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Dans cette partie du site « www.thydelor.eu » je vais essayer de vous parler de techniques photos évoluées. Oh, je ne suis pas le seul à en parler, je ne suis même pas sûr que quelqu'un soit capable de vous dire combien de sites et combien de livres ont été publiés sur le sujet !... Seulement voilà, si vous cherchez à vous renseigner sur ces techniques, vous allez vous heurter à un verbiage sinon incompréhensible, au moins qui vous fera perdre les pédales et oublier le peu de choses que vous savez des techniques photographiques... Je vais essayer de faire simple !...

Si vous appréciez cette page, merci de soutenir mon site en créant un lien vers « www.thydelor.eu » sur votre site, votre blog (ou ceux de vos amis). Voir également ici.

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Le « Zone System » autrement Exposer à droite
Les « Règles » de la composition Les tuyaux ultimes pour une exposition parfaite
Tester ses films [noir & blanc]  

LE « ZONE SYSTEM » AUTREMENT

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

Le « Zone System » est cette « invention » d'Ansel Adams (voir le site officiel ici). Merci à C.B. de m'avoir suggéré d'écrire sur le sujet, c'est, bien sûr, avec intérêt que je réponds à ce genre de questions... Notez toutefois que j'ai déjà parlé du Zone System dans un petit cours de photographie.

Donc je me devais de prendre la plume à mon tour pour essayer de reprendre tout cela le plus simplement possible pour l'adapter à la photographie argentique ET à la photographie numérique, car, pour une fois, la différence entre les deux mondes est beaucoup plus grande que la simple différence de philosophie !!!

Le Zone System, c'est quoi au juste ?

Surtout utilisé aux États-Unis pour la photo grand format et très peu en Europe où la tradition photographique était plutôt orientée vers l'instantané que vers la photo « peinture ». Il est vrai que le Zone System servait surtout au grand format (comme vous le verrez plus loin) mais Ansel Adams nous a laissé quelques unes de ses plus grandes photos tirées sur film 120 avec son Hasselblad, donc cette technique est adaptable à tous les formats, même les films en bobine et même en 24x36 si on le souhaite ! En réalité le point fort de cette technique permet d'obtenir de superbes résultats même sans matériel de mesure super perfectionné... un œil entraîné suffit (même si, personnellement, je considère qu'un spotmètre est un outil abordable et bien pratique !).

Pour ne pas réinventer le fil à couper le beurre, voici ce qu'en dit Wikipédia (ici). Notons tout de suite que je n'adhère pas du tout à la remarque de Wikipédia qui dit « ... de sorte que les méthodes d'Ansel Adams ont aujourd'hui, pour l'essentiel, un intérêt historique ... » puisque pour le photographe amateur (sans moyen financier infini) cette technique permettra d'obtenir de superbes résultats qu'il n'obtiendrait jamais en se passant d'elle !...

Donc, pour Wikipédia, nous avons 10 zones nommées "0" à "9" :

où de 0 à 3 c'est du noir, de 3 à 7 du gris et au delà du blanc.

Personnellement (je n'ai rien inventé, de nombreux auteurs en parlent et Ansel Adams le premier) je préfère l'échelle à 11 zones (nommées "0" à "X") dans laquelle la zone V (zone 5) primordiale dans la technique du Zone System se situe exactement au milieu !...



valeurs sombres
Zone 0 :
Le noir le plus profond obtenu par le papier, l’absence totale de lumière.
Zone I : Le noir se distingue légèrement du noir maximum que peut donner le papier. Une légère tonalité mais pas de texture. (invisible si votre écran n'est pas parfaitement calibré !)
Zone II : Première impression d’une valeur qui apparaît, zone absente avec toutefois quelques détails qui apparaissent.
Zone III : Partie la plus foncée qui existe mais dans laquelle on peut trouver la totalité des informations. Cette zone est texturée.

valeurs moyennes
Zone IV : Sous bois touffus foncés, peau noire, les ombres dans un paysage ensoleillé.
Zone V : Charte grise Kodak à 18% de réflexion, peau foncée, herbe verte. Goudron sous le soleil. Cette densité est celle sur laquelle sont calibrés les posemètres.
Zone VI : Peau blanche caucasienne, les ombres dans un paysage de neige.
Zone VII : Peau très claire, zone bien texturée et lumineuse.

valeurs claires
Zone VIII :
Tonalité claire texturée avec des valeurs délicates de blanc.
Zone IX : Légère tonalité claire sans texture.
Zone X : le blanc du papier, le blanc pur, aucune tonalité perceptible.

(bon, OK, mon échelle de nuances —affichée en HTML— n'est pas géniale par rapport aux explications)

Cette échelle représente ce que l'œil humain peut percevoir MAIS (parce qu'il y a toujours un mais !) qu'il s'agisse d'un film ou d'un capteur numérique, la latitude de pose (la largeur de l'échelle reproductible) est beaucoup plus limitée... On estime en effet que les systèmes photographiques permettent de reproduire AU MAXIMUM un contraste dans la plage qui couvre la zone III à la zone VII...

Un bon négatif (ou un bon RAW) est un négatif (ou un RAW) qui contient la plus grande quantité possible d'informations et ce dans toutes ses parties, sombres ou claires. Un négatif (ou un RAW) sous exposé a perdu ses informations dans les zones sombres, un négatif (ou un RAW) sur exposé a perdu ses informations dans les zones claires. Mais, obtenir un bon négatif (ou un bon RAW) au sens du Zone System sous entend une bonne connaissance de son matériel et de sa technique... En effet, la sensibilité effective d'un film est rarement celle énoncée par le fabricant, les temps de développement des chimies sont rarement adaptés à la « souplesse » réelle des films, l'étalonnage du posemètre est rarement parfait (au sein d'une même ligne de produit), l'étalonnage des obturateurs peut être très variable d'un appareil à l'autre (au sein de la même ligne de produit), idem pour le papier photo (même si de même grade et de même marque). Et ce n'est pas mieux en numérique : étalonnage du posemètre, étalonnage de l'obturateur, étalonnage de l'espace colorimétrique, étalonnage du capteur, étalonnage de l'écran de l'ordinateur, étalonnage de l'imprimante, teinte du papier etc, etc... DONC le seul moyen d'utiliser efficacement le Zone System est l'expérimentation empirique !... Pour sa propre formation, il est indispensable d'utiliser un seul appareil photographique (toujours le même et pas deux exemplaires différents du même appareil !), d'utiliser un seul objectif (car le traitement de surface peut varier d'un objectif à l'autre et, en plus, si obturateur central, cela fait 2 variables), un seul posemètre et si possible spotmètre 1°, une seule marque de film, une seule sensibilité de film, une seule chimie toujours à la même concentration et à la même température et surtout, surtout... faire des essais, de nombreux essais !... Nous verrons de la même manière que l'utilisation du numérique ne nous facilitera pas la tâche et ne sera certainement pas moins coûteuse que l'argentique avec autant de tests, même appareil photo, même spotmètre, même chaîne graphique (écran, imprimante, encre, papier...), même sonde de calibration, même chaîne logicielle, calibrations multiples (puisqu'une calibration n'est pas stable dans le temps !), même logiciel de post-traitement d'image et, bien sûr, toujours photographier en RAW, sinon c'est quasiment voué à l'échec !...

Pfffff ! Eh oui, j'ai dit que c'était génial le Zone System, je n'ai jamais dit que c'était facile !...

Faire une photographie consiste donc à reproduire au mieux des écarts de luminosité qui dans la vraie vie peuvent représenter jusqu'à plus de 15 diaphragmes (!!!) Chaque valeur de diaphragme permettant de laisser passer une quantité double de lumière que le diaphragme précédent en direction du film ou du capteur numérique... Supposons une photographie qui doive reproduire cette plage de 15 diaphragmes voilà ce que ça donnera en quantité de lumière :

1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
1
2
4
8
16
32
64
128
256
512
1024
2048
4096
8192
16384

La valeur la plus sombre nécessitera 16384 fois plus de lumière que la valeur la plus claire pour une exposition identique !!!

Or, on estime qu'un papier photo ne peut représenter qu'une différence de 7 diaphragmes (en moyenne) donc il faut que le négatif « concentre » 15 diaphragmes en seulement 7 !... Seulement voilà, le négatif ne permet qu'un écart de 5 diaphragmes environs !... Seule l'expérimentation (les tests) permettra de déterminer réellement quelle sera cette « compression » des valeurs de luminosité...

Le « génie » de Ansel Adams réside dans le fait que sa représentation ou plutôt son interprétation de la luminosité, empiriquement, suivait exactement les mesures densitométriques effectuées bien plus tard !

Oui, et alors ? Alors, si vous souhaitez photographier un curé en soutane sur un champ de neige, si votre œil est encore capable de voir des détails dans le noir profond de la soutane (zone I à zone II) mais aussi des détails dans le blanc ultra pur de la neige (zone VIII à zone IX), il n'en sera pas de même pour votre appareil photo qui vous donnera un résultat plus que décevant (surtout en exposition automatique !!!) puisque votre photo montrera une soutane gris foncé (zone III) sur une neige gris clair (zone VII) OU une soutane bien exposée (comme l'œil la perçoit) en zone I à zone II mais avec une neige grise en zone V ou zone VI OU une neige bien exposée (comme l'œil la perçoit) en zone VIII à IX et une soutane gris clair en zone IV ou V !!!

Quoi que l'on fasse, nous sommes donc condamnés à faire des choix !!! Alors, comment Ansel Adams a pu nous aider ???

Dans son échelle de zones on retrouve au milieu, en « zone 5 » la valeur mesurée par les posemètres (même les plus chers !) à savoir un gris moyen (gris 18 %) et que le passage d'une zone à l'autre correspond à une variation d'UN diaphragme.

Donc premier enseignement : la représentation du Zone System nous apprend comment corriger l'exposition !

Si vous effectuez votre mesure d'exposition plein cadre sur la soutane du curé de mon exemple, sur votre photo elle paraîtra grise (zone V) il faudra donc régler manuellement le diaphragme de votre appareil comme le posemètre vous le suggère puis fermer le diaphragme (sous exposer !) de 2 à 3 valeurs selon que vous la voudrez sombre avec plus ou moins de détails (zone 0 = pas de détail, toute noire | zone I = moins noire mais pas de détail | zone II = grise foncée mais presque pas de détail | zone III grise foncée mais plein de détails).

zone 0
zone 1
zone 2
zone 3
zone 4
zone 5
zone 6
zone 7
zone 8
zone 9
zone10
-5
-4
-3
-2
-1
0
+1
+2
+3
+4
+5

Idem pour la neige, si vous effectuez votre mesure d'exposition plein cadre sur la neige de mon exemple, sur votre photo elle paraîtra grise (zone V) il faudra donc régler manuellement le diaphragme de votre appareil comme le posemètre vous le suggère et ouvrir le diaphragme (sur exposer !) de 2 à 3 valeurs selon que vous la voudrez claire avec plus ou moins de détails (zone X = pas de détail, toute blanche | zone IX = moins blanche mais pas de détail | zone VIII = grise claire mais presque pas de détail | zone VII = grise claire avec plein de détails).

Maintenant, pour compliquer un peu, si on dit que le curé est de type caucasien (blanc européen) et que c'est toute la scène que l'on veut capturer au plus proche possible de ce que notre œil humain voit, il va falloir faire tenir toute la scène dans la tranche zone III <-> zone VII et ce sera le flop car la soutane sera pleine de détails mais grise pas très foncée (zone III), le visage sera assez foncé mais proche de la réalité (zone VI) et la neige sera pleine de détail mais vraiment très sale (zone VII) !!! Comment s'en sortir ? On tourne en rond !...

Et bien, pas tout à fait !

Deuxième enseignement
: il faut tricher en « post traitement ».

Il faut savoir qu'en photographie argentique on obtient les noirs (les sombres) à l'exposition et les blancs (les clairs) au développement DONC il faudra, à la prise de vue, privilégier l'exposition des plages sombres (la soutane) que l'on pourra placer aisément en zone II en sous exposant légèrement et en réduisant la durée de développement pour placer les blancs (la neige) en zone VIII/IX. Attention, ces valeurs de zones correspondent au papier, sur la photo finale, car le film est « bloqué » entre la zone III et la zone VII !...

La latitude de pose des films argentiques fait qu'il est toujours préférable d'obtenir un film sur exposé qu'un film sous exposé

EN PHOTOGRAPHIE ARGENTIQUE IL FAUT EXPOSER POUR LES PARTIES SOMBRES DE L'IMAGE, LES PARTIES CLAIRES SERONT GÉRÉES AU DÉVELOPPEMENT...

En sur développant le négatif, le nombre de zones est réduit d’une valeur, avec des valeurs qui ont une tendance à se déplacer vers les parties claires. Un tel développement sera plus contrasté, il concernera des sujets « plats », comme un paysage par temps couvert par exemple.

En sous développant le négatif, le nombre de zones est augmenté d’une valeur, avec des valeurs qui ont une tendance à se déplacer vers les parties foncées. Un tel développement sera moins contrasté, il concernera des sujets contrastés, un paysage par temps très ensoleillé avec des ombres très marquées par exemple.

Bien sûr, si on ne souhaite pas sur ou sous développer, on peut toujours augmenter ou diminuer la concentration de sa chimie, ce qui revient au même et qui n'est pas plus simple...

En photographie numérique il en va tout autrement !!! Eh oui... Les capteurs numériques ont une « grande » capacité à reproduire les détails dans les parties sombres (au prix de quelques phénomènes de « bruits numériques » pour les capteurs les moins performants) alors qu'ils sont incapables de reproduire les détails des zones claires... c'est comme si, sur mon échelle de luminosité on avait une échelle du type :
0 - I - II - III - IV - V - VI - VII - X !!!

Donc, contrairement à l'argentique, il faut exposer sur les parties claires, on récupérera les ombres au post traitement des RAW... voire on fera l'impasse sur les ombres, si le capteur est de bonne qualité ça sera quasiment parfait...

Les capteurs de reflex numérique codent généralement les images sur 12 bits en mode RAW et supportent un maximum de 5 diaphragmes, comme les films. Le calcul montre que 12 bits représentent 4096 (2^12) valeurs de gris pour chaque couche (rouge, verte et bleue). Les capteurs enregistrent ces infos de manière linéaire (rapport divisé par 2), les valeurs de gris sont donc distribuées comme suit :

  • 1 : 2048 valeurs (4096 / 2) - hautes lumières
  • 2 : 1024 valeurs
  • 3 : 512 valeurs - tons moyens
  • 4 : 256 valeurs
  • 5 : 128 valeurs - ombres
  • 6 : 64 valeurs - basses lumières

Si on expose, comme le propose le posemètre, sur les tons moyens (gris 18%), on enregistre peu de valeurs dans les ombres. Il en résulte du bruit dans les basses lumières et de la postérisation dans les hautes. D’où l’importance d’exposer pour les hautes lumières. C'est pourquoi, en numérique, il vaut mieux sous exposer que sur exposer un fichier RAW (JPEG aussi d'ailleurs) !!!

EN PHOTOGRAPHIE NUMÉRIQUE IL FAUT EXPOSER POUR LES PARTIES CLAIRES DE L'IMAGE, LES PARTIES SOMBRES SERONT GÉRÉES AU POST TRAITEMENT...

Ah, OK, on commence à y voir un tout petit peu plus clair ! Oui, mais si je comprends bien, avec ce Zone System, je ne peux que travailler en jonglant sur les deux tableaux, exposition et développement !... C'est simple en fait, mais uniquement si chacun de mes négatifs est développé séparément... En grand format c'est simple, il y a une seule photo par plaque... en moyen et en petit format il y a un film qui porte plusieurs négatifs... Célakélos !... Bon, pour le numérique, dans la mesure ou le post-traitement se fait sur des fichiers séparés, on rejoint la technique du grand format en argentique... Donc le Zone System est à réserver au grand format argentique ou au numérique alors ?...

Oui, on pourrait le penser, seulement Ansel Adams a fait de très belles choses en moyen format !!!! Donc il y a une astuce qui n'a pas encore été révélée... Non ? Si, bien sûr, on y arrive...

Nous avons déjà envisagé le problème, ici et dans mon « petit cours de photographie » (ici), tous les films photographiques qu'ils soient noir & blanc ou couleur reproduisent la luminosité (en fait la luminance) du modèle de la même manière. Les zones d'ombre présentent un faible contraste avec une faible séparation des tons, les zones moyennes présentent un contraste plus élevé et une séparation des tons correcte, et les zones de forte lumière présentent un contraste et une séparation des tons au moins aussi faibles que pour les zones sombres. Sur un film négatif, les plus faibles densités correspondent aux ombres du modèle et les plus fortes densités correspondent aux hautes lumières. Sur un film diapositive ou un capteur numérique c'est le contraire. En général les densités et les valeurs d'exposition correspondantes sont exprimées en valeur de zone, (pour le Zone System, ou en logarithmes en densitométrie). Il est intéressant de noter que le film négatif couleur se comporte à peu près de la même manière que le film négatif noir & blanc, même si sa souplesse de traitement est plus limitée. Le film diapo, lui, a une latitude de pose quasi nulle et le traitement étant standardisé, on ne peut pas bricoler au développement c'est pourquoi, avec ce dernier tout le travail du photographe se joue lors de l'exposition qui doit être effectuée au quart de poil...

Si l'exposition du film est trop faible, la gamme de densités obtenues se traduira par un tassement des valeurs produisant un négatif très transparent, à faible contraste et à faible séparation des tons. Si au contraire l'exposition du film est trop forte, le négatif obtenu sera très dense, mais encore à faible contraste et à faible séparation des tons. On comprend donc que pour obtenir un bon négatif il convient d'exposer le film de telle façon que la gamme des densités obtenues soit répartie de part et d'autre de la zone V du Zone System.

Bien sûr, sauf pour les gens doués et ceux qui sont obligés d'utiliser la règle du f/16 (que j'appelle « poétiquement » le 16 ensoleillé -traduction littérale du sunny 16 anglais-) il est indispensable d'utiliser un posemètre pour déterminer la meilleure exposition. Dans mon « petit cours de photographie » (ici), j'ai déjà parlé des techniques de mesure d'exposition, mais il peut être intéressant d'y revenir un peu ! Les posemètres sont conçus et calibrés pour fournir une valeur d'exposition correspondant à la zone V du Zone System se traduisant par un ton moyen sur le film développé. Ainsi, que vous effectuiez une mesure sur un tas de charbon ou sur un tas de neige, les valeurs fournies par le posemètre seront très différentes, mais l'application des mesures du posemètre sur votre appareil photo vous donnera toujours le même résultat... à savoir un tas gris moyen (zone V) sur votre photo. Sur un sujet non uniforme (un tas de charbon couvert partiellement de neige), le posemètre indiquera une valeur d'exposition correspondant à la moyenne des luminances. Si le sujet est équilibré (autant de neige que de charbon) , l'indication fournie par le posemètre sera fiable. Par contre si le sujet est plutôt clair (plus de neige que de charbon) ou plutôt sombre (plus de charbon que de neige), il deviendra nécessaire de surexposer ou de sous-exposer par rapport aux indications du posemètre, sans quoi le sujet serait rendu par un ton moyen qui ne correspondrait pas du tout à la réalité...

Il existe différents types de posemètres qui se distinguent essentiellement par leur angle de mesure. Les plus larges que je connaisse sont ceux des appareils moyen format anciens (et soviétiques) qui couvrent quasiment tout le champ de visée. Les plus courants ont un angle de mesure de l'ordre de 30°, et peuvent être utilisés aussi bien pour la mesure de la lumière incidente (celle qui éclaire le sujet) que pour la lumière réfléchie par le sujet. Et puis, il y a les spotmètres, dont l'angle de mesure est très étroit (1° à 3°) et qui sont utilisés uniquement en lumière réfléchie. Je ne parle pas ici des posemètres intégrés aux appareils photo modernes qui sont également des posemètres à champ large ni des mesures spot des posemètres intégrés aux appareils modernes qui n'ont de spot que le nom (ils « visent » souvent trop large !!!).

Le posemètre classique à angle large fournit une indication d'exposition correspondant à une moyenne des luminances du modèle. Il ne permet en aucun cas d'apprécier les écarts de luminances du fait de leur large angle de mesure et n'est donc pas du tout adapté à l'utilisation du Zone System... L'avantage de ce type de posemètre (parce qu'il en a !) c'est qu'il fournit une indication moyenne qui n'est pas faussée par la réflectance du sujet. Il n'y a donc en général aucune correction d'exposition à apporter par rapport à ses mesures. Le spotmètre, du fait de son angle de mesure très faible, fournit une indication "ponctuelle" des luminances d'un sujet, même si le sujet est distant. Il permet donc d'apprécier les écarts de luminances avec beaucoup de précision. Avec ce type de posemètre, il n'est plus question d'exposer pour des valeurs moyennes mais au contraire de régler l'exposition pour des valeurs bien précises du sujet et de contrôler si les valeurs extrêmes resteront compatibles ou non avec la latitude de pose du film utilisé. Le spotmètre permet d'appliquer la règle : « Exposer pour les ombres et développer pour les hautes lumières » sauf pour les films diapo (ou le numérique) où il faut « Exposer pour les hautes lumières et zapper les ombres ».

Comment effectuer les mesures avec un spotmètre dans le cadre du Zone System ? Il y a probablement plusieurs techniques, je n'en ai appris qu'une (et je ne me suis pas cassé la tête à réfléchir à une technique alternative puisque celle qui m'a été transmise me convient bien...) :

—> pour les films négatifs :

  • Déterminer (mentalement) les ombres qui doivent présenter des détails.
  • Faire une mesure sur ces ombres (noter la valeur IL donnée par le spotmètre)
  • Régler l'exposition en sous-exposant de 2 diaphragmes par rapport à l'indication du spotmètre.
  • Faire une mesure sur les hautes lumières du sujet (noter la valeur IL donnée par le spotmètre).
  • Prendre la photo

La première valeur IL donnée par le spotmètre sur les ombres les ferait apparaître gris neutre sur la photo finale (zone V). En sous-exposant de 2 diaphragmes, on déplace les ombres en zone III (5 - 2 = 3) qui correspond à un ton plus foncé tout en conservant des détails. Qu'en est-il des hautes lumières ? Si l'écart entre la première valeur IL mesurée (sur les ombres) et la deuxième valeur IL mesurée (sur les hautes lumières) est égal à 5 (ou 6) diaphragmes, la gamme est « normale » et sera bien enregistrée sur le film. Les ombres ayant été placées en zone III, les hautes lumières se retrouveront donc zone VII correspondant à la densité maximale reproductible par le film. Dans ce cas le développement du film pourra être normal (ni prolongé ni diminué). Si l'écart entre les deux valeurs IL mesurées est SUPÉRIEURE à 5 diaphragmes, la gamme de luminances est trop large, il faudra réduire le développement du film ou utiliser un révélateur plus dilué pour limiter la « montée » des hautes lumières. Si l'écart entre les deux valeurs IL mesurées est INFÉRIEURE à 5 diaphragmes, la gamme de luminances du sujet est trop étroite (le sujet est « plat ») et il faudra prolonger le développement pour faire « monter » les hautes lumières.

—> pour les films diapositive ou les capteurs numériques :

  • Déterminer (mentalement) quelles sont les hautes lumières qui doivent conserver des détails.
  • Effectuer la mesure sur ces hautes lumières.
  • Régler l'exposition en surexposant de 2 diaphragmes par rapport à l'indication du spotmètre.
  • Prendre la photo

La mesure fournie par le spotmètre, appliquée telle quelle donneraient les hautes lumières en zone V donc grises... En surexposant de 2 diaphragmes on place les hautes lumières en zone VII correspondant à un ton clair mais qui conserve des détails. Les ombres ne sont pas maîtrisées car on ne peut pas agir sur le développement du film... Pour les images numériques (RAW), le principe est le même sauf qu'on peut jouer avec les zones sombres (en zone III) à l'aide des courbes par exemple.

Voilà de ce qui est la mesure de l'exposition, mais, jusqu'à présent nous ne nous sommes seulement approché des fondements du Zone System. D'accord, ce qui suit peut sembler être de la philosophie par rapport à ce qui a déjà été dit... mais, en réalité, pas du tout !.... Voyons cela.

Il existe deux façons de mesurer la lumière, soit mesurer la lumière incidente qui éclaire le modèle (comme s’il s’agissait d’une valeur de gris moyen correspondant au carton gris kodak à 18% de réflexion), soit mesurer la lumière réfléchie par le sujet, ce qui est à l’origine de nombreuses erreurs de sur ou de sous exposition des négatifs, comme l'exemple classique du curé en soutane sur la neige. Si la mesure est faite sur la soutane (zone III) la pellicule sera surexposée de 2 diaphragmes (puisque le posemètre la placera en zone V !). Par contre si la mesure est faite sur la neige (zone VII) la pellicule sera sous-exposée de 2 diaphragmes (puisque le posemètre la placera en zone V !). La solution pourrait être soit de faire une moyenne (c'est ce que font les posemètres à large champ de mesure), soit une mesure sur une charte Kodak 18%, soit une mesure de lumière incidente. Mais de telles mesures ne tiennent aucun compte des valeurs extrêmes (zone I, zone II et zone VIII, zone IX, voire zone X) du sujet... La solution que propose le Zone System est la prévisualisation (terme emblématique du Zone System !). La prévisualisation consiste à se représenter mentalement le résultat de la photo telle qu’on désire l'obtenir une fois tirée sur papier (selon les différentes valeurs que l’on désire reproduire et en tenant compte du développement et du tirage, du type de papier photographique et du révélateur utilisés, du calibrage des différents moyens de prise de vue, de la qualité des objectifs utilisés, etc, etc...). Pfff, je vous avais prévenu... il y a du verbiage dans tout cela, mais ça va s'éclaircir, n'ayez crainte !...

En fonction des mesures effectuées sur les différentes plages tonales du sujet à photographier il est possible de décider de leur placement sur l'échelle des 11 zones du Zone System. Il faudra décider de la valeur tonale sur le papier qu'on souhaitera obtenir pour les parties sur lesquelles on aura effectué les mesures avec le spotmètre. Puis, en fonction de ses choix, décider du temps de développement du négatif qui va permettre la traduction des écarts de tons du sujet. On peut même compléter la réflexion en choisissant le type de révélateur, le grade du papier (ou le filtre si papier multigrade) ou une combinaison de tous ces paramètres... Bien que plus on rajoute des paramètres et plus on y perd son latin et moins on arrive au résultat souhaité... C'est pourquoi j'ai décidé (et je vous encourage à en faire autant ! Au moins au début —même si, perso, je n'ai jamais essayé d'aller chercher plus loin—) de limiter mes cogitations à la prise de vue et, suite à de nombreux tests de techniques de développement, de me tenir scrupuleusement à la recette que je trouvais me correspondre le plus !...

Comme on le voit sur cet exemple, si, dans le négatif, les zones utilisables se trouvent entre la Zone III et la zone VII, il faut placer le maximum du sujet principal dans cette fourchette de valeur. Donc il faut que le sujet principal soit le mieux exposé possible quitte à sacrifier les éléments sans importance... Au tirage, on pourra toujours couvrir quasiment toutes les valeurs...

Bien sûr, en cas d'échec dans nos errances du Zone System, il y a toujours la bonne vieille technique universellement répandue qui consiste à choisir grossièrement un temps de pose et de tenter de rattraper le coup au tirage à l'aide des masques... Personnellement, la technique du masquage ne m'a jamais (mais alors jamais !) réussi et en plus elle est tellement ch*** qu'elle a failli me dégoûter à tout jamais du tirage photo !... C'est pourquoi la technique du Zone System est de loin préférable (je n'ai pas dit plus simple !). Il ne suffit plus maintenant qu'à se poser la question de savoir si on souhaite mettre en valeurs les parties claire et sacrifier les parties sombres ou mettre en valeur les parties sombres et cramer les hautes lumières. Il restait (je parle au passé puisqu'il y a un moyen de contourner le problème aujourd'hui) la possibilité d'abandonner une photo si on savait qu'il serait impossible de la réussir au tirage... mais la méthode alterne (dont je parle ici) permettra de « sauver » les photos difficiles grâce à l'emploi des courbes par exemple...

Il est évident qu'un bon spotmètre facilitera grandement la tâche... Et ce n'est pas parce que je suis fan de Pentax® que je précise cela, mais le meilleur spotmètre et le plus pratique à utiliser est l’Asahi Pentax Digital Spotmeter qui a été étudié spécialement pour le Zone System... Malheureusement, il n'est pas donné... et je dois me contenter d'un spotmètre abordable (mais de bonne qualité tout de même) et moins « souple » mais qui fait très bien l'affaire :

J'ai parlé, plus haut, de la « prévisualisation », comme montré sur l'image-exemple (le meunier, plus haut). Mais quelle technique employer ? C'est relativement simple :

1. mesurer la zone III du sujet, c'est la partie la plus sombre que l’on souhaite encore voir texturée (avec des détails) sur le tirage final.
2. mesurer la zone VII du sujet, c'est la partie la plus claire que l’on veut voir texturée sur le tirage final.

Vous voulez un tuyau un peu plus pratique ? C'est écrit nulle part, mais personnellement j'ai encore simplifié le système en ne me concentrant plus que sur la prise de vue... je zappe carrément la durée de développement (ça y est, me voilà d'un coup, mis au ban de la société des photographes évolués...) en utilisant un révélateur de très faible puissance en « stand developpement » (c'est à dire en abandonnant la cuve pendant 1 heure sans agitation aucune) et j'obtiens un résultat plus que satisfaisant... Quel révélateur de très faible puissance ?... Allez donc lire ici et remarquez la belle plage tonale que l'on obtient avec ma recette de T-Kahwanol -S®... (et pourquoi pas toute la page tant que vous y êtes...)

Reste le problème de la calibration du système (!) qui peut être également très simple... Il suffit de choisir (pour débuter, ensuite tout deviendra très naturel...) un appareil photo et de l'équiper d'un objectif, de choisir un type de film (marque et sensibilité), un révélateur, un type de papier (marque, type, grade), un révélateur papier et décider de ne jamais en changer pendant toute la période d'apprentissage !!! De même, si vous choisissez la voie alterne, un scanner film que vous laisserez chauffer une durée fixe à chaque fois, un écran convenablement étalonné, un papier photo imprimante, une imprimante convenablement étalonnée et un type d'encre. Ensuite (et c'est le plus difficile !!!) aller voler à votre compagne une sortie de bain éponge bien blanche que vous fixerez à un mur. Utiliser une source de lumière de forte intensité (200 à 500 W) placée à 45° du drap de bain. Placer l'appareil photo à distance convenable pour pouvoir visualiser le tissu blanc en plein cadre (la distance sera fonction de la focale de l'objectif choisi !) et mettre au point. Utiliser un spotmètre (Pentax® ou autre !) et mesurer l'exposition au centre de la serviette. Supposons que votre spotmètre vous donne le couple d'exposition suivant : f/5.6 1/125è de seconde (ce sont des valeurs au pif, qui en fait m'arrangent bien pour cet exposé !). Nous avons déjà longuement débattu du fait que ce couple permettait d'obtenir la zone V (18% - qui rendrait la serviette ultra blanche en gris neutre-). Il ne restera plus qu'à faire 10 photos du drap de bain dans les mêmes conditions environnementales:

Photo 1 : f/32 - 1/125 et si vous n'avez pas accès à f/32 : f/22 - 1/500 (= zone 0, donnera la zone X sur le papier)
Photo 2 : f/22 - 1/125 (= zone I, donnera la zone IX sur le papier)
Photo 3 : f/16 - 1/125 (= zone II, donnera la zone VIII sur le papier)
Photo 4 : f/11 - 1/125 (= zone III, donnera la zone VII sur le papier)
Photo 5 : f/8 - 1/125 (= zone IV, donnera la zone VI sur le papier)
Photo 6 : f/5.6 - 1/125 (= zone V)
Photo 7 : f/4 - 1/125 (= zone VI, donnera la zone IV sur le papier)
Photo 8 : f/2.8 - 1/125 (= zone VII, donnera la zone III sur le papier)
Photo 9 : f/2 - 1/125 et si vous n'avez pas accès à f/2 : f/2.8 - 1/60 (= zone VIII, donnera la zone II sur le papier)
Photo 10 : f/1.4 - 1/125 et si vous n'avez pas accès à f/1.4 : f/2.8 - 1/30 (= zone IX, donnera la zone I sur le papier)
Photo 11 : non exposée !!! (= zone X, donnera la zone 0 sur le papier)

Il ne reste plus qu'à développer le film (perso 1h dans mon T-Kahwanol-S®). Puis de tirer et développer une planche contact avec ces 11 négatifs en notant bien le temps de pose et la durée de développement. Ou scanner ces 11 négatifs avec des paramètres fixes. Le temps de pose de la planche contact (ou les paramètres de scannage) seront déterminés par la photo n°11 (zone X, donnera la zone 0 sur le papier) qui sera d'un noir profond et la photo n°1 (zone 0, donnera la zone X sur le papier) qui sera d'un blanc parfaitement pur.

Par la suite, vous pourrez (ou devrez) refaire la même manip pour d'autres films, d'autres matériels ou d'autres révélateurs ou d'autres papiers etc...

Les calibrations terminées, la voie royale du Zone System vous est ouverte !...

Pour terminer cet exposé sur le Zone System, je dirai juste un mot sur le matériel indispensable :

  1. Un appareil photographique le moins évolué possible (100% manuel) ou un appareil moderne sur lequel on peut tout débrayer pour le rendre 100% manuel.
  2. Un spotmètre
  3. Un agrandisseur en lumière diffuse pour le tirage sur papier
  4. Un type de film, toujours le même
  5. Un révélateur film et un seul
  6. Un papier photo, toujours le même
  7. Un révélateur papier, toujours le même
  8. Un scanner, un écran, une imprimante correctement étalonnés grâce à une sonde dédiée
  9. Un papier type photo pour imprimante, toujours le même
  10. Un type d'encre pour imprimante, toujours le même
  11. BEAUCOUP de rigueur pour les calibrations

Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon travail et beaucoup de réussite grâce au Zone System... Et puis-je insister sur le fait d'aller lire (ou relire) cette partie de mon site.

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EXPOSER À DROITE

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Après avoir envisagé la technique d'exposition du « zone system » (ici), nous allons essayer de voir de quoi il relève de « l'exposition à droite » dont je parle un peu partout sans pour autant entrer dans les détails !...

En photographie numérique, je vous l'accorde, le « Zone System » présente des inconvénients non négligeables d'ordre théorique et d'ordre pratique (!!!) mais n'oublions pas ses origines et ses buts. L'exposition à droite, elle, est à la photographie numérique ce que le « Zone System » est à la photographie argentique : ZE TEKNIK A KONÊTR (oh pardon, LA TECHNIQUE À CONNAÎTRE)... Tous ceux, parmi les amateurs éclairés, qui s'y sont essayés n'en sont jamais revenus... Voyons cela...

« L'exposition à droite » est LA technique qui va permettre d'enregistrer le plus de détails possibles dans une image. Cette technique ne donnera pas une bonne image en sortie de boîtier, en effet, il faudra systématiquement retravailler en post traitement ces images "exposées à droite".

Pour exposer à droite il est indispensable d'utiliser l'histogramme de l'appareil (ou, éventuellement, mais je ne le recommande pas de premier abord, d'activer les "alertes" de sur ou sous exposition sur la visualisation d'image après la prise de vue sur l'écran LCD) pour guider l'exposition et éviter de brûler des détails importants de l'image ou d'obtenir une image sombre bruitée.

Comme avec le « Zone System », il s'agit d'une technique particulièrement utile pour la photographie de paysage (mais pas uniquement !) qui est, et de loin, la plus difficile de par l'énorme plage de luminosité qu'il est nécessaire d'enregistrer convenablement. Le "cliché" classique consiste à souligner la nécessité de préserver les détails dans les nuages ​​lumineux mais également éviter le bruit ou la disparition de détails dans les ombres...

Bien sûr, on me dira qu'il suffit de faire du HDR et tout rentrera dans l'ordre, d'accord, mais le HDR est par trop artificiel à mon goût... Faire un paysage en HDR revient à réinventer les cartes postales des années 1960-1970 pour ceux qui s'en souviennent...

Les meilleurs résultats « d'exposition à droite » sont, fort logiquement, obtenus en tirant les fichiers au format RAW puisque ces derniers sont les seuls à conserver le maximum de données pour le post traitement (mais rassurez-vous, si c'est plus délicat, c'est également possible de travailler en JPEG, mais au prix d'un post traitement plus difficile et beaucoup plus long !!!).

Lorsque les "hautes lumières" d'une scène sont surexposées (brûlées), elles sont perdues pour toujours, aucun logiciel, même pas Photoshop, ne pourra les récupérer !... Pour éviter d'avoir ces "trous" blancs et sans relief en lieu et place des zones de forte luminosité, il peut être tentant de sous-exposer légèrement (un peu comme on le faisait avec nos diapositives) en comptant récupérer l'exposition globale en post traitement. Le problème c'est que les zones ombragées de l'image seront sous exposées, perdront des détails et seront extrêmement bruitées (surtout qu'éclaircir une zone sombre en post traitement fait bien ressortir le bruit !!!). Encore une fois la tentation du HDR... mais il faut résister !... Ça en vaut la peine, croyez moi !...

Avant d'aller plus loin, vous voyez qu'ici la problématique est la même qu'avec le zone system : on ne peut pas tout enregistrer d'un coup sur le même support, soit on brûle les hautes lumières soit on bouche les ombres... Cela fait des années que j'avais envie de dire que « l'exposition à droite » était le « zone system » du numérique, mais puisque cela aurait fait bondir les puristes je n'ai jamais osé !... Aujourd'hui que je suis vieux (enfin pas trop) je me moque des puristes et des censeurs, et je l'affirme bien haut : L'EXPOSITION À DROITE EST LE ZONE SYSTEM DU MONDE NUMÉRIQUE !!! Ouf, ça fait du bien... Voilà, ça c'est fait, pffff, on va pouvoir continuer !...

Dans la mesure où, d'un côté, les zones claires présentent un signal plus fort et beaucoup moins de bruit et que, d'autre part, les zones sombres ont exactement les caractéristiques inverses, il est donc théoriquement (et pratiquement !) plus intelligent d'éviter de brûler les zones à fort potentiel d'information au détriment des zones au faible potentiel d'information. Dans la mesure où, lors du post traitement, éclaircir une zone sombre augmente le bruit alors qu'assombrir une zone claire n'apporte aucun artéfact, il est logique de se concentrer sur les hautes lumières non ? Vous voyez bien qu'il faut faire absolument de « l'exposition à droite ».

À nouveau, comme pour le « zone system », l'utilisation de « l'exposition à droite » impose une interprétation de l'image en fonction de ce que vous souhaitez montrer ou souligner. Si votre photo montre une scène où un feu de bois (ou à fortiori une ampoule électrique de 100W) occupe une partie du cadre, je ne pense pas que ce que vous souhaitiez montrer sont les nuances de couleurs de la flamme (ou le filament de l'ampoule) {bien que vous en ayez totalement le droit} ! Donc, brûler ces "détails sans importance" ne vous empêchera jamais de dormir... Inversement, un paysage avec une surface aquatique scintillant sous un soleil rasant peut représenter le point capital d'un paysage et dans ce cas, ce serait catastrophique de transformer ce scintillement par un "bête" blanc pur, là pour le coup, c'est l'insomnie assurée !!! Donc il est capital de gérer l'exposition de façon à protéger les "points forts" quand ces derniers se trouvent dans des zones critiques de "haute lumière".

Le problème de « l'exposition à droite » (comme celui du « zone system » d'ailleurs) c'est qu'elle impose une qualité minimale du boîtier. Si la totalité des reflex proposent l'affichage de l'histogramme (à ma connaissance), si la plupart des compacts haut de gamme le propose également, ce ne sera certainement pas le cas des appareils d'entrée de gamme (qui, en plus, ne proposeront généralement pas la possibilité de tirer en RAW). Mais il est évident qu'un acheteur de compact d'entrée de gamme n'aura aucune envie d'effectuer des heures de post traitement et donc se moquera éperdument des "subtilités" de création photographique et ne sera aucunement concerné par les techniques photographiques "évoluées"...

Cet histogramme d'exposition est en tout points similaire à celui que l'on retrouve dans tous les logiciels de post traitement. Il s'agit d'un graphique qui montre la répartition de la luminosité d'une image avec des pics indiquant le nombre de pixels (ou la taille de la zone) dans l'image. Les pixels sombres apparaissent sur la gauche du graphique tandis que les plus claires sont sur ​​la droite. Je n'entrerai pas plus dans les détails de sa lecture puisque j'en ai déjà parlé ici.

Le but de la technique « d'exposition à droite » est de capturer le maximum de détails et de minimiser le niveau de bruit tout en évitant de brûler les zones importantes de haute lumière. Cela signifie que l'exposition doit être réglée de sorte que l'histogramme se déporte vers la droite du graphe sans pour autant observer de "grand pic" au point "blanc" (la limite droite du diagramme). Pour régler l'exposition, il suffit donc de prendre l'image (même en mesure d'exposition automatique si vous le souhaitez) et d'inspecter l'histogramme. Vous pouvez ainsi avoir un point de départ pour éviter de tâtonner trop longtemps. Il suffira ensuite de modifier l'exposition de manière à déplacer la pointe de l'histogramme sur la partie droite du diagramme. Le résultat convenable ne sera obtenu qu'après plusieurs tests (prise de vue puis analyse de l'histogramme puis nouvelle correction de l'exposition). L'idéal étant de faire migrer l'histogramme totalement à droite, enfin, en s'arrêtant juste avant qu'un pic ne se colle sur la limite droite du graphique. Arrivés là, notre « exposition à droite » est réussie MAIS il faut effectuer un dernier contrôle capital : afficher l'histogramme pour les trois couleurs primaires (Rouge Vert et Bleu) afin de vérifier que l'exposition souhaitée ne vienne brûler aucune couleur (pic coloré collé le long de la limite droite du graphique).

Si cette technique ne vous convient pas, vous pouvez utiliser les "alertes" de sur ou sous exposition (dont j'ai déjà parlé plus haut). Dans ce cas, il faut volontairement sur exposer sa photo d'origine et modifier les valeurs d'exposition à la baisse jusqu'à ce que plus aucun point important ne soit brûlé. Le raisonnement est diamétralement opposé mais le résultat est strictement identique.

C'est bien empirique tout cela, je vous l'accorde, mais que ne ferait-on pas pour une belle image ? Bon, je veux bien me fendre d'une "astuce". Si vous utilisez la technique de l'histogramme, en général, il suffit d'exposer de 2/3 à 1 diaphragme 1/3 de plus que l'exposition déterminée par le posemètre du boîtier pour avoir une bonne base de travail « d'exposition à droite ». Si vous préférez les alarmes de sur exposition, généralement, la diminution d'1/3 de diaphragme permet de ramener les pics "brûlés" dans une position acceptable pour « l'exposition à droite ». ATTENTION : ces valeurs ne sont pas des règles à suivre... c'est ce que j'ai découvert empiriquement avec mes boîtiers. Tous les boîtiers numériques que je possède ont une tendance naturelle à sous exposer un tout petit peu, c'est le cas de la grosse majorité des boîtiers, haut de gamme compris, mais il existe des boîtiers qui ont une tendance naturelle à surexposer légèrement et, dans ce cas, ce "tuyau" sera non seulement inefficace mais assassin...

Bon, il y aura beaucoup de chute, c'est sûr, on aura un bon cliché après 10 images de tâtonnement mais bon, en numérique, ça ne coûte pas grand chose... Si vous n'aimez pas "gaspiller", il vous reste la possibilité d'utiliser un bridge ou un compact évolué qui vous affiche, en temps réel, l'aspect de l'histogramme au changement de réglage de l'exposition, c'est en effet une bonne voie de travail. Sinon, il y a également la possibilité d'utiliser la fonction live view de votre boîtier qui propose également la possibilité d'afficher en temps réel l'aspect de l'histogramme au changement de réglage d'exposition. MAIS la technique des chutes n'est pas pour autant à dédaigner... elle pourra toujours vous servir à faire du HDR si vous loupez votre « exposition à droite » (à condition d'utiliser un trépied et de ne pas modifier la visée, bien sûr) !...

Voilà, vous avez maintenant tout le "matériel" indispensable pour obtenir une bonne image, il ne reste plus qu'à retravailler notre RAW de façon à obtenir le résultat souhaité (ah ! vous alliez oublier cette étape ? Restez concentré encore deux secondes, c'est fini !). Puisque vous avez vos images correctement sur exposées (ça fait bizarre de dire "correctement surexposé" pour un ancien de la photo !!!), elles pourront être post traitées ou du moins ajustées pour fournir exactement l'aspect que vous souhaitez. Utilisez votre programme dérawtiseur préféré ou votre logiciel graphique préféré, tous vous permettront de modifier l'exposition de vos images (il n'y a pas, à ma connaissance, de mauvais logiciels pour cet exercice !) MAIS FAITES EXTRÊMEMENT ATTENTION à l'histogramme (du logiciel) quand vous modifiez l'exposition de vos images, il ne s'agirait pas de trop sous exposer et d'avoir fait tout ce travail pour rien... sans compter que garder son attention sur l'histogramme permet, en même temps, de bien apprendre à l'utiliser, sans même s'en rendre compte. Et, en guise de fin, n'oubliez jamais que toute scène, artificielle ou naturelle, contiendra systématiquement des zones "blanc pur" (sans détail) et des zones "noir pur" (sans détail)... même si votre œil est capable de voir des informations dans la vraie vie, quel que soit le capteur de votre appareil, il sera incapable de capturer autant de choses que votre œil ! Donc ne vous fixez pas trop sur la forme ou la position de l'histogramme lors du post traitement, visionnez plutôt votre image à 100% sur les zones critiques de façon à faire apparaître tout ce qui est important et de laisser les éléments "perturbateurs" dans les zones "mortes"...

MISE À JOUR
Après la diffusion de cet article, j'ai découvert que de nombreuses personnes se posent en faux en affirmant que l'exposition à droite est une stupidité. L'article le plus intéressant traitant de la chose que j'ai trouvé est en anglais (malheureusement) et vous pourrez le consulter ici. En réalité, si on le lit sérieusement, tout comme je l'ai fait, on découvre que les conclusions sont risibles et même, l'auteur, en voulant démonter la technique, apporte un point supplémentaire à prendre en compte pour, au contraire, utiliser la technique de l'exposition à droite !... Ce point, auquel je n'avais pas pensé, est même tellement intéressant qu'il me faut en parler ici pour enfoncer mon clou... Voilà ce que dit l'article (en très gros !) :
- on obtient une image de qualité identique si on utilise une mesure d'exposition normale avec une valeur ISO inférieure OU si on utilise la technique de l'exposition à droite avec une valeur ISO supérieure !... Et avec preuve à l'appui !... Merci Sandy, du fin fond de ton Afrique du Sud, en voulant démolir la technique de l'exposition à droite, tu nous fait remarquer qu'en exposant à droite, on obtient avec un boîtier "limité" une image de qualité identique à celle qu'on pourrait obtenir en utilisant, à valeur ISO inférieure, avec un boîtier plus "pointu" !... Votre appareil vous autorise au mieux une valeur ISO de 200 ? D'accord, utilisez l'exposition à droite et vous obtiendrez aussi bien que si vous possédiez un appareil autorisant les 100 ISO !... Votre boîtier est limité à 100 ISO ? Parfait, avec l'exposition à droite vous aurez un appareil équivalent à un haut de gamme avec 50 ISO utilisés !!!
- en plus, sa démonstration se base sur l'utilisation d'une charte colorée dont les valeurs les plus sombres (et les plus claires) sont absentes... DONC comment peut-il affirmer que l'exposition à droite est inefficace ? Des zones sombres trop claires qu'on récupère en post-traitement sans faire apparaître de bruit et des zones claires non brûlées aboutissent donc à une bonne image que l'on ne pourrait certainement pas obtenir avec la technique classique de l'exposition "normale"... à valeur ISO identique...

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LES « RÈGLES » DE LA COMPOSITION

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Bien que je répète à longueur de pages que la photographie ne peut prétendre faire partie intégrante de l'Art dit classique de par la liberté totale qu'elle doit laisser au photographe, il n'en demeure pas moins que quelques règles apportées par la peinture classique se doivent d'être prise en compte au moment de la composition de ses images. Oh, bien sûr, je suis le premier à ne pas respecter ces "codes classiques", mais il est important pour tout photographe qui se respecte (même amateur) de connaître au moins les clés qui permettent d'obtenir une composition harmonieuse et agréable selon les critères classiques. Ensuite, libre à chacun d'en faire ce qu'il veut...

La composition de l'image est malheureusement commandée par le format de l'image finale. On ne pourra jamais composer une image carrée de la même manière qu'une image rectangulaire. Mais essayons de voir cela.

IMAGE RECTANGULAIRE

Je vais commencer par ce format puisque c'est le plus répandu en photographie. Image argentique en 18x24, en 24x36, en 45x60, en 70x60, en 80x60, en 90x60 ainsi qu'en numérique en APS, en Full Frame, en 4/3... L'image carrée étant réservée au seul format 60x60 argentique et aux images recadrées...

La version historique

La première règle de cadrage ne date pas d'hier !!! Elle trouve son origine dans la nuit des temps historiques puisque déjà la civilisation grecque antique l'utilisait !...

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà posé la question de savoir pourquoi l'Homme a toujours été fasciné par les mathématiques ? Probablement parce que ce n'est pas une de ses inventions mais plutôt une de ses découvertes. Découverte de quelque chose d'universel dont il fait partie. Une sublime abstraction qui crée la réalité. C'est un peu comme s'il s'agissait du langage de Dieu (quel que soit le nom qu'on pourrait lui donner selon sa religion ou sa non religion). Et parmi cette grande science, il existe une partie qui a toujours fasciné les anciens, c'est la géométrie. Et en géométrie, il est une forme qui a toujours eu une signification mystique voire magique, forme géométrique originelle qui donnerait naissance à tout ce qui existe... le cercle. Pourquoi est-ce que je me perds dans de telles dérives pour vouloir parler de composition en photographie ? Tout simplement parce que tout est parti du cercle !!!

Seulement voilà, le cercle si parfait et mythologique est trop complexe et n'est pas fait pour une représentation humaine. C'est pourquoi il a donné naissance au carré, plus accessible aux pauvres terriens que nous sommes...
Avec cette figure géométrique, l'Homme s'est tout de suite senti plus à son aise. Moins complexe que le cercle, le carré représente mieux la dimension humaine tout en conservant une bonne part de la perfection du cercle ! Ce n'est pas pour rien que la composition d'images carrées engendre toujours des sensations particulières, tant pour le créateur que pour le spectateur.
Pour s'écarter un peu plus de cette perfection et mieux représenter notre univers, on a voulu essayer de trouver une perfection avec deux dimensions différentes. On aurait très bien pu se contenter de couper le carré en deux rectangles identiques (comme ici), mais, pour une raison que j'ignore, il a été décidé de demander au cercle de nous créer un rectangle « parfait ».
On a donc pris, effectivement, le centre de la base du carré pour centre d'un nouveau cercle (cercle vert).
Il a ensuite été décidé de prolonger le carré d'un seul côté pour récupérer la limite du nouveau cercle (ligne noire). On a donc obtenu un carré original (rouge) plus un rectangle construit (noir).
Voici donc notre rectangle "parfait", constitué du carré de base (rouge) et du rectangle "construit" (noir).
Si, maintenant, on tire une ligne droite reliant la diagonale du rectangle construit (noir) et une autre reliant la diagonale du rectangle "parfait" (somme du carré rouge et du rectangle noir)...
on délimite 3 zones triangulaires distinctes, une rouge, une verte et une grise. Si, en cadrant votre photographie, vous pouviez placer les lignes de force de votre sujet le long (approximativement) des "frontières" de ces trois triangle et les points forts de votre sujet dans chacun des trois triangles, votre image pourra être considérée comme « harmonieuse ».






Bien sûr, vous pouvez retourner ce schéma de base dans toutes les directions, et conserver toujours les mêmes propriétés d'harmonie de composition...

La version moderne

Si la technique exposée ci-dessus a fait ses preuves tout au long de l'histoire de l'Art, elle n'est pas facilement adaptable en photographie, c'est peu de le dire !!! C'est pourquoi, une refonte des "canons" de l'esthétique, allant, bien sûr, dans le sens d'une simplification, est née. C'est la règle des 1/3 dont tout le monde à déjà au moins entendu parler !...

Souvenez-vous, dans la démonstration ci-dessus, on était arrivé au « rectangle parfait ». Si vous regardez attentivement les deux composantes de ce rectangle "parfait", vous vous apercevrez que le carré original (rouge) est deux fois plus large que le rectangle construit (noir).
La preuve : si on déplace une copie du rectangle construit (noir) sur la gauche du carré original (rouge) on obtiendra exactement trois zones équivalentes au rectangle construit (noir)...

Par contre, la première construction ne permet pas de définir le même genre de proportion dans le sens vertical. Aussi, on a décidé de remplacer simplement la construction trop complexe du schéma ancien par un partage vertical en 3 régions identiques...

On obtient ainsi 9 zones identiques séparées par des lignes virtuelles (jaunes). Les points forts de l'image devant providentiellement se situer aux points d'intersection des lignes virtuelles (jaunes) et les lignes de force de la composition en dehors de ces lignes virtuelles (jaunes).

IMAGE CARRÉE

Comme je le disais dans le paragraphe précédent, le carré est la perfection juste en dessous du cercle qui est la plénitude. Sa forme est automatiquement harmonieuse puisqu'elle n'entraîne aucune tension latérale.

Contrairement au format rectangulaire, le format carré "appelle" quasiment le centrage du sujet principal ou du point fort de l'image. Il est donc capital, en format carré, d'oublier tout ce qui se dit du format rectangulaire !...

Comme pour le paragraphe précédent, je vais vous souligner les points forts du format carré :

La particularité du carré, c'est qu'il est lui-même constitué d'une infinité de carrés. Sur le schéma je n'ai représenté que 16 "cellules" mais il y en aura autant que vous le souhaitez.

La frontière entre chaque ligne de "cellules" ainsi que la frontière entre chaque colonne de "cellules" forment les lignes virtuelles dont j'ai déjà parlé dans le format rectangulaire. Les lignes de force de votre image y trouveront une place de choix.

Les diagonales du carré donnent un point de fuite des plus intéressants MAIS, chaque "cellule" qui compose le carré étant assimilé à un carré, on peut considérer un point de fuite dans chaque cellule.

Les éléments importants de votre photo pourront donc se trouver centrés n'importe où dans le carré. Au centre du carré principal, au centre des 4 carrés représentant un coin du carré principal (valable sur les 4 coins) soit alignés sur les lignes de force perpendiculaires séparant les cellules soit sur les lignes de force diagonales.

Le format carré est très académique tout en étant très libre.

De par la répétition des carrés (dans le carré), le format carré est harmonieux de nature, comme le cercle. Il n'existe plus aucune tension, ni horizontale ni verticale, comme c'est le cas en format rectangulaire. Cette plénitude et cette harmonie "tranquille" font souvent dire qu'une image carrée est "reposante". En effet, même en créant un filé, on n'aura pas du tout la même dynamique que le format rectangulaire qui sera toujours beaucoup plus "nerveux".

Pour donner une idée forte, je dirais que le format rectangulaire est idéal pour le photojournalisme (sport, action etc...) alors que le format carré est idéal pour la photo posée, étudiée, travaillée en studio. ATTENTION : ne me faites pas dire qu'il est impossible de donner du mouvement en format carré et qu'il est impossible de créer de la sérénité en format rectangulaire !!! Ceci n'était qu'une image pour fixer les idées.

EN CONCLUSION

Comme je l'ai déjà répété partout, ces clés sont à connaître. Il est important de les avoir en tête. Il est intéressant de les appliquer (cela peut sauver une image "banale" -si toutefois l'exposition est bonne-). Mais il faut aussi être conscient lorsqu'on décide de "violer" les "règles" de la composition "classique" que cette "déviance" peut très bien être bénéfique au sujet que vous êtes en train de traiter !...

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LES TUYAUX ULTIMES POUR UNE EXPOSITION PARFAITE

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Bon, vous allez me dire qu'il s'agit encore d'un nouvel article sur la détermination de l'exposition... qu'il y en a déjà plusieurs dans mon site (dont deux en début de cette page), que si on s'amuse à googleler c'est par milliers voire par millions qu'on va en trouver... Certes, vous aurez raison sur toute la ligne... mais dans cette page je parle de techniques photographiques évoluées et je pense être en mesure d'ajouter quelques points que l'on ne retrouvera pas forcément dans tous les autres articles de mon site ou des autres sites.

Cela dit, même si je place cet article dans la même page que le Zone System (ci-dessus), vous trouverez ici quelque chose de beaucoup plus simple et de beaucoup plus pratique !...

Malheureusement, les techniques évoquées ici, contrairement au Zone System, ne seront pas applicables aux appareils photographiques anciens (avant 1990) vous comprendrez rapidement pourquoi...

Je recommande généralement d'utiliser la mesure d'exposition dite matricielle, multizone ou évaluative selon les marques. C'est exactement pourquoi ces tuyaux ne peuvent pas s'appliquer aux boîtiers anciens... ils n'offraient pas ce type de mesure avant l'invention du multizones par Nikon...

Ce mode permet d'évaluer l'exposition de toute la scène, de comparer les niveaux de luminosité puis, en utilisant des algorithmes propriétaires à chaque marque, de déterminer une exposition «correcte».
La plupart du temps, ce système de mesure évaluative fonctionne très bien... MAIS, cela ne vous permettra pas de vous exonérer d'une interprétation de l'exposition en corrigeant les données fournies par le posemètre...

Toute la clé de la technique avancée de l'exposition consiste à être attentif à l'ensemble de 3 paramètres :
- la tonalité de la scène entière,
- la tonalité du sujet principal et
- la taille du sujet dans la scène.

Il n'existe pas d'algorithme précis à apprendre par cœur et à appliquer bêtement... il faut s'exercer un minimum pour bien "sentir" ces 3 paramètres et agir en conséquences... Si vous parvenez à pratiquer régulièrement, vous serez bientôt en mesure d'obtenir un réglage d'exposition extrêmement précis et, de ce fait, obtenir d'excellents résultats à tous les coups (ou presque).

Je vais reprendre le "cliché" de la photographie du curé en soutane sur la neige ou de la mariée sur un tas de charbon, sujets qui ne veulent rien dire mais qui montrent bien ce à quoi je veux tendre...

Le sujet principal est très sombre (voire franchement noir) :
- s
i le sujet sombre occupe la majeure partie de l'image, vous aurez besoin de sous-exposer... Si vous utilisez la mesure évaluative (en mode d'exposition automatique), il vous faudra régler votre compensation d'exposition à environ moins un -1 diaphragme (IL en fait)
- s
i le sujet sombre n'occupe que 25% (ou moins) de la scène et que l'environnement est globalement de luminosité moyenne, n'utilisez aucune compensation

Pour plus de précision, vous pouvez utiliser votre posemètre en mode spot et votre boîtier en mode manuel pour essayez l'une des techniques suivantes :

-> U
ne solution qui fonctionne bien : mesurer sur n'importe quoi dans la scène hors du sujet principal. Y a-t-il dans la scène un élément présentant une luminosité moyenne ? Il peut s'agir de béton, d'un rocher, l'écorce d'un arbre (sauf bouleau !!!) ou même simplement de l'herbe (verte et pas sèche !!!). Vous pouvez prérégler votre exposition sur la base de la mesure effectuée sur cet élément de luminosité moyenne éclairé par la même lumière que le sujet principal de votre scène. Si vous réussissez à déterminez "pile poil" la tonalité moyenne, le reste de l'image va "tomber" exactement sur l'exposition idéale (à condition que toute la scène soit baignée par la même lumière !!!). Ceci est particulièrement utile si le sujet principal représente une petite portion de la scène photographiée. Mais comment expliquer la réussite ? C'est très simple en fait... il est connu de tous (ou au moins de ceux qui ont lu mes autres pages) que la mesure de l'exposition en lumière incidente est plus intéressante que la mesure en lumière réfléchie puisqu'elle mesure la source de lumière et non ce que les objet reflètent de cette lumière... et bien, en utilisant cette technique de la luminosité moyenne hors du sujet principal, on obtient presque la même chose... on mesure la luminosité du gris moyen (18%) et toute l'exposition sera parfaite... Puisque les boîtiers ne possèdent pas de moyen pour effectuer la mesure en lumière incidente, je ne vais pas m'étendre trop longtemps sur cette technique ici. Notez toutefois que si vous ne retrouvez pas de zone de luminosité moyenne dans l'environnement de votre sujet principal, vous pouvez mesurer sur la paume de votre main (c'est moins précis) ou sur un carton gris moyen placé dans les mêmes conditions d'éclairage que votre sujet. Si vous souhaitez utiliser à peu de frais une mesure en lumière incidente avec votre boîtier, vous pouvez aller voir ma rubrique bricolages...

 
Il existe toutefois deux exceptions notables : lorsque le sujet est parfaitement noir ou parfaitement blanc. Un objet noir est situé à deux diaphragmes (IL) ou plus au dessous de la valeur moyenne, il sera donc reproduit sans détail. C'est tout le contraire qui se passe avec un sujet blanc qui est situé à deux diaphragmes (IL) ou plus au dessus de la valeur moyenne et qui sera également rendu sans détail.

Si le sujet est sombre et que vous basez votre exposition sur un point des environs du sujet principal, il y a de fortes chances que le sujet sera reproduit trop sombre. D'après mon expérience, si vous voulez trouver des détails dans les zones les plus sombres, utilisez la mesure de l'exposition effectuée dans l'environnement et ouvrez (correction d'exposition vers le + et pas le - !!!) d'1/3 à 1/2 diaphragme... cela fonctionne bien. La même stratégie s'applique aux sujets clairs. Seulement cette fois, pour préserver les détails, vous aurez besoin d'exposer un peu moins. Environ -1/3 à -1/2 diaphragme devrait produire les résultats que vous recherchez.

Tout ce que je vous dis là semble aller à l'encontre des techniques traditionnelles de mesure d'exposition en lumière réfléchie selon lesquelles on dit devoir surexposer les sujets clairs et sous exposer les sujets sombres... mais puisqu'ici on n'effectue pas la mesure sur le sujet principal mais sur une réflexion moyenne, on obtient exactement ce que l'on recherche !...

-> Supposons maintenant que vous photographiez un sujet sombre (ou noir) et que ce sujet occupe environ 25% de la scène (ou moins) :
1° effectuez une mesure au spotmètre sur la partie la plus sombre dans laquelle vous souhaitez conserver des détails et corrigez de -1 à 1,33 diaphragmes (IL)

2° effectuez une mesure au spotmètre sur les alentours et ouvrir d'1/3 de diaphragme (IL). Que l'environnement soit de luminosité moyenne ou non, le résultat sera le même... ouvrez d'1/3 de diaphragme. Si cela vous choque, réfléchissez à nouveau et n 'oubliez pas que nous essayons simplement de maintenir des détails dans un sujet noir. En mesure matricielle, il suffirait d'utiliser une compensation de +1/3.

Bien sûr, il existe toujours la méthode du
bracketage... mais personnellement je ne la recommande pas... c'est une perte de temps, un ajout de travail pour rien, du gaspillage (si vous utilisez un film) et... en vous enfermant dans cette technique, vous ne saurez JAMAIS effectuer une mesure exacte d'exposition puisque vous aurez pris l'habitude de tirer dans tous les sens en espérant obtenir le succès dans la quantité plutôt que dans la qualité !...

REMARQUE : je sais que cet article va en désarçonner quelques uns, mais, puisque vous avez tout lu, relisez l'article une fois et partez sur le terrain pour faire des tests... dans peu de temps vous serez des pros de l'exposition... Attention toutefois, tous les posemètres ne sont pas identiques, l'étalonnage peut varier d'un appareil à l'autre (même dans la même marque !) mais les résultats décrits ici restent valables, même s'il faudra adapter cette technique en modifiant un peu les valeurs de correction en fonction du posemètre qui équipe votre boîtier...

ATTENTION : L'ENSEMBLE DES TEXTES ET DES IMAGES EST PROTÉGÉ PAR UN COPYRIGHT DE THIERRY DELORRAINE POUR LE SITE www.thydelor.eu

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TESTER SES FILMS [NOIR & BLANC]


Voilà encore un article qui n'intéressera que les photographes argentistes, mais je suis sûr que de très nombreux numéristes finiront par faire, au moins de temps en temps, de la photo argentique même s'ils n'abandonneront pas le numérique !...

Je vais ici insister sur les tests des films N&B. Il en ira de même pour les films couleur avec toutefois des différences puisqu'en couleur, le choix du révélateur est beaucoup plus limité et que le mamaillage est bien moins autorisé !...

En tant que débutant, mais nombre de photographes amateurs poursuivent dans le même sens toute leur vie, on choisis un film un peu par hasard (selon ce que l'on trouve) et un révélateur complètement par hasard (selon ce que l'on trouve). On lit les notices (ou pas !). On règle le posemètre sur la sensibilité (on dit aussi la vitesse) du film notée sur la boite, on fait nos images, on développe nos films selon les indications inscrites sur la notice du révélateur et... c'est tout !... Très souvent, on trouve les résultats intéressants, parfois (et de plus en plus souvent avec l'expérience) on est déçu par la platitude de l'image finale !... Pourquoi ??? Tout simplement parce que l'on ne se pose pas forcément les bonnes questions !... Nous allons donc voir cela ensemble.

Le résultat final de nos photos argentiques reste le tirage papier. Donc pour obtenir un bon tirage, il est nécessaire d'effectuer un excellent négatif, avec une exposition au top et un développement aux petits oignons, puis un tirage parfait avec une gradation de papier parfaitement maitrisée et un développement papier parfaitement peaufiné... Et bien, même si on fait tout cela parfaitement, on n'obtient pas toujours le résultat attendu (espéré) !...

C'est là qu'intervient la notion de l'universalité du film et de l'universalité du révélateur ! Oui, je sais, je ne vais pas me faire des copains parmi les fabricants de films ou de chimies de développement, mais je me suis déjà fait énormément de copains parmi les fabricants de matériel photographique, je ne suis plus à ça près !... En deux mots, tous les bons films actuels proposent les mêmes caractéristiques, une bonne acutance, une bonne sensibilité dans les mêmes spectres lumineux, du grain bien fin etc... La seule différence qui existe encore est... la sensibilité de chaque film (rien à voir avec la marque !). La sensibilité (ou la vitesse) des films est caractérisée par une unité internationale ISO (ex ASA, DIN, ГОСТ, etc.).

Seulement, qui dit unité dit norme ! Et une norme utilise des conditions expérimentales qui ne correspondent pas forcément à la vraie vie !... Il suffit de voir les normes de pollution des moteurs de voiture... ils polluent énormément plus que ce qui est annoncé par les tests normalisés, même si le fabricant ne truande pas (!)... Sommes-nous donc condamnés à ne pas créer ce que les films et les papiers photo peuvent pourtant nous offrir ? Non, bien sûr ! Sinon cet article n'existerait pas !!!...

La solution ? Les tests dans la vraie vie ! Que nous importe de savoir que les tests normalisés nous donnent un film de 125 ISO si la sensibilité réelle du film est de 80 ISO ? Faire une confiance aveugle aux tests normalisés nous force d'emblée à sur ou sous exposer nos films et donc, déjà, de limiter énormément les performances de ce dernier !... Cette confiance détruira d'emblée le premier maillon de la chaine de création de l'épreuve finale !... Et il en ira de même pour chaque maillon !!!...


Voici une représentation des résultats exposition/développement
horizontalement : de gauche à droite = - développement +
verticalement : de haut en bas = + exposition -

Tout ceux qui effectuent des tests rigoureux des films finissent par exposer à environ un diaph' de plus que la vitesse nominale (inscrite sur la boîte du film) pour conserver un développement normal (recommandé). C'est ainsi que la Ilford HP5+ (nominal : 400 ISO) sera exposée comme un film de 200 ISO, idem pour la Kodak TMY (nominal : 400 ISO), la Ilford FP4+ (nominal : 125 ISO) sera exposée comme un film de 50 ISO, idem pour la Kodak TMX (nominal : 100 ISO), etc. Cette différence de comportement posera un problème à ceux qui utilisent des boîtiers "modernes" à lecture du codage DX... il faudra soit désactiver cette lecture (si possible), soit bricoler le codage DX de ses cartouches 35 mm (j'en ai parlé par ailleurs dans ce site), soit affecter une correction d'exposition fixe pour toutes les vues...

Connaissant cela, le plus important est de déterminer les temps de développement qui fonctionneront le mieux pour les goûts de chacun ! Pourquoi je vous ai dit cela ? Tout simplement pour préciser que s'il existe un large choix de films sur le marché, même en 2017 (il y en a d'ailleurs de plus en plus !), il va falloir, après avoir essayé quelques émulsions de la manière "classique" (celle du débutant dont je parlais au début), vous limiter à un ou deux films par sensibilité et un ou deux révélateurs... Charge à vous de les tester à fond et de vous en tenir à vos résultats. Cela sera un gage non seulement de réussite mais de progression !... Fixez-vous un couple film/révélateur et n'écoutez pas ces sites (ou publications) qui vous diront que tel film (qui n'est pas dans votre liste) est meilleur que tel autre (qui est dans votre liste) ou que tel révélateur (qui n'est pas dans votre liste) est meilleur que tel autre (qui est dans votre liste). N'écoutez pas non plus tous ces spécialistes qui vous diront de ne pas utiliser de révélateurs alternatifs qui généralement n'ont aucun intérêt (!!!), le Khawanol® (de mon invention, ou le Cafénol, base théorique du Khawanol®) fait partie intégrante de mon arsenal de révélateurs institutionnels (en Stand Développement principalement pour une acutance maximum) aux côtés de révélateurs commerciaux reconnus (principalement pour le développement rapide et la plus grande finesse du grain).

 
N.B. Ceux qui ont également lu mon article sur la théorie du fonctionnement du film N&B ici s'étonneront de mes remarques concernant l'acutance ou la finesse de grain évoqués dans le présent article (je semble dire le contraire dans l'autre article), je précise que dans la théorie du fonctionnement du film N&B je parle de l'inexistence de révélateurs grains fin et l'inexistence de révélateur à acutance élevée parmi les révélateurs commerciaux actuels puisqu'ils ont tous ces deux propriétés MAIS cela ne remet nullement en cause le fait que les révélateurs faibles utilisés en développements lents augmentent notablement l'acutance.
 

Pour tester scientifiquement les films, il faut faire l'acquisition d'un densitomètre. MAIS BIEN SÛR, les amateurs n'ont que ça à acheter !... Merci du tuyau !... Non, ce qui suit est une méthode simple de test de film qui ne nécessite pas de densitomètre (...) mais qui prend en charge à la fois les flux de travail de la numérisation et de la chambre noire. Que vous utilisiez un spotmètre ou un posemètre en lumière incidente, les mêmes principes s'appliquent.

PRÉPARATION DU TEST

- Pour effectuer un test utilisable, il faut photographier des objets familiers.
- Choisir un jour où il n'y a pas de nuages ​​et pas de vent.
- Trouver une scène en partie ensoleillée et en partie à l'ombre.
- Trouvez une personne qui peut servir de modèle ou trouver un moyen de déclencher à distance (déclencheur souple long ou retardateur) en vous mettant vous-même en scène
- Assembler une collection d'objets bien connus de différentes textures et différentes couleurs. pour créer une scène artificielle. Il faut s'assurez d'avoir quelque chose de sombre et quelque chose de clair. L'idéal serait d'avoir tous les objets en double, vous allez tout de suite comprendre pourquoi.
- Placer ces objets à l'ombre et au soleil. L'intérêt d'avoir tout en double est donc la reproduction des mêmes couleurs et des mêmes textures sous des éclairages différents...
- L'image de test doit contenir des tons reconnaissables et un visage humain (c'est mieux parce que notre cerveau se spécialise dans la lecture de visages). Les visages sont beaucoup plus efficaces que les cartes grises standard (pour une peau dite caucasienne du moins !).
- Placer du verre, du bois, du tissu dans la scène.
- Ne débarrassez pas la scène après la prise de vues... cela permettra la comparaison de la réalité et du tirage photo final...

Mais cela ne suffit pas à la rigueur du test. Il est préférable d'effectuer la prise de vue à "longue distance", si l'objectif est trop proche de la scène, le tirage de l'objectif augmentera et moins de lumière parviendra au film !... L'idéal serait un réglage de l'objectif sur l'infini ou pas loin !...

De même, il est préférable de ne pas effectuer la prise de vues avec un objectif grand angle. Si nous utilisons une focale trop courte, l'éclairage sera inégal, de sorte que l'exposition sera inégale. Il sera impossible de juger de l'exposition ou du développement correct. Assurez-vous que l'objectif est de focale normale, ou utilisez un court téléobjectif...

Bien sûr, l'idéal serait d'effectuer les tests de film avec une chambre grand format de façon à avoir des épreuves uniques, cela gaspillerait moins de film, mais bon... on peut toujours utiliser un film, faire 1 ou 2 expositions, découper le film exposé (au noir complet !) et développer des bouts de films... c'est plus fastidieux mais c'est tout aussi valable et... c'est moins cher !... Bien sûr, si on utilise une chambre grand format, il faut placer tous les mouvements de la chambre à zéro (!!!) sinon, l'éclairage peut être inégal, de sorte que l'exposition peut être inégale. La distance entre l'objectif et le film peut varier. Il sera impossible de juger de l'exposition ou du développement correct. L'objectif doit être centré.

Il faut shooter rapidement. Pour cela il faut configurer tout à l'avance. Nous voulons prendre toutes les photos rapidement afin que la lumière soit exactement la même pour chaque photo. Si vous souhaitez tester en intérieur, vous pouvez le faire, mais il est préférable de tester une scène extérieure et de créer un couple vitesse du film/temps de développement qui soit le plus proche de celui de la lumière naturelle (les temps d'expositions jouent un rôle). Pour répéter: nous voulons le résultat qui ressemble le plus à la lumière.

Toujours dans le cadre de la rigueur et de reproductivité, il faudra utiliser un et un seul objectif, évitez les zooms (la focale doit toujours être la même !) et choisir toujours la même vitesse d'obturation. Il faut choisir une vitesse moyenne (la plus fiable) de l'ordre de 1/60è ou 1/100è. Pour tout le test, on ne pourra changer que la valeur de diaphragme qui, elle, est toujours précise.

Prévoir trois grandes feuilles blanches et un gros marqueur noir. Ces feuilles serviront d'identification sur les clichés. Supposons que vous souhaitez tester une Ilford HP5+ (vitesse nominale 400 ISO), sur une feuille vous marquerez « HP5 400 », sur la deuxième « HP5 800 » ou « HP5 400 +1 » et, sur la troisième « HP5 200 » ou « HP5 - 1 ». Placez une étiquette d'identification dans la scène. Assurez-vous que le lettrage est grand, afin de pouvoir le lire sur les tirages papier (n'oubliez pas que l'objectif sera réglé à l'infini -ou presque-).

PRISE DE VUES

Placez votre panneau « HP5+ 800 » dans le champ. Shootez 3 fois avec les réglages du posemètre correspondant à 800 ISO (dans notre exemple, la HP5+, a une vitesse nominale de 400 ISO). Supposons que la mesure donne f/11 - 1/200è, on va donc exposer à f/22 - 1/60è (pour se fixer sur une vitesse "moyenne").

Maintenant, placez le panneau « HP5+ 400 » dans le champ. Shootez 3 fois à f/16 -1/60è.

Enfin, placez le panneau « HP5+ 200 » dans le champ. Shootez 3 fois à f/11 - 1/60è.

Remarque : il y a 99,99% de chance que ces réglages d'exemple ne correspondent pas ! Qu'importe, il faudra adapter votre vitesse selon les capacités de réglage du diaphragme de votre objectif... Que vous vous fixiez une vitesse à 1/60è, à 1/100è ou à 1/200è, voire 1/400è, on part du principe que votre obturateur est précis. Quand bien même il ne serait pas précis, si c'est votre seul boîtier cela ne posera pas de problème puisque vous utiliserez toujours le même. Le mieux étant, de toute façon, un obturateur révisé !...

Voilà, nous avons réalisé 3 jeux de 3 clichés : un à la vitesse recommandée par le fabricant (400 ISO pour notre exemple), un autre sous-exposé de 1 diaph' et un autre surexposé de 1 diaph'. Si vous voulez être plus précis, vous pouvez toujours ajouter des tests en faisant varier les expositions d'1/2 diaph' ou d'1/3 de diaph... c'est comme vous le sentez !...

DÉVELOPPEMENT

Supposons que le fabricant du révélateur recommande un développement de 10 minutes à 20°C. Développez comme suit :
- une image de chaque série 10mn à 20°C
- une image de chaque série 8mn à 20°C
- une image de chaque série 12mn à 20C
toujours avec le même protocole d'agitation (!!!)

Remarque : rien ne vous empêche de tester les développements de 8, 9, 10, 11, 12 mn (ou plus) à 20°, mais dans ce cas, il faudra prévoir plus de prise de vues en début de test !!!

TIRAGE / NUMÉRISATION

Au laboratoire, faites un ensemble de tirages sur du papier Numéro 2 (ou avec un filtre Numéro 2 si papier multigrade), ce qui donne une exposition suffisante pour que le bord du film (transparent) soit aussi noir que le maximum permis par le papier. Développez votre papier avec une dilution standard de votre révélateur papier préféré, pour une durée normale. Utilisez une chimie fraîche et développez chaque tirage avec le même temps (habituel). Si vous travaillez en grand format, vous pouvez tirer par contact direct MAIS si pour cela vous utilisez la lumière d'un agrandisseur équipé d'une tête à condensateurs ou d'un faisceau collimaté, la différence d'illumination sera prononcée entre le centre et les bords du négatif, à éviter donc.

Devant l'ordinateur, si vous numérisez vos négatifs, assurez-vous que votre moniteur soit calibré (pour le N&B) et numérisez vos négatifs de sorte que toute la gamme de luminosité du film soit dans la gamme du scanner. Je recommande que toute la courbe du film occupe les 2/3 de la gamme du scanner. Cela vous permet de modifier la gamme sur 33%, soit environ 16% à chaque extrême. Dans le langage du zone system, cela signifie que vous pouvez jouer avec environ 1,5 zone aux extrêmes si vous le souhaitez. Vous pouvez toujours ajouter du contraste avec un outil d'édition, mais si le négatif est déjà bien contrasté pour le scanner, vous avez de la chance, sinon vous devrez recourir à des techniques de multi-balayage et de fusion de couches à cause des capteurs numériques et de leur faible tolérance dans la plage dynamique. Il est donc préférable de travailler dans les limites du scanner et loin des extrêmes, où le «bruit» et les autres distorsions apparaissent. Dans Photoshop, GIMP ou tout autre éditeur d'image, ajoutez une couche de réglage linéaire afin que le bord du film noir soit rendu à 0% de luminosité et que les valeurs élevées soient correctement reproduites. Assurez-vous de ne pas exclure de valeurs. Ne pas introduire de courbes, juste un réglage en ligne droite.

ÉVALUATION

Le but du jeu est de trouver l'image qui ressemble le plus à la réalité lumineuse, dans toute la gamme tonale. il faut que les ombres soient sombres mais contiennent encore suffisamment de détails. Il faut que les valeurs claires soient propres et blanches, mais qu'elles contiennent encore de la texture. il faut que l'humain ressemble à un être humain. Il faut que la teinte blanche au soleil ressemble à de la peinture blanche au soleil mais pas brulée. Un chapeau gris doit ressembler au gris moyen. C'est la combinaison vitesse du film / révélateur que nous allons utiliser pour les conditions normales d'éclairage et nous attendons des résultats normaux.

DÉVELOPPEMENT POUSSÉ / DÉVELOPPEMENT RETENU

Si j'appelle N le temps de développement normal pour la vitesse nominale du film, en analysant les résultats, on constate une combinaison vitesse du film / durée de développement qui donnera un meilleur résultat pour une durée de développement "N-1" où les ombres seront normales, mais les valeurs claires seront encore un diaph' insuffisant. De même, une combinaison vitesse du film / durée de développement qui fonctionne bien mieux pour "N+1" : où les ombres ressemblent à la normale, mais les valeurs claires seront un peu trop élevées, d'environ un diaph'. Avec ces temps, vous pouvez gérer de nombreuses situations d'éclairage : contraste élevé ou faible contraste. Si vous souhaitez effectuer plus de tests, vous pouvez déterminer les meilleurs durées pour N-2, N+2, etc. Soyez conscient que lorsque vous sous-développez un film, vous perdez une certaine vitesse. Donc, pour suivre notre exemple, vous devrez tirer une HP5+ à une vitesse de 100 lorsque vous réduisez le contraste de 2 diaph', c'est à dire avec un développement N-2. De la même manière, si vous augmentez le temps de développement suffisamment pour étendre le contraste jusqu'à N+2, vous devrez peut-être tirer une HP5+ à 300 et plus.

REMARQUE DE FIN : ce test est à effectuer avec chaque révélateur puisqu'en théorie un film seul ne correspond à rien dans le processus de développement, c'est toujours le couple film / révélateur qui crée l'image finale.

TUYAU DE DERNIÈRE MINUTE : Cela n'est marqué nulle part, vos tests montreront peut-être le contraire (?) mais personnellement, j'utilise la Kodak TMY ou l'Ilford HP5+ ou la Foma 400 comme des films de 200 ISO (vitesses nominales = 400 ISO) et je mesure l'exposition en lumière incidente en réglant le posemètre pour 400 ISO et... c'est dans la boite dans 80-90% des cas !!!. Pour le développement, je travaille en durée N ou N+1 selon le caractère de l'image !...

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