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Dans cette partie du site « www.thydelor.eu » je vais tenter de répondre à quelques questions existentielles que se posent encore nombre de photographes débutants dans la jungle du numérique et en profiter pour leur donner quelques petits tuyaux certainement bien utiles, même si très simples en apparence...

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ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Le b-a-ba en photographie numérique Pourquoi a-t-on tant de problèmes lors du choix d'un objectif
Comment tirer le meilleur parti d'un objectif pas trop top Peut-on utiliser n'importe quel objectif en numérique ?
Deux réglages indispensables pour appareils photo numériques Que penser de la sensibilité ISO en numérique ?
Comprendre et utiliser l'histogramme Quelle mesure d'exposition choisir ?
Quid des saletés sur le capteur numérique ? Gérer efficacement ses batteries
Jouer avec les sensibilités ISO de son boîtier Comment utiliser les "modes" proposés par nos boîtiers ?
Filtres ou post traitement ? Et pourquoi ne pas tenter le noir et blanc ?
Quid de la fonction "ISO Auto" ? Les techniques de mise au point
Tester d'autres réglages 36 secrets essentiels à connaître en numérique
Comment faire durer (un peu) son boîtier numérique ? L'impression de vos images vous tente ?
Pourquoi se méfier des JPEG en photo numérique ? Comment ne pas se faire piéger par l'autofocus ?
Arrêter le délire des objectifs anciens Quoi faire et ne pas faire avec une carte mémoire ?
Moyen format numérique, attention aux mots utilisés ! Le pixel peeping est une perte de temps !
Planche contact ? C'est facile avec Windows  

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LE B-A-BA EN PHOTOGRAPHIE NUMÉRIQUE

Bien que les notions abordées ici aient déjà, plus ou moins, été abordées par ailleurs, il me fallait laisser ici quelques tuyaux de base pour qui souhaite se lancer en photographie numérique...

L'exposition

La photographie étant le travail avec la lumière (et l'absence de lumière), le point le plus important est l'exposition. J'en ai déjà parlé de-ci de-là dans ce site et en particulier dans la rubrique « un petit cours de photographie » mais une petite piqûre de rappel n'est jamais superflue...

Tout le monde a déjà entendu parler du triangle du feu (il est indispensable d'obtenir une certaine quantité de 3 paramètres pour que la combustion soit possible : combustible/comburant/chaleur), il en est de même pour l'exposition en photographie, donc on pourra parler du triangle de l'exposition (sensibilité ISO/ diaphragme/vitesse).

Il faut et il suffit de modifier un de ces trois paramètres pour modifier l'exposition dans son entier MAIS, contrairement au triangle du feu, ici, chaque paramètre est en quelque sorte substituable aux deux autres ; à tel point qu'on a fini par tous les définir avec une même unité de mesure qui déroute tous les débutants : cette unité étant... le diaphragme !... Ainsi passer d'une valeur ISO 50 à ISO 100 revient à augmenter la valeur ISO (en fait la valeur d'exposition) de 1 diaphragme, passer d'une vitesse de 1/100è de seconde à une vitesse de 1/50è de seconde revient à diminuer la vitesse (en fait à augmenter la valeur d'exposition) de 1 diaphragme, passer d'un diaphragme de f/11 à un diaphragme de f/8 revient à augmenter l'ouverture (en fait la valeur d'exposition) de 1 diaphragme ! En réalité il faudrait parler de valeur IL ou EV, mais oublions cela, c'est encore plus compliqué !...

Comment peut-on justifier ce "mélange des genres " ? Tout simplement, si vous augmentez l'ouverture du diaphragme d'une valeur de diaphragme, la quantité de lumière qui arrive au capteur double. Si vous laissez l'obturateur ouvert d'une valeur (de vitesse) plus longtemps, la quantité de lumière qui arrive au capteur double. Si vous augmentez la valeur de sensibilité ISO d'une valeur, la quantité de lumière qui arrive au capteur double. Vous voyez bien la relation, tout se tient, alors pourquoi avoir choisi l'unité diaphragme plutôt que l'unité vitesse ou l'unité ISO ? Je n'en sais rien, c'est comme cela, un point c'est tout...

C'est tout ce que je dirai ici de l'exposition, lisez mon petit cours de photographie pour savoir tout ce qu'il faut savoir...

N.B. tout ce que j'ai dit là n'est pas uniquement valable en photo numérique, mais en argentique, un film ayant une sensibilité fixe, ce paramètre passait souvent "à l'as" chez les débutants.

Mais que sont les ISO (en numérique) ?

À l'époque de l'argentique, la valeur ISO (qui s'appelait ASA ou DIN ou autre -voir un petit cours de photographie-) représentait la sensibilité qu'avait le film à la lumière. Plus le nombre indiqué sur le film était bas et moins le film était sensible. Nombreux parmi nous connaissaient les films allant de 25 à 400 (ou 800) ASA. La plupart ayant disparu (surtout si inférieur à 100 ASA). Aujourd'hui, en numérique, il n'y a plus de film mais un capteur. Il existe un réglage de la sensibilité de ce capteur (exprimée en ISO) mais en fait, puisque le capteur est unique, il ne dispose que d'une seule sensibilité nominale !... Donc, faire varier la sensibilité ISO de ce capteur ne fait qu'amplifier un signal analogique avant que ce signal soit numérisé. En fait, la sensibilité nominale du capteur correspond à la sensibilité minimum dans la plage de réglage ISO de votre boîtier, généralement 100 ou 200 ISO. C'est à la sensibilité nominale que la qualité d'image obtenue est maximale, puisque dès que vous augmentez le gain, vont apparaître des "granulations" ainsi que des "bruits" numériques qui dégraderont l'image finale d'autant plus que le gain sera important !... Une image valant mieux que 10 pages de texte, voyons la différence (crop 100%) entre une image prise à 100 ISO (sensibilité nominale) et la même prise à 3200 ISO :

Inutile de préciser quelle moitié a été tirée à 100 ISO et quelle moitié à 3200 ISO !... En regardant de loin on aperçoit immédiatement que les zones sombres sont vraiment pitoyables à haute sensibilité (ça "saute" aux yeux), mais en regardant de plus près, on s'aperçoit que dans les zones de hautes et moyenne luminosité, si c'est "moins pire", la différence se fait surtout au niveau de la netteté avec une granulité limite inacceptable. Bon, ces images ont été tirées d'un vieux reflex numérique (le Pentax Km), aujourd'hui, avec des "monstres" comme les Pentax K5 ou K5 II, les Canon 5D MkII ou MkIII, les Nikon 700D ou 800D, ce test n'aurait plus aucun sens dans la mesure où il aurait fallu monter beaucoup plus haut en valeur ISO pour voir une telle différence... mais elle existerait malgré tout dès 3200 ISO, même si plus difficile à visualiser...

La valeur nominale (100 ou 200 ISO) est donc la seule valeur capable de donner une image d'une netteté parfaite avec le moins de grain et le moins de bruit. Malheureusement pour les débutants, les fabricants de boîtiers ont eu la mauvaise habitude d'implanter une fonction dite «ISO AUTO» qui, bien qu'essayant de rester à une valeur la plus basse possible, doit s'adapter aux conditions de prise de vue et aux paramètres d'exposition choisis avec une très forte proportion d'images gâchées... Puisque cette fonction est désactivable, préférez la sélection manuelle de la sensibilité ISO de votre capteur en restant le plus près possible de sa valeur nominale et utilisez soit un flash soit (mieux) un trépied si les conditions d'éclairage ne permettent pas des sélections d'ISO "bas". Chez Pentax il existe un mode automatique à priorité ISO qui est très bien fait, il suffit de choisir sa sensibilité (manuellement) et le boîtier se débrouillera avec diaphragme et vitesse... mais préférez tout de même la gestion 100% manuelle de votre boîtier...

Revenons au triangle de l'exposition, si vous modifiez la valeur ISO, vous allez du même coup, être obligé de (ou pouvoir, c'est selon) modifier la valeur du diaphragme et/ou de la vitesse... vous n'avez pas oublié ?!!!

D'une manière générale, avant de toucher au réglage de la valeur ISO, posez-vous systématiquement les questions suivantes :
- le sujet ne peut-il vraiment pas être mieux éclairé ?
- une photo bruitée et granuleuse pourra-t-elle faire l'affaire ?
- ai-je vraiment besoin d'une vitesse aussi rapide et/ou d'un diaphragme aussi fermé ?
- ne devrais-je pas plutôt utiliser un trépied ?

Bon, j'ai parlé des effets "négatifs" de la montée en ISO, mais ces mêmes effets peuvent très bien être "positifs" s'ils entrent dans le cadre créatif que vous souhaitez donner à une image particulière. On est tout à fait en droit de souhaiter une image granuleuse... même à l'époque de l'argentique, si j'aimais les portraits à 25 ou 50 ISO, je ne boudais pas mon plaisir du grain d'un 400 voire 800 ISO pour ces mêmes portraits...

Dans la mesure où un seul et même capteur peut changer de sensibilité, bien connaître ses réactions à la "montée en ISO" est un point positif et fondamental en photographie numérique,... un point que tout débutant (et pas uniquement eux !) se doit d'expérimenter et de pratiquer à bon escient...

Allez donc lire ce chapitre, vous y trouverez beaucoup plus de choses...

Et que sont les diaphragmes (en numérique) ?

À l'époque de l'argentique, l'utilisation de l'ouverture du diaphragme permettait, d'une part de modifier la quantité de lumière qui traversait l'objectif pour obtenir une bonne exposition, mais également et surtout pour jouer avec la profondeur de champ. Plus un diaphragme est grand ouvert et plus il laissera passer de lumière et plus la profondeur de champs (la netteté des plans successifs) sera courte et inversement, plus l'ouverture du diaphragme sera petite et moins la quantité de lumière qui traversera l'objectif sera importante et plus la profondeur de champs sera grande... Dans l'exemple ci-dessous, l'image du haut présente la profondeur de champ à f/1.4 et celle du bas (la même composition !!! si, si !!!) à f/22.

Il faut également se souvenir qu'un objectif, quel qu'il soit (et quel que soit son prix) ne sera jamais au mieux de sa forme aux plus grandes et aux plus petites ouvertures de diaphragme ! Il sera moins "piqué" aux grandes ouvertures et souffrira de diffractions aux petites ouvertures. Ces paramètres sont également à prendre en considération au moment de gérer l'ouverture de son diaphragme !...

Et bien, aujourd'hui, en numérique, il n'y a rien de nouveau sous le soleil !... Allez donc lire ce chapitre. Et, inutile de vous dire qu'utiliser un mode d'exposition automatique vous privera de toutes les subtilités de la photographie, même si certains boîtiers (surtout chez Pentax) permettent une gestion automatique personnalisable de l'ouverture du diaphragme...

Revenons au triangle de l'exposition, si vous modifiez la valeur du diaphragme, vous allez du même coup, être obligé de (ou pouvoir, c'est selon) modifier la valeur de la sensibilité ISO et/ou de la vitesse... vous n'avez pas oublié ?!!!

Et que sont les vitesses (en numérique) ?

À l'époque de l'argentique, la vitesse déterminait le temps pendant lequel la lumière accédait à la surface du film. Aujourd'hui, rien de nouveau, c'est toujours le temps pendant lequel le capteur reçoit la lumière de la scène que vous photographiez.

La vitesse d'obturation est mesurée en seconde ou en fraction de seconde. Plus le dénominateur est important et plus la vitesse est importante (normal : 1/1000è de seconde est beaucoup plus rapide que 1/10è de seconde !). Globalement, sauf cas particulier (faible éclairage, long téléobjectif etc...), vous n'utiliserez que des vitesses de l'ordre de 1/60è de seconde et plus rapide, en effet, sous cette barre de 1/60è vous risquez des flous de mouvement dus aux mouvements de respiration, aux battements de cœur, aux "coups de vent" ou autre. Bien qu'un photographe averti soit en mesure d'utiliser des vitesses de l'ordre du 1/15è de seconde sans problème (mais l'image sera moins piquée qu'à 1/100è), il est préférable, pour un débutant, d'utiliser une stabilisation (souvent incluse dans les boîtiers numériques ou dans les optiques -selon les marques-) ou un bon vieux trépied.

Comme pour les ISO et les diaphragmes, on dit que la quantité de lumière qui atteint le capteur double chaque fois que la vitesse diminue d'un point et est divisée par deux chaque fois que la vitesse augmente d'un point.

Comme pour les autres paramètres d'exposition, choisir la vitesse permet d'obtenir une bonne exposition mais également, et surtout, elle permet de donner votre vision d'une scène en mouvement. Sur l'exemple ci-dessous, deux fois la même image, l'une photographiée à 1/1000ème de seconde, la goutte est bien figée, l'autre à 1/4 de seconde, la goutte n'existe plus, il ne reste qu'une vague trace de sa création et de sa chute (le robinet gouttait à environs 1 goutte/seconde). [NB : ne prêtez aucune attention à la différence de granulité entre les images, pour obtenir 1/1000è de seconde, il a fallu bien monter en ISO, tiens, au fait, et si vous relisiez le début de cet article ???]

Donc, au moment de régler la vitesse il faut systématiquement se poser la question de savoir si on souhaite arrêter un mouvement ou si on souhaite le souligner en usant du flou occasionné par une pose plus longue.

Le mouvement n'est pas forcément un mal, on entend un peu trop souvent à mon goût la petite phrase classique « ne bougeons plus... ». Si vous photographiez une cascade (l'exemple est devenu bateau, tout le monde le fait aujourd'hui, ça ne présente plus le moindre intérêt sauf pour l'exercice !), à haute vitesse vous pourrez différencier chaque goutte d'eau (ou quasiment) alors qu'à vitesse lente, l'aspect laiteux de la cascade donne un effet surréaliste intéressant.

Quitte à parler de vitesse d'obturation, il faut aussi parler de la focale de l'objectif que vous utilisez, plus l'objectif sera un long téléobjectif et plus il faudra utiliser une vitesse élevée... logique, le "grossissement" engendré par l'objectif démultiplie le moindre micro mouvement de l'appareil photo... un bougé d'1/10è de millimètre du boîtier sera représenté par plusieurs centimètres sur l'image finale si vous utilisez un objectif de 500mm... bonjour le flou !!! C'est pourquoi, au moins pour débuter, on dit qu'il faut utiliser une vitesse au moins égale à l'inverse de la focale de l'objectif ! Vous utilisez un 500mm : réglez la vitesse à 1/500è de seconde !... Bien sûr cette règle ne s'applique pas si vous utilisez un trépied lourd et stable, mais méfiez-vous tout de même des longues focales... le choc du miroir de votre reflex, même fixé à un trépied peut occasionner un flou irrécupérable d'où la technique de levée anticipée du miroir (mais là je sors du cadre du "b-a-ba" de la photographie).

Allez donc lire ce chapitre. Et, inutile de vous dire qu'utiliser un mode d'exposition automatique vous privera de toutes les subtilités de la photographie...

Revenons au triangle de l'exposition, si vous modifiez la valeur de la vitesse, vous allez du même coup, être obligé de (ou pouvoir, c'est selon) modifier la valeur de la sensibilité ISO et/ou du diaphragme... vous n'avez pas oublié ?!!!

Contrôler vitesse et diaphragme si vous ne possédez pas un reflex performant

J'entends déjà ceux qui ont un peu parcouru mon site penser en lisant le paragraphe précédant : « ça y est... Thierry a pété un câble et son sens critique a disparu, il a fini par vouloir pousser ses lecteurs à acheter un reflex ! » Et bien non, vous voyez, il est également possible de contourner la limitation des appareils moins "performants" pour servir ses buts en photographie, même numérique !... Et nous allons en parler ici...

L'immense majorité des appareils numérique est étudiée pour fonctionner en automatique, c'est lui qui « prend toutes les décisions » (sauf le cadrage... mais ça viendra !), ce qui fait dire (et j'avoue le dire aussi parfois !) qu'ils ne permettent que de prendre des photos et ne permettent pas de faire des photos. Mais il y a tout de même une planche de salut pour tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas se payer un reflex haut de gamme... même les compacts les moins chers possèdent aujourd'hui ce qu'on appelle des "modes d'exposition" qui permettent à son utilisateur d'être un photographe et pas seulement un preneur de photos... Cela permet au photographe d'influencer l'appareil en lui disant quel type de scène on souhaite photographier. Même si l'utilisation de ces modes d'exposition ne permettra jamais la flexibilité du 100% manuel permis par les reflex, comprendre ces modes et les utiliser à bon escient vous permettra de contrôler tout de même (un peu) les réglages comme la vitesse ou le diaphragme (beaucoup plus rarement la sensibilité ISO !) puisque chaque mode déterminera un algorithme d'exposition "automatique" différent...

Ainsi, si vous souhaitez jouer sur la profondeur de champ (via la valeur de diaphragme, voir paragraphe précédent), utilisez les modes "portrait" et "paysage" : pour une profondeur de champ limitée, le mode "portrait" ouvrira plus le diaphragme et limitera donc la zone de netteté en profondeur, par contre, si vous souhaitez une profondeur de champ importante, utilisez le mode "paysage" qui fermera beaucoup plus le diaphragme. Eh oui, cela semble stupide, mais il est tout à fait licite de faire une photo de paysage en mode "portrait" pour limiter une profondeur de champ ou un portrait en mode "paysage" si on souhaite intégrer l'arrière plan au portrait !... L'appareil est un simple assemblage de pièces mécaniques et électroniques, il ne refusera jamais de faire un paysage en mode "portrait" !!! Et ce n'est pas parce qu'un mode s'appelle portrait qu'il ne saura faire que du portrait et idem pour tous les autres modes !...

Il en va de même pour la vitesse ! Si vous souhaitez arrêter un mouvement, le mode "sport" est fait pour vous puisqu'il utilisera systématiquement la vitesse la plus importante possible au vue de la luminosité. Si, au contraire, vous souhaitez utiliser une vitesse lente, pour peu que votre appareil autorise la désactivation du flash, utilisez le mode "nuit". Il est malheureusement vrai que très souvent le mode "nuit" déclenche le flash et que vous n'y pouvez rien... mais rien ni personne ne vous interdit de coller un bout de scotch noir sur le flash (ou simplement un doigt peut suffire -si cela ne demande pas trop de gesticulation, car tenir l'appareil, masquer le flash et déclencher peut être anatomiquement difficile à gérer-).

Bien sûr, ces conseils sont des "pis allez" puisqu'ils ne permettront jamais de déterminer une vitesse précise au choix (vous ne pourrez jamais décider de tirer à 1/100è de seconde plutôt qu'à 1/400è, mais bon, c'est déjà beaucoup mieux que rien !... L'utilisation de tous les trucs du paragraphe précédent est, effectivement, réservée aux possesseurs de reflex... Cela dit, de nos jours, avec la multiplication des compacts qui ne savent plus quoi inventer pour "s'hybrider", il devient de plus en plus fréquent de trouver des compacts pour plus cher que des reflex d'entrée de gamme qui en donnent beaucoup plus !... Réfléchissez bien si, un jour, vous souhaitez changer d'appareil... un reflex d'entrée de gamme finira par être plus intéressant, techniquement ET pécuniairement qu'un compact, même hybride, même à grand capteur et même à objectifs interchangeables !...

Les modes d'exposition des appareils numériques

À l'époque de l'argentique, jusque dans les années 1960, le tout manuel était de rigueur, il n'y avait même pas de posemètre. Les années 60 ont vues apparaître le mode semi-automatique, à savoir, un posemètre intégré dont les indications variaient avec les modifications de réglage du diaphragme et de la vitesse. Puis sont apparus, dans les années 1970 les modes automatiques à priorité diaphragme puis vitesse pour finir, dans les années 1980, des modes dits "programme" qui géraient à peu près tout, tout seuls.

Avec l'avènement de l'ère numérique, c'est l'automatique qui prend le dessus, seuls les reflex autorisent encore le mode "manuel" (qui en fait est un mode semi-automatique puisque le posemètre vous indiquera l'influence de vos réglages sur l'exposition !). Tous les modes automatiques de l'ère argentique ont été réimplantés (priorité vitesse, priorité diaphragme) et de nouveaux sont nés, grâce à Pentax® (priorité vitesse + diaphragme : pour modifier la valeur ISO en fonction de la vitesse et du diaphragme sélectionnés manuellement et priorité ISO : pour modifier vitesse et diaphragme en fonction du choix manuel de la sensibilité ISO). C'est ainsi qu'on reconnaît un reflex de bonne facture, il ne possède "que" ces modes (manuel, priorité ouverture, priorité vitesse, programme et plus ou moins priorité vitesse + diaphragme et plus ou moins priorité ISO). Pour les reflex entrée de gamme, on retrouve les modes des reflex haut de gamme (sauf priorité vitesse + diaphragme et priorité ISO) mais en plus, tous ces modes exotiques que l'on retrouve sur les bridges et les compacts : sport, paysage, portrait, spectacle, nuit, flash, fond sombre/clair, nourriture et que sais-je encore...

Tous ces modes que je qualifie "d'exotique" étant des adaptations automatiques des "programmes de base" que l'on retrouve sur les reflex haut de gamme, je persiste en insistant sur le fait que même si cela peut sembler être du gâchis, il est préférable, dans la mesure du possible, de se détourner de ces modes et se concentrer, autant que faire se peut, sur les modes "professionnels" et mieux encore vers le mode 100 % manuel. Ce sera plus dur au début, mais vous verrez, dans quelques mois, vous me remercierez...

Le mode priorité ouverture et le mode priorité vitesse

Alors que dans le premier paragraphe je vous avais parlé du triangle de l'exposition, vous savez maintenant quelle influence chaque paramètre opère sur les deux autres. Je souhaiterais que tout le monde utilise son matériel en manuel (pour une meilleure création de ses idées en image), mais si cela est trop rébarbatif pour un débutant, les deux modes dont je vais parler maintenant peuvent servir d'excellent tremplin.

En effet, ils vous permettent de "jouer" avec un paramètre exactement comme vous le souhaitez, le boîtier faisant en sorte que l'exposition finale soit acceptable.

Le mode priorité vitesse caractérisé par les abréviations Tv ou S (time ou speed pour les anglophones). Dans ce mode vous sélectionnez la vitesse que vous préférez de manière à arrêter le mouvement ou au contraire pour bénéficier d'un filé et le boîtier se chargera de vous donner une exposition correcte en modifiant le diaphragme (et parfois la sensibilité ISO). Nous avons discuté précédemment des effets de la valeur de la vitesse sur l'image finale, vous choisissez donc votre effet et le boîtier se débrouillera pour vous délivrer une image correctement exposée. Mais attention, le choix automatique de la valeur de diaphragme et éventuellement de la sensibilité ISO peut vous faire louper votre image si vous n'êtes pas attentif aux réglages déterminés, un diaphragme trop ouvert ou trop fermé pourra, en modifiant la profondeur de champ, donner un sens non souhaité au résultat final et idem s'il y a modification de la sensibilité ISO avec risque de granulité non souhaitée...

Le mode priorité au diaphragme (ou à l'ouverture) est généralement caractérisé par le vocable Av ou A (puisque ouverture se dit aperture en angueliche). Donc vous sélectionnez un diaphragme, pour obtenir une profondeur de champ, et le boîtier s'arrangera pour choisir une vitesse (et parfois une sensibilité ISO) donnant une exposition acceptable selon l'éclairage du sujet. Si vous vous souvenez des lignes ci-dessus, vous savez que ce mode permet de jouer à sa guise de la profondeur de champ sans pour autant être obligé de se "prendre la tête" à régler manuellement la vitesse et la sensibilité ISO pour obtenir une exposition correcte, vous réfléchissez profondeur de champ et le boîtier se charge du reste. C'est très pratique mais ce n'est pas la panacée pour autant puisque si le boîtier fait toujours bien son travail, il faut être attentif aux paramètres déterminés automatiquement (!!!) une vitesse lente ou une sensibilité ISO élevée risquent de vous faire louper votre image (flou de bougé sur vitesse lente ou granulation intempestive sur sensibilité élevée).

Comme pour tout automatisme, il faut apprendre et comprendre comment le boîtier effectue ses calculs d'exposition et l'impact de ses calculs sur le résultat final (la photo). Pour ce faire, il n'y a pas 36 possibilités, il faut tester grandeur réelle, choisir des éclairages différents et des diaphragmes différents (pour l'automatisme priorité diaphragme) puis des vitesses différentes (pour la priorité vitesse). Les premiers tests ne seront peut-être pas très concluants, mais vous comprendrez rapidement quoi attendre des "habitudes" de votre boîtier.

L'équilibre des blancs (injustement appelé balance des blancs)

Ce paramètre est inconnu des photographes de l'époque argentique dans la mesure où à cette époque chaque film portait la mention de son spectre de travail (film lumière du jour, film tungstène...) Pour utiliser un film dans un autre environnement de couleur, il fallait placer un filtre coloré devant l'objectif. C'est peut-être cette "nouveauté" du monde numérique qui fait que la majorité d'entre nous zappe cette étape se contentant d'utiliser la balance des blancs automatique.

Le cerveau humain est une machine extraordinaire, si vous regardez une voiture blanche située sous un lampadaire oranger de nuit, la voiture sera orangée mais vous la verrez blanche, la correction est "automatique" et inconsciente. L'appareil photo, lui, essaye de faire pareil mais les algorithmes de correction sont loin d'être parfaits... Globalement l'équilibrage automatique pourra satisfaire 80% des utilisateurs dans 80% des cas, mais est-ce réellement suffisant ? Personnellement je préfère conseiller l'utilisation des corrections caractéristiques (lumière du jour/ombre/nuageux/couvert etc...) à l'utilisation de l'équilibration automatique. J'irai même encore plus loin en affirmant que rien ne vaut la calibration manuelle qui, si elle ne présente aucune difficulté, est longue et fastidieuse... mais le résultat en vaut la peine !...

Bien sûr l'équilibre des blancs peut être effectué à postériori (en post traitement) mais cela se paye au prix d'une perte de temps dans le logiciel graphique ou au prix de l'obligation de travailler en RAW.

Le réglage peut différer d'un appareil à l'autre, aussi je ne pourrai pas m'attarder sur ce sujet, il est préférable de vous tourner vers le mode d'emploi de votre boîtier. Mais j'insisterai encore sur l'intérêt de l'ajustement manuel surtout en cas de mélange de différentes sources lumineuses de couleurs (températures de couleur) différentes. Il suffit de placer une feuille blanche dans le champ de visée et de dire à l'appareil que ce qu'il voit est blanc, à partir de là, toutes les photos prises dans le même environnement lumineux seront équilibrées et présenteront les couleurs exactement comme elles le sont en réalité.

Et maintenant ?

Oh, ça ne fait que commencer... il faudra encore lire toutes les autres rubriques de ce site (et accessoirement d'autres aussi...) et expérimenter, expérimenter, expérimenter encore pour enfin pouvoir évoluer...

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POURQUOI A-T-ON TANT DE PROBLÈMES LORS DU CHOIX D'UN OBJECTIF ?

À la belle époque (je parle bien de nostalgie de l'argentique et pas des années 1920 !) de l'argentique, on achetait un appareil photographique reflex avec un objectif (généralement "normal" c'est à dire un 50mm qui ouvrait pas mal) et si on voulait augmenter son parc d'objectifs, on allait acheter un objectif, on le fixait sur l'appareil et ...roule ma poule... on faisait de la photographie sans se casser la tête !... Bien sûr, de tout temps, il existait d'excellents objectifs et des "culs de bouteilles", il suffisait de se renseigner et de tester un objectif avant de l'acheter et c'était marre...

Et puis, est arrivé le numérique !... Ah, pour une révolution, ce fut une révolution !... Aujourd'hui, on s'achète un reflex et un objectif (généralement un zoom tans--standard de qualité moyenne qui n'est pas très lumineux) et si on souhaite augmenter son parc d'objectifs, on se casse la tête, on serre les fesses en signant son bon de commande et, souvent, on s'arrache les cheveux dès que le nouvel objectif est monté sur le boîtier !...

Que c'est-il passé ? Les fabricants se moquent de nous ? Ils essayent de nous gruger ? Peut-être... mais ce n'est pas l'explication la plus probable !... Le problème se trouve ailleurs... En décidant d'acheter un appareil photo numérique, on met le pied dans un merdier (pardonnez le mot) dont on n'imagine même pas l'ampleur !... C'est ce que je vais tenter de vous expliquer ici.

Pour ceux qui ont connu l'argentique, la notion de front/back focus était inconnue, l'évocation d'aberration chromatique latérale ne réveille aucun souvenir, pas plus que l'aberration chromatique longitudinale d'ailleurs. Je ne parle ici que de 3 problèmes mais quels problèmes !... Qui ne s'est pas arraché les cheveux en découvrant que leur superbe objectif de marque, qu'ils viennent de payer plus de 1000€ était incapable de délivrer une image nette à l'endroit où ils l'avaient décidés ? Qui n'a pas pesté en jetant une photo capitale qui présentait une aberration chromatique trop importante ? Comment faire pour acheter un objectif avec lequel on peut faire de la photo ? Payer 10.000€ ?

Et je n'ai pas encore parlé de ces images floues ou molles, visiblement victimes d'un bougé alors que l'appareil ou l'objectif est équipé d'un système électronique de stabilisation d'image ! Il n'existait pas tous ces systèmes au temps de l'argentique et les flous de bougé étaient rarissimes... Qui ne s'est jamais écrié : en argentique j'utilisais du 200mm sans le moindre flou de bougé, maintenant en numérique, à 100mm, malgré les systèmes de stabilisation je trouve le moyen de louper mes images... Serais-je frappé d'un tremblement pré-sénile ?

La conclusion qui s'impose fort logiquement est que la photographie numérique, du point de vue du matériel du moins, n'est pas encore du tout au point !...

Seulement voilà, pour ceux qui ont connu l'argentique et les débuts du numérique, cette conclusion ne tient pas !... Au début du numérique, tous ces problèmes n'existaient pas, donc le problème est ailleurs, c'est sûrement les industriels qui ne veulent plus se casser la tête et se faire un maximum de bénéfice au détriment de l'utilisateur final... La preuve, les professionnels qui achètent du matériel haut de gamme n'ont pas ce genre de déboires !...

FAUX !

Les professionnels et leur matériel haut de gamme ont les mêmes problèmes que nous autres pauvres mortels d'amateurs !... Le prix n'est pas un facteur à prendre en compte !... Quoi donc, alors ? Réfléchissons un peu... la colère n'est pas bonne conseillère !...

Qu'avait (ou n'avait pas) l'argentique que le numérique n'a pas (ou a) ? Qu'avait (ou n'avait pas) les premiers appareils numériques que les appareils actuels n'ont pas (ou ont) ? Réponse : la résolution (ou la définition) ! Bien que tous les vieux de la vieille (dont je suis) se soient toujours escrimés à tenter d'établir une équivalence entre un film (de différents formats) et un nombre de pixels, cela n'est que pure conjecture... Le film argentique, composé de "gros" grains d'argents, quel que soit le format du film (et sa sensibilité), proposait une définition relativement faible. Toutes les aberrations retrouvées aujourd'hui existaient également MAIS n'étaient pas visibles... En plus, le principe de l'argentique était diamétralement opposé au principe du numérique : en argentique on créait une toute petite image (de 24x36mm à 60x90mm) qu'il fallait agrandir, donc en regardant ces images "minuscules" on ne pouvait rien déceler et l'agrandissement de rien donne... rien donc pas de problème !!! Même avec un objectif "moyen" (en termes de qualité) on avait des résultats tout à fait acceptables...

Dans les premiers temps du numérique, on avait également une définition très limitée. Avec des capteurs de 2, 3, 4, 5 jusqu'à 10 mégapixels (là c'est déjà problématique) on se retrouvait dans le même cas de figure qu'avec l'argentique... petite définition... Les aberrations existent mais ne sont pas visibles. J'ai dit plus haut que le principe était différent entre l'argentique et le numérique, c'est vrai puisqu'en photo numérique on fabrique une "grande" image (selon le nombre de pixels) qu'il faudra réduire pour impression (ou au pire conserver dans l'état), si on ne voit rien à 100%, comment voulez-vous voir quelque chose en réduisant l'image finale ? Avec des basses définitions, même un objectif "moyen" (en terme de qualité) donnait des résultats acceptables...

Aujourd'hui on se retrouve avec des capteurs de 16 à 18 Mégapixels en APS et plus de 20 en full frame (et encore beaucoup plus en 2015 !). De tels capteurs ne laissent plus rien passer et on se prend "en pleine figure" tous ces défauts qui existaient mais virtuellement... C'est pourquoi, à l'achat d'un objectif pour les capteurs de haute définition, il faudra systématiquement :
— choisir la meilleure qualité possible : j'ai testé un objectif très "moyen" de l'époque argentique (un Revue !) sur un Pentax *istDS (6 Mpxl), les résultats étaient très bons -du moins autant que sur un film 24x36-, j'ai essayé le même objectif sur un Pentax K10 (10 MPxl), les résultats étaient acceptables, j'ai ensuite essayé le même objectif sur un Pentax K5 (16 MPxl) et là... horreur !... J'aurais pu essayer ce même objectif sur un Canon 5D MkII mais avec ses 21 Mpxl j'ai peur du résultat (je n'ai pas testé puisque je ne possède pas de bague d'adaptation pour le Canon, investissement non envisageable car tous mes objectifs M42 ne passeront certainement pas l'épreuve des 21 Mpxl !)
Je préfère ne même pas penser aux futurs propriétaires de Nikon 800 D qui devront revoir en totalité leur parc d'objectifs... même les fers de lance du 700 D ne pourront plus rien donner sur le nouveau capteur beaucoup trop riche en nombre de pixels !...
— tester et corriger le décalage de mise au point automatique. il n'est parfait que dans moins de 10% des cas, même avec des optiques au top (et des tarifs au top aussi d'ailleurs !). C'est pourquoi tous les reflex numériques proposent dans leur menu un micro-réglage de l'autofocus.
— tester des prises de vue à toutes les valeurs de diaphragme pour découvrir les plages de diaphragme où on repère le plus (ou le moins) d'aberrations. Généralement un objectif est idéal pour un diaphragme de f/8 (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut travailler qu'à f/8 !), plus l'ouverture est grande (f/1.4 - f/1.8) sur un full frame et plus les aberrations transversales seront évidentes, plus les ouvertures seront petites (f/16 - f/22 et plus) et plus la diffraction sera importante et voir sur des sujets très contrastés, à quelle valeur de diaphragme l'aberration chromatique latérale est la plus importante...
N.B. moins la correction de l'autofocus sera bien effectuée et plus le risque d'aberration chromatique latéral sera important !...

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COMMENT TIRER LE MEILLEUR PARTI D'UN OBJECTIF PAS TROP TOP ?

Suite logique à l'article précédent (que je vous invite à lire !), nous allons voir comment pouvoir utiliser au mieux un objectif pas forcément au sommet de la qualité avec un excellent appareil numérique...

Bien sûr, je passe mon temps à répéter à qui veut l'entendre, qu'il faut toujours privilégier l'objectif au boîtier lors de l'investissement de matériel photographique, il y en a toujours qui ne veulent en faire qu'à leur tête, ou ceux qui veulent se faire un grand plaisir en achetant un super boîtier même si leur budget ne permet pas de suivre avec un objectif de qualité !... Pour tout ceux là -et tous les autres aussi- je vais me permettre de vous fournir un petit conseil.

La création photographique (numérique) est une succession « d'appareillages » qui va de l'œil du photographe (sa créativité), passe par le boîtier puis l'objectif, puis l'informatique (logiciel compris) pour finir par l'imprimante, le papier et l'encre qui vont matérialiser l'image finale. Il s'agit donc d'une « chaîne », et, comme pour toute chaîne, c'est le maillon le plus faible qui détermine la norme de toute la chaîne !...

Dans le cas qui nous intéresse, le couple boîtier/objectif, si le boîtier est au top et que l'objectif est "moyen", il va falloir « limiter » les capacités du boîtier de façon à recréer une cohérence qui aboutira à un résultat, sinon extraordinaire, au moins très acceptable.

Mais comment réduire les qualités du boîtier ? C'est excessivement simple ! Tous les boîtiers proposent dans leur menu le réglage de la qualité des images. Selon la marque de l'appareil, cette qualité s'exprime en nombre de pixels et en qualité finale de l'image ou sous forme de codes (ce qui revient au même !). Si vous vous êtes payé un superbe boîtier de 16 ou 18 Mpxl en APS ou un 20 Mpxl (et plus) en plein format, vous pourrez réduire les capacités du capteur de façon à les placer à un niveau compatible avec la qualité de l'optique... Imaginons que vous soyez l'heureux possesseur d'un Canon 5D MkII de 21 Mpxl et que votre budget ne vous a pas ouvert l'accès à un objectif Canon série L, rien ne vous empêche de demander à votre 5D MkII de faire des images de 10 Mpxl, ce qui permettra de tirer le meilleur de votre objectif de qualité moyenne.

Vous me direz : quel intérêt d'acheter un appareil plein format de 21 Mpxl pour faire des photos de 10 Mpxl ? Je vous répondrez sur 2 points :
1) je vous avais prévenu : achetez un excellent objectif et un boîtier plus modeste (à prix égal), l'optique a une espérance de vie supérieure à celle du boîtier, vous pourrez acheter un boîtier top plus tard...
2) maintenant que vous possédez un boîtier top et une optique pas extraordinaire, il est préférable d'obtenir de belles images de 10 Mpxl que de mauvaises images de 21 Mpxl !... Pas d'accord ?

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PEUT-ON UTILISER N'IMPORTE QUEL OBJECTIF EN NUMÉRIQUE ?

J'aimerais bien répondre « oui » à cette question mais ce n'est malheureusement pas aussi simple !!! Vous vous en doutiez !... Nous allons donc un peu approfondir la question avant de tirer une conclusion.

Avant tout, quelle est la plus grosse différence entre un film argentique et un capteur numérique ? Non je ne parle pas du fonctionnement, ni de la gestion du signal... la plus grosse différence entre les deux est... la résolution. Si on considère qu'un grain d'argent agit comme un photosite, ce qui est tout à fait légitime puisqu'il reçoit et "traite" la lumière (même si le grain d'argent ne sait rien faire d'autre que d'enregistrer la lumière alors que le photosite, lui, est capable, en plus, d'enregistrer l'intensité de la lumière reçue), il mesure environ 20µ, ce qui fait que sur une surface de 24x36mm on en trouve approximativement 2.000.000. Sur un appareil numérique de même format (full frame = 24x36mm) on retrouve environs, selon le modèle, 20.000.000 de photosites...

Que vient donc faire le nombre de grains d'argent et le nombre de photosites dans l'analyse de l'utilisation d'un objectif sur un appareil numérique ? C'est très simple, plus la résolution du support (film ou capteur numérique) est importante et plus l'objectif doit avoir un pouvoir de séparation important !... Logique !... Donc, en principe, oui, on peut utiliser n'importe quel objectif sur un boîtier numérique mais il faut faire attention aux résultats obtenus ! Plus le capteur numérique possède de pixels et plus l'objectif doit être « pointu » sans quoi la qualité finale de l'image s'en ressentira !

Si je reprends l'approximation ci-dessus, on pourrait dire qu'un objectif de qualité modeste, primitivement étudié pour l'argentique, ne pourra être utilisé sur un boîtier numérique que si ce dernier n'est pas équipé de plus de 2 méga pixels... Dans la réalité ce n'est pas tout à fait aussi simple. En effet, même au temps de l'argentique, les fabricants essayaient de faire de leur mieux pour construire leurs optiques, donc même les objectifs "modestes" sont capables d'une résolution suffisante pour les appareils numériques de plus de 2 Mpxls !... Mais la limite sera vite atteinte pour les plus modestes d'entre eux. Plus la qualité de l'objectif sera grande et plus la limite sera élevée !...

Le pouvoir de résolution est variable selon la position dans l'image, tout le monde sait cela. C'est à cause de la courbure des lentilles. C'est donc dans les coins de l'image que la faiblesse des objectifs se fera ressentir en premier lieu... Plus un objectif est sensé couvrir une grande surface et plus le diamètre "piqué" sera important...

Si vous souhaitez utiliser des objectifs anciens sur un appareil numérique, il est donc indispensable de se procurer des objectifs anciens capables de couvrir une surface plus importante que la surface de votre capteur, et ce, quel que soit son nombre de pixels...

Nous voilà donc en possession de trois paramètres à prendre en compte : une qualité d'objectif, un nombre de pixels pas trop important et une surface de couverture de l'objectif.

Si vous possédez un reflex numérique au format APS : tout objectif argentique capable de couvrir le 24x36 et plus sera tout à fait envisageable en numérique à condition toutefois que le capteur ne comporte pas trop de pixels. Ce n'est pas une loi que je vais éditer ici, c'est en réalité une constatation totalement empirique : un objectif argentique "modeste", prévu pour le 24x36, fera des merveilles sur un appareil numérique à capteur APS-C de 6 Mpxls comme le Pentax *istDS (par exemple), sera tout juste passable sur un capteur APS-C de 10 Mpxls comme le Pentax K-10 (par exemple) et sera inutilisable sur un capteur APS-C de 16 Mpxl comme le Pentax K-5 (par exemple). Un objectif argentique de qualité, prévu pour le 24x36, fera merveille sur tous les capteurs APS-C jusqu'à 16 Mpxl inclus (je n'en possède pas d'autres pour les tester). Si, maintenant, vous vous tournez vers des objectifs argentiques prévus à l'origine pour le moyen format, d'une part, ces objectifs à destination des professionnels n'étaient jamais de qualité "moyenne", et d'autre part, ils étaient prévus pour couvrir une surface de 2 fois (et plus) la surface de votre capteur, ceux là donneront d'excellents résultats quelle que soit la résolution de votre capteur APS-C qui n'utilisera que la partie la plus centrale de l'objectif (la meilleure) pour toute sa surface...

Si vous possédez un appareil reflex numérique full frame : tout objectif argentique capable de couvrir le 24x36 et plus sera tout à fait envisageable en numérique à condition toutefois que le capteur ne comporte pas trop de pixels. Jusqu'à la sortie du Nikon 800D, les capteurs full frame disposaient de grand capteurs mais avec "peu" de pixels. Donc tout objectif argentique, même de qualité "moyenne", pouvant couvrir le 24x36 pouvait donner d'excellents résultats. Pour ce qui est des objectifs argentiques originellement étudiés pour les formats plus grands donneront des résultats encore plus époustouflants !...

Le problème va commencer à se poser avec cette nouvelle génération de capteurs, tant APS que full frame qui s'accompagnent d'une véritable inflation de pixels... On sait dores et déjà qu'acheter un Nikon 800D obligera à changer tout son parc d'objectifs, donc il ne faut pas rêver quant aux possibilités des objectifs argentiques (hormis, peut-être, les objectifs pour moyen format).

Donc, si l'aventure vous tente, que ce soit pour faire "exotique" ou que ce soit pour faire des économies, tournez vous systématiquement vers ce que le monde argentique a connu de meilleur (on trouve cela partout et à vil prix, même les Takumar -Pentax- qui ont toujours été les dieux de l'optique photographique) et surtout, testez ces optiques sur votre appareil avant l'achat sous peine de fortes déconvenues...

Je ne voulais pas clore cet article sans préciser un "avantage" des objectifs "pas trop adaptés" aux capteurs actuels : ils seront bien moins "piqués"... mais la douceur apportée à l'image peut avoir un intérêt non négligeable (en portrait notamment) !...

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DEUX RÉGLAGES INDISPENSABLES POUR APPAREILS PHOTO NUMÉRIQUES

Il faut savoir que si les fabricants veulent vendre leur matériel, c'est quand même le but du jeu, il faut qu'ils fassent penser que leur utilisation est intuitive et simple ! Pour cela ils investissent un maximum dans la création de logiciels intégrés qui « font tout le travail » afin que l'utilisateur final en « prenne plein les yeux » sans même savoir ni pourquoi ni comment !... Cette remarque est valable pour le compact le plus bas de gamme comme pour le reflex de très haut de gamme !...

Comment les fabricants réussissent ce tour de force ? Cela paraît paradoxal, mais simplement en bridant un maximum les capacités de leur matériel !... Qu'importe les qualités du capteur et ce qu'il est capable de fournir, le logiciel interne à l'appareil fait une moyenne de ce qu'il s'attend à trouver sur une « belle image ». Il écarte d'emblée tout ce qui sort du cadre bien défini de ce que le concepteur attend d'une « belle image » qui plaira au plus grand nombre. Ainsi :
—> on pousse au maximum la saturation des couleurs (souvent jusqu'à la limite avant laquelle on remarquera que la nature des choses ne correspond plus à l'image !). Avez-vous essayé des appareils reflex d'entrée de gamme en mode plein automatisme ? Par météo désastreuse, votre appareil vous donne presque des images de plein été -j'exagère à peine-.
—> on sous expose un brin. Ça c'est très louable (!) puisque cela permet de ne pas bruler les blancs
—> on se place dans un espace couleur rétréci (sRVB) qui correspondra à ce qu'affichent les écrans d'ordinateur bas de gamme
—> on créera du JPEG de façon à obtenir des fichiers tout travaillés et très légers qui s'afficheront rapidement à l'écran et qui passeront bien sur les bornes automatiques d'impression de petit format (10x15).

Si vous êtes de ceux qui ne souhaitez que faire de la photo pour publication sur le web : ne touchez surtout à rien !... Tout ce que vous pourrez bricoler sur votre appareil ne va réussir qu'à vous compliquer grandement la vie !!!

Si vous êtes de ceux qui ne veulent faire que de la photo pour affichage à l'écran (ou au cadre numérique) ou qui vous contentez d'impression petit format sur des bornes automatiques : ne touchez surtout à rien !... Tout ce que vous pourrez bricoler sur votre appareil ne va réussir qu'à vous compliquer grandement la vie !!!

Si maintenant vous êtes un photographe qui espère évoluer dans le monde de la photographie, à fortiori si vous êtes déjà un passionné voire un expert en devenir, ce réglage par défaut de l'appareil est à proscrire absolument !!! Donc voilà le minimum que je vous propose :

Les réglages « pointus » de votre boîtier dépendront uniquement de vos goûts et de ce que vous attendez de votre appareil, je ne rentrerai donc pas dans ces considérations, par contre, il y a deux paramètres à modifier IMPÉRATIVEMENT :
—> oubliez le JPEG (!) réglez votre appareil en mode RAW !!! Certains appareils proposent plusieurs modes RAW (des full RAW, et des modes RAW allégés), c'est le cas de Canon®, mais en réalité cela n'a d'intérêt que pour diminuer le nombre de pixels sur l'image finale et d'économiser de la place sur la carte mémoire, je ne m'étendrai pas sur le sujet, il s'agit toujours de modes RAW et ouvrent tous les même portes !... D'autres marques, Pentax® pour ne pas la nommer, propose deux modes de RAW le mode propriétaire (PEF) ou le mode Adobe DNG. Le mode Adobe DNG présente un avantage non négligeable dans la mesure où il est plus universel et que tous les dérawtiseurs permettent son utilisation, mais le format PEF est bien plus riche que le format DNG. Dans la mesure où tous les grands logiciels de dérawtisation reconnaissent les PEF, je vous proposerai de choisir le mode natif de Pentax, si par malheur, vous n'avez pas accès à un tel logiciel, utilisez le DNG, moins riche mais utilisable !... Bien sûr, travailler en RAW va vous obliger à vous équiper d'un « laboratoire numérique » contenant au minimum un logiciel de dérawtisation (j'en parle par ailleurs), mais ce mode est le seul qui vous permette de gérer votre image au quart de poil, comme au bon vieux temps de la photo argentique, vous gérerez l'exposition, la balance des blancs, l'équilibre des zones (zone system), la couleur, la saturation, le bruit, bref,... toute l'image... tout ce que le JPEG vous interdit.
—> oubliez l'espace couleur sRVB (!). Même si vous n'êtes pas des spécialistes de la colorimétrie (je n'en suis pas non plus), vous avez déjà entendu parler des espaces colorimétriques : ce sont des "zones" plus ou moins étendues qui permettent de représenter le plus de couleurs possible et dans les meilleures conditions. Les espaces couleur les plus connus du grand public sont le sRVB (ou sRGB) qui est l'espace couleur le plus restreint et l'espace Adobe® RVB 1998 (ou Adobe® RGB 98) qui est beaucoup plus vaste et englobe totalement l'espace sRVB. Il existe des espaces encore bien plus vastes que l'espace Adobe RVB 98, mais nous n'en parlerons pas ici puisque cela ne s'applique pas aux appareils photo numériques. Les appareils photo numériques « évolués » (et même de nombreux autres !!!) proposent le choix entre l'espace couleur sRVB et l'espace Adobe® RVB 1998... n'hésitez pas... sélectionnez le mode Adobe RVB 1998 ! Après tout, le but du jeu est bien de récupérer le plus d'informations possible puisque la chaîne numérique nous en fera perdre suffisamment en cours de travail !!!

OUI MAIS... tout cela est un peu trop tranché, il va falloir en discuter un peu :
La première étape de la création d'une image est la prise de vue (ah ! vous ne vous en seriez pas douté ?). C'est le moment où la lumière frappe le capteur et est transformée en un message constitué de 0 et de 1 (c'est pour cela qu'on parle de numérique !!!, il ne s'agit plus de créer des zones claires et sombres -colorées ou non- mais bien une suite de bits !...). L'APN va enregistrer dans un fichier cette suite de bits. Juste ensuite vient le traitement de cette "image" et c'est là qu'intervient le choix du type de format de fichier, RAW ou JPEG !...

En RAW (rappelons pour ceux qui ne le savent pas encore que cela signifie BRUT en anglais), l'APN va enregistrer "l'image" sans y toucher, pas le moindre traitement, nada... du brut de décoffrage en quelque sorte. Cela veut dire qu’il garde toutes les informations de l’image sans aucune perte et ce en 12, 14 ou 16 bits par couche. (Ce nombre de bits représente les nuances pour chaque couleur de base du capteur, le Rouge, le Vert et le Bleu.). Le format RAW va donc permettre de contrôler toutes ces valeurs et de les modifier selon ses besoins (ou ses envies) à postériori.

En JPEG l’appareil va enregistrer "l’image" avec les traitements choisis par avance par l'appareil (le constructeur et éventuellement, en plus, l’utilisateur). Le JPEG travaillera en 8 bits par couche. Et on ne pourra plus revenir dessus.

Mais je m'aperçois que je parle en bits et que ce n'est peut-être pas très clair pour tout le monde ! Enregistrer une image en 8, 12, 14 ou 16 bits qu'est-ce que ça veut dire ? Si nos capteurs n'étaient capables de reproduire que du noir profond et du blanc pur (soit 2 "couleurs") on parlerait d'un encodage sur 1 bit, c'est à dire 2puissance1 = 2 couleurs, "0= noir" / "1= blanc". Pour fabriquer une image plus "classique", on a besoin d'un encodage un peu plus large, pour avoir, au moins du blanc, du noir et quelques gris, non ?... Si on part sur un encodage de 2 bits, chaque couleur est codé avec 2 chiffres "00 = noir"/"01= gris foncé"/"10= gris clair"/"11= blanc". Avec 2 bits on a 2puissance2 soit 4 "couleurs". Et on peut continuer le raisonnement par tâtonnement... 3 bits : 2puissance3 = 8 couleurs, 4 bits : 2puissance4 = 16 couleurs, 5 bits : 2puissance5 =32 couleurs, [...] 8 bits : 2puissance8 = 256 couleurs, [...] 12 bits : 2puissance12 = 4096 couleurs, [...] 14 bits : 2puissance14 = 16384 couleurs, [...] 16 bits : 2puissance16 = 65536 couleurs.

J'ai jusque là parlé en nombre de couleurs alors que j'aurais du parler de nuances de couleur et ce par couche de couleur de la trame du capteur soit, pour 16 bits, 65536 nuances de rouge + 65536 nuances de vert + 65536 nuances de bleu, ce qui donne en fait 281.474.976.710.656 nuances de couleurs !!! Alors qu'en travaillant en JPEG on se limite à un codage sur 8 bits soit 256 nuances de rouge + 256 nuances de vert + 256 nuances de bleu soit 16.777.216 nuances de couleurs !!!...

Quand on sait qu’un RAW enregistre au minimum en 12 bits par couche (selon son appareil) là où un JPEG se contente de 8 bits, on comprend qu'il ne faut pas hésiter une seule seconde... pourquoi s'enfermer dans un petit cadre de 16 millions de couleurs quand on est en mesure d'en enregistrer des milliards ? Mais ce n'est toutefois pas si simple (je me disais aussi !!!). S'il est vrai que le format RAW est plus souple que le JPEG puisqu'il permet un retravail quasi total de l'image après la prise de vue et qu'en plus il offre une palette quasi infinie de couleurs, il n'est pas la panacée pour autant !...
—> Si on peut effectivement corriger tous les réglages après la prise de vue (balance des blancs, saturation, accentuation, expo…) il faut garder présent à l'esprit que ce n'est pas une possibilité offerte par le format RAW mais bien une obligation !!! En effet, une image en format RAW est to-ta­le­ment inex­ploi­table si on ne la développe pas !!! Les explorateurs du système d'exploitation sont in-ca-pa-bles de l'afficher sur l'écran (il faut prévoir des plug-ins pour cela), les logiciels de diaporama sont in-ca-pa-bles de la présenter à l'écran, il est im-pos-si-ble de la visualiser si vous la placez sur un site internet et même... il est im-pos-si-ble de l'imprimer... Chaque image RAW doit im-pé-ra-ti-ve-ment passer par la case développement via un logiciel de dérawtisation. Vous devez pour chaque photo vous charger des réglages, passer un certain temps devant votre écran d'ordinateur pour espérer tirer le meilleur de vos RAW !!! c'est même plus long que le temps nécessaire à l'époque de l'argentique !!!
—> Si le format RAW nous gratifie d'un nombre de couleurs incalculable, il y a quelques soucis. [1] L'écran de l'ordinateur est in-ca­pa-ble de reproduire une image qui dépasse un codage de 8 bits (256 valeurs/couche). Le meilleur écran ne pourra jamais afficher plus de 16,7 millions de couleurs... [2] Aucune imprimante et aucun papier ne sera jamais capable de présenter autant de couleurs, en effet, les capacités de l'écran sont encore énormes par rapport aux capacités de l'imprimante !!! [3] Même notre œil est bien incapable de s'y retrouver dans une telle palette !... Même si votre œil est en parfaite santé (êtes-vous sûr qu'il le soit, même si vous avez une bonne vue ? Allez voir un ophtalmologiste pour passer un test de palette... vous aurez des surprises !!!) n'espérez pas qu'il soit capable de différencier plus de nuances que celles codées sur 8 ou 9 bits !!! Et c'est déjà énorme !!! On est donc vite obligé de relativiser la « puissance » des RAW dont on ne peut rien tirer !...
—> Il n’y a pas de RAW universel. Autrement dit, chaque marque enregistre ses RAW sous un format qui lui est spécifique, pire encore, qui est spécifique à chaque boîtier !!! Cela laisse un doute sur l'avenir d'un fichier RAW non développé... On a critiqué le format JPEG qui serait probablement impossible à relire dans 10 ans, un RAW non développé risque de ne plus être lisible dans 2 ans !!! Autant dire que si on veut être certain de pouvoir récupérer toutes ses photos dans quelques années, on est obligé de les convertir dans un format plus universel tel que le TIFF ou DNG (si on souhaite conserver des RAW) !!!

Vous êtes maintenant en droit de vous demander pourquoi je conseille tellement le format RAW !!! Tout simplement parce que les reflex ne sont pas capables de fournir des JPEG de bonne qualité (la majorité d'entre eux du moins)... Même si d'énormes progrès sont constamment mis en place... Il faut aussi noter que le JPEG n’est pas aussi rigide que l’on peut l'imaginer. Il permet tout de même certaines petites libertés, même s’il reste beaucoup moins souple que le RAW... Et le JPEG est un format compressé avec perte de valeurs donc la netteté générale et bien moindre en fin de traitement qu'elle ne l'était en début de traitement !!!

Que dire en fin de compte ? Si le format RAW est si difficile il faut se contenter du JPEG ? Pas forcément ! J'aurais plutôt tendance à dire que le JPEG est intéressant pour faire de la photo rapide et agréable à regarder "comme ça" et que tous les "inconvénients" du RAW ne sont rien d'autre qu'une réminiscence du temps de l'argentique ! On ne peut pas comparer un polaroïd avec un négatif, de la même manière on ne peut pas comparer un RAW et un JPEG... Faites ce que vous voulez, personnellement, si je dois faire une moyenne de ma « production », je trouverais probablement 1/3 de JPEG pour 2/3 de RAW et tant pis pour le temps « perdu » devant l'ordinateur, il vaut bien le plaisir du temps « perdu » dans les bacs de chimie et sous l'agrandisseur... Le plaisir de la photo ne se limite pas à la prise de vue et à l'exposition... tout le travail intermédiaire est également fournisseur de plaisir... D'un autre côté, je connais nombre d'amateurs avertis et même quelques professionnels qui ne produisent exclusivement que du JPEG, ont-ils tort, ont-il raison ? Tous les autres préfèrent le RAW, ont-il tort, ont-ils raison ? A vous de faire des tests et de déterminer ce qui vous convient le mieux... perso, c'est le RAW et c'est pourquoi j'ai écrit cet article !... Sans compter que si vous souhaitez, un jour, imprimer vos propres photographies, sachez que toutes les imprimantes photo (de qualité "pro") actuelles gèrent les couleurs en 16 bits/canal même si notre œil est théoriquement incapable de le voir... avouez que ce serait dommage de limiter la qualité finale pour une simple « erreur » de choix au moment de la prise de vue, non ?

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QUE PENSER DE LA SENSIBILITÉ ISO EN NUMÉRIQUE ?

J'ai déjà souvent parlé de la sensibilité ISO dans différentes pages de ce site, mais sans m'attarder plus que ça. Je vais me focaliser ici sur la sensibilité des capteurs numériques, si l'échelle de la sensibilité n'a pas changé depuis le temps de l'argentique, c'est bien la seule chose qui n'ait pas changé avec la "révolution numérique"... Voyons cela :

Vous trouverez un peu partout sur ce site ce qu'est la sensibilité d'un film (ou d'un capteur), j'ai même disserté sur les différentes échelles historiques de sensibilité, je n'y reviendrai donc pas ici. Je rappellerai donc simplement (et pour faire court) l'incidence de la sensibilité sur les réglages de votre photo. On a, de tout temps, mélangé (dans le vocabulaire) la vitesse et le diaphragme, ce qui est totalement légitime puisqu'une différence de 1 diaphragme correspond au double (ou à la moitié) de la vitesse. C'est ainsi qu'on peut entendre qu'un objectif est rapide (c'est à dire qu'il a une ouverture maximale très importante). Le simple fait de tout rapporter en diaphragmes permet de faire aisément un parallèle. Bien sûr on devrait parler d'EV ou d'IL mais il est vrai que pour le commun des mortels, 1 diaphragme ça parle plus... Pourquoi j'ai dit tout cela ? Simplement parce que l'échelle ISO suit exactement la même progression : 1 graduation ISO correspond à 1 diaphragme ! En d'autres termes, passer de 1/100 de seconde d'exposition (vitesse) à 1/200 de seconde revient à passer d'un diaphragme f/4 à un diaphragme f/5.6 [delta = 1 diaphragme puisque diminution de la lumière de moitié]. Idem, passer de ISO 100 à ISO 200 revient à passer d'un diaphragme de f/5.6 à un diaphragme de f/4 [delta = 1 diaphragme puisque augmentation de la lumière du double].

Mais revenons à nos moutons... La mesure de l'échelle ISO est la mesure internationale officielle définie par la norme ISO 5800:1987. Elle n'est en réalité que l'adjonction de l'ancienne norme ASA américaine et de l'ancienne norme DIN européenne. Théoriquement on ne devrait pas avoir le droit de parler de « 100 ISO » mais de « ISO 100/21 » (ce qui change tout, je vous l'accorde)... Cette norme dit que plus le chiffre ISO est petit, plus il faut de lumière pour obtenir une exposition correcte. Et au contraire, plus le chiffre est grand, moins on aura besoin de lumière.

A l'époque de l'argentique, la sensibilité du film était définie selon le nombre de grains d'argent/unité de surface (densité), le type de chimie ainsi que le procédé de développement. Plus on avait de grains d'argent pour une surface de film constante et plus le film était sensible (moins il avait besoin de lumière pour une même exposition). L'augmentation du nombre de grains d'argent avait pour effet négatif l'augmentation de la granulation sur l'image finale. Aujourd'hui, en numérique il en va tout autrement !...

Il faut savoir qu’en numérique la surface sensible (le capteur) a une sensibilité ISO native donc fixe ! Il n'est pas possible de la modifier (comme le film d'ailleurs, si vous chargiez un film de 50 ISO de 36 poses, vous étiez condamné à tirer 36 images à 50 ISO !). Cette sensibilité native correspond à la valeur ISO de base de l'appareil, avant d'avoir essayé d'augmenter ou de diminuer (quand c'est possible) la valeur par la fonction d'élargissement du range.

Oui, mais, si le capteur à une sensibilité de base qui reste fixe, comment ce fait-il qu'on peut l’augmenter ou la diminuer ?... C'est là que ça se corse ! Caché sous cette "superbe" possibilité se trouve le même énorme problème que celui trouvé avec les films (peut-être même pire !!!) : quand, sur votre boîtier, vous changez la sensibilité et que vous passez de 100 ISO à 200 ISO (par exemple), vous n’avez pas du tout changé la sensibilité du capteur de votre appareil !... Vous ne faites que "jouer" sur le point faible du numérique actuel, c'est à dire sa partie analogique (eh oui, il y en a encore !!!). Vous demandez à votre appareil d’amplifier le signal lumineux reçu. Ce n'est pas clair ? On va donc faire une piqûre de rappel sur le fonctionnement du capteur numérique.

Un capteur est composé d’une matrice de photosites (ce que tout le monde appelle à tort pixels -et je ne fais pas exception-), qui sont des éléments photosensibles, c'est à dire qui transforment le "message lumineux" en signal électrique analogique qui sera ensuite "encodé" de façon numérique (avec des 0 et des 1).

Il faut savoir que la taille des photosites est très importante. En effet, plus le photosite est grand et plus il capturera d’informations pour former l’image. Donc, moins de bruit numérique dans les ombres et une plus grande plage dynamique. Je vous encourage à lire ce que j'ai écrit par ailleurs sur ce sujet.

JAUNE = capteur Full Frame = 24x36mm = Reflex Haut de gamme ou Expert (rares compacts pro)
BLEU = capteur APS-H = 19,1x28,7mm = Reflex Haut de gamme
VERT = capteur APS-C = 15,6x23,7mm = Reflex Expert et Entrée de gamme (certains compacts)
VIOLET = capteur 2/3" = 6,6x8,8mm = Compact / Bridge
CYAN = capteur 1/1,8" = 5,32x7,18mm = Compact/ Bridge
GRIS = capteur 1/2,7 = 3,96x5,27 = Compact

Comme on peut le constater (à la louche !) ci-dessus, un capteur 24×36 est dix fois plus grand qu’un capteur 1/2,7" (qui malheureusement équipe encore beaucoup trop d'APN). Mais que vient faire la taille du capteur dans ce paragraphe ? Le bruit numérique dans les ombres et la plage dynamique vont être de gros handicaps pour les petits capteurs... Un APN équipé d'un capteur APS-C proposant (par exemple) 10 millions de pixels, aura des photosites de 6,1 µm alors qu'un capteur de 1/2.7" portera des photosites de 1,8 µm pour un même nombre de pixels. Comment cela va se manifester dans la pratique ? Un appareil équipé de très petits photosites aura une plage dynamique très courte et va avoir tendance à "brûler" les tons clairs (ciel trop clair, presque blanc, voire carrément blanc), alors qu’un appareil équipé de "gros" photosites aura une plage dynamique plus large et va restituer plus fidèlement la couleur bleue du ciel. Pour ce qui est du bruit numérique, il se verra dans les ombres à "haut ISO". Un appareil avec de grands photosites ne va produire que très peu de "points" colorés anarchiques, contrairement aux appareils à photosites microscopiques...

Il faut savoir que ce bruit est du aux "parasites" (chaleur, lumière incidente…) et que plus les photosites seront petits, plus il y aura de parasites.

Donc, maintenant que j'ai dit cela, on comprend que lorsqu’on change la sensibilité sur l'appareil et qu’on le force à amplifier le signal reçu, il amplifiera du même coup tous les parasites, donc le bruit numérique...

Pour limiter ce problème, les constructeurs intègrent dans leurs appareils des algorithmes pour "lisser" ces "imperfections" en essayant (et ce n'est pas gagné) de préserver les détails. Mais si ils parviennent à "lisser" les "imperfections" à des sensibilités basses, ils sont "bloqués" pour faire disparaître le "bruit" en gardant les détails à mesure que la sensibilité augmente... Au bout du compte, selon l'algorithme privilégié par le fabricant, on obtiendra soit une image bruitée mais avec des détails, soit une image "propre" mais tellement lisse qu'elle perdra tout son piqué pour finir par paraître floue !... Bien sûr, il y a les logiciels de post-traitement, mais ils ne feront pas de miracle non plus !!! À ce jour (et à ma connaissance) les champions du monde des sensibilités élevées ("hauts ISO") sont le Nikon D3 et le Canon EOS 1D Mk IV. Suivent (à quasi égalité) les Nikon 700D, Canon 5D Mk II, Sony 900, Pentax K5 (etc...). Et si on regarde de plus près, on constate que tous ces appareils ont des capteurs de grande (ou moyenne) taille avec peu (ou très peu) de pixels... donc des photosites de "grande" taille...

En conclusion je REdirais (je l'ai déjà rabâché partout) qu’il vaut mieux un grand capteur avec moins de pixels qu’un petit capteur avec beaucoup de pixels... c’est la preuve que le nombre de pixels n’est pas un gage de qualité !...

Oui mais alors que faire ? Se fixer à la valeur nominale du capteur de son APN ? Oui et non ! Chaque appareil propose des valeurs ISO fantaisistes (il faut bien appâter le chaland), mais chaque appareil propose aussi une plage ISO "de base" (que l'on peut élargir via les menus). Cette plage de sensibilité (non étendue) permet généralement d'obtenir des images "propres" et au pire "acceptables". Limitez-vous donc à cette plage "restreinte" lors de l'utilisation de votre APN... Dans ces conditions, vous obtiendrez des images, sinon toujours "propres" au moins toujours "utilisables" et n'oubliez jamais qu'au temps de l'argentique on ne travaillait que rarement à plus de 400 ISO... et depuis que les APN proposent des valeurs ISO de 1.000.000 on n'a jamais pour autant révolutionné les clichés, même de nuit !!!

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COMPRENDRE ET UTILISER L'HISTOGRAMME

Nos appareils photo numériques, et pas uniquement haut de gamme (heureusement), proposent une fonction très importante, pour ne pas dire capitale, alors que personne ne s'en sert, par manque d'information. C'est la raison pour laquelle je vous demanderai de faire un tour dans les menus de votre boîtier afin de lui demander d'afficher systématiquement l'histogramme lors de l'affichage de la photo que vous venez de prendre ! Et tant que vous y serez, réglez également le clignotement des zones écrêtées (grande sur-exposition ou grande sous-exposition). Nous allons analyser -rapidement- ce mystérieux histogramme pour qu'il puisse vous aidez vous aussi à mieux réussir vos prises de vue.

Tout le monde sait ce qu'est un histogramme, ne serait-ce que d'un point de vue strictement mathématique, mais que vient-il faire dans nos appareils photo dès qu'on parle d'exposition correcte ?

Cet histogramme est en fait une représentation graphique des pixels exposés dans votre image. La partie gauche de ce graphique représente les zones sombres à noires alors que la partie droite représente les hautes lumières jusqu'au blanc pur. La partie centrale représente les tons intermédiaires ou moyens. Bien sûr, il n'y a pas de frontière bien déterminée entre la partie centrale et les extrémités, par contre le strict milieu de l'histogramme représente la valeur moyenne à savoir 18% de réfection du gris moyen (cela doit vous dire quelque chose puisque c'est sur ce gris moyen que se basent tous les posemètres pour établir leur mesure d'exposition). Nous avons parlé de l'axe des abscisses, l'axe horizontal, qu'en est-il de l'axe des ordonnées, l'axe vertical ? Et bien, pour chaque valeur de luminosité (axe horizontal), la hauteur du graphe représente le nombre de pixels de l'image qui correspond à cette valeur de luminosité.

Avec ce que nous savons déjà, on voit tout de suite que l'image correspondant à l'histogramme ci-dessus est très claire (le plus haut pic est situé dans la zone "très clair") mais que nulle part les zones claires manquent de détail (il n'y a pas -beaucoup- de pixels sur le bord droit du graphique, donc pas d'écrêtage). Il y a pas mal de tons moyens et quelques tons sombres mais cette fois, certaines ombres sont bouchées (il y a pas mal de pixels sur l'extrême bord gauche du graphique, donc aucune nuance = écrêtage des tons sombres).

Ces quelques lignes sont, à mon humble avis, très importantes, en effet, on ne connaît pas du tout l'image et on est tout de même capable de la déchiffrer de manière efficace -peut-être justement parce que l'image n'apparaît pas et donc que notre œil n'est pas abusé par le sujet représenté !-

Vous voyez, il y a beaucoup de choses à apprendre de l'histogramme et ce en une fraction de seconde, simplement en regardant sa forme (sa répartition) et sa localisation sur l'axe horizontal. Globalement on peut dire qu'une image est « convenablement » exposée (je place des guillemets parce que j'utilise le sens mathématique ! rien à voir avec le sens que veut donner le photographe à son image !... Une photo mathématiquement « convenablement » exposée sera très probablement nulle d'un point de vue esthétique !..) si l'histogramme remplit la totalité de l'axe horizontal du graphique, d'une extrémité à l'autre et qui ne présente pas de pic(s) proéminent d'un côté du graphique mais un seul, pas trop pointu au beau milieu, à la valeur 18%, comme sur l'exemple suivant :

Dans l'exemple suivant, on aura affaire à une image sombre. Non pas que cette image soit loupée, non, elle peut tout simplement montrer un sujet sombre. Dans la mesure où il n'y a pas d'écrêtage des zones sombres, on aura donc une image sombre mais détaillée. Pour reprendre toujours l'exemple caricatural du tas de charbon et de la neige, il s'agira ici d'un tas de charbon à peine recouvert de neige mais on verra bien qu'il s'agit d'un tas de charbon et pas une masse sombre informe :

À l'inverse, dans l'exemple suivant, on aura affaire à une image claire. Non pas que cette dernière soit loupée, non, elle peut tout simplement montrer un sujet clair. En reprenant l'exemple du charbon, ce tas doit être recouvert d'une belle couche de neige (!!!) et en plus, le soleil doit être de la partie et sur-éclairer une partie de la neige puisqu'on remarque un écrêtage dans les zones très claires (il n'y aura donc aucun détail dans cette zone). Attention, n'interprétez pas cet histogramme de travers, il ne vous dit pas de sous exposer (!!!) si vous le faisiez, votre neige deviendrait grise (!!!) par contre il vous prévient que si vous ne modifiez pas un tout petit peu vos réglages, la zone de neige ensoleillée ne présentera aucun détail donc si c'est cette zone qui faisait votre sujet alors là, ce serait loupé !...

Bon, désolé, je suis allé un peu vite en besogne, j'ai parlé de l'écrêtage, c'était un peu tôt, donc je vais maintenant approfondir cette notion. L'histogramme vous donne un aperçu de votre image mais vous signale également les éventuelles erreurs d'exposition grâce, justement, aux écrêtages. Des lacunes sur une des deux extrémités de l'axe horizontal signalent que vous perdez des informations et que vous pouvez largement modifier vos paramètres d'exposition sans risque. Donc, en gros, si votre graphe est collé contre un bord, cela signifie que les pixels représentés par le pic à cet endroit seront 100% noirs ou 100% blancs et que dans la zone vide de point, vous n'aurez aucune information, dans ce cas, et dans ce cas seulement, le graphe signalera une erreur d'exposition qu'il conviendra de corriger sans délai... Voyez l'exemple d'histogramme ci-dessous :

Cet histogramme montre bien une image sur exposée, remarquez l'espace libre de pixels sur la partie gauche du graphe qui indique l'absence totale de tons sombres ainsi que le pic important collé contre le bord droit qui montre une importante quantité de pixels blanc pur qui manquent de détails (et qu'il ne sera même pas possible de récupérer en post traitement !)... Face à un tel graphique, allez-y franco, baissez votre exposition et refaites votre photo !...

Prenons maintenant l'exemple inverse, dans l'histogramme ci-dessous vous voyez clairement l'absence de pixel dans les zones claires et très claires, ce qui prouve que votre image est largement sous exposée alors que le pic collé sur le bord gauche signale que de nombreux pixels seront noir profond donc sans aucun renseignement dans ces zones très sombres... Face à un tel histogramme, il ne faut pas hésiter à augmenter l'exposition pour déboucher les ombres et récupérer quelques informations dans les zones sombres...

Revenons un instant sur les pics. S'ils sont collés à l'extrémité droite ou gauche de l'histogramme, ils forment ce qu'on appelle un clipping ou un écrêtage, c'est à dire que dans cette zone vous ne trouverez aucun détail, un ciel d'été surexposé (par exemple) paraîtra blanc car les informations de bleu auront disparues. Idem pour un tas de charbon sous exposé où vous ne verrez plus qu'un tas noir informe sans information. Ces zones écrêtées sont "graves" puisque irrécupérable même en post traitement, en fait, elles sont plus graves en hautes lumière qu'en basse lumière puisqu'il est plus facile de récupérer, en post traitement, un écrêtage dans les ombres que dans les hautes lumières... C'est pourquoi on conseille d'exposer "à droite", c'est à dire dans les hautes lumières, de façon à enregistrer un maximum d'informations dans cette zone, en s'arrangeant pour que l'histogramme s'arrête sur le bord droit avec très peu de pixels. Bien sûr il est des cas où il est impossible de faire tenir l'histogramme dans les limites acceptables, en cas de fort contraste en particulier, c'est pourquoi on a recours au Zone System (voir ici) ou au HDR !...

Voilà typiquement l'histogramme d'une image "bien exposée" mais très (trop) contrastée ! Il y a écrêtage des zones sombres mais possédant des informations en zone très claire. Si on modifie l'exposition, on récupérera écrêtage des zones sombres mais on va créer un écrêtage des zones claires (déjà très peu nombreuses) !... Donc le choix de l'exposition dépendra de ce que le photographe préférera souligner dans son image !... ou le condamnera au HDR...

Voyons comment va réagir l'histogramme aux modifications des paramètres d'exposition.
Imaginons que vous soyez confronté à un histogramme comme celui-ci :

Vous pensez, à juste titre, que votre image est surexposée. En effet, il y a un vide dans la partie gauche du graphique et la partie droite est trop collée contre la limite du graphique. Vous décidez donc de diminuer l'exposition, en fermant le diaphragme (c'est à dire vers un chiffre plus grand, de f/8 à f/16 par exemple) et/ou d'augmenter la vitesse (c'est à dire vers un chiffre plus grand de 100 à 400 par exemple) et vous refaites votre photo Vous vous retrouvez alors avec un histogramme comme celui-ci :

Vous pensez alors, toujours à juste titre, que cette fois l'image est sous exposée. En effet, vous avez maintenant un vide du côté droit du graphique et la partie gauche est trop collée contre l'origine du graphique. Par contre vous remarquerez que si vous avez perdu beaucoup d'informations dans les ombres (partie sombre) vous en avez gagné beaucoup dans les hautes lumières. Vous décidez alors d'augmenter un peu l'exposition, en ouvrant un peu plus le diaphragme (vers un chiffre plus petit, de f/16 à f/11 par exemple) et/ou de diminuer un peu la vitesse (vers un chiffre plus petit, de 400 à 200 par exemple) et vous refaites la photo. Vous obtenez alors un histogramme comme celui-là :

Et là, vous ne savez plus quoi penser !... Il y a un vide de chaque côté de l'histogramme !!!???!!! En fait, cette fois, votre photo est parfaitement exposée, votre sujet est très contrasté mais ne comprend aucune zone parfaitement noire ni aucune zone parfaitement blanche, vous ne pourrez pas en inventer (!!!) mais remarquez que vous avez toutes les informations nécessaires tant dans les ombres que dans les hautes lumières !...

Conclusion ? Simplement, pour un sujet unique (toujours le même, avec les conditions d'éclairage identiques), la forme de l'histogramme ne se modifiera jamais ! Il se déplacera seulement de droite à gauche selon vos réglages d'exposition ! Si vous trouvez qu'il n'y a pas de ressemblance entre les histogrammes 1 et 3 ou entre les histogrammes 2 et 3 c'est simplement que si vous faites trop glisser le graphique d'un côté ou de l'autre (avec vos paramètres d'exposition) vous allez faire disparaître une zone, soit du côté clair soit du côté sombre...

Réfléchissez 2 minutes,..., ça y est, vous avez compris l'histogramme, vous pourrez l'utiliser et ainsi améliorer vos expositions futures...

Notez toutefois que l'histogramme montré par votre boîtier est statique et invariable, alors que ce même histogramme sera totalement modifiable avec votre logiciel de post traitement, soit directement en faisant varier les paramètres de l'histogramme (à l'aide du clavier ou même d'un simple glissement de souris) soit en utilisant des fonctions apparemment sans relation avec l'histogramme mais qui le modifient tout de même...

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QUELLE MESURE D'EXPOSITION CHOISIR ?

Ce paragraphe n'est pas exclusivement réservé à la photographie numérique puisque les derniers représentants du monde argentique (les plus récents) proposaient déjà les mêmes possibilités, mais puisque tous mes lecteurs ne sont pas des collectionneurs, je ne parlerai que de numérique (les argentophiles corrigeront !).

Si vous connaissez déjà mon site, vous vous doutez bien que je ne vais pas me satisfaire d'une réponse du type "utilisez systématiquement ce type de mesure d'exposition !". Je vais donc essayer d'exposer simplement les caractéristiques des différents modes de mesure de façon à ce que vous puissiez vous faire une idée.

Globalement, nos boîtiers, pour les meilleurs d'entre eux du moins, proposent 3 types de mesure de l'exposition. Ces trois types sont : la mesure multizones, la mesure spot et la mesure centrale pondérée. J'ai dit "les meilleurs d'entre eux" car la différence entre mesure spot et mesure centrale pondérée est tellement petite, que les boîtiers les moins performants s'autorisent une confusion entre ces deux types de mesures, vous comprendrez bientôt pourquoi !...

J'ai déjà dit à plusieurs reprises dans mes pages que les posemètres étaient de bêtes circuits qui mesurent la luminosité de façon à reproduire un gris moyen de 18%. Ce qui, dans la réalité, ne correspond à rien du tout pour peu que l'on sorte des situations classiques... C'est dans ce cas de figure (hors situations classiques) que ces modes de mesure trouvent toute leur raison d'être !... Le cas le plus compliqué qui soit pour un posemètre est le haut contraste !... Comment faire une moyenne de 18% dans ces conditions ? En sur exposant les zones très claires et en sous exposant les zones moins claires !... et hop, la photo est loupée !... Donc on ne peut pas faire confiance aux posemètres ! Et c'est bien pour cela que c'est le photographe qui fait la photo et pas le matériel !!!

Pour illustrer mon propos, je vais prendre un exemple "extrême" pour bien souligner le problème. La scène d'exemple est totalement artificielle mais elle présentera bien les besoins de mesure d'exposition : une simple bande dessinée (album ouvert à 90°) avec un éclairage latéral et ampoule dans le champ... un cauchemar pour un posemètre (en lumière réfléchie, je parlerai un peu de la mesure en lumière incidente en fin d'article).

Les différents modes de mesure de l'exposition :

La mesure multizones
Pour augmenter les chances d'exposer convenablement toute une image en intégrant les forts contrastes, les boîtiers modernes effectuent des mesures sur plusieurs zones de l'image et font une moyenne des valeurs. En plus, ils essayent de faire correspondre cette "moyenne" avec les capacités de plage dynamique du capteur.
Avantage : globalement ce type de mesure est fiable. Certains boîtiers utilisent plus de zones de mesure que d'autres et, bien sûr, plus ce nombre de zones est important et plus le résultat final sera réussi (théoriquement) !..
Inconvénient : le photographe débutant (et nombre de moins débutants !) se laissent aller à la facilité en faisant une confiance aveugle à leur matériel et donc se privent de beaucoup d'images que le matériel n'a pas été en mesure d'évaluer convenablement !...



La mesure multizones a réussi à trouver les paramètres permettant de reproduire de manière totalement "acceptable" les éléments de la BD malgré le gradient de luminosité MAIS, le contraste entre l'ampoule et le reste de la scène est impossible à gérer DONC l'ampoule est brûlée...

Le seul moyen de s'en sortir serait d'utiliser la fonction de correction de l'exposition dont tous les boîtiers sont équipés mais il faut que le photographe y pense et sache s'en servir. La correction d'exposition sort du cadre de ce paragraphe donc je ne m'attarderai pas. On pourrait également envisager le HDR (high dynamic range) dans ce cas, mais le HDR est trop souvent artificiel et en plus, faire du HDR ce n'est pas faire de la photographie ! Je ne parlerai pas du HDR non plus (du moins pas ici !)

Pour tout dire, la mesure multizones représente une avancée certaine dans le monde de la photographie et, hors cas vraiment très particuliers, c'est le mode que j'utilise par défaut, sans oublier de lui associer une bonne petite correction d'exposition au besoin...

La mesure spot
Elle est définie par la mesure de l'exposition sur une zone très limitée correspondant à un angle de l'ordre de 1° à moins de 5° (théoriquement cet angle est égal à 1° maximum pour les appareils professionnels) autour du point de réglage de la mise au point (ou situé au centre, selon les boîtiers).

Ce type de mesure est diamétralement opposé au précédent puisqu'il n'intègre rien du tout, au contraire, il limite la mesure à une portion congrue de l'image en faisant l'impasse totale du contexte de la mesure !

Pour illustration, je vais reprendre la scène test avec 3 mesures spot différentes et vous verrez tout de suite les avantages et inconvénients de la méthode.

Voilà ce que donne la scène avec une mesure spot effectuée sur l'ampoule. Cette dernière est parfaitement exposée (pour un gris 18%) mais tout le reste de l'image est noire puisque pour obtenir une exposition convenable d'un objet aussi brillant, il faut absolument faire disparaître tout ce qui est bien moins lumineux.


Ici la mesure a été effectuée sur une image "claire" de la page de droite. Toutes les zones présentant les mêmes tonalités et le même éclairage sont correctement exposées. Les zones plus sombres sont sous exposées et plus on s'approche de l'ampoule et plus c'est sur exposé. Bien sûr, l'ampoule est "brûlée"...


Ici la mesure a été effectuée sur la première image de la deuxième ligne de la page de gauche. La zone ombragée de la page de gauche ainsi que la page de droite sont sous exposées, l'ampoule est "brûlée" mais l'image ayant servi à faire la mesure est top bien exposée.

Vous voyez bien que cette mesure est ultra précise mais ultra spécifique. La mesure spot ne saurait représenter le réglage par défaut pour qui que ce soit, même un professionnel ne pourrait se contenter de cette mesure. Je n'ai pas dit qu'elle était trop spécifique pour ne pas être pratique... Voyez l'application au Zone System, il serait impossible à utiliser sans une mesure spot. Idem pour ceux qui veulent faire du HDR, il est préférable de bien exposer les différentes parties intéressantes de chaque image avant de réunir les différentes images en une seule HDR... Mais c'est exactement la mesure qui convient aux images "impossibles", c'est avec la mesure spot que le photographe donne toute la mesure de sa vision d'une scène en utilisant l'exposition pour souligner le point fort de son message dans l'image.

La mesure pondérée centrale
Elle est définie comme étant une mesure "spot" mais plus large que 5° à 10° ! Donc vous voyez que certains boîtiers "entrée de gamme" jouent sur une ambiguïté de mesure d'angle pour parler de mesure spot et de ne fournir in fine qu'une mesure pondérée centrale...

Cette mesure a également ses adeptes ! N'oublions pas qu'il s'agit d'une mesure historique, puisque, longtemps, elle a été la seule méthode "évoluée" de mesure de l'exposition sur les boîtiers argentiques... et ce n'est pas pour ça qu'on ne savait pas faire de bonne photo à l'époque...

Sur ma scène artificielle, voilà ce que cette mesure nous donne:



Comme vous pouvez le constater, le résultat est très proche de celui de la mesure multizones... Dans mon exemple elle est même identique (je trouve !). Cette mesure a donc tout son intérêt si vous utilisez des objectifs qui ne permettent pas la mesure multizones (c'est le cas des anciens objectifs Pentax -ou compatibles- utilisés avec les boîtiers actuels). Cela dit, ne généralisons pas, ce n'est pas parce que cette mesure a donné les mêmes résultats que la mesure multizones sur mon exemple qu'elles se valent toujours ! Non, bien sûr, la mesure multizones est bien plus "pointue"...

Postface
J'ai parlé de la mesure de la lumière incidente en début d'article. Cette mesure utilisée par les professionnels est bien plus pointue que toutes les mesures de lumière réfléchie... Elle n'est, généralement, pas ouverte aux possesseurs de boîtiers "modernes" à posemètre intégré. Pour utiliser cette mesure il faut posséder un posemètre autonome (à main) et mesurer la lumière qui arrive sur le sujet et pas celle qui est reflétée par lui ! Si vous souhaitez tester la mesure en lumière incidente, vous pouvez toujours utiliser votre boîtier et l'équiper de mon bricolage ici...

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QUID DES SALETÉS SUR LE CAPTEUR NUMÉRIQUE ?

Voilà un sujet qui a été traité des milliers de fois dans toutes les revues photo et probablement la majorité des sites photos à travers le monde, mais, personnellement, je n'ai pas franchement été emballé par ce que j'y ai trouvé ! Aussi, je me permettrai de me lancer aussi sur ce terrain... Oh, je suis certain que je n'ai rien inventé (sans preuve ! ) mais au cas où cela pourrait intéresser quelqu'un, je vais vous donner ma façon de voir le problème et la technique que j'ai décidé d'utiliser une fois pour toutes.

Si vous avez déjà lu les autres pages de mon site, je suis sûr que vous connaissez déjà ma façon de voir la photographie et ce qui l'entoure... Si ce n'est pas le cas, permettez-moi de vous stimuler à lire mes autres pages... Pour reprendre une critique (qui me visait mais qui ne m'a jamais été adressée !!! Étrange non ? Ah oui, j'oubliais, on est toujours plus courageux quand on se cache dans la foule sous un masque -un pseudonyme- sans compter qu'il est plus simple de critiquer que d'essayer de faire avancer les choses...) que j'ai un jour trouvé sur un forum et qui m'a fait sourire (puisque j'assume tout à fait !), une vision de Mac Gyver !...

Ce que l'on peut lire de-ci de-là est plus ou moins entaché de fantasme ou de faux arguments dans le but de vendre des systèmes de nettoyage hors de prix ! Qui n'a pas vu une simple brosse en poil de ... plastique vendue une centaine d'euros et j'en passe et des meilleurs !...

Voyons, d'abord quelles sont ces saletés.

- Les poussières : effectivement, ce sont les poussières qui forment les saletés présentes sur le capteur (ou sur le filtre qui le protège). Mais d'où viennent-elles ? Tout le monde dit qu'elles envahissent nos boîtiers quand on change d'objectif, c'est à dire que ce problème de saletés est réservé aux possesseurs de reflex ou de compact à objectif interchangeable. FAUX ! Même si cela paraît incroyable, j'en ai vu sur les capteurs de compacts et de bridges (objectifs fixes !). Bien sûr, si vous changez souvent d'objectifs sans prendre un minimum de précaution vous augmentez les chances de trouver des saletés sur votre capteur mais ce n'est pas l'origine principale du problème, j'oserai dire malheureusement !...

- Les taches de graisse : effectivement, on a connu plusieurs séries de boîtiers de différentes marques qui présentaient ce problème... mais uniquement en sortie d'usine... l'origine ? un problème de fabrication ! Dans ce cas, les marques rappelaient les boîtiers concernés et/ou prenaient en charge, au titre de la garantie, le nettoyage des capteurs et de l'ensemble de la chambre d'exposition (puisqu'il y avait de la graisse partout !). Hors ce cas particulier, si vous ne vous amusez pas à changer d'objectif au dessus de la friteuse ou de la poêle où grillent des steaks, il est impossible de récolter des taches de graisse sur votre capteur... Même si la trace laissée sur vos images ressemble parfois à des taches de graisse, ce n'est en fait qu'une poussière épaisse, donc floue, qui crée cette impression !... Bon, il y a une autre origine possible aux taches de graisse mais plus improbable : laisser votre boîtier en plein soleil africain à 70°C, les quelques pointes de graisse présentes dans nos boîtiers va se fluidifier au point de couler partout (peu probable, je vous le disais ! puisqu'en Europe, une voiture au soleil n'arrive jamais à de telles températures...).

Mais d'où proviennent ces poussières ?

- si vous changez souvent vos objectifs en orientant le trou béant de votre objectif face à un courant d'air (dans le vent par exemple), c'est sûr que vous récolterez des poussières.
- si vous entreposez votre boîtier dans un endroit poussiéreux (même un appartement très bien entretenu est toujours poussiéreux), ces poussières se déposeront sur la face externe de votre boîtier et de votre (vos) objectif(s). Elles vont s'insinuer dans le moindre petit interstice de ces éléments, entre les fûts des objectifs, entre les bouchons d'objectif et les premières lentilles, dans les portes qui protègent le logement à carte mémoire, dans les portes qui protègent les différentes connectiques etc... En soi, ce n'est pas bien méchant MAIS, si vous avez la bonne idée d'utiliser un zoom, vous allez aspirer ces poussières à l'intérieur de la chambre d'exposition. Bien sûr il y a les zooms à pompe (il faut étirer un fût par rapport à un autre pour modifier la focale) comme le MZ-5000 (650-1300mm) de Samyang ou le 100-400mm L de Canon et d'autres encore, mais, même un zoom "classique" qui utilise une bague pour modifier la focale est capable d'aspirer ces poussières... Amusez-vous à faire tourner ces bagues en collant votre oreille contre une ouverture (porte de la carte mémoire par exemple) et vous sentirez une légère aspiration ou un léger souffle, oh, imperceptible mais suffisant !... D'ailleurs, je me suis amusé à comparer un zoom à une focale fixe, il est quasiment impossible d'aspirer quoi que ce soit avec un objectif à focale fixe !!!
- si votre boîtier est neuf, en sortie d'usine, il peut contenir des poussières dans les différentes parties mobiles présentes dans la chambre d'exposition, et le simple fait de déclencher, donc de mobiliser le miroir et le rideau d'obturateur suffit à mobiliser cette poussière qui ira se coller sur le capteur chargé d'électricité statique !...

Comment diagnostiquer la présence de poussières sur le capteur ?

- Soit vous êtes un maniaque, dans ce cas vous voudrez être sûr de l'absence de poussière et vous allez donc partir à la chasse à ces intrus. Pour se faire, vous allez régler votre objectif sur l'infini (oubliez l'autofocus !), vous allez fermer le diaphragme au maximum (f/22, f/32 voire plus selon l'objectif), vous allez photographier une surface claire et lumineuse, comme une feuille blanche bien éclairée ou un ciel uniforme (d'été ou d'hiver) sans nuage. Certains boîtiers (et pas forcément haut de gamme, il y en a sur le K-m de Pentax [un bas de gamme et ancien avec ça], il n'y en a pas sur le 5D Mark II de Canon !!!) proposent même une fonction de recherche de poussière sur le capteur... il suffit de photographier cette même surface claire et uniforme pour obtenir une image résultat où figure également un plan de localisation de l'éventuelle poussière. Sur le 5D de Canon, c'est différent, il faut photographier la surface uniforme pour demander au 5D de repérer les poussières et permettre au logiciel de traitement d'image propriétaire de les effacer des images finales [c'est pas mal mais c'est bien moins pratique si on traite ses images avec autre chose que le logiciel Canon qui n'est pas franchement le plus génial du marché].

- Soit vous êtes un photographe "classique" et vous attendez gentiment de trouver des taches sur vos photos !!! Dans la mesure où vous ne photographiez jamais à très petite ouverture (puisque les performances des objectifs diminuent méchamment à très faible ouverture) vous pouvez très bien avoir un capteur bourré de poussière et ne jamais vous en rendre compte !!!!

Comment retirer ces poussières du capteur ?

En fait, je considère qu'il faut envisager deux types de nettoyage : le nettoyage régulier ou nettoyage simple et le nettoyage exceptionnel à utiliser uniquement en cas de saletés récalcitrantes.

Comme toujours, je ne vais pas me lancer dans l'achat d'un de ces systèmes onéreux et plus ou moins inefficaces... Je n'utilise jamais que du matériel de récupération ou du détournement de matériel ou encore l'achat de matériel très bon marché ! Je préfère réserver mon budget à l'achat de matériel photographique que personne ne pourra bricoler dans un coin de son garage...

La technique que j'utilise n'exige aucune compétence particulière, elle est sans risque pour le matériel MAIS la douceur est de rigueur... bien sûr, en cas de problème, il ne pourra en aucune manière m'être reproché quoi que ce soit, vous faites toutes vos manipulations sous votre entière et exclusive responsabilité !!!

Voici le matériel que j'utilise pour nettoyer mes boîtiers (seul le matériel pour "grand nettoyage humide" et l'ioniseur me servent pour les boîtiers numériques) :

Pour le nettoyage régulier
= nettoyage "à sec" pour tous boîtiers, argentiques et numériques :

(1) une poire à lavement achetée en pharmacie pour moins de 10€. Il en existe de plusieurs tailles, j'ai opté pour une poire de 140ml, amplement suffisante
(2) (a) une grosse seringue de 70ml à embout conique. J'ai utilisé ce matériel puisque je l'avais sous la main, mais elle ne me sert que d'adaptateur pour l'extrémité de mon aspirateur, n'importe quoi pourra faire le même effet. Notez le point rouge qui souligne sur la photo un trou que j'ai percé dans le corps de la seringue, ce trou sert à diminuer encore plus la force d'aspiration et peut être bouché avec un doigt pour augmenter la force d'aspiration (non souhaitable !). (b) une sonde d'aspiration souple en silicone. Cette sonde s'adapte parfaitement à l'embout conique de la seringue. Il faut noter qu'à l'extrémité de la sonde se trouvent 2 trous, un distal (centré) et un autre, latéral, de façon à ne se "coller" à rien à l'intérieur du boîtier : même si un trou se place contre un élément de l'appareil, on ne risque pas de l'endommager en retirant la sonde puisque toute la force d'aspiration empruntera l'autre trou... En plus, la sonde étant très souple, en silicone et aux bords mousses, aucun risque de rayer ou d'endommager quoi que ce soit, même de très fragile. Même remarque que pour la seringue, j'ai utilisé cette sonde parce que j'en avais sous la main, n'importe quel tube fin, souple et "doux" pouvant faire l'affaire.
(3) un chiffon doux en microfibres.
(4) non inclus sur la photo -je n'en suis pas "l'inventeur"- un ioniseur, en fait un simple allume gaz piézo électrique modifié dont on trouve le bricolage sur de nombreux sites sur internet

Mode d'emploi :
1) nettoyer (dépoussiérer) l'extérieur du boîtier avec le chiffon microfibres légèrement humidifié et laisser sécher.
2) adapter l'ensemble seringue/sonde d'aspiration sur le bec de l'aspirateur. Aspirer toutes les surfaces et tous les interstices existant à l'extérieur du boîtier. Aspirer de la même manière tous les compartiments accessibles depuis l'extérieur du boîtier (chambre de la carte mémoire, chambre de la batterie, chambre de la connectique, etc...). Notez qu'il est préférable de sortir la pile et la carte mémoire pour augmenter l'efficacité de cette aspiration.
3) déposer l'objectif.
4) aspirer l'intérieur de la chambre d'exposition avec la sonde silicone. Essayer de la diriger dans tous les recoins (et ils sont nombreux) de la chambre d'exposition. L'utilisation de l'ioniseur n'est pas indispensable bien qu'il augmente l'efficacité.
5) utiliser la poire dans tous les coins de la chambre d'exposition en évitant de toucher quoi que ce soit avec l'embout plastique de la poire, je recommande même de ne pas faire pénétrer cet embout dans la chambre d'exposition. L'utilisation de l'ioniseur avant les "coups de poire" n'est pas indispensable bien qu'il augmente l'efficacité.
6) renouveler le point n°4.
7) vérifiez que la batterie est chargée "à bloc" et la remettre en place. Via les menus du boîtier, placez votre appareil en mode "nettoyage du capteur", cela entraînera la levée du miroir ainsi que l'ouverture du rideau de l'obturateur vous donnant accès au capteur. N.B. si votre boîtier ne permet pas cette possibilité, pas de panique : si vous possédez une télécommande (filaire ou IR), placez l'appareil en mode "B" et la télécommande en position appui continu, le miroir restera levé et le rideau ouvert. Si, maintenant, vous ne disposez pas d'un boîtier permettant l'utilisation de la pose "B" (malheureusement ça existe !), pas de problème : réglez l'appareil en pose longue, généralement vous avez accès à une durée de 30 secondes à plusieurs minutes, ce qui sera largement suffisant...
8) à l'aide de la poire, soufflez plusieurs fois sur la surface du capteur. Puis, à l'aide du système d'aspiration, aspirez la surface du capteur puis le tour et enfin l'ensemble de la chambre d'exposition, comme au point n°4. L'utilisation de l'ioniseur avant les "coups de poire" n'est pas indispensable bien qu'il augmente l'efficacité. Le problème de l'ioniseur c'est que bien qu'il retire l'électricité statique à la surface du capteur, son efficacité est en partie inhibée par le fait que l'appareil est sous tension et donc que l'électricité statique sur le capteur se recrée perpétuellement...
9) votre boîtier est propre. À l'aide de la poire (et/ou du système d'aspiration) nettoyez la lentille et la monture de l'objectif que vous allez remettre en place.
10) remontez l'objectif et faites une photo test comme celle qui vous a permis de diagnostiquer la présence de poussières sur le capteur... 99% des cas, l'intervention aura été un succès. Dans le cas contraire, vous pourrez renouveler les points n°7 à n°10. Si cela ne suffisait pas encore, vous pourrez passer au "grand nettoyage humide" (ci-dessous).

Pour le "grand nettoyage humide"

Rien de bien méchant : une pince en plastique, des compresses en non tissé (beaucoup plus douces que les compresses en coton tissé) et de l'alcool à 90°. On peut trouver tout cela en pharmacie pour quelques euros. Pour ce qui est de l'alcool, bien sûr, si vous pouvez trouver de l'alcool pur ce serait beaucoup mieux mais, à 90° (comme pour moi) les résultats sont tout aussi bons et sans problème d'approvisionnement !... Attention à l'alcool à 70° très courante, cela ne fonctionne pas très bien et en plus cet alcool est additionné de camphre et/ou autre substance péjorative pour le sujet qui nous intéresse ici...

Mode d'emploi:
1) effectuer un nettoyage d'entretien à sec (cf ci-dessus)

2) plier une compresse en 4 puis encore en 2 de façon à obtenir une pointe (voir photo) et la monter sur la pince en plastique comme sur la photo. Il faut veiller à ce que la pointe de la pince soit "loin" de la pointe de la compresse...
3) humidifier la pointe de la compresse à l'alcool à 90°. Si vous avez trop mouillé, écrasez-la de façon à rejeter le surplus.
4) passer la pointe de la compresse sur toute la surface du capteur. ATTENTION, il ne s'agit pas de frotter !!! il faut "caresser" la surface du capteur avec la pointe de la compresse...

5) laisser sécher quelques secondes.
6) plier une deuxième compresse en non tissé et la monter sur la pince en plastique exactement comme pour le point n°2.
7) refaites, avec votre compresse sèche cette fois, la même chose qu'au point n°4.
8) nettoyer la lentille proximale de l'objectif à remonter (comme pour le nettoyage à sec)
9) remonter l'objectif. Votre capteur est propre dans 100% des cas... Vous pouvez refaire une photo de diagnostic de la présence de poussière.

Et si, après tout cela, il y a encore des taches sur vos photos... il ne vous reste plus qu'à inspecter votre objectif de très près ou, mieux, direction le SAV de votre marque... c'est autrement plus cher mais c'est plus sûr...

Comment éviter de récolter des poussières ?

- ne jamais sortir votre boîtier de son emballage d'origine (bof !)
- sortir votre boîtier de son emballage d'origine et le placer immédiatement dans un sac en plastique hermétiquement fermé et ne plus y toucher (re bof !)
- acheter un boîtier hermétique (type plongée sous marine), ce n'est pas franchement la solution, il faudra bien ouvrir le scaphandre et donc récupérer des poussières...
- acheter un boîtier ET des objectifs tropicalisés, théoriquement c'est efficace, en réalité, pas du tout... Certainement, il y a moins de risque de récolter des poussières avec ce type de matériel qu'avec des "passoires", mais croyez-moi, les poussières sont capables de s'insinuer même là où l'eau est bien incapable de passer !
= pour dire le vrai, il est impossible d'éviter les poussières ! Tout au plus il sera possible d'espacer plus longtemps les nettoyages de capteur grâce aux quelques conseils qui suivent :

— lors du changement d'objectif, orientez votre boîtier dos au vent. Mieux encore, placez-le dos au vent et devant vous et placez vous également dos au vent.
— lors du changement d'objectif, placez le boîtier de façon à ce qu'il "regarde" vers le bas (45° ça va aussi !).
— lors du changement d'objectif, avant de retirer l'objectif monté, utilisez une poire (comme dans le paragraphe précédent) et soufflez sur la zone de transition entre le boîtier et l'objectif, tout autour de l'objectif.
— lors du changement d'objectif, alors que l'objectif monté n'a pas encore été retiré du boîtier, utilisez la poire et soufflez sur la lentille proximale et sur la baïonnette de l'objectif à monter avant d'effectuer le changement d'objectif.
— dépoussiérez régulièrement l'extérieur de votre boîtier, si possible avec un système d'aspiration léger (comme dans le chapitre précédent). Sinon, un dépoussiérage classique au chiffon doux à peine humide fera l'affaire.
— rangez votre matériel dans un sac ou dans une vitrine "hermétique".
— dépoussiérez régulièrement votre sac et/ou lieu de stockage de votre matériel à l'aide d'un aspirateur (sortez le matériel d'abord !!!)
— dépoussiérez régulièrement la chambre d'exposition de votre boîtier à l'aide d'un système d'aspiration léger (comme dans le paragraphe précédent).
— effectuez régulièrement un dépoussiérage léger de votre capteur à l'aide d'une poire et un système d'aspiration léger
— réservez le nettoyage "en profondeur" du boîtier que si ce dernier n'est pas nettoyé après avoir subi le traitement précédent
— et surtout, surtout... arrêtez la paranoïa !!!

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GÉRER EFFICACEMENT SES BATTERIES

J'ai décidé de vous parler aujourd'hui des batteries puisque je vois trop souvent autour de moi des erreurs apparemment sans importance qui entraînent toutefois des inconvénients non négligeables. Si je me suis un jour intéressé au problème c'est que, moi même, je commettais trop d'erreurs. Il a fallu que je me corrige et je vais vous faire profiter de ce que j'ai appris à mes dépends il y a quelques temps déjà...

Tous nos appareils numériques (et certains accessoires comme les flashs) contiennent une… batterie ! Parfois même plusieurs. Malheureusement, ces batteries ont une durée de vie limitée et si elles ne sont pas utilisées et entretenues correctement, leur capacité peut être altérée et leur autonomie peut se voir considérablement réduite. Voici donc quelques conseils d’entretien pour éviter les problèmes de charge de batterie, de batterie qui ne se recharge plus et autres détériorations prématurées.

Les batteries au Lithium

Nos appareils photo numériques, gros consommateurs d'énergie, sauf rares exceptions, possèdent un (ou des) batteries dites " batteries Lithium-Ion" qui sont donc, comme leur nom l'indiquent, des batteries au Lithium. Ces batteries permettent une grande quantité de stockage d’énergie dans un volume très faible, c'est pourquoi elles ont été choisies. Mais elles ne sont pas la panacée, les batteries au plomb de nos voitures, à part leur taille et leur poids sont beaucoup plus pratiques puisque présentent moins d'inconvénients et pas d'entretien particulier... Voyons les avantages et inconvénients des batteries Li--Ion :
—les points forts :
- Elles ont une excellente capacité de stockage dans un volume très réduit (mais ça je l'ai déjà dit !).
- Elles ne présentent quasiment pas d’auto décharge si la batterie est stockée et non utilisée.
- Elles n’ont quasiment pas d’effet mémoire. (L’effet mémoire est une usure prématurée de la batterie due à un mauvais entretien. Cet effet mémoire empêchant de recharger la batterie à fond).
- Elles ont une durée de vie comprise entre 500 et 1000 cycles de recharge.
—les points faibles :
- Elles ont un prix élevé.
- Elles ont tendance à se détériorer à forte température. La température optimale d’utilisation est comprise entre 20 et 25°C. Ce qui n'est pas évident si on veut photographier en Afrique équatoriale ou si on laisse notre matériel dans une voiture au soleil... puisqu'à partir de 40°C on peut vraiment endommager la batterie.
- Elles ne supportent pas la décharge totale... Elles se détériorent si leur niveau de charge est inférieur à 10% d'où la nécessité de gestion des batteries...

Voyons comment les entretenir au mieux :
Généralement, le mode d'emploi de l'appareil photographique explique comment gérer la batterie, mais, malheureusement, j'ai pu constater que c'était de moins en moins le cas...
- À l’achat : il est conseillé de recharger sa batterie à fond puis de l’utiliser jusqu’à ce qu’il ne reste plus que environs 10% de charge puis de la recharger à nouveau à 100% puis renouveler la procédure 4 fois de suite. ATTENTION : j'ai bien dit d'utiliser la batterie, je n'ai pas dit de la décharger artificiellement !!! Cette succession de chargement/utilisation a pour but d'obtenir la capacité maximale de la batterie.
- Ensuite, il faut favoriser une recharge "ponctuelle". Il n’est pas nécessaire de laisser la batterie se décharger totalement (jusqu'à 10% de charge !!!) pour la recharger... Donner un petit coup de boost de 5% de temps en temps permet d'obtenir une batterie chargée à fond 20 fois et ne comptabiliser qu'un seul cycle de rechargement (5x20 = 100%). Si vous attendez que votre batterie arrive à 10% de charge, il faudra apporter 90% de charge complémentaire, donc -à la louche- un cycle de rechargement à chaque fois...
- Ponctuellement, il faudra étalonner la batterie. Ce qu'on appelle l’étalonnage consiste à « réinitialiser » la charge de la batterie, ce qui l’entretient. Pour ce faire, il suffit de la laisser se décharger jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu'environs 10% de la charge, puis de recharger jusqu’à 100% en une seule fois. Le nombre d'étalonnage est grandement fonction du nombre de "micro-recharges" que vous effectuez... un pro qui recharge sa batterie tous les jours devra effectuer l'étalonnage 2 à 3 fois par mois, un amateur "moyen" qui recharge sa batterie une fois tous les deux mois pourra se contenter d'un étalonnage par an !...
- Pendant la charge, il faut laisser s'effectuer le chargement, sans puiser sur la batterie (rares cas où la batterie intégrée à l'appareil se charge en restant dans l'appareil). Il faut aussi éviter de laisser la batterie en charge trop longtemps, l’idéal étant de la débrancher dès que la charge atteint les 100%.... Une "surcharge" est également délétère.

Dans la mesure où je conseille de posséder -au moins- deux batteries, il faut faire très attention à les utiliser alternativement et ne pas en laisser une se décharger totalement, ce qui l'abimerait irrémédiablement !!!

Les autres batteries

Mais tous les appareils photo ne fonctionnent pas avec une batterie Lithium-Ion, certains utilisent des batteries (ou accumulateurs ou piles rechargeables). Pour les flashes, c'est pareil, ils utilisent généralement ces "piles" rechargeables.

Aujourd'hui, ces batteries sont généralement de type NiMH (Nickel-Métal Hydrure) depuis que les batteries Ni-Cd sont interdites en Europe.

Il existe des accus FAD (Faible Auto Décharge) qui vont très peu perdre de charge lors du stockage. Théoriquement, au bout d’un an, ils seront encore chargés à 80%. Et les autres (non FAD) qui perdent théoriquement 30 à 40% de leur charge en seulement 1 mois.

La capacité d'un tel accu s’exprime en milliampères heure (mAh). C’est la charge électrique (quantité d'électricité) que peut fournir l'accumulateur complètement chargé pendant un cycle complet de décharge. Si je dis cela, ce n'est pas pour faire "sérieux" mais plutôt pour souligner un piège de l'industrie !... Regardez la capacité des batteries Li-Ion des boîtiers, même professionnels, il n'y en a pas une qui dépasse les 2000mAh et que voyons-nous sur les batteries NiMH dans tous les supermarchés, des batteries NiMH LR06 (ou AA) à pratiquement 3000mAh !!! Les accus FAD, eux non plus ne dépassent que peu les 2000mAh... où est le loup, puisqu'il y en a un !... Souvent ces accus à forte capacité apparente auront une capacité réelle moindre (jusqu’à 10% de moins), ils dureront moins longtemps et surtout, à l’utilisation, ils seront bien moins intéressants et rentables que des FAD à 2000-2100mAh. En effet, après un mois de stockage, ils auront perdu jusqu'à 40% de leur charge. Ainsi, un accu de 2700mAh n’aura plus que 1620mAh alors que le FAD à 2000mAh sera quasi plein. Donc, mieux vaut ignorer les arguments marketing et se focaliser sur des FAD (2000 à 2100 mAh). Les accus à forte capacité apparente sont très chers, beaucoup plus que certains FAD. Un accu usagé ou vieilli est un accu qui va, au fil du temps et des cycles charge/décharge, perdre de sa capacité totale, augmenter sa résistance au rechargement et subir une autodécharge plus prononcée. Ces problèmes sont irréversibles. En plus, il faut savoir que le rendement du couple chargeur/accu n’est pas de 100%. Ceci veut dire que la totalité du courant débité par le chargeur ne sera pas accumulée dans l’accu... ce qui obligera à recharger plus souvent et donc à fatiguer plus rapidement la batterie...

Vient ensuite le problème du chargeur... Si le chargeur fourni avec votre boîtier (et sa batterie) est parfaitement adapté à la recharge de votre batterie, il n'en va pas du tout de même pour les chargeurs des accus NiMH ! Les chargeurs des accus à forte capacité apparente sont dits "chargeurs à minuterie" (la plupart des chargeurs qu’on trouve en grande surface sont de ce type et même s'ils accompagnent des accus de "faible" capacité). Ils vont charger les accus en leur "injectant" un courant fixe de "grande intensité" pendant une durée fixe. Pour de pures raisons marketing, le courant de charge sera beaucoup trop élevé. Soit, cela permet de raccourcir la durée de charge et (surtout ?) d'attirer le client en affichant sur l'emballage un slogan du type « charge ultra rapide »... Malheureusement, ces courants élevés vont entraîner une usure prématurée des accus. De plus, ces chargeurs ne tiendront aucun compte de l’état de charge initial des accus. Un accu plein recevra autant de courant qu’un accu vide, d’où les risques élevés de surcharger les accus (pas bien... voir plus haut). Donc, si on fait un résumé, on achète à prix d'or des accus de haute capacité capables de recharge rapide... tout est donc parfait dans le meilleur des mondes... en apparence (!!!) mais dans la réalité, on achète des accus aux capacités bien moindres que celles annoncées et en plus on les "tues" littéralement en utilisant le chargeur qui les accompagnent...

Si vous n'avez d'autre choix que d'utiliser ces chargeurs, assurez-vous de décharger vos accus avant de les mettre en charge dans ces chargeurs "bas de gamme". Attention, les batteries NiMH n'aiment pas du tout la décharge complète (pas plus que les Li-ion), si vous devez les décharger, utilisez un appareil qui demande pas mal d'énergie. Personnellement, j'utilisais une lampe de poche à tube néon. Quand elle s'éteignait, les accus que j'y avais placés étaient déchargés en conservant une charge de 20% environs, niveau de charge "idéal" pour lancer un cycle de recharge. Comment évaluer simplement le niveau de charge résiduelle d'un accu sans pour autant se lancer dans des frais inconsidérés. Tout le monde possède un multimètre (ou peut en acheter un à moins de 10€ !)... Mesurez la tension aux bornes de vos accus : si vous mesurez 1.4V vous considérerez que l'accu est chargé à bloc, à 1.3V vous estimerez la charge à environs 60%, à 1.2V la charge sera de 40%, à 1.1V la charge sera de 10% et à 1.0V l'accu sera considéré comme "à plat", en dessous de 1.0V vous serez en zone dangereuse pour la vie de l'accu !!!

Il est toutefois possible de se procurer pour pas très cher des chargeurs "intelligents". Ils vont mesurer les variations de tension au niveau de l’accu pour couper la charge dès qu'elle est terminée (pas de risques de surcharge). Ils possèdent d'autres sécurités pour arrêter la charge si la variation de tension n'est pas mesurable (cas de vieux accus). Mais ils permettent également de lancer une décharge sécurisée des accus (pour ne pas trop les décharger). Ils savent même régénérer des accus très fatigués (dans certains cas !).


un chargeur "intelligent" avec différentes fonctions et gestion séparée des 4 accus

Personnellement, depuis l'achat de mon chargeur "intelligent", non seulement je n'ai plus tué une seule batterie, mais en plus, j'ai réussi à "réanimer" deux jeux de 4 accus NiMH considérés comme "morts"... (dont un jeu de "piles" NiMH de grande marque mortes après un an d'utilisation !!! Il a fallu au chargeur "intelligent" une 60aine d'heures mais ces "piles" mortes sont comme neuves maintenant !). Il est un autre point à souligner : plus la charge est rapide et plus l'accu souffre (je l'ai déjà signalé), avec les chargeurs "intelligents", il est possible d'effectuer des charges lentes (de l'ordre de 10 à 12 heures). L'idéal étant, c'est ce que je fais, de charger avec des valeurs de l'ordre du 1/10ème : je divise la capacité de l'accu par 10 pour régler la valeur de charge (exemple : accu de 2000mAh charge à 200mA). Et d'une manière générale, si la charge résiduelle de l'accu est > à 80% je ne charge pas. Je m'arrange pour que la charge résiduelle soit > 20%. Si je suis pressé et que je sais que je vais beaucoup solliciter mes batteries NiMH je les charge à capacité/3 soit 600 à 700mA pour un accu de 2000mAh. Et si je les ai laissés à l'abandon pendant un mois ou plus (c'est rarissime), j'effectue un "refresh". Si j'ai besoin d'effectuer un déchargement, j'utilise une valeur équivalente à la moitié de la valeur de charge : charge à 200mA, décharge à 100mA.

Pour stocker les batteries, il est préférable de les charger et de les stocker dans un endroit très frais. Mais les batteries n'aiment pas être inutilisées, donc, vérifiez régulièrement leur décharge et donnez un petit coup de charge de temps en temps si vous êtes un utilisateur photographe occasionnel.

Pour finir, permettez-moi de vous donner ma "procédure" de charge/gestion. Attention, ce n'est pas une loi, pas plus une règle, mais elle me satisfait totalement :

Accu neuf : mesure de la charge. S'il est non chargé (99.99% des cas), je charge à 200mA (même si la batterie fait plus de 2000mAh) je laisse se reposer 12 heures (environs !) je décharge à 100mA, je laisse reposer 12 heures, je recharge à 200mA, nouveau repos de 12 heures, décharge à 500mA, repos de 12 heures puis charge à 500mA et dernier repos de 12 heures. À partir de là les batteries seront au top pour utilisation même intensive. S'il est chargé je l'utilise jusqu'à tomber à une capacité résiduelle de 20% et je recharge à 200mA, repos, décharge 100mA, repos, recharge 200mA, repos, décharge 500mA, repos, recharge 500mA, repos et c'est reparti... Puisqu'il est fortement recommandé de posséder toujours -au moins- deux jeux de batteries (et plus si flash), les temps de repos ne sont pas pénalisants...

Accu déjà utilisé : utilisation jusqu'à décharge (> 20% de charge résiduelle). Charge à 200mA, repos 12 heures et retour à l'utilisation

Entretien et/ou accus fatigués : procédure "refresh" automatique sur le chargeur "intelligent", repos 12 heures (la dernière charge est automatique) et retour dans le circuit d'utilisation.

Ouf, c'est fini
C'était indigeste, je m'en excuse, mais c'est une excellente habitude de considérer ses batteries comme un élément appartenant à part entière à son matériel photographique ! Si vous entretenez votre (vos) boîtier(s) et votre (vos) objectif(s), entretenez également vos batteries...

MISE À JOUR
Si vous possédez un chargeur "classique" (c'est à dire non "intelligent"), n'allez surtout pas le jeter !... Il a maltraité vos batteries, certes, mais il peut vous aider à les récupérer !... Je m'explique : souvent, le chargeur "classique" malmène tellement les batteries que si vous placez ces dernières dans un chargeur "intelligent", tout intelligent soit-il, il sera même incapable de détecter la présence d'accus branchés !!! Dans ce cas, pas de panique !... Remettez vos batteries "HS" dans le chargeur classique pour une charge complète (qui sera très courte puisque accus "HS") puis, immédiatement après, envoyez une restauration dans le chargeur "intelligent". Le peu de courant que la première charge a réussi à incorporer dans les batteries suffira à les faire reconnaître par le chargeur "intelligent" qui pourra faire parfaitement son travail de "ressuscitation" des accus HS... Cela paraît stupide ? J'ai testé... ça fonctionne !...

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JOUER AVEC LES SENSIBILITÉS ISO DE SON BOÎTIER

Jouer avec les sensibilités ISO de son boîtier ? Quelle drôle d'idée ! En fait pas tant que cela !... Les boîtiers proposent des sensibilités de plus en plus extravagantes... à quand le super boîtier à 10 millions d'ISO ?... Seulement voilà, si vous y regardez de plus près vous comprendrez vite que la valeur de "hauts ISO" ne sert à rien d'autre que la valeur de "grand nombre de pixels"... vendre, vendre et vendre encore ! Ce n'est pas parce que votre boîtier est donné pour 51200 ISO ou 102400ISO d'ailleurs (ou plus !) que vous serez en mesure de photographier en pleine nuit en plein bois à f/22 et sans flash les renards qui chassent !... Vous avez appris par ailleurs (ci-dessus et sur d'autres pages) que monter en ISO ne fait que détériorer la qualité de l'image en créant des artéfacts inacceptables, parfois corrigés, mais la solution étant souvent pire que le problème lui-même !...

Que faire pour s'y retrouver et faire la part du marketing et de l'utilisable ? Si vous savez que, quel que soit votre boîtier, vous ne pourrez jamais utiliser les plus hautes valeurs ISO, cela ne vous aidera pas franchement au moment du choix !... En fait il existe deux moyens complémentaires (et encore on pourra très bien se passer du premier, je m'expliquerai plus tard) :

—> Il existe une société qui s'appelle DxO qui a mis en ligne un site gratuit (ici) donnant énormément d'informations sur le matériel photographique numérique (en anglais malheureusement). Entre autre la sensibilité ISO "maximale" qui soit bien gérée par votre boîtier.

Cela peut vous donner un ordre d'idée MAIS (eh oui, il y a toujours un "mais") il faut savoir que DxO fait systématiquement la part belle à Nikon ! Faut-il penser qu'ils surévaluent les matériels de cette marque ou qu'ils sous évaluent les autres marque ? On ne le saura certainement jamais. En plus, les résultats de DxO sont basés sur des mesures donc on se retrouve toujours confronté à la différence énorme qu'il existe en photographie entre la technique et "l'art". Mon conseil ? Vous pouvez consulter ce site pour vous faire une vague idée des capacités de votre matériel mais ne prenez pas cette valeur pour parole d'évangile !... C'est pourquoi je disais à l'instant qu'on pouvait se passer de la première solution...

—> La deuxième solution (et de loin la meilleure !) consiste à mettre votre boîtier à l'épreuve de vos yeux et de vos goûts !... Choisissez une nuit bien sombre (même si vous vous trouvez en ville avec un éclairage public), évitez les nuits trop froides ou trop chaudes, posez votre boîtier sur un statif (trépied) en évitant si possible les zones fortement éclairées, cadrez une scène quelconque (ce n'est pas pour une exposition, juste pour un test... n'allez pas passer la nuit à chercher une scène intéressante !!!) elle non plus ne doit pas être trop éclairée et photographiez-la à toutes les sensibilités ISO proposées par votre boîtier. Si vous possédez un Pentax (moyenne ou haut de gamme) ou un Nikon (moyenne ou haut de gamme), vous pouvez utiliser le mode automatique avec priorité ISO pour vous faciliter la tâche, sinon, réglez manuellement la sensibilité et utilisez le mode automatique d'exposition ou le mode manuel (plus long et plus compliqué). Puis tranquillement, chez vous, devant l'écran de votre ordinateur, visionnez les images de test. Vous pourrez visualiser la dégradation de la qualité des images (un petit zoom à 100% ne sera pas un luxe) et décider à partir de quelle sensibilité vous estimez que l'image n'est plus acceptable... Eh oui, j'ai lâché le mot : "estimez", aucun appareil de mesure et aucune personne ne sera en mesure de décider pour vous de ce que sera une image acceptable ou non !... C'est vous qui créez l'image, elle doit vous plaire à vous avant de plaire (éventuellement) aux autres !...
Dans un premier temps, il faudra désactiver tous les modes de "récupération" intégrés dans les boîtiers (comme la "correction du bruit à hauts ISO" par exemple). Quand vous aurez déterminé votre limite acceptable, retournez sur le terrain et réglez la sensibilité ISO à la valeur immédiatement supérieure à votre limite acceptable et activez les modes de récupération. Tirez, toujours avec les mêmes paramètres de vitesse/diaphragme/ISO, toute une série de la même scène en modifiant la puissance de ces modes de récupération. De retour chez vous, visionnez la nouvelle série et vérifiez si vous pouvez conserver la nouvelle sensibilité "retravaillée par le boîtier" ou non.

Ainsi vous saurez exactement ce que votre boîtier "a dans le ventre" ! Et, au passage, si cette procédure n'est pas "jouer avec les sensibilités ISO de son boîtier", je ne vois pas ce que cela pourrait être d'autre... d'où le titre de la rubrique !!! CQFD...

Maintenant que vous connaissez la limite, il ne reste plus qu'à borner la plage "ISO Auto" de votre boîtier et le tour est joué !...

—> Et, si les tests vous "gavent", je suis en mesure de vous donner un ordre de grandeur qui marche pour l'immense majorité des boîtiers, reflex, bridge ou compact ! Eh oui !
* Premièrement, au temps de l'argentique on "travaillait" quasiment toujours à 100 ISO, plus rarement à 400 ISO et beaucoup plus qu'exceptionnellement à 800 ISO. Pourquoi faudrait-il réagir différemment simplement parce que l'on est passé à l'ère numérique ? Utilisez donc vos boîtiers à 100 ISO les jours ensoleillés, à 200 ISO les jours brumeux ou sombres d'hiver, à 400 ISO le soir et à 800 ISO la nuit (avec un trépied bien sûr !). Vous aurez toujours les meilleurs résultats possibles en utilisant cette méthode.
* Deuxièmement, si vos boîtiers permettent de définir une plage de sensibilité ISO automatique, c'est de plus en plus souvent le cas, réfléchissez en "gamme" de boîtier. Sauf exceptions, un boîtier d'entrée de gamme commencera à vous lâcher au dessus de 500 ISO, donc limitez-vous à 400 ISO ; un boîtier de gamme moyenne (ou reflex d'entrée de gamme) pourra aller jusqu'à 800 ISO et un boîtier expert/pro jusqu'à 1500 ISO. Je ne parle pas des "vrais" boîtiers pro (comme Canon 1D ou Nikon D3 ou D4 !) qui eux dépassent allègrement cette limite mais qui, parmi nous, a investi dans ce genre de boîtier ?

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COMMENT UTILISER LES "MODES" PROPOSÉS PAR NOS BOÎTIERS ?

Au risque de paraître passéiste, je rappellerai qu'en photographie argentique le seul et unique mode était le mode manuel (M), autant dire l'absence de mode, puis Pentax a inventé le mode automatique à priorité ouverture (Av ou A selon les marques -"A" pour Aperture = ouverture) qui permettait d'obtenir automatiquement une exposition "moyenne" (pour ne pas dire "convenable") en se contentant de régler la valeur de diaphragme, la vitesse étant déterminée par le boîtier. Puis Pentax (encore !!??!!) a inventé le mode automatique à priorité vitesse (Tv ou S selon les marques -"T" pour Time = temps ou "S" pour Speed = vitesse) qui permettait d'obtenir automatiquement une exposition "moyenne" (pour ne pas dire "convenable") en se contentant de régler la vitesse, le boîtier prenant en charge le réglage du diaphragme situé dans l'objectif (c'était déjà techniquement plus compliqué). Dans les années 1970 (eh oui, on ne rajeunit pas), la boucle fut bouclée et est né le mode automatique programme (P) . Ce mode permettant d'obtenir une exposition "moyenne" (pour ne pas dire "convenable") en se contentant d'appuyer sur le déclencheur... le boîtier gérant automatiquement et le diaphragme et la vitesse. Mais bien sûr, on pouvait modifier manuellement un paramètre et le boîtier en tenait compte pour adapter l'exposition. Il existe un autre mode, un peu plus marginal, qui est le mode pose longue (B = Bulb) qui n'agit que sur le temps d'exposition qui est infini (tant que le doigt appuie sur le déclencheur, l'obturateur reste ouvert) ou un autre mode de pose longue (T = Time) dans lequel l'appui sur le déclencheur entraîne l'ouverture de l'obturateur et un deuxième appui permet de le refermer. Et, pour être complet, parlons du mode synchro-flash (X) qui fixe la vitesse d'obturation à la vitesse de synchronisation de l'obturateur...

Et c'est tout ce que l'on peut, aujourd'hui encore, imaginer comme modes, manuel ou automatiques ! Et pourtant, avec l'avènement de la photographie numérique (mais les derniers argentiques aussi), sont nés une foultitude de modes plus ou moins fantaisistes... et plus ou moins déroutants et difficiles à appréhender. Et en plus, en regardant bien les boîtiers numériques, vous remarquerez immédiatement que plus vous investissez dans du matériel haut de gamme et moins vous trouverez de modes !...

Les boîtiers les plus chers, qui se destinent généralement aux personnes ayant une "bonne" connaissance de la technique photographique, ne proposent pas plus que les modes du temps de l'argentique (MAvTvP ou MASP selon les marques) avec parfois (mais malheureusement souvent absent dans le monde numérique) les modes B, T, X. Pentax a depuis inventé d'autres modes "professionnels" : automatique priorité sensibilité ISO (Sv) où vous choisissez la sensibilité et le boîtier déterminera vitesse et diaphragme pour obtenir automatiquement une exposition "moyenne" (pour ne pas dire "convenable") et automatique à priorité diaphragme ET vitesse (TAv) où vous choisissez le diaphragme et la vitesse et le boîtier se débrouille avec la sensibilité ISO pour vous donner automatiquement une exposition "moyenne" (pour ne pas dire "convenable") avec vos choix. Ces modes ont été implantés dans les boîtiers "haut de gamme" de la marque et se retrouvent progressivement sur les boîtiers des marques concurrentes... Notez que tous ces modes "professionnels" ne sont pas figés, même automatiques, ils "laissent toujours la main" au photographe de façon à lui permettre la créativité (ce qui ne sera plus forcément vrai pour les modes à suivre).

Les boîtiers pour "débutants" proposent, quant à eux, un tas de modes, généralement désignés par un logo (variable selon les marques). Ces modes sont assez hermétiques et de ce fait deviennent plus difficiles à utiliser en connaissance. C'est le grand paradoxe : si vous êtes un vieil habitué de la photographie, que vous êtes donc en capacité de comprendre tous les modes, on vous gratifie des plus simples, si, par contre, vous n'y connaissez rien, on vous gratifie de modes complexes qui, s'ils donnent généralement de "bons" résultats, ne vous permettront jamais de comprendre comment les choses se sont déroulées pour parvenir au résultat !... Autant dire, aucune progression possible !... Voici les modes les plus fréquemment rencontrés sur les boîtiers "débutants" :

Mode Tout Automatique

Ce mode prend absolument tout en charge à votre place, la vitesse, le diaphragme, la sensibilité ISO, le déclenchement du flash, la balance des blancs, la zone de mise au point, la zone de mesure de l'exposition, "pousse" certaines couleurs, en "retient" d'autres, "pousse" ou "retient" le contraste, la luminosité, la netteté etc, etc... Et à aucun moment vous n'aurez la possibilité "d'y mettre votre grain de sel" !... Les concepteurs des boîtiers disent qu'il s'agit d'un mode "intelligent", en fait, si les concepteurs de ce genre de programme le sont (intelligents), le programme, lui, aura, bien évidemment, des failles et vous n'aurez aucun moyen de "corriger le tir" !...
Pour l'avoir essayé, je puis estimer que le résultat est "satisfaisant" dans près de 60% des cas, qu'il mériterait un petit "coup de pouce" du photographe dans 40% et qu'il est frustrant dans 100% des cas ! Si vous vous payez un compact de premier prix et que vous ne souhaitez pas vous "lancer" dans la photographie, ce mode, à lui seul, vous suffira lar-ge-ment (!!!) mais uniquement parce que vous ne souhaitez pas progresser... Si, maintenant, vous songez acheter un appareil plus évolué (et plus cher), vérifiez qu'il vous en offre plus !!! Quant aux reflex, même de plus bas prix, il vous en offrira beaucoup plus !!!
, , , , etc...

(notez bien que ce mode est unique, les différents logos ci-dessus ont été empruntés à différents boîtiers de différentes marques mais ils correspondent tous à la même chose !)
Mode Tout Automatique "créatif"

Ce mode est identique au précédent SAUF qu'il vous laisse une "toute petite" marge de manœuvre : vous pouvez empêcher le déclenchement du flash, vous pouvez éviter le renforcement de certaines couleurs (ou au contraire l'augmenter), modifier "l'atmosphère générale" de l'image etc... tout cela grâce à des options toutes prêtes proposées par le boîtier
, , etc...
(même remarque que ci-dessus)
Mode "priorité profondeur de champ"

Ce mode est particulier, je ne l'ai pas retrouvé partout (presque nulle part d'ailleurs !), c'est un mode Tout Automatique (idem 1er mode du tableau) MAIS qui vous permet de modifier la netteté ou le flou d'arrière plan, simplement en déplaçant un index sur une règle ! C'est votre seule "liberté". À noter qu'il a existé, par le passé, en argentique, un mode de profondeur de champ bien plus évolué qui permettait de définir sa gamme de profondeur, le boîtier se débrouillant pour vous fournir ce que vous souhaitez.
Mode "sans flash"

Ce mode est strictement identique au 1er mode du tableau mais empêche le déclenchement du flash, le boîtier devra se débrouiller pour bien exposer sans apport de lumière d'appoint.
Mode Gros Plan ou Mode "Macro"

Ce mode automatique est plutôt destiné à la photo rapprochée. Même s'il est appelé "macro" il ne fera pas de miracle (!!!), c'est l'objectif qui est "macro" pas le boîtier (!!!). En fait il vous permettra de vous approcher autant que possible de votre sujet. Pour cela, il va un peu fermer le diaphragme (pour augmenter la profondeur de champ qui est toujours trop courte en macro ou en proxiphotographie)
Mode Paysage

Ce mode a été étudié pour vous donner les "meilleurs" paysages possibles. Il va augmenter la profondeur de champ, diminuer la sensibilité ISO, forcer sur les bleus (ciel) et sur les verts (végétation) et augmenter la netteté.
,
Mode Portrait

Ce mode permet d'obtenir les "meilleurs" portraits possibles. Il va diminuer la sensibilité ISO, réduire au maximum la profondeur de champ, désaturer les couleurs et diminuer la netteté.
,
Mode Portrait de Nuit

C'est un mode portrait, comme ci-dessus mais "spécialisé" pour les portrait en atmosphère sombre, de nuit, soit, mais également sur fond sombre.
,
Mode Sport

C'est le mode permettant de capturer "au mieux" le mouvement. Il s'agit de privilégier une vitesse rapide.
Et je vous fais grâce des modes : enfants, animal domestique, feu, nourriture, couché de soleil etc... En fait il existe, en théorie, autant de modes différents que de photos différentes. Chaque fabricant d'appareil photographique peut donc ajouter le ou les modes qu'il souhaite !...

En fait, si vous regardez de près, vous constaterez que tous ces "Modes" de l'univers "Amateur" ne sont que la mise en application des "règles" de gestion des modes "Experts" (MAvTvP ou MASP selon les marques).

L'immense majorité des appareils pour "débutant" proposent ces modes "débutants" PLUS les modes "Experts" (MAvTvP ou MASP selon les marques). Dans ces conditions on est en droit de penser qu'il n'est franchement pas nécessaire d'investir dans un matériel plus "expert" puisque le matériel "amateur", moins cher, permet la même chose et même plus !... Oui, c'est une façon de voir les choses, mais regardez bien les propositions commerciales : les appareils "amateur" sont tout de même plus orientés vers les modes "tout faits" (modes "amateurs") et que la présence des modes "experts" (MAvTvP ou MASP selon les marques) n'implique pas qu'ils soient utilisables de manière franchement simple. Je me suis amusé à utiliser les modes "experts" (MAvTvP ou MASP selon les marques) sur tout types de boîtiers "amateurs", depuis les compacts à très petit prix jusqu'aux compacts hybrides de plus haut de gamme en passant par pas mal de bridges et, la conclusion de mes tests est : « pour utiliser les modes experts de manière efficace et agréable, il faut absolument se tourner vers le matériel le plus "expert" possible. ». En effet, un boîtier reflex "Amateur" (entrée de gamme) ne coûtera pas plus cher qu'un bon bridge (et très souvent moins cher qu'un compact hybride) et pourtant, bien que proposant les mêmes modes "amateurs" et tous les modes "experts", ils seront les seuls à même de vous permettre une utilisation "intuitive" des modes "experts"... Ils seront également les seuls à vous accompagner dans votre progression photographique...

Comment utiliser ces modes ? C'était tout de même le titre du chapitre (!!!)

J'aurais très envie de dire « n'utilisez que les modes "experts" (MAvTvP ou MASP selon les marques) », comme le font tous les photographes avertis et tous les "formateurs", mais cela serait inintéressant et contre productif !... Si la photographie numérique existait déjà à l'époque où j'animais le club photo de ma ville, j'aurais utilisé ces modes "amateurs" pour accompagner les "nouveaux venus" vers la photographie évoluée comme suit :

1ère étape :
L'achat d'un appareil photo passe obligatoirement par une phase de tests pour voir comment il réagit et comprendre comment il fonctionne dans la création des images. Donc je stimulerais tous les "nouveaux" photographes à "jouer" avec les modes "amateurs". Dès qu'ils sauront les utiliser à bon escient, ce qui ne devrait pas prendre trop de temps (ces modes sont compliqués mais d'une utilisation très simple !), il sera temps de passer à la deuxième étape.
2ème étape :
Cette étape sera plus ou moins longue mais elle sera très formatrice et très intéressante. Elle consistera à "doubler" ses photos, je m'explique : prenez, par exemple, un paysage (mode amateur "paysage" bien sûr) puis, essayez de refaire la même image dans les différents modes "experts" (MAvTvP ou MASP selon les marques). Sachez que vous n'y parviendrez pas à 100% puisqu'il faut considérer un paramètre qu'on développera à la 3ème étape. Et refaites le même exercice avec tous les modes "amateurs".
3ème étape :
Les modes "amateurs", outre la gestion du diaphragme, de la vitesse et de la sensibilité, modifient également les paramètres de saturation des couleurs, de contraste, de luminosité, de netteté etc... Tous ces paramètres sont également accessibles manuellement via les menus du boîtier. Ce n'est pas très rapide ni très pratique mais c'est une étape capitale, elle aussi très intéressante et très formatrice...
4ème étape :
Arrivés à ce stade, les "nouveaux" photographes auront déjà "tout d'un grand" ! Il conviendra maintenant d'abandonner les notions de "modes" pour passer au stade ultime : l'abandon du traitement automatique de l'image en laissant de côté le format JPEG natif du boîtier. En passant au format RAW, les "apprenants" de "fin d'étude" pourront appliquer plus simplement et beaucoup plus précisément ce qu'ils ont fait à la prise de vue à l'étape 3. Le logiciel de traitement d'image permettant de tout gérer beaucoup mieux que ne pourra le faire le menu de l'appareil photo...

Et maintenant ?

Maintenant vous avez toutes les cartes en main ! Si vous voulez utiliser un mode "amateur" pour gagner du temps ou parce que vous n'êtes pas dans un jour faste pour la création manuelle, vous pourrez le faire en toute connaissance, vous comprendrez inconsciemment ce qui se passe dans l'appareil à la seconde où vous sélectionnez votre "mode amateur" puisque vous êtes en état de reproduire tout cela manuellement un autre jour. De même, si vous souhaitez créer un fichier JPEG plutôt qu'un fichier RAW parce que vous savez que vous n'aurez pas le temps de "développer" en post traitement, ce sera également en connaissance de cause... Vous aurez donc maintenant tout le champ libre !... Personnellement, je possède des boîtiers "experts" (donc dépourvus des modes "amateurs") que j'utilise providentiellement, mais je ne rechigne pas à utiliser les boîtiers "amateurs" que je possède également, et pas uniquement dans leur configuration "expert" (MAvTvP ou MASP selon les marques) !... Et ne jouons pas les m'as-tu vu... si j'utilise souvent le mode manuel (M), je ne dédaigne pas les modes "semi automatiques" (Tv ou Av) voire, mais plus rarement, le mode "tout automatique" (P)... le mode 100% manuel trouvant toute sa quintessence en moyen format argentique...

Bonnes photos...

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FILTRES OU POST TRAITEMENT ?

Venant d'une longue "tradition" de photographie argentique (qui perdure !), je dirais d'emblée : « filtres, filtres, filtres !... » Mais l'arrivée du numérique a probablement fait changer la donne... Voyons cela.

De tout temps on a parlé de "filtres créatifs", mais, en fait, ils n'avaient de "créatif" que le nom ! Le nombre de filtres intéressants, pour ne pas dire indispensables, étaient en fait plus que limité : Polarisant / Gris Neutre / Dégradé Gris Neutre / Correcteur de Couleur -pour l'argentique couleur- / Rouge, Jaune, Orange, Vert, Bleu -pour le noir et blanc- et, en gros, c'est tout !

Aujourd'hui, en numérique, tous les logiciels de traitement d'image permettent d'agir sur nos photo de la même manière que les filtres à placer devant l'objectif (certains filtres du moins) !... Les filtres pour le noir et blanc n'ont plus aucune raison d'être, on peut les appliquer à postériori sur la photo avec la même efficacité, la seule différence se situe au niveau du viseur de l'appareil lors de la composition. De nombreux boîtiers embarquent d'ailleurs des algorithmes de traitement pour "développer" les photos en noir et blanc avec les effets de ces filtres en interne, sans même devoir passer par un logiciel de post traitement !... Les filtres de correction de couleur n'ont pas plus d'intérêt aujourd'hui puisque c'est le boîtier qui gère la balance des blancs !... Les filtres dégradés gris neutre ont également un intérêt discutable, il est en effet parfaitement simulé par les logiciels de post traitement et même beaucoup plus précisément et beaucoup plus facilement qu'en les plaçant devant l'objectif. Avec un filtre devant l'objectif, il faut cadrer puis déplacer (longitudinalement ou de façon circulaire) la zone dégradée de façon à l'adapter précisément à la scène photographiée (jugement àl'œil à travers le viseur) sans décaler la composition ne serait-ce que d'un millimètre... sous peine de résultat décevant !... Pour ce qui est du filtre gris neutre, que ce soit en argentique ou en numérique, lors du choix de travailler en pose longue, ce qui limite beaucoup leur utilisation (bon, en argentique il peut également équilibrer les contrastes, mais en numérique, un simple décalage de l'histogramme donne de meilleurs résultats !).

Reste le cas du filtre polarisant. Le filtre polarisant circulaire est le seul filtre, à mon avis, a avoir conservé toute son utilité en numérique puisqu'à ma connaissance aucune fonction des logiciels de post traitement n'est capable d'imiter son action...

Pour être complet, il me faut également faire une parenthèse sur les filtres UV. Ils ont toujours eu une utilité discutable. Tellement discutable qu'avec le temps les fabricants ont fini par les venter autant pour leurs propriétés de "protection" de la lentille frontale des objectifs que pour leurs propriétés de filtration des UV... et cette protection est également très discutable... Je ne vais pas disserter sur cette pseudo protection des objectifs, ce n'est pas le sujet ici, mais je pense que vu leur prix (surtout si de diamètre important) on peut très bien s'en passer !...

En conclusion, si vous ne faites que de la photo numérique, je ne puis vous conseiller que le filtre polarisant circulaire. Si, maintenant, vous souhaitez réellement vous essayer à la pose longue, un filtre NG sera indispensable mais sachez que vous ne l'utiliserez que rarement, qu'en plus il n'est pas franchement donné et qu'en plus, il induit systématiquement des dérives de couleurs (magenta) à partir d'une certaine densité ! Il existe des filtres NG variables qui semblent être une offre alléchante, mais leur efficacité n'est franchement pas à la hauteur de leur prix (et je ne parle même pas des NGV de bas prix !!!) et le côté pratique et universel qu'il fait naître dans l'esprit des utilisateurs de zoom (qui ont plusieurs choses en une seule) n'existe pas du tout !!! En effet, la correction du temps d'exposition est quasiment impossible à déterminer avec précision. Notez que lorsque je critique leur non efficacité, je ne parle pas de leur capacité à assombrir l'image, je parle des aberrations et des artéfacts qu'ils entraînent... À éviter absolument !...

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