mesure où la mise au point est difficile en basse lumière, il est préférable de se ménager une marge de sécurité en ce qui concerne la profondeur de champ ! Qui dit augmentation de la profondeur de champ dit systématiquement focale plus courte ! Ainsi, en photographie en basse lumière, dans la mesure du possible, préférez un objectif grand angle à un téléobjectif.

Dernier point concernant les objectifs : les poses longues engendrent des aberrations qui seront plus ou moins bien corrigées selon l'objectif utilisé : un zoom possédant plus de lentilles qu'un objectif à focale fixe, il sera plus à même de souffrir pendant les poses longues (mais les zooms d'excellente qualité valent bien des focales fixes de qualité moyenne voire de bonne qualité !!! je rappelle les énormes progrès de l'industrie optique ces dernières années)

En gros, c'est tout ce qui mérite d'être souligné mais libre à vous de rallonger la liste...

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CONFIGURER SON MATÉRIEL

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Dans la mesure où la photographie en base lumière impose une parfaite stabilité de l'appareil ainsi que l'utilisation d'un "déclencheur souple", en vous plaçant en mode d'exposition M (manuel) vous avez une totale liberté de choix, tant de la sensibilité ISO que de l'ouverture du diaphragme... la vitesse n'est plus un paramètre prédominant puisque vous n'êtes pas limité en temps de pose (à condition d'avoir un appareil numérique qui gère bien le bruit et un bon logiciel de post traitement qui retravaillera encore plus le bruit...). En photographie argentique, le bruit n'est pas un problème, il est inexistant ! En photographie basse lumière vous n'êtes plus limité aux vitesses permettant d'éviter le flou de bougé.

Les réglages exacts sont fonction de votre sujet et de la façon dont il est éclairé, c'est bien évident, mais souvenez vous bien qu'il existe une base de travail (ce n'est pas une loi générale !) que j'ai adopté depuis longtemps : ISO = 100 pour limiter le bruit le plus possible, une faible ouverture f/11 à f/16 (malgré les risques de diffraction avec des objectifs pas trop "top") et la vitesse... sera déterminée par soit un posemètre ultra sensible soit avec l'habitude soit avec des tâtonnements par tests successifs.

En fait, cette "règle 100/16/x" (100 ISO | f/16 | vitesse à déterminer) n'est pas applicable à tout type de photographie basse lumière non plus ! Donc je vais me fendre d'une base de travail un peu plus spécifique au type de photographie basse lumière :

Sujet
ISO
Diaphragme
Vitesse
Architecture de nuit
100
5.6~8
15 sec
Architecture le soir
100
5.6~8
1/30
Paysage au clair de lune
100
5.6~8
4~5 min
Pleine lune plein cadre
100
8~11
1/250
Concert "remuant" type Rock & Roll
800
2.8~4
1/125
Concert "calme" / Théâtre
400
2.8~4
1/60
Sport "rapide" extérieur nuit (lumière artificielle)
1600
4~5.6
1/125
Fête foraine (photo effet avec manèges flous)
100
11~16
15 sec
Fête foraine (photo effet avec certains manèges flous)
100
5.6~8
1/60
Circulation avec filés de phares
100
11~16
15~30 sec
Architecture d'intérieur -cathédrale- de nuit éclairage artificiel
100
11~16
4 sec

Ce tableau vous montre bien que ma "règle de base" n'est pas franchement respectée !... Et encore, ces valeurs ne sont qu'un point de départ puisqu'il faudra tester "dans la vraie vie", tous les événements ne sont pas éclairés partout de la même manière...

Choisir sa sensibilité ISO

J'en ai déjà parlé ci-dessus -et en plus, vous l'aurez compris en épluchant le tableau ci-dessus- : le but de la manœuvre est de sélectionner la sensibilité la plus basse possible (pour limiter les effets de bruit) tout en ayant une vitesse d'obturation adaptée au type de photographie que vous souhaitez faire en basse luminosité. Il serait dommage de monter à 12800 ISO pour bénéficier d'une vitesse de 1/500è de seconde pour photographier un paysage de nuit (le paysage sera beaucoup plus beau à 100 ISO et qu'importe un temps de pose de près d'une minute), de même, il serait dommage d'obtenir une photo non bruitée mais totalement floue de votre joueur de football préféré marquant le but décisif de la saison simplement parce qu'à 100 ISO il vous fallait une vitesse de 1 seconde !...

Donc en résumé : sensibilité minimale permettant d'obtenir une vitesse adaptée au type de la photo.

Choisir son diaphragme

J'en ai également parlé plus haut : le but de la manœuvre est de maximiser la profondeur de champ afin de contrecarrer la difficulté de mise au point en faible lumière. Pour ce faire, on devra choisir la plus petite ouverture possible qui n'entraîne pas trop de dégradation de la qualité de l'objectif.

Si votre parc d'optiques n'est pas du très haut de gamme, la limite des diaphragmes utilisables sera rapidement atteinte. Il sera alors nécessaire de vous tourner vers des objectifs grand angulaires (qui offrent une profondeur de champ supérieure) tout en gardant une ouverture modérée.

Bien sûr, l'idéal étant le cumul des deux : grand angle et petit diaphragme. Malheureusement un grand angle n'est pas toujours utilisable (selon la photo) et on se retrouve à la limite de "l'art du photographe" : le compromis !...

Donc en résumé : la plus petite ouverture permettant une qualité d'image acceptable.

Choisir sa balance des blancs

La balance automatique des blancs est généralement très puissante... en conditions de bonne luminosité et devient rapidement inopérante (ou du moins, elle fait n'importe quoi) dès que la luminosité baisse. Pour régler la bonne balance des blancs, la première chose à faire est d'utiliser un réglage adapté aux conditions réelles (lumière tungstène par exemple).

Sinon, l'idéal est de créer un réglage personnalisé de la balance des blancs (si le boîtier le propose) : utilisez une surface blanche -ou gris neutre- que vous photographiez plein cadre dans les conditions réelles de la prise de vue en faible luminosité et déterminer cette "couleur" comme étant du blanc (ou du gris neutre).

Mais il y a mieux : un cache objectif spécial pour créer sa balance des blancs, ce n'est pas cher, ça fonctionne MAIS il en faut un par diamètre de lentille frontale... si vous avez beaucoup d'objectifs, c'est vite problématique. SINON, il y a cette technique super efficace, super pas chère, super universelle à découvrir ici !!!

Personnellement, je préfère oublier la balance des blancs à la prise de vue !... donc je shoote en RAW, je m'occuperai de la balance des blancs en post traitement... C'est le meilleur conseil que je puis vous donner : shootez en RAW, shootez en RAW et shootez en RAW... La balance des blancs en post traitement est très précise et très simple à faire... en plus, puisque vous devrez utiliser le logiciel de post traitement pour corriger le bruit de l'image, vous pourrez tout faire dans le même workflow !...

Choisir sa vitesse

Comme nous l'avons déjà vu, ce paramètre est généralement le dernier à prendre en compte en photographie basse luminosité MAIS doit tout de même rester dans les limites des nécessités techniques. En photographie de paysage ou d'architecture de nuit, la vitesse peut être aussi lente que l'on veut, il y aura toujours un bon résultat. Une photographie de sujets (ou d'objets) en mouvement nécessite toutefois une vitesse plus courte et adaptée à la vitesse de déplacement du sujet ainsi qu'à la quantité de flou que vous souhaitez faire apparaître à l'image.

Il n'y a pas de règle générale... si vous avez besoin d'une vitesse très très lente : oubliez ce que vous avez lu plus haut, baissez la sensibilité ISO à 50 (si le boîtier le permet) ou 100, fermez votre diaphragme à f/32 (si l'objectif le permet) sinon à f/22 et tant pis pour les problèmes que cela peut éventuellement entraîner. Si ce n'est pas encore suffisant pour vous, ce qui est peu probable, personne ne vous empêchera d'utiliser un filtre gris neutre malgré la faible luminosité ambiante... souvent, on obtient de beaux effets en laissant l'obturateur ouvert beaucoup plus que de raison !... Si, au contraire, il faut une vitesse relativement importante, tant pis, augmentez la sensibilité ISO au maximum "admissible" (12.800 semble une limite tout à fait acceptable avec les bons capteurs, on peut essayer encore plus -25.600- si on possède un bon logiciel de post traitement, mais franchement, une fois arrivé à 51.200, malgré un bon capteur, malgré un bon logiciel, c'est l'intérêt de la prise de vue qui est à discuter) et ouvrez votre diaphragme au maximum (1.4 si possible, 2.8 c'est encore pas mal).

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ÊTRE CRÉATIF EN PHOTO BASSE LUMIÈRE ?

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S'il est vrai que la gestion efficace des paramètres d'exposition est un travail à part entière en basse lumière, elle ne doit pas cantonner le photographe dans un rôle passif et simplement technique !... Bien au contraire !!! Le fait de travailler avec un obturateur ouvert longtemps doit être mis à profit pour créer des images inhabituelles...

La lampe torche

Même si le temps d'exposition a été déterminé pour un paysage (par exemple) de nuit, personne ne pourra vous empêcher de modifier un peu la réalité en soulignant des éléments de votre paysage par l'ajout de lumière émanant d'une lampe torche. Qu'importe la température de lumière : une atmosphère de nuit avec un ou plusieurs éléments "peints" avec un faisceau lumineux de faible intensité (comme une lampe torche) créera inévitablement une image irréelle du plus bel effet !...

Le flash

Dans le même ordre d'idée, "l'open flash" (donner un ou plusieurs coups de flash obturateur ouvert) apportera une ambiance intéressante aux photos en basse lumière : le "fond" sera parfaitement exposé grâce au temps de pose important et le (ou les) coup(s) de flash permettra(ont) de créer un "clair/obscur" des plus intéressants.

De même, vu la faible portée des flashs, on peut photographier en "open flash" des endroits noirs (comme des grottes par exemple) en donnant de nombreux coups de flash dans toutes les directions. L'exercice n'est pas aisé, mais si la photo est réussie, elle sera grandiose !...

À l'inverse de ce que je viens de décrire, il est possible de réduire la lumière du flash à un tout petit spot qui soulignera une toute petite zone de la composition avec un résultat souvent très intéressant.

Les lumières « parasites »

Parasite, dans le sens de cet article, sous entend non pas un accident qui détruit une photo mais bien plus une source lumineuse "incongrue" judicieusement placée dans l'image pour donner un autre sens à la photo. La lumière "parasite" la plus intéressante est fournie par les phares d'une voiture.

Mais il est une source lumineuse à laquelle on ne pense pas forcément et qui peut donner des effets intéressants à une photo : l'extrémité incandescente d'une cigarette... Obturateur ouvert (pose longue) l'opérateur se déplace avec une cigarette allumée qui laissera une trace du déplacement dans l'image alors que le porteur de la cigarette sera totalement invisible puisqu'il ne sera pas éclairé !...

Transformer les spots lumineux

Vous n'aimez pas les filtres dits "créatifs" (qui ne le sont pas franchement !) ? Moi non plus ! Mais sur une scène de nuit, il ce peut que votre composition présente des points lumineux que vous pourriez avantageusement transformer en "étoiles" ! Sans faire l'acquisition de filtre, modifiez vos paramètres d'exposition de manière à utiliser un diaphragme à f/16~f/22 voire f/32 et les points lumineux se traduiront par des étoiles lumineuses...

Au final

La créativité en basse lumière ne présente pas plus de limites que la créativité au grand jour... il faut savoir oser, tester plusieurs moyens plus ou moins novateurs au seul risque d'obtenir un résultat un peu moins intéressant que celui souhaité.

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QUID DE LA « NUIT ARTIFICIELLE » ?

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Mais photographier sans lumière ne sous entend nullement de pratiquer la spéléologie ou se limiter à la photographie nocturne !... Les amateurs de « pose longue » sont légion et leur nombre ne cesse d'augmenter !... De tout temps on trouvait sur le marché des filtres pour limiter l'arrivée de lumière sur la surface photographique (film puis capteur numérique) pour augmenter le temps de pose, sans pour autant engendrer de modification des couleurs... c'est ce que l'on appelait des filtres gris neutre ou filtres de densité neutre ou filtres ND. Généralement ces filtres étaient proposés dans des gradations "douces" de ND 2 à ND 8 pour limiter les trop forts écarts de luminosité. Plus récemment sont apparus les filtres ND de forte gradation allant de ND 400 à ND 1000 !... Parallèlement à ces "nouveaux" filtres de forte gradation sont nés les filtres de gradation variable ND2->ND400 et autres.

Les filtres de forte gradation sont très intéressants pour obtenir d'énormes durées d'exposition pour capturer des images assez irréelles ou pour faire disparaître des images des éléments mobiles indésirables... Par contre, ces filtres sont extrêmement chers (> 300€ selon le diamètre) pour une utilisation relativement limitée. De plus, malgré des tarifs élevés pour les filtres de meilleure qualité, la neutralité sur les couleurs n'est plus garantie !... Cela pose donc un énorme problème en photographie couleur argentique avec "récupération" obligatoire sous l'agrandisseur et, en numérique, nécessite un travail de "récupération" en post traitement numérique...

Est alors née l'idée chez certains bricoleurs de génie d'utiliser des filtres de soudure pour remplacer les filtres ND de forte gradation... certes avec les filtres de soudure on crée une importante dominante colorée, mais après tout, retravailler en post traitement la dominante causée par un filtre à prix ridicule (j'en ai acheté 2 de 12x14cm pour moins de 10€ port compris) ou retravailler en post traitement la dominante causée par un filtre à 300€... le choix est vite fait !...

Il y a bien longtemps que la technique du filtre de soudure a été décrite sur internet, je ne vais donc pas m'éterniser et essayer de réinventer le fil à couper le beurre... je vais simplement vous en parler en vous donnant des éléments très importants que l'on ne trouve pas sur les autres sites que j'ai pu consulter... et insister plutôt sur des aspects techniques qui vous faciliteront la vie...

La forme des filtres de soudure

On trouve des filtres de soudure sous différentes formes, des ronds, des carrés, des rectangulaires de différentes tailles. Malheureusement, comme par hasard, les filtres de soudure les plus fréquents ne correspondent pas du tout aux dimensions "classiques" de nos objectifs... Personnellement j'ai opté pour de "grands" filtres de 12x14cm, dans la mesure où la lentille frontale de mon objectif de plus grand diamètre est de 82mm, je pourrai utiliser mes filtres sur tous mes objectifs en bricolant un porte filtre (voir la rubrique "bricolages" pour en apprendre plus).

Points importants à noter

Il est tentant de courir les prix les plus bas, c'est légitime, MAIS vérifiez systématiquement l'inscription de la norme CE (ou autre pour les pays hors Union Européenne)... je suis sûr que certains fabricants ne se gêneront pas pour vendre des matériaux non normalisés... et, le jour où vous aurez envie de pousser les expériences photographiques à des sujets très lumineux... vous vous brûlerez les yeux !...

Cela dit, quel que soit le n° de votre filtre de soudure, n'essayez JAMAIS de photographier le soleil !!! Et si vous n'êtes pas sûr de la qualité de votre filtre (hors norme CE -ou autre hors Union Européenne-) évitez également la photographie de métaux (ou minéraux) en fusion !!!

La gradation des filtres de soudure

Il existe des filtres de soudures de diverses gradations différenciées par des nombres. Il existe globalement des filtres allant du numéro 5 au numéro 15. Cela est bien joli, mais comment faire pour transcrire un numéro de filtre de soudure en équivalent NG ?

Il a été décrit plusieurs techniques de détermination du nombre de diaphragmes mais elles sont toutes très discutables puisque toutes basées sur le tâtonnement par essais successifs... C'est ainsi que l'on trouve sur internet des photographes considérant leur filtre de soudure N°12 comme étant de valeur 10 diaphragmes et d'autres comme étant de valeur 14 diaphragmes (!!!) Sachant qu'une différence d'1 diaphragme représente 2 fois moins de lumière, comment voulez-vous faire de la photo en partant sur des bases "floues" de 4 diaphragmes ?... soit 32 fois moins de lumière pour un auteur par rapport à un autre !...

Il me fallait donc trouver un moyen de retranscrire un peu plus finement la corrélation entre numéro de filtre de soudure et nombre de diaphragmes... Je ne vais pas entrer dans les détails de la démonstration mathématique (!!!) cela va ennuyer tout le monde et ne rien apporter d'intéressant, je vais donc vous donner une formule simplifiée (donc approximative) mais suffisamment fine pour ne plus s'astreindre à faire des tests pendant des heures (et faire tourner le compteur de l'obsolescence de nos boîtiers numériques !) :

Connaissant N, le numéro du filtre de soudure, on peut estimer que D, le nombre de diaphragmes "perdus" par ce filtre est de :

D = 1,4 x (N - 1)

Soit, pour la gamme de filtres de soudure disponibles, on obtiendra :

N (numéro du filtre)
D (diaphragmes)
5
5,6
6
7,0
7
8,4
8
9,8
9
11,2
10
12,6
11
14,0
12
15,4
13
16,8
14
18,2
15
19,6

Sur ce tableau, on voit donc que toutes les personnes intéressées par un filtre ND 1000, soit 10 diaphragmes, devraient se tourner vers un filtre de soudure n°8 (ou n°9) et non pas n°12 ou n°13 comme on peut souvent le lire sur internet... Pour vous apporter des éléments "palpables", je me suis procuré 2 filtres de soudure, un n°8 et un n°12 ce qui me permet d'avoir trois niveaux de diaphragmes : ND 10 (pour le filtre n°8), ND 15 (pour le filtre n°12) et ND 150 (pour l'association des deux filtres. En effet, l'addition de filtre se traduit par la multiplication des indices !). Mais il ne faut pas rêver, 150 diaphragmes c'est totalement inutilisable sauf, peut-être, pour photographier le soleil en plein cadre MAIS À NE SURTOUT PAS FAIRE... MÊME AVEC 150 DIAPHRAGMES ON SE BRÛLERAIT LES YEUX !!!)...

Utilisation pratique des filtres de soudure

Nous venons de déterminer le nombre de diaphragmes pour le numéro de filtre de soudure, c'est bien joli, mais qu'est-ce que cela signifie dans la pratique ?

Lors de la prise de vue en pose longue avec ce type de filtres, il faut utiliser son boîtier en mode M (manuel) de façon à pouvoir sélectionner chacun des paramètres manuellement, l'intervention d'un réglage automatique quelconque causera l'échec... En numérique, l'idéal étant d'utiliser le réglage ISO manuel à sa valeur la plus basse puisqu'il faut éviter, autant que faire se peut, l'apparition de bruit ISO... puisqu'une pose longue génère déjà du bruit... inutile donc d'additionner les effets négatifs sur la qualité finale de l'image. Qualité qui sera déjà un peu dégradée puisqu'un filtre de soudure n'aura jamais la qualité optique d'un filtre photo !...

Dans la mesure où on sait d'avance que nous allons créer une forte dominante colorée, il est impératif de photographier au format RAW (en numérique) de façon à récupérer l'équilibre des blancs (balance des blancs).

Il est très important de désactiver la balance des blancs automatique sur le boîtier, sous peine de ne plus vous en sortir par la suite !... Si vous photographiez en lumière du jour, réglez la balance des blancs sur lumière du jour, tungstène pour tungstène, nuageux etc, etc... de manière à ne plus avoir à corriger que le vert !... Une déviation colorée est "simple" à récupérer, deux, c'est beaucoup plus compliqué !...

Il est, bien évidemment, indispensable de placer son boîtier sur un trépied très stable. Il faudra ensuite composer son image sans filtre sur l'objectif (!!!) puisqu'une fois le filtre en place on ne verra plus rien dans le viseur !... Lorsque le cadrage et la mise au point (également manuelle) seront corrects, viendra le moment de décider de la profondeur de champ et de régler l'ouverture du diaphragme en conséquence. Vient ensuite le moment de déterminer la vitesse d'obturateur de façon à obtenir une exposition correcte avec le diaphragme choisi. Ensuite, il ne faudra surtout pas oublier d'occulter le viseur, toute fuite de lumière par ce chemin entraînera un échec !... Tous ces réglages se faisant sans que le filtre soit monté sur l'objectif, bien sûr !... Je ne devrais pas préciser qu'il est préférable d'utiliser la levée anticipée du miroir et une télécommande de déclenchement (fil, radio ou IR) ou le retardateur, mais il ne faut rien négliger...

Tout cela étant fait, on ne modifie plus rien des réglages !... On pourra mettre le filtre en place sur l'objectif. Attention... si votre objectif présente une variation de longueur lors de la mise au point, il faudra fixer gentiment le filtre de façon à ne pas modifier la mise au point !...

Tout est en place... il ne reste plus qu'à modifier la vitesse d'obturation pour compenser la perte de lumière engendrée par le filtre... et c'est là le moment de ne pas se tromper... au risque d'abandonner l'exercice à tout jamais... Mais ce n'est pas très compliqué dans le fond, à condition d'être logique... Connaissant la vitesse d'obturation nécessaire en l'absence de filtre (je vous conseille de la noter) d'une part et, connaissant la perte de diaphragme du filtre d'autre part, il est aisé de corriger la vitesse...

Une perte d'1 diaphragme généré par le filtre est compensée par l'augmentation d'1 vitesse. Trop compliqué pour vous ? Non, bien sûr, mais il ne faut pas se perdre dans son raisonnement lors de cette phase... C'est pourquoi je vais vous apporter deux réponses très simples pour vous en sortir sans risque et sans gâchis :

1ère technique :
Soit D la perte de diaphragme occasionnée par le filtre (tableau ci-dessus) et vo (vitesse d'origine) la vitesse d'obturation déterminée avant la mise en place du filtre, la vitesse Vc (vitesse corrigée) à utiliser avec le filtre en place sera :

Vc = vo x 2 puissance D (ou Vc = vo x 2^D)

C'est aussi simple que ça... aucune erreur possible... Bien sûr, il est préférable d'emporter une calculette sur son lieu de shooting, mais bon, ce n'est pas la mer à boire... Cette technique est infaillible mais un peu théorique, en effet, puisque la valeur de D n'est pas systématiquement entière, vous allez vous retrouver avec des fractions de valeurs de vitesse... il suffira d'arrondir puisque la fraction de vitesse manquante sera largement compensée par la latitude de pose du film (et même du capteur !) et le fait de tirer en RAW permettra de rattraper les éventuels problèmes d'exposition...

2ème technique :
Elle n'est pas différente de la première sauf qu'il vous faudra faire les calculs à domicile et inscrire sur un carton la correction à appliquer en fonction du filtre que vous utiliserez... N'étant pas à un effort près pour vous aider, je vais vous fournir un tableau tout fait :

vo
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
2
00:01:37
00:04:16
00:11:15
00:29:42
01:18:25
03:26:56
09:06:08
24:01:12
xxx
xxx
xxx
1
00:00:48
00:02:08
00:05:37
00:14:51
00:39:12
01:43:28
04:33:04
12:00:36
xxx
xxx
xxx
1/2
00:00:24
00:01:04
00:02:48
00:07:25
00:19:36
00:51:44
02:16:32
06:00:18
14:50:52
xxx
xxx
1/4
00:00:12
00:00:32
00:01:24
00:03:42
00:09:48
00:25:52
01:08:16
03:00:09
07:55:26
22:18:16
xxx
1/8
00:00:06
00:00:16
00:00:42
00:01:51
00:04:54
00:12:56
00:34:08
01:30:04
03:57:43
11:09:08
xxx
1/15
00:00:03
00:00:08
00:00:22
00:00:59
00:02:36
00:06:53
00:18:12
00:48:02
02:06:46
05:34:34
14:42:58
1/30
00:00:02
00:00:04
00:00:11
00:00:29
00:01:18
00:03:26
00:09:06
00:24:01
01:03:23
02:47:17
07:21:29
1/60
00:00:01
00:00:02
00:00:05
00:00:14
00:00:39
00:01:43
00:04:33
00:12:00
00:31:41
01:23:38
03:40:44
1/125
1/2
00:00:01
00:00:02
00:00:07
00:00:18
00:00:49
00:02:11
00:05:45
00:15:12
00:40:08
01:45:57
1/250
1/4
1/2
00:00:01
00:00:03
00:00:09
00:00:24
00:01:05
00:02:52
00:07:36
00:20:04
00:52:58
1/500
1/8
1/4
1/2
00:00:02
00:00:04
00:00:12
00:00:32
00:01:26
00:03:48
00:10:02
00:26:29
1/1000
1/15
1/8
1/4
00:00:01

00:00:02

00:00:06
00:00:16
00:00:43
00:01:54
00:05:01
00:13:14
1/2000
1/30
1/15
1/8
1/2
00:00:01
00:00:03
00:00:08
00:00:21
00:00:57
00:02:30
00:06:37
1/4000
1/60
1/30
1/15
1/4
1/2
00:00:01
00:00:04
00:00:10
00:00:28
00:01:15
00:03:18
1/8000
1/125
1/60
1/30
1/8
1/4
1/2
00:00:02
00:00:05
00:00:14
00:00:37
00:01:39

Ce tableau vous donnera la vitesse à utiliser (Vc) connaissant la vitesse déterminée en absence de filtre (vo) pour chaque n° de filtre de soudure. Les résultats (Vc) sont exprimés en heures|minutes|secondes (format HH:MM:SS). En heures ?!!!? Eh oui... puisque pour les filtres à forte absorption on dépassera des durées d'une journée (!!!) j'ai donc décidé de limiter mes valeurs à des temps de pose < à 24 heures !!! Pour les valeurs inférieures à 1 seconde j'ai utilisé les fractions de secondes suivant l'échelle des boîtiers... Si vous "épluchez" les résultats du tableau vous découvrirez des arrondis... aucun souci... nous travaillerons en RAW et une différence de même 1 seconde (je suis systématiquement en dessous) ne sera pas catastrophique !... De même, j'aurais pu utiliser des valeurs par 1/3 d'IL comme le permettent les boîtiers, mais cela ne présente que peu d'intérêt... le post traitement étant indispensable il ne faut pas se mettre "martel en tête", d'autant que les normes de fabrication des filtres de soudure autorisent également des légères variations d'absorption...

3ème technique :
Arrondir le nombre de diaphragmes de nos filtres de soudure pour les convertir en valeur de filtres ND :

N (numéro du filtre)
D (diaphragmes)
Valeur de filtre ND
5
6
64
6
7
128
7
8
256
8
10
1024 (dit 1000)
9
11
2048
10
12
4096
11
14
16384
12
15
32768
13
17
131076
14
18
262144
15
19
524288

Et si vous possédez un smart phone il suffira de télécharger une appli (très souvent gratuite) qui vous donnera la durée d'exposition pour un filtre ND donné.

Cliquez ici pour voir les valeurs de 20 filtres ND (plus qu'il ne vous en faut !!!!) si vous ne possédez pas de smartphone... Mon tableau occupe plus de place que la page en cours...

ATTENTION : Toutes les valeurs données dans ce paragraphe sont des valeurs théoriques !!! Elles devront être confrontées à au moins une expérience pratique (pour éliminer l'influence du filtre de soudure). En plus, puisque nous parlons ici de pose longue, si vous envisagez d'utiliser votre filtre de soudure en photographie argentique, n'oubliez pas l'effet SCHWARZSCHILD (ou écart de réciprocité) qui se fait ressentir pour tout temps de pose supérieur à 1/8ème de seconde (en théorie) mais, en pratique, pour tous les temps de pose supérieurs ou égaux à 1 seconde... Vérifiez auprès du fabricant du film pour connaître les limites de fiabilité de la sensibilité ainsi que les corrections à apporter... MAIS, globalement, à 1 seconde de pose il est nécessaire d'augmenter l'exposition d'1 IL, à 10 secondes, l'augmentation nécessaire sera de 2 IL et à 100 secondes, l'augmentation sera de 3 IL !... Au moment du développement de votre film, il faudra également appliquer une correction de l'ordre de -10% de temps de révélateur pour une pose de 1 seconde, -20% pour une pose de 10 secondes et de -30% pour une pose de 100 secondes... En photo numérique, l'effet SCHWARZSCHILD n'existe pas, donc aucune correction n'est nécessaire SAUF que, selon votre boîtier, il faudra (légèrement) moduler les temps de pose pour obtenir une image de qualité optimale et, bien sûr, toujours travailler en RAW !...

Premiers résultats

Bon, pour changer, j'ai choisi la meilleure période pour faire mes essais... même sans filtre on pourrait faire de la pose longue... mais bon, tant pis !...

Pour débuter, je vais voir si mes calculs de temps d'exposition sont corrects ET évaluer l'importance de la dominante colorée :
Image TRÈS originale (!!! elle est présente au moins 50 fois dans ce site... et pour cause... c'est la vue de la fenêtre de mon bureau !...). Bref, à part cela, c'est l'image classique, sans filtre de soudure. Elle permet de voir l'ambiance générale de la météo d'une fin d'après midi d'hiver maussade sans neige. Le temps de pose était de 1/125è de seconde. Notons qu'à cette heure la circulation est dense (même si on ne peut voir qu'une voiture à la fois) et que les drapeaux sont tombants (il y a peu de vent aujourd'hui). D'accord, ce n'est pas une scène idéale pour tester la pose longue mais je n'en suis pas encore là... l'effet de la pose longue aura lieu plus tard... pour le moment ce n'est que l'exposition et la dominante qui m'intéressent...

Oups, j'ai déplacé l'appareil latéralement (sur la gauche) en fixant sommairement (avec deux élastiques) le filtre de soudure n°8 sur mon objectif... Ce n'est pas grave... Nous constatons tout de suite que l'exposition est convenable. D'après mes calculs, il fallait un temps de pose de 7 secondes. Pour ne pas me casser trop la tête, mon boîtier réglé au 1/3 d'IL me proposait 8 secondes, j'ai tenté le coup (1 seconde de trop), les calculs sont bons, c'est très légèrement sur exposé, normal !... À part cela on voit qu'effectivement les drapeaux ont bougé mais très peu et que les voitures n'ont laissé aucune trace sur l'image, normal... Pour ce qui est de la dominante, elle est franchement évidente... un "beau" vert qu'il va falloir faire disparaître... Je ne sais pas si tous les filtres de soudure sont colorés en vert, les miens du moins le sont...
Re-oups, j'ai encore plus déplacé l'appareil latéralement sur la gauche en retirant le filtre n°8 et en installant le filtre n°12 sur mon objectif.... Ce n'est toujours pas grave... la composition n'a aucune importance à ce stade. Nous constatons tout de suite que l'exposition est convenable. D'après mes calculs, il fallait un temps de pose de 5 minutes et 45 secondes. Mon temps d'exposition a été mesuré "à l'arrache" avec une montre-bracelet pendant que je fumais une petite cigarette (ça c'est pas bien !) et il semblerait que j'ai un peu "débordé" vue la légère sur exposition. À part cela on voit qu'effectivement les drapeaux ont bougé puisqu'on ne les voit plus et que les voitures n'ont laissé aucune trace sur l'image, normal... Pour ce qui est de la dominante, elle est franchement évidente... un "beau" vert qu'il va falloir faire disparaître... Étonnamment sur le filtre n°12 le vert est différent de celui du filtre n°8. Par contre, je n'avais pas pensé qu'un boîtier numérique devait effectuer des calculs pour limiter le bruit de pose longue... et bien, pour ce test, le Pentax K5D a pris presque aussi longtemps pour effectuer les calculs que le temps de pose lui-même (!!!) cela ne change rien mais il faut penser qu'il faut presque 10 minutes pour obtenir une image avec le filtre n°12... c'est franchement très long !!!

Je traiterai du travail en aval (la suppression de la dominante verte) un peu plus tard, je souhaiterais simplement voir ce qu'il est possible d'obtenir "à la va vite" directement dans le logiciel de dérawtisation par exemple. Je vais essayer UfRaw (logiciel gratuit qui accompagne GIMP) par exemple :

Juste une remarque au passage : voyez la zone floue au centre de l'image (et pas uniquement au centre), j'y reviendrai en fin d'article. Pour ce qui est du résultat (après correction de la dominante verte), ce n'est pas extraordinaire MAIS je n'ai fait ici que retirer la dominante verte, sans toucher à rien... il faudrait effectuer un petit travail pour obtenir une belle image. N'ayant pas de "point blanc" de référence, je ne pourrai pas tester l'équilibre des blancs automatique à l'aide de la pipette... donc je fais faire à peine plus compliqué :

UFRaw, par défaut essaye de faire le travail en appliquant la balance des blancs du boîtier, ce qui, bien sûr, ne fonctionne pas... il faudra donc sélectionner la balance manuelle.
Je veux faire disparaître le vert donc je pousse le curseur (composante verte) à son minimum (à gauche) et remonter la température... et c'est tout...

Voilà, en 3 secondes de "travail" le vert a disparu... encourageant... Certes, avec un traitement un peu plus poussé on pourra faire beaucoup mieux !... J'ai quelques idées que je vais tester avec vous maintenant :

Voici une technique utilisant Photoshop (les autres logiciels savent le faire aussi mais je souhaite parler de plusieurs programmes... il s'agira ici de Photoshop CS2.) Elle est plus compliquée que la précédente MAIS présente l'avantage d'être utilisable même si vous n'avez pas la possibilité de faire du RAW !...

Ouvrez votre image (JPEG ou RAW sans modification des couleurs) dans Photoshop.

Dans l'onglet « Calques », cliquez sur l'icône « Calque de remplissage ou de réglage » (encadré rouge)
Dans la liste des choix, sélectionnez « Filtre Photo »
Dans la fenêtre qui s'affiche, cliquez sur la couleur

Apparaît la fenêtre de sélecteur de couleur. Choisissez le vert sur l'échelle colorée verticale puis effectuez un choix précis de la couleur causée par le filtre de soudure dans le carré de gauche
Ce n'est pas le cas sur ma photo d'exemple MAIS si votre photo présentait une zone blanche (en absence de filtre de soudure) sortez le pointeur de la fenêtre du sélecteur de couleur pour le déposer sur cette zone blanche et cliquez... Vous obtiendrez la couleur exacte à corriger sans tâtonner...
Regardez la zone Lab. Notre couleur verte présentait les valeurs suivantes : L85,a-49,b+31. Il ne faut pas toucher à la valeur L mais inverser les valeurs a et b. Les nouvelles valeurs seront donc L85,a+49,b-31, ce qui correspondra à une couleur rose.
En validant la couleur rose dans la fenêtre du sélecteur de couleurs, vous la fermez et remplissez le carré « couleur » de la fenêtre filtre photo avec ce même rose. Vérifiez que la case à cocher « Aperçu » est cochée et déplacez le curseur « Densité » jusqu'à ce que la dominante de couleur de votre photo disparaisse... Puis cliquez sur OK et... Voilà !...


On obtient le même résultat que précédemment... un peu meilleur même !... Notez que si vous prévoyez d'utiliser cette procédure systématiquement, vous pourrez vous faciliter la tâche en créant un script...

Notons au passage que cette technique nous aura appris quelque chose d'intéressant : notre couleur verte est annihilée par la couleur rose DONC, si on trouve un filtre rose (de la bonne gradation, c'est là qu'est l'os), il suffit de l'ajouter devant (ou derrière) le filtre de soudure pour ne plus avoir besoin de post-traitement... la correction sera automatique dès la prise de vue !... Mais il faut tester (!!!) toutes les dominantes vertes ne se ressemblent certainement pas et donc il ne s'agira pas systématiquement d'un filtre rose (cette couleur est valable pour MES filtres de soudure !) et en plus il est impossible de prédire la gradation de ce filtre correcteur !... Mais c'est une piste à considérer...

Vous voulez une autre technique ? Allons-y... Cette technique est possible en utilisant des RAW ou des JPEG... il y a la technique que j'appellerai "plus simple tu meurs" : PaintShop Photo Pro possède une fonction automatique merveilleuse :

Vous ouvrez votre image à forte dominante verte dans PaintShop Photo Pro, vous sélectionnez le menu « Réglage|Équilibre des couleurs... »
N.B. : les rectangles rouges ont été ajoutés pour vous permettre de localiser les commandes, ils n'existent pas sur l'interface du programme.

Une autre fenêtre s'ouvre, cochez la fonction « Options avancées », cliquez sur le bouton « Sélection optimale » et le logiciel se débrouille pour corriger la dominante... magique non ? Bon, si, par hasard, le logiciel n'y arrivait pas trop bien, on pourrait "pipetter" un point noir, un point gris et un point blanc (classique) et/ou modifier les teintes et les températures MAIS, dans mon cas, je n'ai touché à rien... et voilà le résultat (ci-dessous)


Pas mal non ?...

On trouve exactement la même fonction dans The GIMP, mais elle est beaucoup moins efficace et le complément de rattrapage est assez complexe...

MISE À JOUR : depuis la publication de cet article j'ai trouvé une autre technique simplissime d'élimination de la dominante de couleur, elle a été publiée ici.

En fait, il existe des centaines de possibilités, chaque logiciel vous offre des moyens plus ou moins simples d'utilisation, plus ou moins précis et plus ou moins puissants... fouillez dans leurs menus et vous trouverez votre bonheur, c'est certain...

Sinon il existe des moyens vous dispensant de post traitement, si si... reprenez le mode d'emploi de votre appareil photo (ou cherchez-le ici). Il est possible de définir une balance des blancs personnalisée. Je ne pourrai pas vous donner la procédure précise (qui change selon les boîtiers), mais l'idée est de placer une feuille blanche uniformément éclairée en "plein cadre", d'effectuer les calculs d'exposition (comme ci-dessus), de monter votre filtre de soudure et de prendre la photo. Ensuite, il suffira de "prévenir" le boîtier" que la photo est d'un "blanc pur". Toutes les photos suivantes seront exemptes de dominante verte...!!!

Il y a également la possibilité de créer un profil de votre boîtier équipé du filtre de soudure et ainsi, lorsque votre logiciel chargera une photo, il suffira de sélectionner le profil nommé "soudure" (par exemple) pour se débarrasser automatiquement de la dominante verte !... Comment faire cela ? C'est extrêmement simple, il suffit de se référer à cet autre article dans lequel je vous livrais déjà la procédure (pour une toute autre utilisation !).

Et, pour terminer le paragraphe traitant de la dominante verte, il me reste à vous dire que traduire votre photo en noir et blanc résoudra immédiatement tous les problèmes, sans avoir à corriger quoi que ce soit !...

Le filtre de soudure, la panacée ?

Nous venons de voir qu'il est possible d'acheter 60 filtres de soudure pour le prix d'un seul filtre photo ND 1000, que la dominante verte engendrée par les filtres de soudure n'était vraiment pas un problème, alors voilà, avons-nous découvert la panacée ???...

Franchement, pas vraiment... Certes ces filtres sont tout à fait utilisables, certes ils sont très peu chers, mais ces deux points doivent se payer !!! En effet :

—> un filtre de soudure est TRÈS réfléchissant, c'est presque un miroir (!!!) ce qui oblige à bien étudier sa scène de prise de vue avec l'incidence des rayons lumineux. Il serait même TRÈS intéressant de se bricoler un pare soleil à adapter à son filtre de soudure !... Pour la même raison, il faut absolument veiller à l'absence de la moindre "fuite lumineuse" entre le filtre et la lentille frontale de son objectif... j'irai même jusqu'à recommander fortement de couvrir les quatre côtés du filtre avec un scotch noir de façon à éviter les entrées de lumières parasites par la tranche du filtre et qui se propageraient jusqu'à la surface sensible avec des conséquences désastreuses sur l'image finale...
—> un filtre de soudure est TRÈS sensible aux traces de doigts !!! Vous avez pu voir sur les premiers clichés de test en début d'article des images pas forcément très nettes (pour ne pas dire complètement floues !!!)... cela était du à la manipulation intempestive des filtres de soudure... Prise en main pour vérification, prise en main pour installation (acrobatique) sur l'appareil photo... et, bien sûr, pas pensé une seule seconde à la nécessité de nettoyage avant utilisation !!! Je n'ai pas les mains sales, j'ai la peau plutôt sèche et bien, malgré tout, vous voyez le résultat... inutilisable !!!... Je recommande donc fortement l'utilisation de tissu microfibres pour le nettoyage du filtre ainsi que des gants de coton pour la manipulation...
—> dans le même ordre d'idée que le point précédent, et cela n'est pas du au filtre de soudure mais plutôt à la pose longue, il faut absolument, en photo numérique, veiller à avoir un capteur absolument propre...
—> un filtre de soudure est TRÈS sensible aux rayures (peut être plus qu'un autre filtre), la moindre rayure, associée à la pose longue, fournira des résultats catastrophiques... D'où l'importance de l'utilisation de chiffon doux (microfibres) pour le nettoyage et des gants de coton pour la manipulation. De même, ne laissez pas traîner vos filtres de soudure dans votre sac photo !...

Quelques vrais exemples de poses longues avec filtre de soudure

Jusqu'à présent je m'étais limité à tester la dominante de couleur donc je n'ai pas fait de vraie photo... Pour "pousser" les tests, je vais faire des images qui, je l'espère, me montreront les limites des filtres de soudure, si toutefois il y en a...

En cours de réalisation...

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PHOTOGRAPHIER EN « FAUSSE LUMIÈRE » ?

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Dans cet article, je vais un peu dévier de la notion de "sans lumière" en parlant de la lumière "invisible". En se promenant sur internet, on trouve des tas d'articles traitant de la photographie infra rouge. À en croire ces pages, c'est super excitant, c'est super joli, c'est super facile, etc, etc... Qu'en est-il vraiment ?

Les photographies en infra rouge sont effectivement originales (bien qu'à la longue cela devienne banal et limite rasoir !) et dérangeantes. Il est, en effet, assez excitant de se préparer à créer de telles images MAIS ce n'est pas franchement aussi simple que l'on veut bien nous le faire croire !...

Pour faire de la photo infra rouge, il faut posséder un support qui soit sensible aux IR, c'est évident ! Les films IR sont certainement très difficile à trouver de nos jours, donc n'en parlons pas. Les capteurs numériques sont, quant à eux, "très" sensibles aux IR... à tel point que les fabricants doivent interposer sur le chemin lumineux un filtre anti-IR de façon à permettre aux capteurs d'enregistrer les "vraies" couleurs de la vie (telles que l'œil humain les perçoit !).

Concernant ces filtres anti-IR, il en va de même qu'avec tout le reste : la qualité a un prix !... Donc il est facile de concevoir qu'un matériel d'entrée de gamme contiendra un filtre anti-IR d'entrée de gamme qui laissera passer plus ou moins de la lumière hors spectre visible... Et c'est exactement le cas !...

Malheureusement, se contenter de cette lumière IR "parasite" pour faire de la photo IR est un leurre !... Placer un filtre bloquant tout le spectre visible devant l'objectif de son appareil photo revient à empêcher toute visée (en live view c'est un peu moins vrai !) mais revient surtout à se lancer dans des temps de pose extrêmement longs (d'où la localisation de cet article dans le cadre de la photo sans lumière !).

BRICOLER UN APPAREIL NUMÉRIQUE POUR LA PHOTO IR

Il reste l'unique solution qui consiste à amputer son appareil numérique de son filtre anti-IR. Il existe des sociétés Européennes et Américaines qui vendent ce service pour 200 à 600€ (tout de même !). Mais on trouve de nombreux sites internet qui nous expliquent comment, à peu de frais, effectuer soi-même cette amputation ... facilement !...

Effectivement, tout semble excessivement simple... MAIS IL N'EN EST RIEN !!! Si certains appareils permettent une modification sans trop de difficulté, n'allez pas croire qu'en allant acheter un compact premier prix vous allez pouvoir faire de la photo IR !!!!

Ne reculant devant rien, avant d'écrire cet article, je me suis procuré un de ces compacts premier prix. Le test préalable m'a bien montré qu'il était "parfaitement apte" à faire de la photo IR (le test classique de la télécommande infra rouge !). J'ai donc décidé de pratiquer l'ablation "chirurgicale" du filtre infra rouge... Il est vrai que les compacts numériques premier prix, ce n'est franchement pas grand chose (!!!). L'ouverture (et le dépiautage) est TRÈS simple... l'accès au capteur est excessivement simple... La localisation du filtre anti IR, c'est une toute autre histoire !...



Le capteur des compacts premier prix est très petit (enfin, certains compacts très chers ont des capteurs identiques !!!) et il n'est pas simple de voir s'il est couvert par un filtre anti IR. Et, en l'occurrence, le compact que j'ai désossé ne présentait aucun filtre anti IR devant le capteur... ou du moins je n'ai rien vu qui ait un aspect bleu/vert et rien repéré qui soit amovible à cet endroit... Il fallait donc aller chercher ce filtre ailleurs... Où pourrait-il bien être caché ? Le choix est très restreint : dans l'objectif !... Donc, il va falloir prolonger l'autopsie (puisqu'à partir de ce moment, ça le devient !!!). Il n'y a aucune photo de cette deuxième phase, photographier un cylindre noir ne rend pas vraiment !... Et... de filtre anti-IR mes seigneurs point de trouvé... En réalité, je le suppose du moins, le filtre anti-IR, sur l'appareil que j'ai décortiqué, consistait simplement en un traitement des lentilles... ou en l'intégration du filtre dans (ou entre) les lentilles... donc filtre inamovible !!!

Résultat des courses : 3 heures de travail pour démonter, chercher le filtre, ne pas le trouver, remonter l'ensemble (re-démonter, re-monter plusieurs fois -voir plus loin) et aboutir à cela :

Il est vrai que je ne suis pas chirurgien, mes mains tremblent un peu (oh ! non, je ne suis pas un alcoolique non plus... je ne tremble pas à ce point là !)... mais il est tout de même important de savoir jusqu'où on peut aller trop loin !... Serrage des vis trop important au niveau du zoom ? Déformation ou destruction d'une micro-zone de plastique ? Plusieurs démontages et remontages et... rien... Donc là, j'ai dépassé les bornes... et tué un appareil simple mais bien sympathique...

Tout cela pour dire quoi ? Il ne faut pas plonger tête première dans une eau boueuse... on ne connaît pas sa profondeur !... Si vous voulez VRAIMENT démonter un appareil, renseignez-vous sur l'existence (ou non) d'un filtre anti IR et sa localisation et la voie d'accès !... Sans compter que TRÈS SOUVENT le filtre anti IR est COLLÉ sur le capteur numérique et donc INAMOVIBLE !...

PHOTOGRAPHIER TOUT DE MÊME EN IR AVEC LES MOYENS DU BORD

Puisque l'ablation du filtre anti-IR n'est pas toujours possible, il va falloir s'en accommoder... seulement voilà, comme je l'ai dit, photographier en IR avec un filtre qui stoppe les IR relève de la gageure !... L'idéal est d'utiliser un appareil dont le filtre anti-IR est très insuffisant et jouer sur le temps de pose. Seulement voilà, les appareils avec filtre d'efficacité discutable sont généralement les appareils qui ne permettent pas les réglages manuel (cela n'a pas toujours été le cas dans l'histoire du numérique, voyez le Nikon D70 connu pour être LE reflex numérique avec le filtre anti-IR le plus défaillant)... allez faire comprendre à ce type d'appareil qu'il doit mesurer une exposition alors qu'il ne voit rien à mesurer (ou quasiment) !... Autre écueil de taille : l'autofocus est inopérant (manque de lumière) et ce genre d'appareil n'est pas pourvu de mise au point manuelle !... Et si ce n'était que ça (!!!)... il faut savoir que la distance de mise au point en IR est très différente de celle pour la lumière visible !!! Une mise au point parfaite effectuée en lumière visible entraînera une image floue en IR !!!... Je ne sais pas si vous connaissez des vieux objectifs du temps de l'argentique avant la naissance de l'autofocus, mais ces derniers portaient systématiquement un index de correction sur la bague de mise au point... Ce n'est plus le cas aujourd'hui... Il ne nous restera plus qu'à jouer sur la profondeur de champ en fermant sérieusement le diaphragme (f/11 à f/22) -à condition que l'appareil autorise ce réglage manuel-. Mais tout cela est bien joli, la vraie vie ne va pas dans le même sens !... Il est déjà nécessaire d'effectuer des poses longues (si l'appareil le permet !), alors, je ne vous dis pas si on ferme le diaphragme à f/22 !!! Il faudra donc trouver un compromis... ce sera la partie la plus compliquée de l'exercice !!!

Nous tournons en rond !... Enfin, pas tout à fait !... S'il est indispensable de trouver un appareil qui laisse passer "pas mal" d'IR et qui, en plus, permette une mise au point manuelle et un réglage manuel du diaphragme et de la vitesse, cette quête n'est pas impossible !...

Le "bon plan", dans ce cas précis, est de faire un tour de la "littérature" photographique... pour apprendre que les anciens reflex numériques de moins de 10 mégapixels sont d'excellents candidats. Pour découvrir également que dans les gammes plus actuelles, les boîtiers qui gèrent très bien les hautes sensibilités ISO sont également d'excellents candidats... Mais ce n'est pas si simple, en effet, certains boîtiers au sein d'une même marque peuvent faire de la photo IR et d'autres non (sans même parler d'âge !)... il faudrait tous les tester !... Si tous les boîtiers ne permettent pas de faire de la photo IR, tous les objectifs ne le permettent pas non plus !... Il est donc important de faire des tests puisque certaines optiques bloquent quasiment plus d'IR que le filtre anti-IR lui-même !... Sachez également que les reflex Canon sont reconnus pour être les plus mauvais élèves en photographie IR, c'est pourquoi tous les possesseurs de Canon faisant régulièrement de l'IR ont fait "défiltrer" leur boîtier...

Il ne reste donc qu'à trouver un filtre "anti-visible" (qui va bloquer les longueurs d'ondes visibles) afin de ne tirer partie que de la faible quantité d'IR qui traversera le filtre anti-IR et de jouer sur la sensibilité ISO et le temps de pose pour s'adonner à l'exercice de l'infra rouge !... Mais là aussi un autre problème se pose : en IR, les capteurs numériques sont strictement aussi sensibles dans les 3 couleurs de base (Rouge, Vert, Bleu), ce qui fait que toutes les couleurs seront grises (ça c'est de la théorie, en pratique, il y aura des nuances de gris allant du blanc au noir) donc si le filtre est "trop" efficace, on n'obtiendra que des images monochromes... Ce n'est pas catastrophique sauf pour ceux qui souhaitent obtenir les "fausses couleurs" typiques des photos "IR"... On estime qu'un filtre IR bloquant à partir de 650mn ou 720nm permettent des photos en couleur alors qu'à partir de 800nm on devra se limiter au noir et blanc...

Il existe dans le commerce des filtres "anti-visible" (appelés filtres "infrarouge" -terme ambigu s'il en est !-) tout faits et... pas donnés !... Aussi, avant de se lancer dans la dépense, au prix d'une qualité finale certes inférieure, on va chercher une matière qui stoppera le spectre visible sans bloquer le rayonnement infrarouge... et si après ces tests l'exercice vous tente toujours, il sera temps d'investir dans un vrai filtre IR.

La première idée de filtre qui vient à l'esprit est le plastique noir. Oui, un bout de plastique noir devant l'objectif et aucune radiation visible n'atteindra le capteur numérique... seulement voilà, le plastique noir arrêtera également les infrarouges... donc on oublie... On pourrait ainsi faire le tour de la maison, il n'y a pas 36 solutions envisageables : la plaque de verre noircie à la fumée de bougie, un morceau de film photo abandonné quelques minutes en plein soleil puis développé normalement (à noter que seuls les films à base de colorants -films négatif couleur, films noir et blanc à développer dans une chimie "couleur" ou les films diapositive couleur ou noir et blanc seront utilisables... les films noir et blanc classiques où les noirs sont obtenus avec des atomes d'argent seront opaques aux rayonnement visible mais également aux IR !), mais le mieux, si vous avez la chance d'en posséder encore dans un coin de la cave, c'est une disquette informatique (désolé pour ceux qui sont nés avec le CD ou le DVD !). Théoriquement, mais je n'ai pas testé, le plastique rouge foncé enveloppant certains bonbons, pour peu qu'on en utilise plusieurs épaisseurs, devrait également être efficace. Une autre idée qui, théoriquement, devrait être efficace (mais je ne l'ai pas testée non plus) serait le plastique transparent destiné aux imprimantes jet d'encre pour créer des rétroprojections... Il suffit d'imprimer un carré noir (selon le pouvoir couvrant de votre encre, il faudra envisager plusieurs passages voire plusieurs couches de plastique imprimé). J'ai bien essayé aussi l'utilisation de plusieurs plaques de verre de soudure superposées mais le résultat est décevant... J'ai également essayé les filtres pour la photo argentique noir et blanc pensant qu'en superposant un filtre Rouge + un filtre Vert + un filtre Bleu j'éteindrais le spectre visible mais cela ne fonctionne pas (densité des filtres trop faible), j'ai même poussé le vice jusqu'à ajouter un filtre Orange + un filtre Jaune + un filtre polarisant mais malgré cela, ça ne fonctionne toujours pas... Je vais donc partir avec le film voilé et développé (donc tout noir et bien opaque -au rayonnement visible- mais transparent aux IR) ou la disquette informatique pour mes expérimentations. Si vous faites ces mêmes tests chez vous, ne m'écrivez pas en disant que cela ne fonctionne pas ! En effet, l'efficacité est très variable selon le film utilisé (pour filtre) et selon le capteur de votre appareil... de même la disquette informatique peut nécessiter une double ou une triple couche (ou non) pour être efficace (ou non !). Rien n'est truqué ici, toutes les images montrent la réalité (d'ailleurs, quand c'est loupé, c'est également publié !). Bon, si maintenant vous ne trouvez vraiment rien pour remplacer un filtre IR, sachez qu'un filtre IR de chez Cokin ne coûte pas très cher (et il n'est même pas obligatoire d'acheter le système porte filtre... coller un filtre -même provisoirement- sur un filtre UV ou directement face à l'objectif ne présente aucune difficulté !).

Si vous envisagez l'utilisation d'un appareil compact ne possédant pas de moyen de fixation de filtres sur l'objectif, laissez-moi vous proposer un système, certes assez laid, mais simple à réaliser et... efficace :

- Un disque magnétique de disquette
- Un bout de carton coupé en rond, évidé au centre et découpe crantée en périphérie
- Une bande de carton
- Un peu de colle
- Découper deux carrés dans le disque magnétique de la taille du cercle de carton
Remarque : la bande de carton présentée dans les 1ères images s'est avérée trop étroite, donc j'ai recommencé avec une bande plus large.
- Comme vous l'avez compris depuis le début, il faut replier la partie dentelée du cercle de carton et coller l'ensemble sur la bande de carton
- Reste à mettre en place le bout de disque magnétique. Perso je l'ai collé mais ce n'est pas indispensable.
Il s'agit maintenant de faire un test pour vérifier si le deuxième bout de disque magnétique est indispensable ou non
- Pour que le filtre tienne bien sur l'appareil, je l'ai équipé d'un élastique.
Et voilà le résultat. OH QUE C'EST LAID (je vous avais prévenu)... Peindre le "porte filtre" en noir n'améliore pas le look... Mais les résultats suivent...

Encore une petite chose mais d'importance : pour ces tests (et la photo IR en général), les conditions d'éclairage sont capitales !... S'il ne viendrait à l'idée de personne de faire de la photo sous un soleil de plomb au zénith, il s'agit au contraire du meilleur moment pour faire de la photo IR ! Un temps gris, un soleil blafard et l'exercice sera un échec complet. De même, le sujet a toute son importance en photo IR, il est indispensable de choisir un sujet bien dégagé... un sujet sur un fond complexe ne sera jamais une réussite non plus !...

Notez également dès à présent que, qui dit photo IR, dit systématiquement post traitement (!!!) au moins pour retirer la dominante générale de l'image (mais également au moins un mixage des canaux).

Dans la mesure où je possède plusieurs boîtiers (et plusieurs optiques), je vais pouvoir les tester afin de vous donner des pistes de recherche pour vos propres essais en IR. En toute logique, les candidats de choix seront :
- Kodak DC 240 (ancien et 1.3 MPxl)
- Pentax ei2000 (ancien et 2,2 MPxl)
- Pentax *istDS (ancien et < 10 MPxl)
- Pentax K10 (ancien mais = 10 MPxl)
- Pentax Km (ancien mais = 10 MPxl)
- Pentax K5 (récent, > 10 Mpxl mais excellente gestion des hauts ISO)
Les plus mauvais candidats seront :
- Canon 5D Mark II (récent, > 10 MPxl, gestion "moyenne" des hauts ISO, filtre IR très filtrant)
- Canon 600D (récent, > 10 MPxl, gestion "assez pauvre" des hauts ISO, filtre IR très filtrant)
Remarque : les boîtiers reflex Canon sont connus pour être de très mauvais candidats au travail en IR.

Pour ce qui est des optiques, il en ira de même... plus l'objectif sera "vieux" et "bas de gamme" et plus il laissera passer les IR... Je ne possède pas franchement de "vieilles" optiques Canon (à part, peut être le EF 100mm f/2.8 USM et le EF 50mm f/1.4 USM -mais ce dernier est reconnu pour être un très mauvais candidat pour la photo IR-). Chez Pentax, par contre, je possède le trans standard de kit SMC DA AL 18~55mm f/3.5~5.6 de première génération ainsi que le SMC DA ED 50~200mm f/4.5~5.6 également de première génération... ces deux là devraient être parfaits !...

Afin d'être tout à fait complet, j'ai également testé deux petits compacts modernes d'entrée de gamme : un datant de 2007 très sensible aux IR malgré son filtre et ses 8,1 MPxl et l'autre sorti en 2013 très sensible aux IR malgré son filtre et malgré ses 16 MPxl. Ces derniers, tout automatique (ou presque), risquent de ne pas fonctionner convenablement.

Test avec le Samsung S860 (compact entrée de gamme - 2007 - 8,1MPxl)

Avec un film voilé/développé, le Samsung S860 n'a jamais rien réussi à sortir de mieux que cela :

C'est très probablement utilisable mais TRÈS granuleux, donc je n'ai pas tenté le post traitement.
Avec la disquette, le S860 s'en est beaucoup mieux tiré :

Le Samsung S860 ayant travaillé en tout automatique, cette image a été créée avec les données EXIF suivantes : ISO : 200 | Vitesse : 1/3s | Diaphragme : f/2.8. Le résultat est un peu clair mais l'ajout d'une deuxième épaisseur de disquette rendait l'exercice impossible... Il faut noter que vu le poids de l'appareil, en grand angle on est limite possibilité de prise de vue à main levée...

Bien sûr, le Samsung S860 ne délivre que des JPEG, donc le post traitement sera un "tantinet" plus compliqué que s'il s'agissait de RAW, mais c'est jouable. Voici un résultat (je n'ai pas dit voici LE résultat puisqu'il s'agit du résultat après UN post traitement... et en fonction du post traitement appliqué, le résultat peut être différent !) :

Cela n'est peut-être pas aussi impressionnant que ce que l'on peut voir de-ci de-là sur internet MAIS on remarque les points typiques de la photo IR : quasiment une image en noir et blanc, avec un ciel bleu, les arbres à feuilles prennent une couleur blanche, les arbres résineux restent sombres. La seule chose qui différencie cette image des images "impressionnantes" que l'on trouve c'est le "faux" filtre IR, le post traitement (difficile) du JPEG et, probablement, les automatismes du Samsung S860... En plus, le soleil de plomb n'était pas tout à fait de la partie non plus (voir le ciel)... même si la luminosité de ce jour de Mars était appréciable...
Conclusion : pour un tout petit compact d'entrée de gamme, avec ses 8 MPxl, le Samsung S860 permet de faire ses débuts en photo IR... Il pourrait être intéressant de refaire le test avec un autre mode d'exposition... on pourrait peut-être obtenir un résultat très différent !... Sinon, reste la possibilité de l'achat d'un "vrai" filtre IR (650nm à 720nm pour conserver des couleurs)... Quoi qu'il en soit, je ne suis pas déçu du résultat... il faudra refaire un test en plein été.

Test avec le Samsung ST72 (compact entrée de gamme - 2013 - 16MPxl)

Avec un film voilé/développé, le Samsung ST72 n'a jamais rien réussi à sortir mieux que cela :
C'est très probablement utilisable mais TRÈS "bouché" donc je n'ai pas tenté le post traitement. Le ST72, en mode "nuit" permet un réglage manuel du temps de pose (jusqu'à 16 secondes), mais les résultats n'étaient pas franchement plus probants...
Avec la disquette informatique, le ST72 s'en est beaucoup mieux sorti :

Le Samsung ST72 ayant travaillé en tout automatique, cette image a été créée avec les données EXIF suivantes : ISO : 640 | Vitesse : 1/8s | Diaphragme : f/2.5. Le résultat est beaucoup plus foncé qu'avec le S860 (résultat plus sombre, sensibilité plus élevée), l'ajout d'une deuxième épaisseur de disquette rendait l'exercice impossible... Il faut noter que vu le poids de l'appareil, en grand angle on a ici la possibilité de prise de vue à main levée...

Bien sûr, le Samsung ST72 ne délivre que des JPEG, donc le post traitement sera un "tantinet" plus compliqué que s'il s'agissait de RAW, mais c'est jouable. Voici un résultat (je n'ai pas dit voici LE résultat puisqu'il s'agit du résultat après UN post traitement... et en fonction du post traitement appliqué, le résultat peut être différent !) :

Cela n'est pas aussi probant qu'avec le S860... les points typiques de la photo IR (quasiment une image en noir et blanc, avec un ciel bleu, les arbres à feuilles prenant une couleur blanche, les arbres résineux restant sombres) ne se retrouvent pas vraiment ici... On a des dérives colorées mais on est encore dans les limites des "vraies" couleurs... C'est dingue... l'image avant post traitement ressemble plus à une photo IR que celle après post traitement... bizarre !... Cela dit, n'oublions pas le "faux" filtre IR, le post traitement (difficile) du JPEG et, probablement, les automatismes du Samsung ST72... En plus, le soleil de plomb n'était pas tout à fait de la partie non plus (voir le ciel)... même si la luminosité de ce jour de Mars était appréciable...
Conclusion : pour un tout petit compact d'entrée de gamme "moderne", avec ses 16 MPxl, le Samsung ST72 ne permet pas franchement de faire de la photo IR... du moins dans les mêmes conditions que le S860... Il pourrait être intéressant de refaire le test avec un autre mode d'exposition... on pourrait peut-être obtenir un résultat très différent !... Sinon, reste la possibilité de l'achat d'un "vrai" filtre IR (650nm à 720nm pour conserver des couleurs)... Quoi qu'il en soit, il faudra refaire un test en plein été.

Afin de voir ce que le ST72 capturait dans les mêmes conditions mais sans le "filtre IR", je vous présente la même scène en "vrai" :
Il est évident maintenant que le filtre IR (la disquette) a bien joué son rôle mais que la plus faible sensibilité aux IR du ST72 a nécessité une pose plus importante, laissant passer "beaucoup" trop de lumière visible... Donc pour cet appareil, la disquette informatique ne constitue pas un filtre IR utilisable... Il faudra essayer un "vrai" filtre IR avant de disqualifier le ST72...

ATTENTION : À ce stade des tests, on pourrait penser qu'effectivement les appareils "modernes" ne permettent pas la photographie IR sans envisager l'ablation du filtre anti-IR... Mais méfions-nous des conclusions hâtives...

Avant d'aller plus avant, j'ai décidé de retester le ST72 mais avec un "vrai" filtre IR. J'ai utilisé le filtre Cokin. On lit un peu partout sur le net que ce n'est pas le meilleur... peut-être mais il fonctionne parfaitement avec, en plus, l'universalité du système Cokin... mais je ne suis pas là pour faire le test de ce filtre mais celui de l'appareil photo en condition d'IR...

Voici ce que j'obtiens en sortie de boîtier. Les valeurs EXIF donnent : f/2.5 | 1/30s |640 ISO. Bien sûr le ST72 fonctionne en tout automatique donc je n'ai aucun moyen de modifier ces valeurs (surtout au niveau de la valeur de sensibilité qui ne donne pas les meilleurs résultats à >600 ISO sur ce type de boîtier !) mais, au moins, on obtient un résultat probant et à main levée... puisque 1/30ème de seconde avec un appareil de quelques grammes, même s'il faut tenir le filtre devant l'objectif, ce n'est franchement pas la "mer à boire" !...

Comme je l'ai déjà signalé plus haut, le ST72 ne délivre que des JPEG, le traitement sera donc moins facile qu'en RAW mais tout à fait possible...

Un petit coup de "balance des blancs" vite fait et,

... trois secondes de travail et on obtiendra ce résultat !... Concluant non ? Bien sûr, j'aurais pu peaufiner un peu plus mon post traitement mais c'est juste pour vous donner une idée de ce que l'on peut obtenir sans se tuer avec un petit compact bas de gamme... n'oublions pas que le travail en post traitement est très limité avec ce type d'appareil qui ne délivre que des JPEG (j'insiste lourdement, désolé !).
Si, maintenant, vous ne voulez vraiment pas vous casser la tête, vous pouvez toujours vous contenter du résultat de sortie de boîtier en convertissant en noir et blanc...
... ce n'est pas franchement le top mais "ça peut le faire" tout de même... et...

après trois secondes de retraitement on peut obtenir cela...

Test avec le Kodak DC 240

Test avec le Pentax ei2000

Test avec le Pentax *ist DS

Test avec le Pentax K-10 D

Test avec le Pentax Km D

Test avec le Pentax K-5 D (appareil expert "moderne" -2010- de 16 MPxl

Avec les boîtiers modernes et plus de 10 MPxl, il est théoriquement beaucoup plus difficile de faire de la photo IR... Je vais donc court-circuiter les bricolages de filtre "maison" (qui, au passage seront plus difficile à réaliser vu le diamètre des objectifs pour ce genre de boîtier !) et n'utiliser que le filtre IR de Cokin.

Le filtre Cokin laisse passer un peu de lumière visible dans les rouges... Oh, pas beaucoup (!!!) mais suffisamment pour permettre une pseudo composition via le viseur et l'autofocus est 100% efficace sur le K5 (!...) ce qui n'est déjà pas négligeable (!!!)

Puisqu'il ne s'agit que d'un test, je ne me suis pas trop encombré l'esprit, j'ai donc choisi le mode "Program" avec les données EXIF suivantes : 800 ISO (manuel) | f/5 (auto) | 1/15è (auto) Remarquez au passage qu'à 1/15è de seconde, la prise de vue à main levée est très facile (j'étais à 18mm soit 27mm équivalent 24x36) avec la stabilisation du boîtier en marche...
Un petit coup de balance des blanc et de correction de l'exposition (30 secondes puisque je travaille en RAW)...

L'inversion des canaux et voilà... Bon, puisque nous travaillons en "fausses couleurs", j'aurais pu redonner au ciel une couleur bleue mais cela aurait été trop "classique"... j'aime assez ce rendu...

En conclusion, le Pentax K5 D, malgré son capteur actuel (et donc son filtre anti-IR moderne donc très efficace), de par son exceptionnelle capacité à gérer les hautes valeurs ISO est un appareil quasiment idéal pour faire de la photographie IR à main levée... Avec un boîtier moins performant, il aurait fallu tabler sur des sensibilités ISO de l'ordre de 200 (400 au maximum) ce qui aurait augmenté le temps de pose à 1/8è ou 1/4 de seconde... hors de portée d'une prise de vue à main levée !...

Test avec le Canon 5D Mark II

Test avec le Canon 600D




En cours d'écriture...

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